‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 43 sur 161 · POÉSIES DE DIEGO DE MENDOZA · texte numérisé non relu

POÉSIES DE DIEGO DE MENDOZA

renonça entre i547 ^* i549 à la promesse qu'elle avait faite à son père : les deux hypothèses sont soutenables, mais, comme il est dit dans le sonnet de Pérez : tu lo adevina,,.

Des poètes qui ont pleuré la pauvre novia, le plus inspiré fut certainement Diego de Mendoza. Dans le recueil de ses poésies, il y a quatre pièces qui ont trait à Marina : un sonnet, une élégie, deux épîtres. Le sonnet, assez insignifiant, ne compte pas*; Télégie, au contraire, malgré des maladresses coulumières au poète, qui, incomplètement maître de Fidiome poétique, n'arrive qu'avec peine ù trouver une forme adéquate à ses pensées souvent ingénieuses et même profondes, et, malgré une fin déconcertante où le récit de l'histoire d'Orphée apparaît sans que l'on sache trop pourquoi, cette élégie, toute vibrante d'une émotion des plus sincères, a des passages fort réussis où l'heureux choix de l'expression rivalise avec la délicatesse du •sentiment. Les épîtres, écrites du vivant de Marina et qui lui furent adressées de Venise, où Mendoza remplissait les fonctions d'ambassadeur, sous le couvert d'une Maria de Pena,

I. Non moins insignifiant est un autre sonnet « Sobre cl «epulcro de D* Marina de Aragon », qui figure parmi les poésies de Gulierrede Cetina (06ras de Gulierre de Cetinaj éd. Hazafias, Séville, i8q5, t. I, p. 118).

88 m. DON A MARINA DE ARAGON

criada de la jeune fille, affectent le ton plaisant que Mendoza empruntait volontiers aux auteursitaliens de capitoli burlesques ; mais rallure facétieuse des deux morceaux n'empêche pa& qu'on y sente le culte respectueux et tendre que Mendoza avait voué à la jeune fille.

Voyons d'abord les éj)îtres*. Mendoza était resté quatre ans (a cabo de quatro afios de pariidoj sans donner de ses nouvelles à Marina et à sa suivante. Ces quatre ans doivent se compter probablement à partir de i537 ; vers la fin de cette année, en effet, il quitta la Catalogne et Barcelone pour se rendre en Angleterre où il avait charge de représenter T Empereur auprès de Henri VIII, avec EustacheChapuis\ Dans une letlre à D. Francisco de Los Cobos, datée de Londres le 28 février i538, il rappelle la bonne vie de Barcelone et exprime ses regrets d'avoir dû y renoncer^, ce qu'il marque aussi dans la première épître :

1. Çà et là, dans mes citations de Mendoza, je rectifie le texte défectueux de l'édition de W. I. Knapp (^Obras poéticas de D. Diego Hurtado de Mendoza, dans la Coleccion de libros espanoles raros 6 curiosoSy t. XI, Madrid, 1877), à l'aide des manuscrits de la Bibliothèque nationale de Paris, Esp. 258 et Esp. 3ii ; ce dernier, on le sait, contient des corfections autographes du poète.

2. Calendar of State PaperSy Spai/i, Londres, 1888, vol. V, part II, p. i65, 336 et 439*

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