Saint-Simon, éd. Boislisle, t. VII, p
assez plaisamment le désespoir du pauvre marquis victime de la nouvelle étiquette : c( Vous vous plaignez de l'ennui du Roi Catholique !
Donnez-moi donc de quoi Famuser. Ne voulezvous pas qu'il se contente pour cela de la vue du marquis de Villafranca, pour qui c'est une même chose de lui arracher le cœur ou de conseiller au Roi d'ôter sa golille et de manger en public*. )) D'autres au contraire estimaient que le nouveau régime devait apporter des changements profonds dans la vie nationale et que l'occasion était bonne de se débarrasser d'un accoutrement incommode et que seul un attachement aveugle à la tradition avait maintenu jusqu'alors. Un grand non moins respectable par son caractère que Villafranca et que Saint- Simon compare à Bayart^ le marquis de Vi- Uena, duc d'Escalona, se distingua au premier rang des réformateurs : « De sa vie, il n'avoit porté golille, ni l'habit espagnol; il le disoit insupportable, et partout fut, toute sa vie, vêtu à la françoise. Cela s'appeloit en Espagne à la flamande ou à la guerrière, et presque personne ne s'habilloit ainsi \ » Dans une très belle lettre
1 . Mémoires secrets sur l'établissement de la maison de Bourboïi en Espagne, Paris. 1818, t. I, p. 162.