I. L,de Salazar, Casa de Lara, t. I, p
que lui ont value les prouesses éclatantes de son oncle et les solides vertus de son père ; elle hérita de Tun et de l'autre. Le rôle qui lui incomba, dès son mariage avec Sanche IV, le prince batailleur, vindicatif et dur, réclamait des qualités supérieures, un jugement, une prudence, une intrépidité, qu'elle possédait heureusement au plus haut degré et qui lui ont rendu possible Taccomphssement de sa mission historique.
Depuis son union avec Sanche jusqu'à sa mort, on peut dire que pas une année de son règne et de ses deux tutelles ne s'est écoulée sans qu'elle ait eu à lutter d'inteUigence et d'énergie pour sauvegarder les droits de la couronne et l'existence de l'Etat. Sa première tutelle surtout, celk de son fils Ferdinand IV, — car cette reine mère sur qui retombaient toiît le poids et toute la responsabilité du gouvernement ne porta même pas le titre de régente, — les années 1295 à i3oa, pendant lesquelles elle dirige, au milieu d'inextricables difficultés et de dangers terribles, les pas chancelants de son fils mineur, constituent la période héroïque de , cette Aie admirable. C'est cette période que le poêle a choisie pour y placer son drame. L'amour maternel, la fidéUté à la mémoire du roi * défunt, le sentiment du devoir et de la dignité royale, du côté de Marie de Molina ; l'esprit