MOTIFS DE LA SUPERCHERIE
prouve pas grand'chose, rien n'étant plus facile à un Espagnol médiocrement lettré que de pasticher le castillan du xiii* siècle.
Et maintenant quels motifs supposer à cette supercherie ? Il en est un en tout cas qui apparaît assez clairement : celui d'assurer à la grande maison ducale une sorte de prééminence sur toutes les autres par le royal cousinage de Tadresse. Sans doute, les gens experts ne s'y tromperaient guère, — l'exemple de Salazar le montre, — ils sauraient pour la plupart à quoi s'en tenir ; mais le gros du public, ignorant du protocole ancien , accepterait tout de confiance : Faction de Tarifa, chantée dans les romances, ne suffisait-elle pas à tout justifier ? le cas si glorieux et si exceptionnel ne méritait-il pas aussi une récompense glorieuse et exceptionnelle ? Voilà ce que dut se dire le pasticheur, préoccupé de la renommée de ces Guzraan et convaincu qu'avec le temps personne ne leur contesterait ces avantages appréciables qu'il pensait ainsi leur procurer. Puis, au désir naturel de rehausser une famille, par intérêt ou par reconnaissance, a pu se joindre aussi uri autre sentiment: l'amour de l'art, la joie de mystifier son prochain, de se moquer un peu de lui et de réussir un morceau qui, à défaut d'autres mérites, demandait un certain tour de main.
En y réfléchissant, je mê demande si la lettré de Sanche el celle d'Alphonse X, qui semblent marcher de pair, .ne procéderaient pas tout simplement de la chronique d'Alonso Pérez, conservée dans le monastère de San Isidoro, etqu a dû compiler quelque moine de la fondation du grand guerrier". Ces deux morceaux en auraient été extraits, recopiés à part et des exemplaires de ces copies^ auxquels cpielqu'un de la: maison des ducs peut-être aurait donné -tant bien que mal Fapparence de lettres originales, seraient ceux que Barrantes déclare avoir vus dans les archives des Guzman : car, jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas lieu de douter de la parole du généalogiste. Pour arriver, il est vrai , à une certitude complète sur Torigine de la lettre de Sanche, — je laisse celle d'Alphonse de ^àiéy — il conviendrait de diriger l'enquête sur trois points ; il faudrait rechercher et examiner :
** Lai>ièce qui, d'après la tradition rapportée ci-dessus, se trouve peut-être dans les liasses jadis déposées à Simancas :
XV* «^^-^lu \'*^*'5^*'^ ^«'«n prieur de ce monastère, au «I siecte. Fr. Fernando de ZeTaUos, auquel nous devons aussi,
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