‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 2)Chapitre 14 sur 65 · MATIÈRES · texte numérisé non relu

MATIÈRES

QUANTITÉS

PRIX

par tonne.

TOTAL

Construction eu fer de la lanterne du

tonnes.

francs.

francs.

dôme .

Tôles et charpente en fer du plafond de

la grande salle .

Charpente en fer du toit central et des

toitures des salles voisines .

Supplément pour chacune des grandes

poutres de la salle principale .

Châssis vitrés, etc .

Paratonnerres .

Poutres pour les paratonnerres .

Sommiers pour planchers .

Poutres en fer laminé de 260 mill. de hauteur et plus pour la toiture du ves¬

tibule et de la terrasse .

Poutres en fer laminé de 260 mill. de hauteur et plus pour lambourdes et pour toiture des pavillons extrêmes de la

terrasse .

Fers à T des plafonds des tribunes. . . . Colonnes en fonte des tribunes, supportant le plancher du premier étage de la

galerie circulaire .

Tôles et fers pour poutres et fermes de la partie droite du toit de la grande salle, petits fers à T du plafond de la

galerie supérieure .

Échafaudage pour la construction du toit principal et du plafond de la grande

salie .

A ajouter pour imprévus .

Total.

Il nous reste à mentionner trois petites adjudications : Un pont léger doit, en traversant l’ile des Cygnes, relier le quai de Grenelle au quai de Passy. Ce pont en fonte est formé de six travées et coûtera 420,000 fr. La construction en est confiée à MM. Cail et Cie.

La charpente en fer des annexes des machines a été estimée 300,000 fr. M. Baudet a construit celle de la station du chemin de Ceinture à l’Exposition pour la somme de 50,000 fr.

(Légende des PL A et B).

La planche A représente l’ensemble général de l’Exposition, les constructions du Champ de Mars et du Trocadéro. Ce plan dessiné et autographié d’après le plan officiel est de la plus grande exactitude. Il pourra servir de guide au visiteur et sa lecture pourra amoindrir les regrets des personnes qui ne pourront visiter l’Exposition.

La PL B représente une coupe en travers de la charpente avec cotes.

Nous avons encore en main d’autres dessins notamment ceux de la splendide construction en fer élevée pour son Exposition, par la Ville de Paris.

Nous ne pourrons en donner tous les détails, il nous faudrait faire un atlas monumental de 1 à 200 planches. Le prix modeste de notre souscription nous forcera quelquefois bien à regret à nous restreindre, cependant nous n’oublierons pas les travaux les plus remarquables, de façon à aider le lecteur à bien se rendre compte par la pensée ce qu’il n’aura pu étudier de visu.

Trois heures de promenade au Champ de Mars (1).

Mardi 9 avril

Les bâtiments multiples dont se compose l’Exposition, demanderont pour être visités avec fruit, non pas 8 ou 15 jours, mais bien un mois au minimum. Nous voulons donc, dès à présent, étudier le terrain afin d’économiser à nos lecteurs le temps qu’ils pourraient perdre pour rechercher l’emplacement des industries qui les intéressent le plus.

Nous entrons par la porte Rapp. Dans le premier pavillon, à gauche, nous trouvons classe 65, l’installation des appareils de la télégraphie électrique, cette galerie méritera d’attirer l’attention de nos lecteurs, elle est presque complète. Nous remontons dans le jardin qui sépare ce premier pavillon de la grande galerie des machines. Nous trouvons dans cette avenue l’installation des grandes cheminées d’usines qui devront servir à desservir de puissants moteurs destinés à faire mouvoir toutes les machines qu’il nous sera donné d’examiner. Elles sont au nombre de cinq. Nous rencontrons d’abord le généiateur inexplosible de Belleville que nous voyons vis-à-vis la classe 65. M. Droux, notre collaborateur, nous promet un long article qui ne laissera pas que d’être très-intéressant au point de vue de la construction des cheminées en général, nous ne nous arrêterons donc pas plus longtemps à la description de ces constructions.

Nous traversons les pépinières de MM. Groux et fils, et nous trouvons une cheminée construite par MM. Cordier et fils, elle fonctionne* déjà et dessert les chaudières qui font mouvoir le puissant moteur de M. Nolet , de Gand. Cette machine à vapeur à balancier à 2 cylindres est à détente variable avec distribution

(1) Nos lecteurs, pour nous suivre pourront prendre le plan que nous leur adressons, à titre gracieux, avec cette livraison; un deuxième exemplaire leur sera envoyé avec les premières planches de l’atlas.

à déclic par régulateur, la troisième cheminée que nous rencontrons est celle de la Compagnie de Fives-Lille. Elle est formée d’un long tuyau de tôle qui a son originalité ; la légèreté de cette construction présente nn grand contraste avec les cheminées plus massives construites en briques.

Revenant sur nos pas, nous entions dans la classe 60, nous y trouvons l’installation presque complète d’une machine à fabriquer les papiers, elle remplit à elle seule tout l’espace de cette classe 60 qui longe l’avenue Rapp.

Notre collaborateur, M. Vigreux, nous parlera très-certainement de cette machine, dont les fabricants sont, croyons-nous, MM. Cordier.

Continuant cette nouvelle direction, nous entrons dans la galerie des machines, classe 64; cette partie est destinée à l’exposition de machines et de wagons, au centre, nous remarquons un système de chariot destiné à la manutention des wagons pour changements de voies (Cie P.L.M.). La manœuvre se fait à l’aide d’une petite machine verticale, dont nos collaborateurs spéciaux nous entretiendront plus tard.

Entre la cheminée de Fives-Lille dont nous avons parlé plus haut et celle de MM. Cordier, nous remarquons un pavillon presque terminé, et qui d’après le dire d’un compagnon qui y met la dernière main, est destiné à la dégustation des boissons, il ne ligure pas sur notre plan.

Nous remontons vers l’Ecole militaire, et nous faisons halte au pavillon que nos lecteurs reconnaîtront sur le plan, c’est, le restaurant français. Installation simple, mais confortable, que nous recommandons à nos visiteurs ( sans réclamé).

Faisant face en arrière du pavillon, nous rentrons dans la galerie des machines en passant sous le vestibule, nous arrivons dans la classe 60. Sous le grand pavillon, qui se trouve à notre droite faisant face arrière à l’École militaire, doit se dresser une construction octogonale, un peu en retard, puisque nous n’en voyons que les fondations.

Dans la galerie des machines tous les paliers sont en place, les fosses sont creusées, les planchers assemblés, seules les pièces des engins que nous sommes appelé à voir fonctionner ne sont pas encore complètement réunies. Nous complimentons M. Julien Dalbrof, de Harly, près Saint-Quentin, parce qu’il est le seul dont l’installation soit un peu avancée (filature), puis nous trouvons une grande installation tellement bien enveloppée, que nous ne pouvons en connaître fe destinataire.

Au moment où nous cherchions à deviner ce que nous cachaient les toiles de cet exposant, nous sommes accosté par M. Percheron, de Paris qui nous apprend en nous montrant l’emplacement de son exposition (où rien n’est exposé) qu’il a créé à Paris une fabrique de tissus de soie, dans laquelle il a installé un métier à la barre de 10 pièces, perfectionné, lequel métier fait deux tissus différents.

Nous avons en même temps la faveur de rencontrer M. Walz, fabricant de fleurs artificielles, qui nous promet de nous adresser dans quelque temps, une série de notes très-intéressantes sur cette question.

Voici 3 heures que nous sommes entré, et si nos lecteurs nous suivent le plan à la main, ils verront quel petit espace nous avons parcouru, et cette partie du terrain est cependant moitié garni de tout ce qui devra dans quelques jours l’encombrer, cela peut donner une idée du temps qu’il faudra pour visiter avec fruit ce vaste caravansérail.

L'heure de la fermeture va sonner, nous nous dirigeons par la tangente vers la section Imprimerie et Librairie (classe 9), nous la voyons vers la droite en laissant le pavillon de la ville de Paris, sur la gauche.

Tout dans notre section est dans le même état, c’est-à-dire qu’il n’y a rien de fait.

En revenant sur nos pas pour sortir par la porte Rapp, nous rencontrons M. Collin qui installe son horloge monumentale à 7 cloches ; notre collaborateur, M. Berlioz, aura quelque temps à consacrer à l’étude de cette installation, vraiment remarquable.

Dans la deuxième galerie parallèle à l’avenue Rapp , un seul exposant français a son installation prête : c’est M. Picault, son zèle mérite une mention. Pour le reste, avec le meilleur lorgnon on ne pourrait découvrir un colis, et cependant nous venons de traverser la région Italie qui est tellement encombrée que nous craignons de la voir empiéter sur les terrains voisins.

Les travaux* Jeudi 11 avril

Les travaux marchent à pas de géant. Le palais du Trocadôro est complètement achevé à l’extérieur, on met en place à l’intérieur les vitrines destinées à garnir les salles. On travaille nuit et jour à la décoration de la grande salle des fêtes. La grande cascade est achevée, et les travaux du parc seront bientôt terminés, ils le seraient déjà si le temps n’avait grandement contrarié les travaux.

Quant au Champ de Mars, la façade monumentale du Palais prend bonne tournure. Les trains qui apportent les vitrines, les caisses d’objets à exposer se succèdent sans interruption. En résumé, tout sera prêt pour le 1er mai, sauf la salle des fêtes et l’Exposition de la Ville de Paris, et encore cette dernière n’éprouvera-t-elle qu’un retard de quelques jours.

Presque toutes les façades des expositions étrangères sont achevées,, et, si toutes les installations intérieures ne sont pas complètement terminées lors de l’ouverture, le public s’apercevra peu des rares lacunes qui pourraient exister dans quelques annexes.

Dans une partie des salles réservées à l’exposition française, les vitrines et même les décorations sont déjà achevées; elles sont commencées dans la plupart des autres salles.

Il est vrai que les travaux importants restent encore à faire à l’extérieur du palais, et surtout ceux de peinture ; mais ils pourront se continuer pendant le placement des produits, il n’y a donc pas lieu de craindre qu’ils soient en retard.

Biographie contemporaine.

M. Krantz

Nous empruntous au journal de l’Exposition, la biographie de notre courageux commissaire général, M. Krantz :

« M. Krantz, (Jean-Baptiste-Sébastien) est né le 17 janvier 1817. Après de bonnes et sérieuses études, il était, à 19 ans, admis à l’École polytechnique, et deux ans plus tard, à l’école des Ponts et Chaussées, d’où il sortait ingénieur ordinaire en 1843. Promu au grade d’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, il fut, en 1854, désigné pour la résidence de Privas.

De vastes connaissances, une grande facilité de conception, et surtout une persévérance et un labeur constants, classèrent bientôt l’ingénieur de l’Ardèclie parmi les hommes les plus distingués du corps savant dont il faisait partie. De grandes compagnies de chemins de fer eurent recours à ses lumières; il fut notamment appelé à diriger les constractions du Grand-Central.

Vers cette époque, M. Krantz, travailleur infatigable, publia deux ouvrages sur l 'application de V armée aux travaux d'utilité publique , et sur la création d'une armée de travaux publics.

M. Le Play, commissaire général de l’Exposition universelle, lui confia, en 1867, la construction du palais du Champ de Mars. L’aspect grandiose de cette Exposition, le bon goût des décorations du Palais, l’ordre de son aménagement, admirés du monde entier, disent assez combien l’exécution répondit à l’attente du commissaire général. Le parti que l’ingénieur sut tirer du plan qui lui avait été donné, et des ressources restreintes mises à sa disposition, fut pour M. Krantz un triomphe qui lui assurait à l’avance les fonctions dont il a été investi à l’occasion de l’Exposition internationale de 1875. Nul mieux que lui ne méritait l’honneur de diriger ce grand concours.

Les soins donnés à l’Exposition de 1867, n’avaient pas empêché M. Krantz de continuer ses travaux sur les ponts et chaussées.

Il avait principalement dirigé ses études sur la navigation intérieure, encore très-mal dotée en France; si bien qu’en 1868 il put soumettre au gouvernement un système de barrage mobile, de son invention, destiné à élever le niveau de la Seine et à faciliter l’arrivée, jusqu’à Paris, des navires d’un certain tonnage; la capitale pouvait ainsi être transformée en un petit port de mer, rêve des Parisiens ; ces études et ces travaux valurent à leur auteur d’être placé à la tête du service de la navigation de la Seine. Les événements de 1870 empêchèrent de faire alors l’application du système, mais ses projets ont été repris par M. Lagrené, son successeur, et nous devons espérer que l’exécution suivra de près les projets soumis au conseil des Ponts et Chaussées.

Pendant la période critique de 1870-1871, l’activité et le talent de M. Krantz devaient naturellement être mis en réquisition; à l’approche de l’ennemi, il fut chargé de mettre une partie des fortifications en état de défense. De ce jour, il se consacra tout entier à eette œuvre patriotique ; c’est lui qui édifia les ponts sur lesquels l’armée du général Ducrot traversa la Marne le 1er décembre, jour

de la terrible bataille de Champigny (4). Toujours sur la brèche, son énergie ne se démentit pas un instant pendant les longs jours du siège; il fut toujours là où Ton avait besoin de son dévouement.

La vie politique de M. Krantz, si l’on peut qualifier de ce titre le concours éclairé de savoir et d’intelligence qu’il a apporté aux affaires et aux travaux publics de la France, date de cette époque’ Paris le nomma député, le 2 juillet 4871.

Ses connaissances techniques et ses travaux furent d’un puissant secours à la Chambre. La commission d’enquête, sur la navigation intérieure, le choisit comme rapporteur, et il s’acquitta de sa mission avec un grand talent. La situation des voies navigables de la Seine, qu’il avait minutieusement étudiées, fut l’objet d’un remarquable rapport, tous les bassins de la France furent successivement étudiés par lui, et si des améliorations n’ont pas encore été apportées à ce précieux mode de transport, on ne peut reprocher aux rapports de M. Krantz d'avoir négligé d’en faire ressortir l’utilité. Dans la grande question des chemins de fer secondaires, M. Krantz était nécessairement appelé, par sa compétence exceptionnelle, à donner son opinion; il se rallia à la proposition de M. Janzé.

Le décret du 5 avril 4876, qui investit M. Krantz des difficiles fonctions de commissaire général de l’Exposition universelle internationale de 4878, le trouva sénateur inamovible. Il avait été nommé à ces fonctions par ses collègues de l’Assemblée nationale, le 40 septembre 4875, par 367 voix.

M. Krantz est officier de la Légion d’honneur.

C’est au public qu’il appartient maintenant d’apprécier la grandeur de la tâche qu’il vient d’accomplir.

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