I. Alors premier ministre de Charles II
a. Ministère des Affaires étrangères. Correspondance d'Espagne, t. LXXV, fol. 80 vo (Lettre du 33 septembre 1688).
GAMINHA OFFRE SES SERVICES 2l5
commander encore le duc à Louis XIV, en réclamant pour lui un secours d'argent qui le lierait mieux à la cause qu'il s'est déclaré prêt à défendre.
« La personne à qui j'ay présenté le portrait de Vostre Majesté a depuis quelque temps redoublé ses avis sur ce sujet et il a esté inconsolable de ce qui vient d'arriver*. Jamais Vostre Majesté ne peut avoir en Espagne un serviteur plus affectionné pour son service, plus naturellement ennemy de tous ceux qui sont contre vos interests, ny mieux informé que celuy-là. On luy a fait ressentir par un nouveau retranchement de ses pensions qu'on le vouloit pousser a bout, et, tout grand seigneur qu'il devroit estre, on ne luy a laissé qu'une subsistance si courte, que Vostre Majesté feroit une chose digne de sa générosité, si elle vouloit bien y pourveoir par quelque gratification réglée : looo ou 12 cens pistoles qu'elle luy donneroit présentement luy seroient un secours nécessaire en luy en faisant espérer la continuation de fois a autre. J'ose suplier très humblement Vostre Majesté de les luy accorder, comme la depence la plus utile qu'elle puisse faire pour son service, soit qu'il y ayt paix ou guerre avec l'Espagne, cet homme ayant toutes les qualitez d'un serviteur dont on peut atendre des services très importants^. »
Jusqu'ici Caminha avait laissé l'ambassadeur parler pour lui dans les dépêches adressées au roi ; mais un moment vint oii il lui parut nécessaire de faire passer sous les yeux de Louis XIV un