‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 88 sur 212 · Ossun à Choîseul, 24 décembi vol. 561, fol. 475 y · texte numérisé non relu

Ossun à Choîseul, 24 décembi vol. 561, fol. 475 y

vÉE d'aranda a paris 151

rtit en août et eut sa première auïOlbre, Se trouvant trop petitement

de Soyecourt, rue de l'Université, >mte de Fuentes, il alla s'installer hamps, dans la «maisoD du marquis débuts à la cour ne répondirent pas lie du public très surexcité par tout du nouvel ambassadeur. Le tact

qualité dominante d'Aranda ; de t sans doute pas assez couramment e produire avec aisance dans cette e aux moindres peccadilles contre goût, si impitoyable pour ceux qui La lettre suivante, adressée au rd par une femme qui dîna avec les, le jour même de son audience, n peu favorable qu'il produisit dans

Veraailles, ce 1! septembre 1773.

Durs promise. Monsieur le Comte, de et que me feroit M. d'Aranda. Vous ]ue bien des fois vous m'aviés dit que »iravec M, de Kaunilz, de Pombal et le les hommes qui avoient ou qui deis grande existence dans l'Europe.

t loin de sa réputation. J'ai dîné avec ion seulement il n'a pas dit une chose 1 a été dans le plus lourd et dans le

^« eomplite de la marquise Du Deffand, n%, 1865, t. U, p. 348.

152 GRANDS d'eSPAGNE

L plus commun : il est vrai que je le crois un peu sourd jet

qu'il n'y voit pas. Ajoutés-y de se trouver avec beaucoup de monde qu'il ne connoit pas. Il a Tair faux. Je suis

|. arrivée à dîner comme de raison ; il ne m'a rien dit. J'ay

pris ma place ordinaire auprès du ministre. Après dîner, il n'a eu nen de plu^ pressé que de se faire présenter à moy. Je me suis mise en fraix avec un peu de peine, mais je lui ai fait de grands compliments sur l'avantage que nous avions sur lui de le connoître de réputation. Mes louanges lui ont plu, et, quoique sourd, il m'a fort bien entendu... Il m'a dit que le travail sans considération et sans crédit, après celui qu'il a voit eu, le fatiguoit et l'ennuyoit, qu'il avoit eu une trop grande existence pour devenir particulier ne se mêlant de rien, qu'il avoit préféré de venir icy à aller dans ses terres. Il ne me la pas dit, mais sa grande raison sont les femmes. On dit qu'il veut faire tourner toutes nos têtes. Je répons qu'il aura les filles qu'il voudra, car il est fort riche, mais il est bien laid, bien jaune, point de dents, l'air vieux, quoiqu'il n'ait que cinquante-quatre ans, un dragon dans l'œil : je trouve qu'il ressemble au duc de Laval. A son audience chez Mme la comtesse de Provence, il luy a dit pour toute harangue : « Madame, comment vous portez-vous » ? Elle luy a parlé du roj d'Espagne. Il luy a dit : « Il vous assure de son respect »; à M. le comte de Provence: « de son attachement ». Chez Mme la Dauphine, rien ; on dit qu'elle ne lui a pas laissé le tems. Ce sont les princes et les princesses qui m'ont dit à moy ce que je vous dis là. Il paroît qu'on s'est servi de lui pour détruire les Jésuites comme du Parlement qu'on a cassé après. Je commence à croire que son arrivée, à laquelle on supposoit de grandes suites, n'est autre chose que la crainte qu'il a eue de se voir exiler. Il m'a assuré que ce n'étoit pas s'expatrier que de venir icy^

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