‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 47 sur 212 · Aff. Etr.; Espagne, toI. 555, fol · texte numérisé non relu

Aff. Etr.; Espagne, toI. 555, fol

2. Comte de la ViQaza, Goya, su tii obrtu, Madrid, 1887, p. 286.

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à pâtir de réloignement du comte. « Le régiment « (du Roi) va à Valence, comme ma sœur te l'a écrit; <c Tami Muniain a profité de l'absence d'Aranda pour « nous jouer ce tour [pegarnosla), » Cette destination du reste ne lui déplaît pas, c'est celle qu'il avait désirée. Il aurait toutefois préféré rester à Madrid pendant l'hiver, parce que « ces opéras » se rendent à Valence avec la dame, qu'il devra par conséquent entretenir, d'autant plus qu'elle se montre, à ce qu'il semble, satisfaite de lui. ce Moi aussi, j'en suis <c très satisfait et ne pense pas à autre chose. Mieux <c vaut donc payer de sa poche que de sa santé. « Qu'en dis-tu ?» — Salm n'a guère à se louer non plus de Muniain qui ne se laisse pas prendre aux prétextes inventés par le colonel de Brabant pour s'échapper de Barcelone et courir à Madrid. « Je lui « ai parlé de ta permission . Il m'a répondu qu'il n'avait « pas encore informé le Roi et que tu étais venu à c< Madrid il n'y a pas longtemps. J'ai répliqué en <c invoquant ta profession. Il peut la faire, m'a-t-il (c dit, dans n'importe quel couvent de Bernardins ou <c de Bénédictins. J'ai riposté que tu avais d'autres « affaires, et, bien qu'il n'ait pas très envie de te voir « ici, j'ai bon espoir qu'il parlera au Roi et obtiendra ce la permission. » — En terminant, une commission. <c Réponds-moi par retour du courrier ce que coûte <c un coffre à lit (catricofré) grand, bien fait, avec « rideaux d'indienne, matelas et paillasse ; il m'en « faut un. »

Saint'Ildephonse et Madrid^ 13 septembre, — Canons de M. Maritz. Il s'agit d'un ingénieur du

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B Maritz, envoyé par la cour de France en e, sur la demande de Charles III désireux de !r le matériel de son artillerie. Cet homme l'abord de grandes espérances et ses machines Ter les canons à plein émerveillèrent le mo-

qui se piquait de connaissances en méca- Charles III s'enticha de la méthode nourelle it de vouloir livrer à Maritz les fonderies de n royaume. Malheureusement, les essais ne irent pas à l'attente générale. Soit insuffisance renteur, soit mauvaise qualité du métal (cuivre xique), ses pièces ne résistèrent pas aux ïs*. A la cour, et surtout à l'ambassade de , l'on tut fort contrit de ce résultat piteux.

côté, le malheureux inventeur, perdu de rén, parla de se retirer en France ; maJi 1 III, qui n'aimait pas à se déjuger, le retint

service pendant plusieurs années encore, ï bien l'on suppose, l'aventure de Maritz suss polémiques interminables et alimenta loug-

la verve des nouvellistes. Encore en 1775, os de l'échec d'O'Reilly devant Alger, on nua fort ces canons,

qui éclatent de colère, et, furieux, ne respectent ni Maures ni chrétiens.

noment des premières expériences, Feman rendons-lui cette justice, ne partagea pas

urgoing, TabUau dt l'Espagne moderne, 2* édition, Ï97, t. Il, p. 91.

LES CANONâ DE MARItSS ^3

l'engouement général et estima prudent de calmer Tenthousiasme de Salm. (c Je suis enchanté « d'apprendre, écrit-il, que les canons de Maritz (( semblent bons et supérieurs aux anciens ; l'habi- (( leté de l'inventeur s'accréditera de plus en plus, « et, l'expérience faite, les plus prévenus même se (( soumettront. Mais tu ne nieras point qu'il faut « attendre l'expérience avant de prendre parti pour (( ou contre l'invention, en une matière qui nous a intéresse à ce point. » Quelque dissipé qu'il fût alors. Don Carlos ne manquait donc ni de bon sens, ni de prudence. — Il pensait aussi à l'avenir et à la vie plus sérieuse qu'il serait appelé à mener un jour ou l'autre. Témoin ce petit incident et les réflexions qu'il lui suggéra. Une légère indisposition de la princesse des Asturies avait provoqué de la part de ses familiers quelques manifestations courtoises et des protestations de fidélité. Fernan Nunez n'a garde de manquer au baisemain du Prince. « Ce sont de pe- « tites choses, mais qui en préparent de plus grandes. « Ces princes nous gouverneront demain et, natu- <c rellement, si nous devons être quelqu'un, nous le (( serons sous leur règne. » En attendant, occupons-nous toujours un peu de la Marcuci. « Entre (( nous, elle me paie de retour, et, à la façon dont a elle se comporte, je me persuade que l'ami Dameto « n'a pas été bien loin. » — Fernan Nunez espère partir au commencement d'octobre avec son régiment dont la discipline hélas I laissait à désirer. « La nouvelle qu'on allait envoyer un bataillon à « Alicante a produit une grande émotion. Ils ont cru

GRANDS D^ESPAGNE

« qu'on les embarquerait pour les Indes. J'ai arrangé « l'affaire avec Perruque,,, Voilà ce qui s'appelle « avoir du crédit en cour. »

Madridy 20 septembre. — Toujours au mieux avec la Marcuci ; c'est une bonne fille. Le lit portatif est pour elle, à quoi bon le cacher ? Il faut que les rideaux, à trente réaux la canay dont il attend un échantillon le plus tôt possible, soient des plus galants, et que, sur le couvercle du coffre, on marque avec de petits clous son nom : Gertruda MarcucL Le tout, bien emballé, devra être adressé à l'administrateur de Fernan Nunez, à Valence. « Et ne crois « pas que nous en soyons au point d'avoir besoin (( d'un lit pour passer notre temps, mais on doit « être prêt à tout. » — Il compte toujours partir le 1®^ octobre et retrouver Salm à Valence vers le 25. — Rien de nouveau, sauf l'annonce du retour prochain d'Aranda et la naissance du second fils des Tàvara. « J'ai tenu l'enfant sur les fonts ; il n'a pas (( pleuré, quoique le curé et le sacristain aient fait « tout ce qu'il fallait pour cela. J'ai vu hier la mar- « quise, ma commère, qui est comme s'il ne lui « était rien arrivé de particulier. »

Madrid^ 21 septembre, — La permission de Salm se fait attendre et Fernan Nuûez a beau insister, Muniain ne répond pas. Les deux amis ne se verront donc qu'à Valence. — Retour d'Aranda. « Dimanche (c à 5 heures, la troupe s'est formée pour recevoir (c Aranda, qui est entré en carrosse avec ses deux (( aides de camp, et un autre (Franco) à cheval à la (( portière. En avant, deux cavaliers d'-^Z^arfe, l'épée

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