‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 48 sur 212 · LE COMTE DE PERALADA · texte numérisé non relu

LE COMTE DE PERALADA

(c à la main, puis un adjudant de la place et, der- « rière, huit cavaliers XAlgarçe et un officier suce balterne. Beaucoup de foule et non moins de « chaleur. Aranda est parti aujourd'hui pour le (c sitioy d'où il reviendra samedi ou vendredi. — « Bournohville, qui a la goutte dans l'estomac, a reçu « l'extrême-onction ; mais il va mieux, et Peralada « aussi. » — Ce dernier personnage, D. Fernando de Boxadors y Chaves, comte de Peralada, passait alors, et non sans raison, pour un fort mauvais sujet: l'accueil empressé qu'il fit à Casanova et la camaraderie qui l'unit à l'aventurier italien suffiraient, au surplus, à nous le rendre quelque peu suspect. Fils de D. Bernardo de Boxadors y Sureda, qui fut ambassadeur à Lisbonne et mourut dans cette ville pendant le tremblement de terre de 1755, Don Fernando hérita du comté de Peralada avec la Grandesse attachée à ce titre. Comme son père et ses ancêtres, il affichait la prétention exorbitante de s'intituler « comte par la grâce de Dieu ». Malheureusement, sa conduite ne répondait g^ère à l'illustration de sa race et à la majestueuse qualification qu'elle trouvait bon de s'octroyer. Ce Peralada, prince de la jeunesse dorée d'alors, menait une existence des plus débraillées et scandaleuses. Casanova, qui le fréquenta beaucoup à Sarragosse et à Barcelone, en 1768, le décrit ainsi: « Jeune seigneur, fort riche, joli de figure, mal bâti, « grand débauché, aimant la mauvaise compagnie, « ennemi de la religion, des mœurs et de la police ; (( violent et fort orgueilleux de sa naissance : il « descendait directement du comte de Peralada qui

GRANDS D ESPAGNE si bien Philippe II que ce roi le déclara par la grâce de Dieu. Ce fut la première rte que je lua dans son antichambre, sur tlean couvert d'une glace. Elle était placée essein pour que ses visiteurs pussent la lire e quart d'heure qu'il les faisait attendre '. » I même année, il ^t une escapade qui attira l'attention des ministres et de la diplomatie les III, comme le témoigne ce passage d'une : Grimaldi au comte de Fuentes, ambassadeur ce : « Nous avons lieu de croire que le comte ;ralada est actuellement en France et peut- Paris, voyage qu'il a fait sans demandera .ssion au Roi. C'est un seigneur de peu de lite, et il convient que vous tâchiez de savoir it effectivement à Paris et que vous le manchez vous pour le persuader de revenir en ■çxe*. » Quelque dix ans plus tard, nous le îgorer avec d'autres débauchés de son espèce' e association intitulée la Bella Union et coqpour employer le langage qu'on y parlait, à a putesca ».

Trabajos son de fortuna Los de la vida puteaca ; Mucha buUa, broma y gresca Y mucho andar k la tuiia...

noire», t. VII, p. 529.

maldi à Fuentes, 19 octobre 1768 (Aff. Etr. ; Espagne, fol. 90).

re autres Poaclara, mari de la comtesse de ce nom it avoir eu des bontés pour Beaumarchais.

rÇ-«T«i7^v^

Page 1