Afr. Etr. ; Espagne, vol. 572, fol
■ppjs»^»^^
L AMBASSADE d'aRANDA 153
S'il plut donc médiocrement à Versailles et aux délicats de la cour, le faste extraordinaire que, grâce à ses quatre cent mille livres de rente, il se mit à déployer aussitôt et qui contrastait si heureusement avec le train médiocre de son prédécesseur, lui valut Testime et Tadftiiration du monde de la ville. Au printemps de 1774, il fit sensation à la promenade de Longchamp. « M. le comte d'Aranda, am- « bassadeur extraordinaire d'Espagne, a surtout attiré « les regards par la magnificence de son train », disent les Mémoires de Bachaumont*. Mais auprès de Vergennes, le nouveau ministre que Louis XVI, à son avènement, chargea des affaires étrangères, Aranda ne réussit pas beaucoup mieux qu'à la cour : le caractère difficile et pointilleux, à la fois obstiné et emporté de l'Espagnol, ses tracasseries et ses réclamations incessantes rendant la moindre négociation des plus laborieuses. Ossun, qui avait prévu tout cela, mais n'avait pas l'autorité nécessaire pour s'opposer à l'envoi d' Aranda à Paris, chercha à atténuer le mal en avertissant Vergennes des défauts de l'ambassadeur et en lui donnant à entendre qu'à Madrid même l'on s'attendait à bien des maladresses de la part d'un ministre si impropre aux fonctions diplomatiques*. L'événement confirma, et plus d'une fois, ces prévisions. A la date du 6 décembre 1774, Vergennes écrivait à Ossun : « Nous avons eu le