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est soignée et abondante. Les voitures ne sont pas en général du meilleur goût, mais les chevaux sont excelleDts. En hiver, il y a deux ou trois maisons ouvertes et puis de petites réunions. En ce moment, nous n'avons que celle du secrétaire d'Etat, car les autres personnes qui reçoivent habitent la campagne. L'habitude d'aller à la campagne n'est pas aussi répandue qu'en Italie, sans doute parce qu'ici les chaleurs sont moins fortes. Ordinairement, l'on dîne à deux heures et les réunions se terminent avant minuit.
Le théâtre commence à sept heures et demie ; la première noblesse ne fait nulle difficulté d'aller au parterre, et même les dames vont s'asseoir au milieu du public. L'entrée avec place assise coûte quatorze réaux. Les jours de fête, il y a des combats de bêtes et, de temps à autre, de nuit, des feux d'artifice. Ces spectacles coûtent bon marché. Les promenades sont spacieuses et même vastes, mais assez pauvrement ornées. Il y a cependant trois jardins à l'Empereur et quelques autres à des particuliers, dans les faubourgs, où l'on peut se récréer l'esprit assez agréablement : toute personne décemment vêtue y est admise.
De toutes les maisons construites dans l'enceinte de la ville, l'Empereur possède le deuxième étage et, si la maison en a quatre, il lui en revient deux. Toute la noblesse supporte cette charge, mais elle en atténue les inconvénients en payant une somme une fois pour toutes ou une rente annuelle, et de cette façon le propriétaire jouit de son immeuble entier.
Après le coucher du soleil, on sonne une cloche à toutes les portes de la ville, et celui qui, après ce signal, entre ou sort, paye une monnaie appelée creutzer qui vaut six maravédis : c'est un impôt général. Dans la ville, on trouve des courriers à pied pour porter lea lettres, billets, etc., et si la course a lieu dans l'intérieur des murs, le prix est de trois sous ; pour le dehors, on paye à proportion de la distance.