‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 56 sur 212 · Voltaire à D'Alembert, 19 août · texte numérisé non relu

Voltaire à D'Alembert, 19 août

PRÉSIDES d'aFRIQUE 97

Il dit mieux encore quelques jours'plus tard : « Tâchez (( que nous ayons une douzaine de comtes de Grillon et (( de princes de Salm à la cour de France, et quelques « rois de Prusse à l'Académie, alors tout ira bien*. » A l'expiration de son congé (fin de 1771 ou commencement de 1772), Salm rejoignit son régiment, qui de Barcelone avait été envoyé à Cadix et de là à Ceuta, c'est-à-dire dans la plus détestable garnison qu'on pût rêver. Alors, tout de même qu'aujourd'hui, le séjour dans ces présides de la côte d'Afrique était considéré comme un temps de supplice, un purgatoire anticipé, et chacun, suivant ses moyens, s'employait de son mieux à en abréger la durée. Fort de ses belles relations à la cour, de son crédit auprès de Ricla, successeur de Muniain au ministère de la guerre^, et de son amitié avec l'inspecteur général O'Reilly, Salm en prenait à son aise. Pour échapper à l'ennui mortel de la vie de forteresse comme aussi à l'intolérable température du lieu, le colonel de Brabant quittait Ceuta en tapinois et venait chercher à Cadix du repos et quelques autres distractions. Ricla fut informé de ces escapades et dut rappeler sèchement son subordonné au respect de la discipline. Nous avons de ce ministre une. dépêche du 3 septembre 1772 qui ordonne au prince de Salm de rejoindre immédiatement son poste, « si essentiel à l'honneur des armes ^ ». Cette fois, sans doute, le

Page 1