MANIES D*ARANDA
qu'il soit le plaisir de S. M. de me placer au quatrième, je serai exact et également reconnoissant à sa suprême volonté ; mais il y a une g^rande différence pour les ambassadeurs de famille de dépendre de celle de ceux qui n'ont eu nulle part à la grâce. Par la voie de V. E., je regarderoi toute résolution comme émanée de la source qui peut la dicter * . »
Une autre fois, c'est son carrosse dont la portière a été un peu brusquement ouverte par des gabelous trop consciencieux qui tenaient à s'assurer de la qualité des personnes qui l'occupaient. Le moindre accroc à l'étiquette le jetait dans des fureurs inexprimables et, chose plus grave, lui mettait la main à la plume. Les archives des Affaires Étrangères sont pleines de poulets d'Aranda toiis rédigés dans l'aimable langage du papier que nous citions tout à l'heure.
Cet homme si prompt, impérieux, et irritable, et qui s'observait si peu, devait avoir des manies. Il en avait et qui firent la joie de notre société spirituelle et moqueuse. L'un de ces tics consistait à commencer toutes ses phrases à la Belge, par un « entendez-vous ? comprenez-vous ? » Le duc de Lévis conte à ce propos une plaisante anecdote :
« Un jour qu'il jouait au pharaon chez la princesse de Lamballe, le banquier, voyant qu'il se trompait, refusait de lui payer un coup qu'il avait gagné, l'ambassadeur soutenait sa prétention avec toute la fierté castillane ; enfin, voyant que le banquier ne se rendait pas, il saisit