‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 64 sur 212 · MANŒUVRES DE NEISSE · texte numérisé non relu

MANŒUVRES DE NEISSE

le siège de Barcelone de 1706, rencontrée dans un couvent où elle était pensionnaire et où le bombardement avait obligé le futur empereur, alors prétendant à la couronne d'Espagne, de se réfugier avec quelques personnages de sa suite. Très amie des arts, on lui attribua des relations intimes avec Métastase, relations qui auraient abouti à un mariage secret ; à tort ou à raison, elle passa aussi pour avoir eu quelque part aux bonnes grâces de Charles VI. — Après cette excursion militaire, Fernan Nufiez partira pour Berlin et ira voir manœuvrer le roi de Prusse.

A la fin d'août, il est à Neisse, en Silésie, au beau milieu des camps et des manœuvres de Frédéric, Pendant quelques mois, Thomme du monde et rhomme de cour vont faire place à l'officier. A l'aspect de ces belles troupes, si exercées et entraînées par la présence et l'attention constante du souverain, — tout le contraire de ce qui avait lieu en Espagne — les instincts et les goûts militaires du colonel de Y Immémorial se réveillent ; il regarde, compare, admire ; il est émerveillé de cette discipline et de cette précision. Même à sa sœur, il ne saurait, en ce moment, parler d'autre chose, que d'exercices et de manœuvres militaires.

« J'ai vu toutes les manœuvres du Roi qui m'ont di-

1. Biographisches Lexicon des Kaiserthums Oesterreich de C. von Wurzbach, 1. 1, p. 18 ; A. von Arneth, Maria Theresia und Joseph II, Vienne, 1867, t. II, p. 43 ; Du même, Briefe Maria Theresia an ihre Kinder, Vienne, 1881, t. I, p. 299; et M. Landau, Geschichte Kaiser Karls VI als Kônig von Spanien, Stuttgart, 1889, p. 508.

110 GRAHI

verti, instruit et saisi

resta, la cavalerie, ce q

ferait-il pas s'il avait m

parti pour Breelau ofi je dois aller le rejoindre, car,

auparavant, je vais rendre visite à un comte allemand

qui m'a invité et dont la maison de campagne mérite,

dit-on, d'être vue. Nous nous sommes associés' avec

deux colonels français, bons garçons, l'un surtout, qni

est fort intelligent ; nous mangeons, vivons ensemble et

avons conclu un « pacte de famille o Amitiés à

Boi^besi ' et à Revillagigedo '. Dis au premier que je pense à lui, surtout quand je vois deus lignes de cavaliers en bataille, l'une de deux mille chevaux, l'autre de quatorze cents, charger au grand galop à travers un mauvais terrain et faire balte tous à la fois, aussi bien alignés que la meilleure infanterie. Villadarias ' n'a pas idée de cela, ni moi non plus je ne l'avais pas. Que ne ferait pas ce Frédéric s'il avait une douzaine de régiments de Moniesi ! A Revîllagigedo, dis-lui que j'essayerai, si j'en trouve le temps, de lui donner une idée de cette armée qui est tout autre que ce que j'avais pensé, car à la pelit-maStrise et aux minuties elle a très beureusement substitué la solidité et l'intrépidité »''.

L'uD des colonels français mentioDoés dans cette

Page 1