‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 2)Chapitre 21 sur 65 · CONDUITES · texte numérisé non relu

CONDUITES

diamètre

Longueur

4,000 mètres.

(Les chiffres de la seconde colonne des tableaux ci-dessus , indiquent un maximum que la fourniture ne pourra dépasser.)

L’arrivage des colis.

Le 24 avril, 155 wagons de marchandises sont entrés dans le Ghamp-de-Mars. Cela fait un total, à ce jour, de 3,670 wagons, soit 1,579 de plus qu’il n’en est entré en 1867, où l’on n’en a compté que 2,091.

Il y en a encore plus de 500 annoncés comme devant arriver cette semaine. Le tiers environ est déjà en gare des Batignolles.

Egouts de Paris.

L’administration municipale, désireuse de faire connaître toutes les curiosité <, de la capitale aux étrangers qui vont dans quelques jours être les hôtes de la Ville de Paris, vient de décider que pendant toute la durée de l’Exposition universelle les visites dans les égouts, qui étaient organisées chaque mois, auront lieu tous les quinze jours. En outre, les invitations pour chaque visite seront beaucoup plus nombreuses.

Cette série de promenades souterraines a été inaugurée jeudi dernier par le Préfet de police.

L’Exposition Lyonnaise.

Un très-bel ouvrage vient d’être envoyé à l’Exposition universelle.

C’est le plan en relief de la nouvelle école de médecine de Lyon, exécuté à l’échelle de deux centimètres par mètre dans les ateliers de M. Clauses, sous la direction de M. l’architecte Hirsch. •

La reproduction du monument, tel qu’il sera, est d’un fini irréprochable jusque dans les moindres détails, et d’une rigoureuse exactitude de proportions.

Les ornements en pierre et en fer, les profils, les moulures, les distributions intérieures et extérieures du vaste édifice sont rendus avec une minutieuse précision.

Ce précieux travail aura une place à part dans l’une des salles de l’Ecole, lorsque celle-ci sera achevée. Il occupe 12 mètres carrés de superficie et présente 4 mètres de façade sur 3 de profondeur.

Le premier groupe scolaire construit à Lyon, celui de la Croix-Rousse, figurera également à l’Exposition de Paris.

Un relief en bois de ce groupe, qui doit servir de type aux autres, a été exécuté par les soins de l’habile menuisier Bernard.

Une section de l’école de la Martinière sera placée à côté de ces précédents modèles. Elle est également en relief et présente la disposition réglementaire des classes, avec le personnel des maîtres et des élèves se livrant à leurs travaux respectifs. Cela est très-ingénieux et très-instructif pour ceux qui ignorent comment l’enseignement est pratiqué à la Martinière.

D’autres plans en relief, d’une très-savante exécution, ont été dressés à Lyon pour plusieurs exploitations métallurgiques et houillères du département de la Loire.

Les invitations pour l’inauguration.

Il a été décidé que toutes les invitations pour les cérémonies de l’ouverture seraient délivrées par le Ministre de l’agriculture et du commerce. En conséquence les demandes devront être adressées, 6, rue de Varennes, au Ministère.

M. Teisserenc de Bort a adressé hier une lettre à M. Krantz, pour l’inviter à régler au plus tôt la question des entrées pour les représentants des journaux étrangers et français.

Le ministre a décidé que la distribution des cartes pour les journalistes se ferait par l’intermédiaire du syndicat de la presse parisienne. Celui-ci sera chargé de dresser une liste des titulaires et de l’envoyer au commissaire général. Nous croyons savoir que le nombre des cartes mises à la disposition du syndicat de la presse n’atteint pas trois cents. C’est absolument insuffisant, car tous les journaux de province et la plupart des journaux étrangers ont pris leurs mesures pour avoir un correspondant spécial à Paris.

Un plus grand nombre de cartes est nécessaire; ce n’est pas une question

d’économie, car aucun journal n’hésiterait à faire la dépense insignifiante de l’entrée journalière. Mais les nécessités du compte-rendu rendent indispensables aux représentants des journaux quelques privilèges, et la carte établissant leur qualité peut seule leur faire accorder les facilités de circulation.

La vente du catalogue.

Pour répondre à un grand nombre de demandes de renseignements, voici les dispositions principales du règlement que vient de signer le commissaire général :

La vente, dans l’enceinte de l’Exposition, du Catalogue général officiel et de ses annexes, ainsi que celle des catalogues partiels publiés par les soins des commissions étrangères, ne pourra être faite que par les permissionnaires désignés à cet effet par le commissaire général.

Chacun de ces permissionnaires occupera l’emplacement qui lui sera désigné pour toute la durée de l’Exposition, soit dans les kiosques ou autres édicules établis dans les parcs et jardins, soit à l’intérieur des palais du Champ-de-Mars, du Trocadéro ou de leurs annexes.

Le matériel nécessaire à l’exploitation, fourni par les permissionnaires, devra être établi conformément aux prescriptions de l’administration, et ne pourra, sous aucun prétexte, être installé en dehors des limites spécialement fixées pour chaque point.

Les permissionnaires devront être constamment à leur poste pendant les heures où l’Exposition sera ouverte au public. En cas d’absence motivée, ils devront faire agréer par le commissariat général la personne qui les remplacera.

L’entrée dans l’enceinte de l’Exposition est gratuite pour les permissionnaires.

En dehors de cette vente obligatoire, les permissionnaires auront la faculté de vendre au public.

1° Des plans, vues photographiques, gravures et dessins relatifs à l’Exposition. La liste de ces publications sera dressée par le commissaire général.

2° Des crayons, des épingles et autres menus objets d’un usage courant, sans que cette tolérance puisse s’étendre à la vente au détail des articles de Paris ou des objets exposés.

3° Les médailles commémoratives frappées par l’administration des monnaies ou avec son autorisation.

Ils pourront, en outre, mettre des lorgnettes à la disposition des visiteurs, mais en location seulement.

La vente, dans l’enceinte de l’Exposition, des journaux français et étrangers, sera faite exclusivement par les permissionnaires.

Il est formellement interdit aux permissionnaires de quitter leur place pour colporter, dans les galeries et dans les salles, les catalogues ou autres objets dont la vente leur est confiée. Il est également défendu d’attirer le public par des appels bruyants.

La permission de vente sera retirée aux permissionnaires qui auraient contrevenu aux dispositions du présent règlement en mettant en vente des publications ou des gravures non autorisées, et à celui qui troublerait l’ordre ou refuserait de se conformer aux injonctions de la police ou de l’administration.

A propos de peinture.

On parle beaucoup à Bruxelles, dit Y Indépendance Belge , d’une décision étrange de la commission administrative de l’Exposition de Paris. Un peintre anversois, M. Alexandre Struys, professeur à l’Académie de Weimar, avait envoyé au compartiment belge un tableau intitulé : les Oiseaux de proie , et représentant deux jésuites au chevet d’un mourant, s’efforçant de l’amener à léguer ses biens à l’Eglise. Ce tableau qui, paraît-il, est fort bon, avait été accepté par la commission d’admission; mais la commission administrative belge n’a pas tenu compte de cette décision et a renvoyé le tableau au peintre. C’est le rétablissement de la censure. La cléricalisation aujourd’hui s’étend à toutes choses, et Ton ne sait vraiment où les cléricaux, à qui sont confiés tous les postes importants, s’arrêteront dans cette voie.

Le palais du Trocadéro.

En arrivant sur la place du Trocadéro, derrière le palais, nous nous trouvons au milieu d’une nuée d’ouvriers piochant, déblayant, ensablant; un contre-maître court de groupe en groupe, activant la besogne. Des curieux, les mains derrière le dos, lèvent la tête vers la façade, imposante par sa masse et son architecture simple, et vers les deux tours géantes, qui sont débarrassées de leurs échafaudages; des femmes, assises sur les bancs qui entourent le bassin, à l’ombre des platanes, aspirent le parfum des fleurs, regardent l’immense nappe liquide d’où émerge une roche jaillissante. Des voitures, des omnibus débouchent de toutes les avenues.

De sa main gantée de blanc, un gardien de la paix nous fait signe qu’on pénètre dans l’enceinte du Trocadéro par l’entrée de la rue de Magdebourg.

Nous longeons l’aile gauche du palais, et, chemin faisant, nous remarquons qu’on a inscrit sur les murs, dans de petits rectangles entourés d’un liseré bleu, les noms des grands artistes de la France. Relevons-ei* quelques-uns : J. Callot, Simon Vovet, J. et S. Debrosse, et Dupérac, Pierre Bontemps, Germain Pilon, B. Palissy, Philibert Delorme, Pierre Lescot, Jean Goujon, Jean Cousin, Raymond du Temple, Robert de Coucy, etc. La liste continue des deux côtés du palais, tout le long de la corniche.

On accède au pavillon de tête de l’aile gauche par un triple escalier, que séparent des paliers. Sur la façade, au milieu de cartouches vert et or placés à droite et à gauche, on lit : Art moyen âge. — Art renaissance. Trois portes de chêne encadrées de colonnes en pierre rouge du Jura, et surmontées d’une

large baie vitrée, ouvrent sur le vestibule. Des peintres achèvent la décoration du plafond, qui rappelle celui du vestibule du bord de l’eau, au Champ de Mars. Un escalier de quarante marches part de là pour conduire dans les galeries.

Avant de s’engager dans les galeries, le visiteur s’arrêtera devant les vitrines placées sous la coupole du pavillon. L’ornementation de cette coupole est achevée : un ciel bleu semé d’étoiles avec un médaillon au milieu portant cette inscription : Anno mdccclxxviii ; trois grands vitraux, dont un colorié, représentant la peinture historique, la peinture murale, la peinture sur verre.

Les murs des galeries sont revêtus d’une couche uniforme rouge-brique. Des vitrines en bois noir sont échelonnées de chaque côté. Les vitraux des baies sont peints ; l’un représente Benvenuto Cellini dans son atelier entouré de ses élèves, travaillant.

Sur les parois de la terrasse, sous les dômes des quatre portes principales, on met la dernière main à la décoration. Ici, nous relevons encore quelques noms célèbres : David d’Angers, Rude, Froment-Meurice, Yinchon, Guérin, Yisconti, Pradier, Fontaine. Des escaliers avec perron et rampe de pierre donnent accès sous les portes principales.

Dans les salles des conférences, il ne reste qu’à déblayer. Tout est terminé : plafonds, sculptures, mosaïques.

Nous sommes dans la grande salle des fêtes. Ce n’est pas sans peine que nous y sommes arrivé ; il a fallu tromper la surveillance des gardiens qui font sentinelle à toutes les issues. Par exemple, s’il nous était tombé une poutre sur la tête, nous n’aurions eu qu’à nous frapper la poitrine et à dire : mea culpa ; car on enlève pièce à pièce l’immense échafaudage, et il faut se défier des poutres dirait M. Prud’homme. N’importe, nous avons la vie sauve, et, à travers la forêt d’arbres encore touffus, nous avons aperçu les cintres dorés de la coupole, nous nous sommes égaré à loisir dans les loges, les couloirs, les escaliers, nous avons gravi les gradins de l’amphithéâtre, et nous avons acquis la conviction qu’aucun pays du monde ne possède une salle de concert qui puisse rivaliser avec celle du Trocadéro.

( République française ).

Les installations.

Nous lisions jeudi dans le Petit Journal , ces quelques lignes :

« La plupart des visiteurs et même quelques journaux affirment que les sections étrangères sont beaucoup plus avancées pour les installations que les sections françaises; on fait même reproche aux exposants de leur lenteur.

Cette appréciation est complètement fausse ; on ne réfléchit pas que les sections françaises sont coupées par des cloisons nombreuses, dont la pose et la décoration nécessitent un travail considérable.

Il est impossible aux exposants d’installer leurs produits, sous peine de les voir se détériorer, avant que cet immense travail de menuiserie ne soit terminé.

Nous savons de source certaine que les colis de presque tous les exposants français sont prêts et arrivés déjà pour la plupart dans les hangars de la Manutention.

Il faut réfléchir, en outre, que leur installation dans des vitrines ou des emplacements tout préparés demande un temps insignifiant ; tandis que dans les sections étrangères, où chaque exposant doit faire la décoration de son emplacement, il a fallu s’y prendre beaucoup plus tôt.

On verra, le jour de l’ouverture, que les exposants français ne se sont pas laissé dépasser. »

Le Petit Journal excuse en masse les Exposants français qui n’ont cependant pas à être excusés.

Toutes les personnes qui ont demandé à exposer (1) se sont déjà préparées de longue main, mais peuvent-elles apporter leurs produits au milieu du désordre qui règne encore actuellement dans la plus grande partie des sections françaises.

A qui doit remonter la responsabilité de ces retards ? C’est à ceux qui ont accepté de faire partie des commissions d’installation et qui, soit par inertie, incapacité ou mauvaise volonté, n’ont pas su ou voulu faire leur devoir.

Voilà les véritables coupables, et j’en donnerai sans aller plus loin un exemple, parce que je l’ai sous la main, qu’il m’est personnel et que je défie un démenti.

J’expose comme Éditeur, ma demande datée du mois de juin 1877,

C’est le 10 juillet 1877

Que j’ai su que ma demande était acceptée.

Enfin le 4 janvier 1878 on m’a fait savoir que pour cette place j’aurais à payer 937 fr. 50 c. Ce n’est certes pas gratis comme vous en pouvez juger.

J’ai versé la moitié de cette somme le H février 1878, et l’autre moitié le 15 mars 1878.

Voilà la règle qui a été suivie pour la classe 9. Et bien, le 5 du présent mois, à la place que doit occuper la librairie, aucun casier n’existait, pas une planche n’était posée, et déjà nombre d’autres classes avaient leurs vitrines prêtes, et depuis 15 jours on voyait des installations étrangères complètement établies.

Aujourd’hui 27 avril, les casiers formés de bois blanc à peine dégrossi ne sont qu’ébauchés.

Il y manque la plupart des portes. Là où elles existent, elles ne sont qu’à moitié ferrées, il n’y a pas de rayons à l’intérieur, quant à l’agencement de cette partie de l’Exposition, je ne vous en parle pas, vous en serez juge. Toujours est-il que le fournisseur de planches de sapin doit être content.

Pour en finir avec le comité d’installation de la classe 9, voici un exemple du sans-façon avec lequel elle a traité les exposants. D’abord elle ne leur a pas indiqué leur place, ce n’est que dans le courant de ce mois que rencontrant par hasard un de ses membres, ce haut dignitaire (un lithographe) (2) a bien voulu me désigner mon coin, car c’est un coin que j’occupe, de compagnie avec un de mes confrères tout aussi mal partagé. Vous me direz qu’il faut bien qu’ils soient occupés par quelqu’un, ces malheureux coins, mais on aurait pu les utiliser

(1) Sauf ceux de la dernière heure, qui ont reconnu que bouder Y Exposition, en n’y participant pas, ne ferait tort qu’à eux-mêmes.

(2) Ce sera probablement un libraire qui aura installé les lithographes et vice versâ.

autrement, il est vrai qu’il y en a beaucoup trop. On ferait dans la classe 9 une ! fameuse partie de cache cache, c’est un vrai labyrinthe.

Et à ce propos, puisque cette partie de notre feuille est destinée à la causerie, je vais vous soumettre un fait en litige. Il m’est alloué moyennant la somme i énoncée plus haut une façade de 2m,50. Or, par la place qui m’est octroyée,

I je n’ai plus par le fait que 1“,75.

Je fais remarquer à mon chef de file, le personnage désigné plus haut et avec tout le respect dû à un supérieur, qu’il me semble que je suis un peu molesté.

Si nous avions été au régiment, il m’aurait infligé huit jours d’arrêts forcés pour réclamation intempestive, mais il s’est contenté de me faire savoir que dans sa sagesse le Comité en avait décidé ainsi, et qu’en définitive je réclamais à tort.

Or, en ma qualité de réclameur j’écris au grand chef M. Krantz, ci-joint la réponse qui lui fut faite et qui m’a été officiellement communiquée.

Monsieur,

« Le comité d’installation de la classe 9 s’est inspiré bien entendu avant tout, « pour l’agencement des vitrines, des besoins de notie industrie.

« Mais il a dû subir, donner aussi ses agencements aux nécessités de l’empla- « cernent, et vous savez qu’il est certains endroits où nous ne pourrions avoir « qu’une profondeur très-minime.

« Mais s’il est regrettable qu’il y ait un exposant pour lequel il soit difficile de « placer ses produits dans la vitrine qui lui est attribuée, il n’est aujourd’hui « pas de remède, puisque toute la place est employée.

« D’autre part, nous n’avons pu éviter que dans les angles, le bord extérieur « des vitrines ne présente une surface moindre que le fond. Cela s’est tou- « jours passé ainsi, et M. Lacroix est loin d’être le seul qui soit dans ce cas, « non-seulement chez nous, mais dans toutes les classes où les vitrines sont « construites à angle droit. La perte dont se plaint M. Lacroix est d’ailleurs plus « apparente que réelle, nos pupitres ne sont pas tellement larges qu’il y ait une « grande différence entre l’ouvrage exposé en bas ou en haut du plan incliné « qu’ils présentent.

« Dans tous les cas, là aussi, tout changement est impossible, chacun est en « possession de sa place et il n’y a pas, dans toute notre classe, un centimètre h inutilisé.

« Recevez, monsieur, l’assurance de ma considération distinguée,

Le sénateur , Commissaire général , Pour le Commissaire-général et par autorisation Le Chef du cabinet ,

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