loséSomoxa; voy. L. A. deCueto, xmi, t. II, p
LE DUC d'albë 79
(( on le connaît. Il parait accoutumé à une grande « représentation ; il a quatre ou cinq grandesses et <c quatre ou cinq cent mille livres de rente *. » Mais si tous lui accordent des dons naturels, — Fernan Nunez, qui ne l'aimait pas, dit même un gran talento *, — tous, en revanche, parlent fort mal de son caractère violent, fantasque et de sa morgue insupportable. Ferdinand VI fit de lui son grand-maître [mayordomo mayor) ^ mais Charles III, plus jaloux de son autorité, moins distrait et inconscient que son frère, ne put supporter longtemps les manières hautaines et insolentes de ce Grand ; il accepta sa démission (décembre 1760), l'envoya pour quelque temps dans ses terres et le tint en disgrâce. Dès lors, quoiqu'il sentît son crédit fort entamé et son rôle politique à peu près fini, le duc chercha à plusieurs reprises à rentrer en faveur et, dans cette intention, s'appliqua à ruiner Âranda, mais n'y réussit point. Aranda, non moins arrogant que le duc d'Albe, était, en sa qualité d'Aragonais, plus obstiné et persévérant ; le Roi, sans Taimer, appréciait son énergie et son activité dévorante, et, parfois, recevait en silence et avec une apparente bonhomie ses rudes coups de boutoir. Le grand-maître disgracié ne pouvait rien contre un tel rival qui s'était rendu indispensable et avait l'oreille, sinon le cœur, du Roi ; aussi cherchat-il ailleurs à occuper son esprit d'intrigue et à re-
1. Duc de Luynes, MémoireSy t. VII, p. 228 (24 février 1746).