‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 2)Chapitre 22 sur 65 · C. Krantz · texte numérisé non relu

C. Krantz

Pour terminer cette histoire je ne sais qui a soumissionné l’entreprise de cette menuiserie primitive qui aura l'honneur d’abriter les produits de la classe 9, mais je soutiens que mon installation que j’ai payée 937 fr. 50 n’aura certes pas coûté 90 fr., et je suis très-généreux en avançant ce chiffre.

Mais laissons le Comité d’installation de la classe 9, et passons à autre chose.

Le retard dans les installations (visite du samedi 27).

Pour parler en général et franchement, parce que d’abord cela me coûte à dire, mais surtout parce que cela fera plaisir à une catégorie de gens mal intentionnés qui ont prédit que cette grande et belle entreprise d’ùn intérêt national ne réussirait pas.

Certainement les travaux ne seront pas terminés le 1er mai.

Et puis après ? Étaient-ils terminés en 1867.

Et ne seraient-ils terminés que dans 15 jours, je vous prie de croire, chers lecteurs, qu’il y a déjà un vaste champ d’études en pleine moisson et que ce n’est pas en un mois qu’on pourrait tout visiter.

Le splendide pavillon de la ville de Paris s’est élevé par enchantement, en un mois il a été édifié.

. Pour les sections étrangères, elles sont prêtes. Quelques colis (vous savez que dans les circonstances actuelles, quelques, c’est mille, 2000 ou 3000) restent à déballer. *

Nous rencontrons en courant, l’Exposition Bernoise où nous remarquons l’installation des fabricants de chalets et des artistes en sculpture sur bois. On nous fait remarquer un petit modèle, c’est celui du chalet construit pour le vice-roi d’Égypte. (Prix 60,000 fr.). Nous trouvons, ce prix très-modeste, eu égard au travail qui nous paraît considérable.

Nous rentrons dans la galerie des machines, après avoir jeté un coup d’œil sur la chaumière où le Nicaragua abrite ses produits, nous nous heurtons à un canon rayé de douze se chargeant par la culasse avec hausse à crémaillère, fabrication d’Amsterdam, un joli joujou bien astiqué, bien gentil, après deux jours de campagne, nous doutons qu’il ait le même aspect engageant. Plus loin deux paires de roues qui n’ont pas l’air de penser à mal, nous font bien l’effet d’être destinées à porter un semblable fardeau, mais d’un poids moindre.

Nous aimerions à voir par la suite un nombre restreint de ces ustensiles dans cette enceinte du palais de la paix.

Retournant sur nos pas, nous apercevons dans l’avenue des constructions étrangères, un mausolée en marbre blanc orné sur chaque face d’un fronton soutenu par deux colonnes en marbre noir, sur le fronton qui fait face nous lisons cette inscription :

ÆTERNÆ MEMORIÆ t). JVCHAVLT DE LA MOR1CIÈRE.

Cè travail est remarquable, nous en faisons prendre la photographie pour en donner le dessin dans notre prochain article.

Nous continuons notre promenade, nous apercevons partout la plus louable activité et pour conclure nous pouvons promettre que si le 1er mai, l’Exposition n’offre encore qu’un aspect imparfait de ce qu’elle devra être définitivement, il ne lui faudra qu’une quinzaine de jours pour compléter sa toilette, et que c’est au zèle patriotique et au talent de M. Krantz, aidé de ses habiles Ingénieurs et

entrepreneurs, que nous devrons un aussi beau résultat, obtenu envers et contre tous.

Or, tout est bien qui fmiïbien .

Les tickets.

Nous avons déjà parlé de l’importante question des entrées à l’Exposition universelle de 1878.

On vient d’apposer dans Paris de nombreuses affiches relatives à l’entrée du public à l’Exposition universelle. Un point essentiel que nous devons tout d’abord signaler à l’attention de nos lecteurs, c’est qu'il n'y aura pas de tourniquets , comme en 1867. Pour entrer, il faudra s’être muni à ï avance d’un ticket, qu’on peut dès à présent se procurer, au prix d’un franc, dans tous les bureaux de tabac, bureaux de poste, bureaux télégraphiques, etc. En outre, les entreprises de voitures publiques (omnibus, tramways, bateaux à vapeur, voitures de place), les hôtels, cafés et débits de vins et liqueurs, les libraires, les marchands de journaux dans les kiosques, etc., pourront vendre les tickets de l’Exposition.

Toutes les personnes qui désireront servir d’intermédiaires pour la vente des tickets au public, y sont autorisées. Il suffit pour cela d’adresser une demande ou de se présenter au ministère des finances (entrée par la place du Carrousel, pavillon Colbert). Les tickets doivent être payés comptant par les intermédiaires, mais il leur est fait immédiatement une remise de 2 0/0, et les tickets qu’ils n’auront pas revendus leur seront remboursés par le Trésor , dans le mois qui suivra la clôture de l’Exposition.

Il y aura ainsi plusieurs milliers de bureaux de vente dans Paris, de sorte que la presque totalité des visiteurs de l’Exposition seront, à leur arrivée, munis de leur ticket d’entrée. D’un autre côté, il y a au Champ-de-Mars sept portes, et au Trocadéro cinq portes, divisées en cinquante-huit guichets. Par suite, le public n’aura pas à faire la queue comme aux précédentes Expositions, et il entrera aussi facilement et aussi rapidement que dans une salle d’attente de chemin de fer où quelques minutes suffisent pour introduire plusieurs centaines de personnes.

Quant aux visiteurs qui n’auront pas eu la précaution de se procurer d’avance des tickets, ils en trouveront aux abords de l’Exposition, soit dans des kiosques spécialement établis par l’administration, soit dans des établissements particuliers qui, nous l’avons dit ci-dessus, auront été autorisés à vendre des tickets» Mais comme en 1867, le nombre des visiteurs a varié entre 60,000 et 175,000 par jour, c’est-à-dire une moyenne de 100,000 entrées journalières, et que ces chiffres seront vraisemblablement dépassés en 1878, nous conseillons à nos lecteurs de ne pas oublier, avant de se mettre en route, de s’approvisionner de tickets dans leurs quartier, s’ils veulent entrer sans perte de temps à l’Exposition»

Le système des tourniquets inauguré pour la première fois à Londres pour l’Exposition de 1851, et adopté en France pour celles de 1855 et de 1867 présentait de graves inconvénients» Un tourniquet ayant quatre crans qui devaient

jouer successivement, il l'allait qu’il eût fait sa révolution entière, pour qu’une môme personne pût entrer, de sorte que, une famille composée de quatre personnes ne pouvait passer que un à un. De là un encombrement aux portes de l’Exposition qui amenait des plaintes justifiées.

Avec le nouveau système de tickets, cinq cents personnes au moins pourront entrer par le même guichet dans l’espace d’une heure, et comme il y a cinquantehuit guichets, 30,000 personnes entreront presque simultanément. Donc, quelle que soit la foule, pas de queue, pas de perte de temps. Mais, nous le répétons, c’est à la condition que chacun ait eu la précaution d’acheter un ticket dans son quartier ou sur sa route.

Quant aux débitants de tabac, marchands de journaux, libraires et autres personnes qui serviront d’intermédiaires, la vente des tickets ne sera pas pour eux une affaire à dédaigner. Ne vendraient-ils chacun que 100 tickets par jour, c’est 2 fr. de gagnés, c’est-à-dire 60 francs par mois, 360 fr. pour la saison. Or, étant donnés les chiffres cités plus haut, il y aura certainement des intermédiaires qui vendront 500 et même 1000 tickets par jour, et qui se feront des journées de 10 et 20 fr. de bénéfice.

La cascade.

Une promenade intéressante à faire pour les curieux qui veulent se rendre compte à l’avance de l’aspect grandiose de la cascade du Trocadéro : samedi, dans l’après-midi, le premier essai sera fait.

Les 35,000 mètres cubes d’eau nécessaires au fonctionnement journalier sont fournis pour les deux tiers par les machines puissantes installées au bord de la Seine, qui envoient l’eau dans le bassin de la place du Roi de Rome, et pour l’autre partie par les réservoirs de Passy.

On a commencé à installer hier les artichauts du grand jet central du bassin inférieur ; sa projection sera d’une hauteur de 23 mètres, c’est-à-dire plus du double de celui des Tuileries. Aux deux extrémités on termine les gerbes. Il y aura également dix gerbes échelonnées sur les vasques intermédiaires.

On termine la dorure des statues allégoriques ornant la partie supérieure et la partie inférieure de cette partie du Trocadéro»,

Arrivée de notables.

Le prince de Galles est arrivé hier'matin ; il est descendu à l’hôtel Bristol. La princesse de Galles et le prince royal de Danemark viendront rejoindre le prince le l,r mai.

Le prince Henri de Hollande, père du roi des Pays-Bas, arrivera demain au Grand-Hôtel.

Le prince Amédée de Savoie, frère du roi d’Italie, sera à Paris le 30 avril ; il descendra également au Grand-Hôtel.

Samedi 11 mai.

Revue de la semaine. — Variétés, Mélanges. Renseignements pour les exposants. — Annonces. — Réclames

et avis divers.

Matières contenues dans le 5m« fascicule.

Chronique, par M. E. Lacroix, ingénieur civil (pages 61 à 76 du ixe volume). — La Sylviculture, par M. Frochot (pages 65 à 80 du h® volume). — Les Arts textiles , par M. Renouard (pages 49 à 64 du me volume). — La Serrurerie , par M. Hussow (pages 29 à 60 du ive volume).

SOUS PRESSE

La sylviculture (Suite). — Les arts militaires (Suite). — L’hygiène (Suite). — Les arts textiles (Suite). — La Serrurerie, par M. Husson, architecte. — L’architecture navale par MM. de Berthieu et Galtigny, ingénieurs. — Les aérostats, par M. Miret. — Les cartes et les globes, par M. L.JChateau, directeur de l’École professionnelle d’Ivry, et Letort, professeur. — Hydraulique, par MM. Georges Dumont et Vigreux, ingénieurs civils (Suite). — L’art industriel, parM. Demay (Suite). — Météorologie, par M. Boillot. — Machines locomotives, par M. Jules Gaudry. — Métallurgie, lr* partie : Le Fer, par M. Anceau. — La Musique, par M. Hervé.

Ce cinquième fascicule renferme 22 figures dans le texte.

Le sixième fascicule, composé des 20 premières planches, paraîtra samedi prochain.

Les commissaires étrangers à l’Exposition.

NOMS DE TOUS LES COOPÉRATEURS ÉTRANGERS ACCRÉDITÉS AUPRES DU COMMISSARIAT GÉNÉRAL FRANÇAIS.

Autriche-Hongrie.

S. A. J. et R. Mgr l’archiduc Charles-Louis,

S. E. le chevalier de Chlule, ministre du commerce,

M. le Dr Waleher deMoltlieim, conseiller du ministère impérial et royal, consul grand adjoint d’Autriche- Hongrie, à Paris et à Vienne,

M. Gustave Korompay, de Vienne,

M. J. Kauser, de Pesth,

D. Ernest Poutzen, de Vienne,

Protecteur.

Président de la Coa royale et impériale.

Faisant fonctions de commissaire délégué

Architecte en chef.

Architecte en chef.

Ingénieur.

Belgique.

S. A. royale Mgr le comte de Flandres,

M. le prince de Caraman-Chimay, gouverneur de la province du Hainaut, à Mons et à Paris,

Président d’honneur.

Président de 1er CW royale,

M. le comte A. d’Oultremont, M. Charles Evrard, Bruxelles, M. Janlet, Bruxelles,

M. Carez, Bruxelles,

Chine.

M. Robert Hart, inspecteur général des douanes européennes en Chine, à Pékin,

M. James Hart, commissaire des douanes européennes en Chine, à Londres,

M. J. Duncan-Campbell, commissaire des douanes européennes en Chine, à Londres,

M. A. Novion, commissaire des douanes européennes en Chine, à Paris, à Enghien,

Danemark.

S. E. M. le comte de Holstein-Holsteinborg, grand chambellan de la Cour, ancien président du Conseil à Copenhague.

M. Wolfhagen, chambellan du roi, ancien ministre à Copenhague,

M. Paul Calon, consul général du Danemark,

M. le professeur d’Ahlerup, à Copenhague,

Espagne.

S. M. le roi don François d’ Assise,

S. E. M. le marquis de Cabra, à Madrid,

S. E. don José Emilia de Santos, député aux Cortès, à Madrid,

S. E. don A. de Yalejo Miranda, gentilhomme de la Chambre, à Paris,

M. Villajos, à Madrid,

Grèce.

M. Théodore Delyanni, député, ancien ministre à Athènes,

M. N. P. Delyanni, premier secrétaire do la légation Hellénique, à Paris,

M. B. Nicolaydi, chef de bataillon du génie, à Paris,

M. Paul Bénard,

Grande-Bretagne et Irlande .

( Royaume-Uni )

S. A. R. Mgr le prince de Galles,

M. Philip Cunlilfe Owen C. B. Canada,

Commissaire général.

Secrétaire général.

Architecte.

Ingénieur.

Président de la Con impériale Chinoise.

Commissaire délégué.

Commissaire délégué.

Commissaire délégué.

Président de la Commission royale.

Commissaire délégué.

Commissaire délégué.

Architecte.

Commissaire royal, président d’honneur.

Vice-président.

Commissaire délégué.

Commissaire , secrétaire général.

Architecte.

Président de la Con royale.

Commissaire délégué.

Commissaire délégué.

Architecte.

Président de la C6n royale Britannique.

Secrétaire.

Dr Anderson L. L. D.

B. J. Brandreth Gibbs Esq.

, Gilbert R.Redgrave Esq. C. E.

Italie.

M. le commandant Ellena au Ministère de l’agriculture du commerce et de l’industrie, à Rome,

M. le commandeur J.-B.-F. Basile, professeur d’architecture à l’Université royale de Palerme.

Japon.

M. Nakano, chargé d’affaires du Japon, à Paris,

Grarift duché de Luxembourg.

S. A. R. Mgr le prince Guillaume Frédéric Henri des Pays-Bas,

M. Antoine Pescatore, vice-président de la chambre des députés à Luxembourg.

M. Tony Dutreux, ingénieur civil à Luxembourg,

M. Alfred Vaudoyer, à Paris,

Principauté de Monaco.

M. le marquis de Maussabré-Benfvier, ministre plénipotentiaire de S. A. S. le prince de Monaco, à Paris,

M. Bertora, à Paris,

M. Janty, à Colombes.

République de Saint-Marin.

M. le duc de Bruc, chargé d’affaires pour la République de Saint-Marin, à Paris

M. le baron Morin de Malsabrier, consul général de la République de Saint-Marin, à Paris,

M. Alfred Vaudoyer, à Paris,

Maroc.

M» Goltdammer, négociant, à Paris,

Norwège.

M. le Dr 0. J. Broch, ancien conseiller d’État à Christiana,

M. Chr. Christophersen, consul général à Christiana,

M. Thrap-Meyer,

Surintendant général pour la galerie des machines.

Surintendant général pour l’agriculture et l’horticulture.

Architecte.

Faisant fonctions de secrétaire.

Architecte.

Commissaire général.

Président d’honneur.

Président de la Commission.

Commissaire général délégué.

Architecte.

Commissaire général.

Commissaire délégué.

Architecte.

Commissaire général.

Sous-commissaire.

Architecte.

Commissaire.

Président de la commission royale.

Commissaire délégué.

Architecte.

Pays-Bas.

S. A. R. Mgr le prince Henri des Pays-Bas,

M. le chevalier G. I. G. Klerck, ancien ministre,

M. Martin Coster, consul général des Pays-Bas, à Paris, M. Van Den Brink,

Portugal.

Président d’honneur.

Président de la Con royale néerlandaise.

Commissaire déléguéj Architecte.

S. M. le roi don Fernando,

M. le conseiller Rodriga de Mordès Soarès, directeur général du commerce et de l’industrie, à Lisbonne, M. Francisco Antonio de Vauconcellos, à Lisbonne,

M. J. L. Pascal, architecte de la Bibliothèque nationale, à Paris,

Président de la Gon royale.

Vice-président.

Secrétaire.

Architecte.

Russie.

S. Exc. M. de Boutowski, conseiller privé de S. M. l’Empereur de Russie, directeur du département du commerce des manufactures à Saint-Pétersbourg, S. E. M. Robert de Thaï, conseiller privé de S. M. l’Empereur de Russie, à Paris,

M. Ropet, à Saint-Pétersbourg,

M. Paul Bénard, à Paris,

Président de la Commission impériale de Russie.

Commissaire délégué

Architecte.

Architecte.

Siam.

M. Gréham, consul de S. M. le roi de Siam, à Paris, Commissaire spécial.

Suède.

M. D’Ehrenheim, ancien ministre à Stockholm,

M. Juhlin Dannfelt, à Stockolm,

M. le colonel F. N. Staaff, officier d’état-major attaché militaire à la légation de S. M. le roi de Suède et Norwége.

M. Issœus,

Suisse.

M. Guyer,

M. Lardy, conseiller de légation près la légation de la Confédération Suisse,

M. Jacger, à Paris,

M. Sulzer Steiner, à Witerthur,

Président de la Commission royale.

Commissaire.

Commissaire adjoint.

Architecte.

Commissaire général.

Faisant fonctions de commissaire délégué.

Architecte.

Ingénieur.

Syndicat des États-Unis de V Amérique centrale et méridionale.

M. Ralcarce, ministre plénipotentiaire de la République Président d'honneur, argentine, président de la Commission argentine.

M. Torrès-Caïcedo, ministre plénipotentiaire de la République du Salvador président de la Commission du Salvador, à Paris,

M. E. Tigerghien Ackermam, consul général honoraire, commissaire ^délégué de la République orientale de l’Uruguay, à Paris,

M. L. E. Albertini, ancien consul, commissaire délégué au Pérou, à Paris,

M. Ch. Noël Banquier, consul de la République de Haïti, commissaire délégué de Haïti, à Paris,

M. John Lelong, ancien consul général, commissaire délégué de la République argentine, à Paris,

M. Vaudoyer, à Paris,

Président d’honneur.

Vice-président.

Vice-président.

Trésorier.

Rapporteur.

Architecte.

Tunisie.

M. le baron Jules de Lesseps, agent de S. A. R. le bey de Tunisie, à Paris,

M. Oscar de Tunis, à Paris,

M. Émile Desmarest, à Paris,

Commissaire général.

Commissaire délégué.

Architecte.

Les statues du Trocadéro.

Extérieurement, le pavillon central du palais du Trocadéro est complètement terminé.

Le faîte de la galerie circulaire formant terrasse est surmonté de statues allégoriques dont voici la liste.

L’Architecture, par Salds; — laMusque, par Schræder ; — la Mécanique, par Roger; — la Photographie, par Tabaré; — l’Orfèvrerie, par Walmer; — l’Industrie des métaux, par Vauréal; — la Physique, par Salre; — l’Agriculture, par Aubré; — la Peinture, par Barthélemy; — la Géographie, par Bourgeois; — la Céramique, par Gambard; — la Botanique, par Baryanet; — la Navigation, par Chervet; — la Chimie, par Chevalier; — l’Industrie forestière, par Chrétien; — l’Ethnographie, par Clerc; — la Minéralogie, par Saint-Jean; — la Sculpture, par Vital Dubray; — les Mathématiques, par Carnbos; — la Pisciculture, par Eude; — l’Imprimerie, par Félon; — l'Industrie des tissus, par Gautherin; — la Médecine, par Gauthier; — l’Astronomie, par Stass; — la Télégraphie, par Lavigne l’Art militaire, par delà Vingterie;; — l’Education, par Lenoir; — la Métallurg e, par Durand; — l’Industrie du meuble, par Millet de Marcilly; — le Génie civil, par Piney fils.

Rien n’est plus grandiose que cette couronne de personnages de pierre sans solution de continuité.

Mais ce n’était pas assez de trente statues pour orner la façade du palais du

Trocadéro ; les artistes qui ont présidé à son édification n’ont pas trouvé l’œuvre assez complète. C’est ainsi qu’ils ont commandé aux maîtres sculpteurs des statues représentant les six parties du monde, pour être placées sur le grand balcon de la cascade : à Schœneverck, l’Europe ; à Delaplanche, l’Asie ; à Mathurin Moreau, l’Océanie; à Hiolle, l’Amérique du Nord; à Millet, l’Amérique du Sud; à Durand, l’Afrique. Ces statues, en bronze doré, sont maintenant en place.

Ce n’était pas encore assez : on vient de monter sur des socles, aux angles du grand bassin de la cascade, quatre animaux en bronze doré : un éléphant, un cheval, un rhinocéros et un taureau. Ce dernier, œuvre de Caïn a un aspect incomparable de force et de fierté.

En cherchant un peu, on trouve la statue allégorique de l’Eau, par Cavalier, et celle de l’Air, par Thomas, qui semblent se cacher sous les arbres du premier bassin.

Dans la série des statues, n’oublions pas celle de la Renommée, de Mercié, qui apparaîtra bientôt au-dessus du dôme du pavilllon central et qui, la trompette en main* conviera le monde à l’Exposition.

Ascenseur du Trocadéro

Les travaux d’installation d’un ascenseur dans la tourelle Est du palais du Trocadéro, sont terminés. On a procédé aux expériences et aux essais prescrits par l’administration, et les résultats ont été très-satisfaisants.

Cet ascenseur est destiné à élever les visiteurs depuis le niveau du sol du Palais jusqu’à la plate-forme située à une hauteur de 60 mètres environ.

La machine à vapeur construite pour élever l’eau, les appareils et les moteurs sont placés dans le sous-sol de l’édifice.

Les quatre colonnes en fonte qui serviront à guider le plateau ont été disposées de façon à pouvoir être utilisées après l’Exposition, dans le cas où l’administration, ne conservant pas l’ascenseur voudrait établir un escalier tournant entre le sol et la plate-forme supérieure des tours.

Les plus minutieuses précautions ont été prises, pour assurer la plus complète sécurité des voyageurs.

Les chaînes ont été essayées à une tension de 12 kilogrammes par millimètre carré, et les bouts de chaque chaîne ont pu résister à 27 kilogrammes par millimètre carré.

Le cylindre et toutes les pièces soumises à la même pression- ont été essayés à une pression double de celle qui serait nécessaire pour soutenir le plateau et le plongeur, sans le secours de contre-poids.

L’appareil, une fois terminé complètement, est essayé en chargeant le plateau d’un poids de 4,000 kilogrammes, et en le faisant descendre et arrêter brusquement à une vitesse double de la vitesse normale fixée pour le service ordinaire.

Le plateau ne pourra contenir plus de 12 à 14 personnes.

Les travaux du Champ de Mars.

L’annexe de la galerie des machines est la partie la plus avancée de la section française ; beaucoup de machines sont déjà posées.

Mais il n’y a encore eu que des essais pour la distribution de la force motrice : il ne semble pas probable que les machines fonctionnent le jour de V ouverture.

Dans la grande galerie des machines, un certain nombre d’installations sont complètement terminées et les noms des exposants sont placés.

Mais là, plus que dans les annexes, il y a encore beaucoup à faire.

Les wagons apportant les grandes pièces arrivent par centaines : on les décharge arec une grande rapidité, car il faut que les voies ferrées qui se croisent dans les allées du palais soient reeouvertes pour V ouverture (1).

Parmi les parties entièrement terminées on peu citer les expositions horticoles, les serres et pavillons spéciaux placés entre la galerie des machines et son annexe. Dans le parc, les chalets, les fontaines, les statues, les arbres nombreux, ont été placés très-rapidement, les allées sablées : cette partie de l'Exposition a dès à présent son aspect définitif, qui est des plus gracieux.

Le pavillon du ministère des travaux publics est complètement installé. C’est celui qui se trouve à gauche du parc en venant du pont d’Iéna. Il est décoré extérieurement en faïence de couleur et surmonté d’un élégant belvédère, placé au-dessus de l’entrée.

L’exposition du ministère des travaux publics comprend un grand nombre de plans en dessins et en relief des principaux ouvrages d’architecture ; dans la tour seront installés des phares éclairés par la lumière électrique. On termine la pose d’une machine magnéto-électrique Gramme et d’une machine de l’Alliance, au premier étage. Elles seront alimentées par une machine de 14 chevaux.

La grande salle est consacrée à tout ce qui est relatif aux ponts et chaussées et mines, sur le mur de gauche sont appendus les plans de l’écluse de Dunkerque, du port du Havre, du bassin de radoub de Bordeaux , du canal de l’Est, du bassin Penhouët de Saint-Nazaire, et des différents canaux d’irrigation.

Les plans du canal de Forez et du phare du Pillier occupent le fond de la salle avec une immence carte spécialement dressée en vue de l’Exposition; cette carte indique toutes les voies de communications par terre et par eau de la France.

Dans un des salons adjacents, on a fixé sur deux cartes peintes sur les murailles des échantillons des minerais de fer et des phosphates de chaux produits par chaque région ; ces échantillons sont contenus dans de petites boîtes en verre. Dans le salon voisin, il y a une exposition statistique comprenant tous les ouvrages et documents officiels sur les travaux d’intérêt général.

Les murs du côté droit du grand salon sont occupés par les cartes géologiques et les dessins des principaux ponts.

Il y a là des études du plus haut intérêt à faire pour les ingénieurs et les architectes : une salle de conférences a été aménagée à cet effet.

(1) Ceci était écrit à la date du 27 avril et n’est plus exact qu’en très-petite partie.

Les simples curieux ne manqueront pas d’être intéressés également, car le milieu de la salle comprend les plans en relief des principaux phares, viaducs écluses; ces réductions sont faites d’une façon si ingénieuse qu’elles permettent de se rendre compte des détails de fonctionnement.

C'est M. deDartein, ingénieur des ponts et chaussées, qui a conçu le plan du pavillon et l’a exécuté.

La Hollande.

L'exposition, organisée par les soins du gouvernement hollandais, occupe le pavillon d’angle de la grande galerie étrangère. On a formé là un immense trophée composé de peaux, d’armes, de bois, d’étoffes provenant de Sumatra, de Batavia, de la Malaisie. Autour de ce trophée, on se proposait de faire une exposition horticole exotique ; mais les arbres, dont l’envoi avait coûté plusieurs centaines de mille francs, n’ont pu résister au voyage.

Les objets exposés autour du trophée présentent du reste un intérêt pins considérable que cette exposition horticole : on y voit, reproduits dans tous leurs détails de construction et d’aménagement, les pagodes et habitations indiennes, des costumes de toutes les peuplades des colonies hollandaises* des poteries, tous les ustensiles de pêche et de chasse.

Le service de surveillance.

Au Champ-de-Mars, une fois la nuit venue, une ronde générale, faite par les gardiens de la paix dans toute l’étendue des chantiers, est le sigual de départ des ouvriers. Au fur et à mesure qu’une section ou un atelier est évacué, on clôt ces diverses enceintes à l’aide de caisses, de châssis ou d’autres clôtures mobiles. Les grandes galeries elles-mêmes sont barricadées, et bientôt il règne un silence absolu dans cet immense bâtiment qui contient déjà des richesses artistiques ou industrielles, représentant une valeur de plusieurs millards. Aussitôt commencent etsont continuées, sans interruption jusqu’au matin, des rondes qui sont faites concurremment par les gardiens de la paix et par les pompiers.

Les gardiens de la paix de ronde marchent deux par deux. On les aperçoit de loin, munis d’une lanterne parcourant en tous sens ce dédale de salles, de galeries, de vestibules, semblables à des âmes en peine cherchant leur chemin. Ils s’entrecroisent à chaque instant avec les pompiers qui font, de leur côté, les tournées réglementaires. Ceux-ci s’arrêtent de distance en distance et semblent vouloir se cacher derrière une cloison ou un pilier comme pour guetter quelque malfaiteur. Ces temps d’arrêt ont pour but d’enregistrer leur passage des compteurs ad hoc qui indiqueront au chef du poste, lorsqu’il fera à son tour sa tournée que, à heure fixe, chacun de ses hommes a exercé la surveillance réglementaire.

Indépendamment de ces deux services de surveillance et de police, chaque section étrangère a ses gardiens nationaux, soit civils, comme ceux de la Belgique, de l’Espagne, de lTtalie, soit militaires, soldats américains pour la section des Etats-Unis, Autrichiens etc.

Mais tandis qu’il règne au centre du palais un calme absolu, on entend, dans le lointain, des cris, des coups de marteau, le bruit sourd du cylindre à vapeur alternant avec le coup de sifflet aigu des locomotives qui parcourent les voies ferrées du Champ-de-Mars durant toute la nuit.

Ces bruits multiples et variés, au milieu des ténèbres, et dont les échos se répètent dans toute l’étendue du Champ-de-Mars et jusqu’au Trocadéro, produisent un effet vraiment saisissant.

Au milieu de tout ce vacarme, de nombreux ouvriers travaillent : les uns, entre deux rangées de lanternes, dans les galeries transversales où ils gâchent, et empâtent le béton ou le ciment qui nous montreront demain le sol aujourd’hui encore défoncé de ces galeries transformé en un magnifique dallage artificiel ; d’autres, et ceux-ci des artistes décorateurs, mettent la dernière main aux moulures, aux corniches et autres motifs décoratifs de l’édifice destiné à l’exposition des Manufactures nationales et que l’on élève dans le grand vestibule ayant vue sur la Seine.

Cette partie du palais est éclairée à la lumière électrique, qui a la propriété, comme l’on sait, de conserver aux couleurs leur teinte' naturelle. De là la possibilité de travailler, pendant la nuit, à la décoration du grand vestibule et du dôme central.

A l’intérieur du palais, on ne voit qu’un petit nombre de lanternes à gaz allumées; mais, en revanche, jusqu’à minuit, souvent jusqu’à une heure du matin, le local de l’administration est éclairé comme il le serait pour une fête. C'est que, tous les soirs et jusqu’à une heure avancée de la nuit, employés et chefs de service travaillent sans relâche, préparant tout pour la prompte expédition des affaires du lendemain.

Le public, qui se montrera, dans quelques jours, si exigeant si les installations et les expositions ne sont pas achevées, ne se doute certainement pas de l’importance et des difficultés du travail énorme qui se fait en ce moment au commissariat général. Il faut espérer que pour la fin de la semaine tout sera terminé.

Petites nouvelles.

Quelques journaux, vu le manque absolu de sièges que l’on constate pour le moment au Champ-de-Mars et au Trocadéro, semblent en conclure qu’il sera impossible de s’asseoir à l’Exposition autrement que par terre. Rassurons le public sur ce point. Indépendamment des bancs que l’on a placés le premier jour, il y aura à l’Exposition près de cinquante mille chaises ou fauteuils dont le plus grand nombre, fournis par des exposants, seront mis gratuitement à la disposition des visiteurs.

Nous recevons les communications suivantes :

Association pour l’avancement des sciences . — La solennité de l’Exposition universelle a décidé l’association française à tenir cette année à Paris, exceptionnellement, son congrès annuel ; la date de l’ouverture a été fixée au 22 août 1878. Le programme de la session est étudié par une commission spéciale

composée des membres du bureau, de membres du conseil d’administration et d’une délégation du conseil municipal de Paris.

Le bureau de l’association française, pour l’année 1878 est composé comme suit :

Président, M. Frémy, membre de l’Institut, professeur à l’Ecole polytechnique et au muséum d’histoire naturelle; vice- Président, M. Bardoux, ministre de l’Instruction publique; secrétaire-général , M. Perrier, commandant d’étatmajor et membre du bureau des longitudes; vice-secrèlaire-gènèral , M. le O de Saporta, correspondant de l’Institut; trésorier , M. G. Masson libraireéditeur ; secrétaire du conseil , M. C. M. Gabriel, ingénieur des ponts et chaussées, agrégé libre de physique à la Faculté de médecine de Paris.

Pour tous les renseignements relatifs au congrès de Paris, s’adresser au secrétariat, 76, rue de Rennes, Paris.

Conférences et congrès au Trocadéro

(i document officiel )

Le ministre de l’agriculture et du commerce,

Sur la proposition du sénateur, commissaire général, et l’avis du comité central des conférences et des congrès,

Arrête :

Le règlement général des conférences et des congrès qui auront lieu dans le Palais du Tiocadéro, pendant la durée de l’Exposition, est conçu ainsi qu’il suit :

dispositions générales

Art. 1er. — Les congrès et conférences qui auront lieu pendant l’Exposition de 1878, dans les salles du palais du Trocadéro, sont placés sous le patronage du gouvernement français. Ce patronage ne peut, en aucune 'façon, engager l’administration, quant aux opinions émises, ou aux vœux ou résolutions formulés.

Art. 2. — Toutes les communications relatives aux congrès et aux conférences doivent être adressées à M. le Ministre de l’agriculture et du commerce (secrétariat du comité central, pavillon de Flore, palais des Tuileries).

Art. 3. — Les programmes de ces congrès et de ces conférences seront préalablement communiqués au comité central directeur institué par arrêté ministériel du 10 mars 1878. Le comité prononcera sur leur admission après avoir pris l’avis des commissions compétentes.

Les discussions politiques ou religieuses sont formellement interdites.

Art. 4. — Les salles du Trocadéro affectées aux congrès et aux conférences seront mises gratuitement à la disposition des réunions autorisées, aux jours et heures déterminés par le commissaire général sur la proposition du comité central.

Art. 5. -- Les cartes d’entrée aux salles des congrès ou conférences ne dispenseront pas d’acquitter les droits d’entrée à l’Exposition.

Art. 6. — Les conférenciers pourront être de toute nationalité. Aucune restriction ne sera faite, quant à l’emploi des langues étrangères.

Art. 7. La surveillance supérieure des salles de conférences du palais du Trocadéro apppartient au commissariat général de l’Exposition, auquel un certain nombre de places sera réservé sur sa demande.

Art. 8. — Les membres des commissions des congrès et des conférences, peuvent faire partie, à titre personnel, des congrès qui seront organisés. Ils peuvent faire des conférences.

Art. 9. Les huit commissions d’initiative, instituées par l’arrêté minis-; tériel du 10 mars 1878, dresseront, chacune en ce qui la concerne une nomenclature comprenant les congrès et les conférences qui correspondent aux groupes qu’elles représentent, et qui leur paraîtrait utile de provoquer. Elles prendront l’initiative de = l’organisation préparatoire de ces congrès et conférences, et saisiront ensuite le comité central des projets qu’elles auront élaborés.

Art. 10, — Tout incident non prévu par le présent règlement sera soumis aq comité central, qui statuera. ' . k

De nombreuses demandes sont déjà parvenues à l’administration; citons entre autres les congrès suivants déjà organisés /.

Uu congrès international agricole ;

Un congrès pour l’adoption d’un système [universel dé poids, de mesures et de monnaies; . , ......

Un congrès international pour l’unification du numérotage métrique des fils de Jtoute provenance ; ,

Un congrès international de la propriété industrielle et artistique ; . .

Un congrès international des institutions de prévoyance;

Un congrès philologique;

Un congrès des économistes européens;

• Un congrès météorologique ;

Un congrès du club alpin français;

Un congrès de réglementation intèrnationale des épizooties;

Conférences sur l’hygiène.

Conférences sur le service médical des armées en campagne.

• Conférences sur l’anatomie analytique.

L’art typographique, ( industrie féminine.)

S’il est une question qui doit attirer l’attention de tous les gens de bien, c’est certainement celle* qui consiste à donner aux jeunes filles sortant des écoles un état qui puisse en peu de. temps leur créer une position libre et indépendante qui les sauvegarde par la suite de Y esclavage abrutissant qu’entraînent pour les femmes que le hasard n’a pas fait naître dans l’aisance, les nécessités matérielles de la vie.

Quelles sont les carrières qui offrent, dans la mesure du possible, ces garanties de sécurité aux femmes désireuses de trouver dans le*seul produit de leur travail les moyens de vivre honorablement?

Je laisse la réponse aux économistes.

Tout ce que je sais, c’est que nombre de labeurs sont arrachés aux femmes. Peuvent-elles aujourd’hui subsister à l’aide des travaux de couture, alors que les prisons, les couvents (ceux-là surtout qui vivent sans frais et sans patente) viennent leur faire, sous couleur de charité, une concurrence désastreuse et insoutenable.

Ceci posé, je rappelle à la connaissance de nos lecteurs qu’il existe une profession libérale qui peut offrir à toute jeune fille possédant une bonne instruction élémentaire les moyens de se faire un avenir sinon brillant, du moins assuré, tout en perfectionnant forcément son instruction.

Cette profession, c’est celle de Typographe.

On a objecté que les femmes ne pouvaient suffire à tous les détails des travaux de l’imprimerie, c’est complètement faux (1). En 1867 j’ai monté une imprimerie en Lorraine avec des femmes sachant à peine lire; je les ai prises dans des filatures où elles gagnaient à peine du pain (lf50 par jour, maxima), à faire un travail malpropre, dans des usines encore plus malpropres.

Quelques mois après elles avaient un salaire double et qui plus est, elles s'étaient forcément instruites. Celles qui,à leur arrivée, lisaient à peine convenablement les caractères imprimés, déchiffraient six mois après les manuscrits les plus difficultueux.

Les résultats de la guerre que nous savons, m’ont chassé de Lorraine; alors j’ai voulu créer à Paris 'une école semblable, et pour encourager les élèves, je leur ai offert la solde dès leur entrée; malgré tous mes efforts j’ai trouvé tellement de difficultés et d’apathie dans les familles, que je n’ai pu faire qu’un nombre insuffisant délèves, et cependant aujourd'hui que les artistes typographes (hommes) se sont mis en grève en choisissant patriotiquement le moment de l’ouverture de Y Exposition, les artistes typographes (femmes), si elles eussent été plus nombreuses, auraient pris et gardé la place. C’eût été un bien général pour elles, pour les patrons et pour le public.

J’espère qu’il en sera ainsi et que MM. les maîtres-imprimeurs pourront enfin être les maîtres chez eux et non les très -humbles serviteurs de ceux auxquels ils donnent un travail lucratif, alors qu’eux-mêmes courent seuls tous les risques (2).

Les femmes sont plu3 capables de devenir capables, elles so it plus soumises, plus assidues, et moins infatuées de leur savoir quia l clics en ont acquis dans leur profession.

Après une année d’étude, les femmes ayant une certaine instruction et l’habileté de la main, peuvent gagner 3 francs par jour pour une journée de 10 heures et parvenir après quatre ou cinq ans à gagner jusqu’à 0f.75 de l’heure, pas toutes évidemment, mais on peut mettre la moyenne à 0f.50 ce qui donne pour un mois de vingt-cinq jours de travail à 10 heures par jour, 125 francs.

J’ai actuellement dans mes ateliers des dames typographes à ce taux et j’en ai aussi à 0f. 30 ; ces dernières sont les jeunes élèves.

(1) La meilleure preuve que j'en puisse donner, c’est que la présente publication est complètement exécutée par les soins dos femmes. Composition, correction, imposition, mise eu page, révision des épreuves, etc., etc.

(2) Je délie «pie l’on trouve dans Paris 10 maîtres imprimeurs qui depuis 10 ans ont quitté les affaires, fortune faite, soit un par an.

J’ai chez moi des employées compositrices qui se font dans les grands mois de travail 225 à 250 francs.

Les dames instruites, par exemple une jeune fille sortant d’un bon pensionnat, peut (alors qu’elle est sans fortune), après quelques années d’études typographiques, remplir les fonctions de correcteur et par la suite celles de prote ou de sous-cUrecteur.

■ Déjà dans beaucoup de villes de province on est arrivé à d’excellents résultats il faut qu’à Paris et dans les grandes villes, il en soit de même.

Il en sera ainsi lorsque quelques imprimeurs en auront pris l’initiative et auront fait le sacrifice d’aménager convenablement et proprement la partie de leurs ateliers destinée aux femmes, partie qui d’après moi doit être complètement distincte de l’atelier masculin.

École professionnelle de jeunes filles pour l’Étude de l’Art typographique, dirigée par des dames (I).

Conditions d'admission

Une bonne éducation élémentaire, avoir ses parents ou un représentant en résidence à Paris. Ils doivent prendre l’engagement de faire suivre les cours du soir à leurs enfants, être âgée de 13 ans révolus.

Conditions des Éludes

Heures de travail de 8 à 12, de 12 à I heure repas et récréation dans un local ad hoc y de I heure à 4, travail, de 4 heures à 4 1/4 repos, de 4 1/4 à 6 heures travail.

Repos les dimanches et jours fériés.

A partir du 2e mois de l’entrée dans la maison, l’élève touche à titre d’encouragement 0,50 par jour pendant un an. Le lcP semestre de la 2e année 1 franc par jour. Le 2e semestre de la 2e année 1,25 par jour. Le 1er semestre de la 3« année 1,75 par jour, le 2e semestre 2 fr. par jour. A partir de la 4e année l’élève devient ouvrière et est payée selon ses capacités.

Il s’en suit qu’à 16 ans, après 3 ans d’un bon apprentissage ou l’élève aura perfectionné son instruction par la nature même de son travail, ou elle aura

(i) Imprimerie dirigée par des dames. Paris, rue des Saints-Pères. Je donne cette note comme type de ce que pourrait être les engagements entre les patrons et les parents des élèves.

On trouvera peut-être cette note hors de propos dans notre chronique, cependant cette question importe, sans qu’on s’en doute, au succès et à la régularité de notre publication , car en effet, si cette 5me livraison paraît en retard, c’est parce que les ouvriers typographes s’étant mis en grève, quelques imprimeurs de Paris se sont décidés à imiter mon exemple, d'où une certaine désertion parmi mes compositrices alléchées par des prix hors de proportion avec leur talent. Nous reviendrons sur cette question lorsque nous traiterons notre article imprimerie.

acquis la connaissance d’une profession lucrative, non-seulement il n’en aura rien coûté à ses parents, mais si l’on compte 300 jours nets de travail par an elle aura en outre perçu 1 ,050 francs.

Ces résultats ne demandent pas d’autres commentaires et si l’on institue \ comme je l’ai fait dans mes propres ateliers une société de secours mutuels , entre tous les employées de la maison, on aura dans une certaine mesure amélioré le sort des femmes. J’ai eu dans mes ateliers des employées malades un mois et 6 semaines. Elles touchent dans ce cas 4 fr. par jour de maladie. Il s’en suit qu’elles ont mieux les moyens de se soigner et que le fantôme de la misère ne vient pas s’asseoir à leur chevet, le moral se trouve moins attaqué et la maladie est plus facile à combattre. E. L.

Congrès international.

Nous recevons la communication suivante :

«Au mois de septembre 1876, se tenait à Bruxelles un Congrès international d’Hygiène et de Sauvetage. Le mérite des promoteurs, le nombre considérable des adhérents, l’importance des questions soulevées et mises à l’étude attirèrent sur cette réunion d’hommes . de science, l’attention sympathique des gouvernements.

« Ce serait ne pas répondre aux nécessités présentes que d’échelonner à de trop longs intervalles ces réunions où les grands problèmes de l’Hygiène peuvent être discutés et résolus, et il semble indispensable d’établir une certaine continuité dans ces études collectives si on veut arriver à des résultats pratiques.

« Ainsi l’ont compris les Organisateurs du Congres international d\ Hygiène qui aura lieu à Paris, lors de l’Exposition Universelle, pendant la première quinzaine d’août, lorsqu’ils sont venus demander le concours du Gouvernement Français.

« Désireux de faire le plus hospitalier accueil aux savants étrangers, nous souhaitons qu’au Congrès de Paris toutes les opinions se fassent jour, toutes les questions utiles soient traitées; mais, comme nos honorables précurseurs, nous avons pensé qu’il convient d’attirer spécialement l’attention sur un certain nombre de points qui nous paraissent d’un intérêt plus actuel et plus urgent. Nous croyons aussi que de pareilles discussions ne peuvent être fructueuses qu’à la condition de tenir compte de toutes les opinions scientifiques, et il nous a semblé nécessaire de faire appel aux médecins, aux chimistes, aux physiciens, aux météorologistes, aux pharmaciens, aux architectes, aux ingénieurs, aux vétérinaires, aux administrateurs, c’est-à-dire à tous les savants qui, par leurs travaux, leur situation ou leur compétence spéciale, concourrent à établir et à appliquer les règles de l’Hygiène»

« Vous recevrez donc prochainement le programme des questions avec le règlement et les détails d’organisation du Congrès.

« Nous n’avons aujourd’hui d’autre but, Monsieur, que de vous annoncer le

premier développement d’une œuvre à laquelle votre compétence et vos travaux vous appellent justement à prendre part.

« Veuillez agréer, etc. »

Pour le Comité d'organisation :

Le Président d'honneur , Le Président Le Secrétaire générait

Pr Bouchardat. Dr Gubler. Dr Lioüville.

Le jour de l’inauguration

A l’heure où paraîtra ce 5mj fascicule, déjà tous nous aurons été mis à même de visu pour les plus heureux, et par la lecture de tous les journaux pour les moins favorisés de la fête splendide quoiqu’impromptue que Paris a su se donner à cette occasion.

Nous n’avons plus à parler des drapeaux, des illuminations et de la foule innombrable, qui encombrait les rues, les boulevards, les passages.

Ces pauvres Parisiens qui n’ont plus de fête ont su s’en payer une à peu de frais, chacun y a mis de sa bourse et les nombreux étrangers attirés par l’inauguration ont dû être satisfaits de tout ce calme tapage fait en leur honneur.

Il était fâcheux que l’installation des produits n’ait pas été plus complète. A ce propos il y a une réflexion à se faire assez originale.

Le palais du Trocadéro qui est un monument durable, bien construit en bons matériaux, construction pour laquelle il s’est trouvé au moment des fondations des obstacles qu’il était difficile de prévoir, ce palais a été terminé au jour dit.

Et le palais du Champ de Mars, du moins ses annexes et ses installations antérieures, constructions ou plutôt installations- légères et éphémères, étaient loin d’être terminées.

Quoiqu’il en soit, aujourd’hui il n’y a plus que quelques petits travaux à terminer et ceux de nos lecteurs qui dans quinze jours viendraient à effectuer leur visite dans ce palais du Génie humain n’auront plus à se heurter aux colis sans nombre qu’il y a 4 jours encore encombraient les rues du Champ de Mars.

Jusqu’à présent il est arrivé à l’Exposition 636 wagon9 d’objets à exposer, 5 en décembre, 107 en janvier, 249 en février, 285 en mars.

D’ici au quinze avril, on attend de 1,500 à 1,800 wagons.

On a calculé que l’exposition recevra 400 wagons de produits en plus sur le nombre reçu en 1867.

Notable visiteur*

Vienne, 7 mâi.

L’archiduc héritier partira d’ici ie 10 pour aller visiter l’Exposition de Paris.

Pour reposer l'esprit.

Le ministère et le commissariat général se préoccupent très-vivement des plaintes qui leur arrivent de tous les côtés sur le caractère trop sérieux de l’Exposition et sur les difficultés que Ion éprouve à se reposer et à se distraire.

Déjà, nous l’avons dit, des bancs et des sièges en grand nombre ont été établis dans les parcs et dans les jardins.

On parle de corps de musiques à répartir entre le Trocadéro et le Champ de Mars.

Il est question de transformer la grande pelouse qui précède l’entrée principale du palais du Champ-de-Mars en un vaste pavillon de rafraîchissements couvert de tentes élégantes, assez peu élevées pour que le panorama du Trocadéro vu du haut du perron ne soit pas masqué.

Enfin, on assure que des négociations sont engagées en vue de placer au rezde-chaussée de chacune des .maisons-types de la rue des Nations, et au-devant, un spécimen des buvettes ou des cafés des pays étrangers : un salon de glaces et sorbets à la maison Italienne, une brasserie à la maison Belge, un bar, une taverne, etc., etc.

En résumé, la lacune que nous signalions il y a plus d’un mois, lacune concernant les distractions, est très-sensible ; on s’occupe sérieusement de la combler.

Dans la section des machines anglaises, la force motrice est partout en mouvement. Depuis hier, la force motrice est également en mouvement dans plusieurs classes de la galerie française des machines.

Animaux domestiques.

Ordre des concours d’animaux vivants qui auront lieu, à partir du 9 juin, sur l’esplanade des Invalides ;

9 juin : Espèces bovine, ovine, porcine, lapins, oiseaux de basse-cour.

9 juin : chiens.

1er septembre : chevaux et ânes.

Les concours horticoles ont commencé avec l’ouverture de l’Exposition et se continueront dans l’ordre suivant :

1er mai : Azalées, conifères, primeurs, ananas.

16 mai : Rhododendrons, arbres fruitiers, légumes, raisins hâtifs.

1er juin : Orchidées, pelargoniums, fruits hâtifs.

16 juin : Roses, palmiers, fruits exotiques.

1er juillet : Cerises, fraises.

18 juillet: Plantes de serre chaude.

1er août : Fuchsias, glaïeuls, roses trémières, fruits à noyaux et à pépins.

16 août : Aroïdées et fougères, pêches et figues.

1er septembre : Dalhias et reines-marguerites, arbres forestiers.

16 septembre : Arabiacées et dracœnas.

1er octobre : Fruits de toute sorte.

16 octobre : Légumes, pelouses et bouquets.

Samedi 25 mai.

Revue de la semaine. — Variétés, Mélanges. Renseignements pour les exposants. — Annonces. — Réclames

et avis divers.

Matières contenues dans le 6mo fascicule.

Chronique , par M. E. Lacroix, ingénieur civil (pages 77 à 92 du ixe volume). — Les Cartes et les Globes, par M. Léon Chateau, directeur de l’École professionnelle d’Ivry, et M. Letort de la bibliothèque nationale (pages 77 à 88 du iv° volume). — L'Art industriel , par M. Demay (pages 17 à 28 du vu0 volume). — La Serrurerie, par M. Husson (pages 61 à 76 du iv8 volume).

SOUS PRESSE

La sylviculture (Suite). — Les arts militaires (Suite) . — L’hygiène (Suite). — * L’architecture navale par MM. de Bertiiieu et Galtigny, ingénieurs. — Les aérostats, par M. Miret. — Les cartes et les globes, par MM. L. Chateau, directeur de l’École professionnelle d’Ivry, et Letort (Suite). — Hydraulique, par MM. Georges Dumont et Vigreux, ingénieurs civils (Suite). — L’art industriel, par M. Demay (Suite). — Météorologie, par M. Boillot. — Machines locomotives, par M. Jules Gaudry. — Métallurgie, lr« partie: Le Fer, par M. Anceau. — 2e partie : La Fonte malléable, par M. Dalifol. — Traitement des Minerais, par M. Dupuis. — Les Chemins de fer, par M. Cossmann. — La Musique, par M. Hervé. — L’enseignement agricole, par M. Carl Daiimer. — La Distillation, par M. HoRsin-Déon.

Ce sixième fascicule renferme 3 figures dans le texte.

Le septième fascicule, composé des 20 premières planches, paraîtra samedi prochain.

Résumé de la séance du Comité de rédaction

Séance du 7 mai 1878.

Le directeur prend la parole et s’exprime à peu près en ces termes.

Permettez-moi d’abord, Messieurs, de vous remercier d’avoir bien voulu répondre à mon appel.

Jusqu’à présent, dans nos réunions, j’avais l’habitude d’ouvrir la séance par un petit speech et sans préparation, mais j’ai remarqué que lorsque je'parlais d’abondance, je l’étais peu abondant, or, j’oubliais la moitié de ce que j'avais à vous dire.

Je me suis donc recueilli avant votre arrivée et je crois par ce moyen n'avoir rien omis des observations ou remarques que j’avais à vous soumettre.

Et de m’être préparé me présentera cet avantage, qu’une interruption ne me fera pas perdre le fil de mes idées, et qu’après y avoir répondu, si interruption il y a, je pourrai sans autre embarras reprendre tranquillement le fil de mon discours.

H. est fort intéressant pour le succès de notre publication, que nous échangions de temps à autre nos idées.

IVOTA. — .Nous ne présentons pas ce numéro pour un véritable fascicule, nous ne faisons paraître ces quelques feuilles que pour faire prendre patience à nos lecteurs.

Nous avons à regretter qu’un grand nombre de collaborateurs empêchés par leurs affaires n’aient pu se réunir à nous. Il sera toujours difficile qu’il n’en soit pas ainsi. Trouver un jour où chacun de nous soit libre est impossible, eu égard à notre grand nombre et à la multiplicité de nos occupations.

Nous allons ensemble examiner le point d’avancement de l’édifice que nous avons entrepris d’édifier.

Nous indiquerons d’abord les manuscrits qui nous sont parvenus, et dont plusieurs déjà sont en partie imprimés.

Nous avons d’abord l’Introduction générale de M. Dufrené, qui a obtenu une approbation unanime parmi nos collaborateurs et parmi nos lecteurs.

Puis viennent en suivant l’ordre de leur réception.

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