LA SOCIÉTÉ DE VIENNE
son compte m'ont été dites aussi par la princesse Legnoschi ^, récemment arrivée de Berlin et à laquelle il m'a fort recommandé ; en effet, cette dame me comble de prévenances. L'autre soir, j'ai soupe chez elle, dans sa maison de campagne de Schœnbrunn ».
En somme, Fernan Nunez est enchanté du séjour de Vienne ; l'aristocratie du lieu aussi bien que le corps diplomatique se disputent le gentilhomme espagnol et rivalisent de politesse. Il dîne chez le ministre de Gênes et chez le comte Mahony, ambassadeur d'Espagne ' ; il compte passer trois jours en Hongrie, chez le prince Esterhazy, qui donne des fêtes superbes « où se rend la moitié de Vienne » ; il est invité chez le ministre Kaunitz et a rencontré l'un de ses fils, el chico KahonitZy qui a été en Espagne et avec qui il a parlé de Salm ^. La lettre se
1. Il s'agit de la princesse Charlotte Lichnowsky, née comtesse Althann.
2. D. Demetrio Mahony, comte de Mahony, était un militaire irlandais né en France ; il dut sa fortune en Espagne à son compatriote le ministre D. Ricardo Wall. On le représente comme « un homme d'esprit et d'un commerce sûr, peu versé dans les affaires, mais fort habile dans les petites intrigues ». Il tenait à Vienne table ouverte, « abondante et délicate, qui lui fournit les moyens d'être bien instruit de ce qui se passe ». {Tableau et Portraits de la cour de Vienne, vers 1770, dans VArchiv fur œsterreichische Geschichte, t. LXII, pp. 220 et 233.) Nommé lieutenant général le 3 avril 1763, il mourut à Vienne, le 26 décembre 1777.
3. Dominique de Kaunitz Rietberg, troisième fils du grand Kaunitz. Il vint à Madrid au mois de mai 1764 pour apporter à Charles III la nouvelle de l'élection de Joseph II à la dignité de roi des Romains (Gazeta du 8 mai 1764).
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rmine par ce portrait du prince Louis de Rolian, ibassadenr de France à Vienne, que ses extragances et ses débordements allaient faire rapiler au mois d'août de cette année :
« Nous avons ici, pour ambassadeur de France, le ince de Rohan, frère de la Masserano et coadjuteur de n oncle, l'archevêque de Strasbourg. Grand, beau garn et vif en diable. Tout lui sied, sauf l'archiépiscopal. tu le voyais sautiller en habit de campagne et une à la main ! Nous n'avons pas idée de ça chez un chevêque. Les femmes se pendent a son bras et sont lies de lui, car il est fort aimable. Mais, je l'avoue, I archevêque se comporter ainsi m'a fait rire » .
Trois jours plus tard {24 juillet). Don Carlos immence par rassurer la duchesse de Béjar sur sa nté. Le lait d'ànesse a fait merveille ; il se sent ieux et mange de meilleur appétit. 11 compte partir lendemain pour la Hongrie, et, après les fêtes da ince Esterhazy, ira voir le régiment de carabiniers 1 comte Michel Antoine Althann, parent du marlis de Rubi. Cet Althann, général de cavalerie et iloncl propriétaire du 2° régiment de carabiniers evenu le régiment de cuirassiers Kaiser Franz- 'se/ih, n" 1), était le plus jeune fils du comte Michel an Althann, l'un des confidents de l'empereur liarles VI, et de la belle et spirituelle Marianne gnatelli, t/ie spanische Althann, comme on l'appeit h Vienne. Espagnole, en effet, et fille d'un . Domingo Pîgnatelli, gouverneur de Navarre et : Galice, le comte, qui l'épousa, l'avait, pendant