LE DUC ET LA DUCHESSE DE ROHAN
pas plus noire que la mienne : je n'y puis rien. Caamano se met à tes pieds ; il est tout abasourdi de se voir à Paris plus tôt qu'il ne pensait Je regrette que tes diamants soient partis sans que j'aie pu les voir. Mes habits sont du meilleur goût ; je t'en remercie et te prie de me continuer tes bons offices. En voilà assez pour aujourd'hui Je ne puis assez te dire quel plaisir c'est pour
quelqu'un qui ne s'en doutait pas de se trouver au milieu des siens quand ils sont si bons. Le cœur est dans son centre et goûte vraiment tout le bonheur qu'il est capable d'éprouver. Je regrette beaucoup, beaucoup de ne pas t'avoir ici ; mais je forme des projets pour plus tard, pour quand, du moins, j'aurai plus de papier à ma disposition. »
Cinq jours plus tard (19 mars), Don Carlos est encore sous le charme de Taccueil cordial qu'il a reçu des Rohan ; mais il se rend mieux compte maintenant de ses premières impressions, il peut les analyser avec plus de précision et les dépeindre avec plus de nuances. Il a eu le temps aussi d'étudier de près son oncle et sa tante, au physique et au moral, et de composer les portraits que sa sœur attend avec -une si vive impatience.
« Chaque jour je suis plus content de nos parents, et je crois qu'ils le sont aussi de moi. Dès le premier abord, je les ai traités avec la plus grande franchise et confiance ; cela m'a gagné la leur, en sorte que je sens bouillonner dans mes veines le sang français qui, à la vérité, y dormait depuis longtemps : il me semble que je suis né ici. La tante, qui a dû être fort jolie femme et qui maintenant est un peu flétrie, à cause de la petite vérole qu'elle a prise l'an dernier avec l'inoculation, a la taille de la
de l'Immémorial et prit part à l'expédition contre Alger, comme adjudant d'O'Reilly. Nommé lieutenant général en 1795.
GRANDS D ESPAGNE
vente', avec quelques doigts de plus et un en bon i( raisonnable : ni trop forte ni trop maigre. Elle a coup d'esprit et l'a très bien employé, car elle a is la physique, la géographie, etc- En ce moment, elle upe de chimie. Mais ce qui fait son grand mérite est ; point se vanter de ses études. Elle s'exprime bien, un ton de voix agréable et une manière franche, est vive, aime à dire ce qu'elle pense, sans blesser 3nne, et prise ceux qui font de même. Parfois, il lui 'e de mettre un peu de piment dans ses propos, sans ndant s'acharner a son opinion, ce qui serait contraire dévotion qu'elle professe sincèrement, mais pas avec nt de rigueur que M"" de l'Infantado. L'oncle est sévère, toutefois sa dévotion n'incommode personne, premier principe est de laisser les autres vivre à leur e, pour vivre, lui, à la sienne ; il n'est jamais plus ent que lorsqu'il peut faire plaisir à quelqu'un, dût-il n coûter quelque gène. Il est grand comme Santiago, is gros, et marche le dos incliné, la tête un peu basse, i vite. Il porte une perruque blonde et de petits is. Il n'a pas autant d'esprit que sa femme, mais on ■rouverait pas au monde d'homme plus honnête ni t la physionomie exprimât mieux le caractère ; il a leurs toute l'intelligence nécessaire. Je l'aime de tout I cœur. Il a soixante-huit ans*. L'abbé de Fontaine t je t'ai parlé a beaucoup d'esprit et de douceur; rois qu'il est fort honnête homme et que l'amitié e l'unit à la duchesse et au duc également. Notre e la maréchale de Lautrec*, avec qui j'ai dîné hier.
;omte9se de BenuTente, D" Maria-Josefa entel, qui épousa, en 1771, le marquis de Penafiel. plus Deuvième duc d'Osumi. Sa vie se prolongea assez avant e siècle-ci : elle mourut le 5 octobre 1834.
Don Carlos vteiiht un peu soa OQcle, né, d'après le biselme, le 17 janvier 1710.
Louise-Armaude-Julie de Rohaa Chabot, mariée à
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