CO
SB .b
lion.
DES SOUSCRIPTEURS
MM
30 juillet
Andréeff.
Ekaterimbourg
Russie.
Soc. gén. defabriçat.
de dynamite.
Paris.
Seine.
Brian.
Buénos-Ayres.
Rép. Argentine.
Donner.
Paris.
Seine.
2 août
Roques.
Bordeaux.
Gironde.
Bornet-Léger.
Bühl.
Haut-Rhin.
'Comm. gén. à l’Exp.J
des États-Unis. '
Lair.
| Bran des (aux).
Charente- Infér.
Ecole des Ingénieurs, des Ponts et Chausj
* Madrid.
Espagne.
Mission chinoise.
Paris.
Seine.
Hersent.
Paris.
Seine.
White.
Buénos-Ayres.
Rép. Argentine
Legot.
Rochefort.
Charente -Infér.
Lecointe et Villette.
Saint-Quentin.
Aisne.
Durval.
Monterotondo.
Italie.
Asher et Cie ( lib .)
Berlin.
Prusse.
Hôlder (lib).
Vienne.
Autriche.
Ministre de la Marine
Lisbonne.
Portugal.
— des Trav. Publ.
Madrid.
Espagne.
Fischbacher.
Paris.
Seine.
Ministre de la Marine.
Haye (la).
Hollande.
Decq et Duhent (lib.).
Bruxelles.
Belgique.
Dénos (Ch.).
Paris.
Seine.
Lemoigne (lib.).
Abadie
Pedone La.urie\ (lib.).
Pour l’Italie.
Jeannolle.
Mélisey.
Haute-Saône.
Baudoux.
Lodelinsart.
Belgique.
Barrau.
i Revel.
Haute-Garonne.
Filipenko (le colonel) adm. cent, de l’art.
St-Pétersbourg.
Russie.
Arozarena (de).
Paris.
Seine.
Bignami Orlando.
Rolland.
Deligne (lib.).
Reims.
Marne.
Gantin.
Paris.
Seine.
Babeuf.
Rochelle (la).
Charente-Infér.
Florez (lib.).
Mexique (p. le).
Noiriel (lib.).
Strasbourg.
Bas-Rhin.
Minist. des Finances.
Paris.
Seine.
Baudry (lib.).
Gouvion.
Saulzoir.
Nord.
Putz.
Giessen.
Prusse.
j Saint-Jorre (lib.).
Paris.
Seine.
Directeur des forges.
Aubin.
Aveyron.
Garnier.
Rio-de-Janeiro.
Brésil.
242 NOMS DES SOUSCRIPTEURS (1™ liste).
NUMÉROS
d’ordre.
DATES
de la souscription.
NOMS
DES SOUSCRIPTEURS
RÉSIDENCES
DÉPARTEMENTS
NOMBRE
d'exemplaires.
MM
Arkhipoff.
Moscou.
Russie.
Kittary (Modeste).
Dr des forges de Com-
St-Pétersbourg.
1 mentry-Fourchambault. I
j Montluçon.
Allier.
Nous fermons à 500 Ja lrc liste de nos souscripteurs, et nous les remercions d’avoir eu assez de confiance pour nous envoyer par leur adhésion un encouragement qui nous était indispensable.
Nous continuerons à faire tous nos efforts pour ne pas nous trouver au-dessous de la tâche par nous entreprise.
D’après la liste qui précède voilà comment se groupe par pays nos souscripteurs.
France et ses Colonies . 161
Paris . 144
Espagne . 41
Italie . 37
Russie . 31
Belgique . 28
Portugal . 12
Angleterre . 11
Prusse . 10
Uruguay . 4
Suisse . 4
A reporter. . . . 483
Report .... 483
Hollande . 4
Brésil . 3
Autriche . . . 3
Egypte . 2
Mexique . 1
Pologne . 1
Etats-Unis . 1
Roumanie . 1
Danemark . 1
total . 500
Simple remarque. — A Lyon la 2mc ville de France pour la population et l’industrie nous comptons 2 abonnés VA A Bruxelles nous en comptons 28. — Est-ce un signe des temps. En définitif sur 500 abonnés nous en comptons 200 à l’étranger ce qui nous fait dire une fois de plus que la France (seule étant) on pourrait par prudence commerciale se dispenser de publier des livres réellement sérieux et instructifs.
Instruments de précision.
L’intérêt que présentent les objets exposés dans cette classe est suffisamment indiqué par leur extrême variété et par les usages de l’ordre scientifique le plus élevé auxquels ils sont destinés.
11 convient de classer ces produits en trois divisions principales pour en mieux indiquer les origines, les usages et les procédés de fabrication :
1° Les instruments de précision proprement dits, comprenant les instruments destinés aux mesures linéaires : règles à mesurer les bases, mesures métriques , machines à diviser avec leurs organes et leurs produits, vis micrométriques, vernier s, règles à calcul , cathètomAtres , sphéromètres , etc.; et les instruments divers à l’usage des astronomes, des ingénieurs et des marins : cercles astronomiques et gèodèsiqucs, sectants, octants, compteurs astronomiques , chronographes, goniomètres , niveaux, télémètres, tachéomètres, instruments nautiques, graphiques et géométriques, curvimètres , planimètres, machines à calculer et à résoudre les équations, balances, poids, mesures et monnaies.
2° Les instruments d’optique scientifiques et industriels : verres parallèles prismes, lentilles, lunettes, longues-vues, jumelles, miroirs, microscopes, télescopes, saccharimètres, polarimètres, spectroscopes, photomètres, stéréoscopes, chambres claires et chambres noires, hèliostats, appareils de projection, de polarisation et d'interférences et les nombreux accessoires de l’optique.
3° Appareils de physique générale et de chimie : dynamomètres, pandynamomètres, gyroscopes, machines pneumatiques, manomètres , baromètres, hygromètres, thermomètres, anémomètres, météorographes enregistreurs, densimètres, aéromètres, calorimètres, appareils volumétriques , appareils usuels de la chimie, boussoles, compas nautiques, appareils magnétiques et électromagnétiques, piles électriques , machines électriques et magnéto-électriques, régulateurs de la lumière électrique, galvanomètres et voltamètres , chronoscopes, galvanomètres pour la calorimétrie , instruments d'acoustique et téléphones.
La construction de ces appareils est presque exclusivement concentrée à Paris entre les mains des opticiens et des fabricants d’instruments de précision. On y comptait, en 1872, 483 patrons et 2,609 ouvriers dont les salaires montaient à 4,848,420 francs; les produits représentent un chiffre d’affaires de 16 millions de francs.
Les origines de cette industrie datent de plusieurs siècles en France; toutefois les fabricants d’instruments de mathématiques n’ont acquis d’importance qu’à partir duxvne siècle; jusqu’à cette époque il étaient confondus dans la corporation des fondeurs en cuivre.
Les lunettiers et les miroitiers formaient une ancienne corporation pour la fabrication des besicles, qui parurent en Italie à la fin du xme siècle; ils prirent le nom d’opticiens lors de l’invention des longues-vues, en 1608.
Une corporation de 24 artistes ingénieurs fut créée, en 1787, pour la construction des instruments d’optique physique et mathématique.
Au commencement du siècle, on demandait encore les instruments seienti-
fiques à l’étranger, à l’Angleterre particulièrement; ce n’est que de 1817 à 1820 que les travaux de Gambey et ceux de Brunner consacrèrent cette industrie en France et lui firent prendre le rang distingué qu’elle conserve.
Les instruments ou appareils énumérés dans la première série sont livrés sous des formes qui tendent à se simplifier et avec des dispositions qui leur assurent une plus grande précision.
Les instruments d’astronomie, de géodésie, d’arpentage et de mathématiques Ont fait des progrès soutenus et bien établis; il suffira de rappeler les cercles répétiteurs construits dans ces dix dernières années pour le service de la carte de France.
Parmi les appareils géodésiques on doit signaler surtout ceux dits de géodésie expéditive , à cause de leur nouveauté, de leur facile emploi et des résultats trèsremarquables qu’ils donnent.
L’optique forme une division de produits très-importante ; les verres d’optique les plus soignés sont de fabrication parisienne.
Le flint-glass est consacré à la haute optique. Le crown-glass continue à être employé pour la confection des lentilles ordinaires.
Les verres des objectifs astronomiques ou géodésiques, ceux des instruments de physique optique ou usuelle de bonne fabrication sont produits à Paris de toutes pièces avec des matières premières soigneusement choisies. Les verres des appareils de phares sont fabriqués à Saint-Gobain.
Il se fabrique en Picardie, dans le Jura et l’Isère des objets de verre dont la matière première est tirée des fours de Saint-Gobain. Il en résulte ces nombreux produits de la lunetterie et de l’optique commune qui alimentent, dans une si grande proportion, le commerce de détail.
La physique générale donne lieu également à une production importante des produits de la troisième série.
La fabrication des baromètres métalliques a pris une plus grande extension; ces instruments sont devenus plus transportables et mieux réglés pour leur usage, surtout comme baromètres portatifs de voyage.
Les progrès de la météorologie et le grand nombre d’observatoires qui se sont multipliés sur la surface de la France et à l’étranger ont amené une grande production d’appareils météorologiques; plusieurs améliorations y sont constatées.
Les machines électro-magnétiques et les instruments destinés à la production de la lumière électrique et à sa régularisation se sont développés et perfectionnés d’une manière inattendue pendant ces dernières années.
Les matières premières employées dans la fabrication des instruments sont :
L’or, l'argent, le platine, le nickel, le laiton, aux cours commerciaux.
L’écaille . valant de 60 à 300 francs le kilog.
L’ivoire . 40
L’os . 1
La nacre . 7 ou 10
Le buffle . 0f50° à 3
Les bois des îles . 60 cent, le kilogr.
Les bois indigènes . 15 à 20
La main-d’œuvre entre dans les prix de revient pour une part qui varie de 25 à 50 %.
Exposition de la ville de Paris.
Canaux , voirie, eaux d'égout. — Le service d’utilisation agricole des eaux d’égout, celui des canaux et celui des voiries occupent dans l’exposition générale de la vile de Paris le vaste pavillon construit en fer et briques qui fait face aux expositions de la Chine et du Japon.
Des tableaux graphiques résument les faits d’exploitation et d’étude; des aquarelles donnent une idée des installations et ouvrages d’art, des modèles présentent avec exactitude les détails les plus intéressants des travaux et des chantiers; une collection de planches et de documents ( statistiques permet d’étudier toutes les branches du service; enfin des échantillons d’eau et de produits agricoles permettent d’avoir une idée des résultats obtenus dans la plaine de Gennevilliers.
Eaux d'égout (1). — Umpremier tableau graphique résume les études théoriques poursuivies depuis dix ans par les ingénieurs du service, et indispensables pour arriver à des applications sérieuses et pratiques. Les données météorologiques et hydrologiques les plus essentielles ont été observées d’une façon continue, telles que les quantités de pluie tombée dans la plaine de Gennevilliers, les pressions barométriques, les températures, les hauteurs de la Seine, les fortes chaleurs et les sécheresses exceptionnelles de 1868, 1869, 1870, . sont mises en évidence, ainsi que les périodes humides de quelques-unes des dernières années, accusées par les crues de la Seine de l’hiver 1872-1873, du printemps 1876 et 1877. On conçoit l’importance que ces données ont, pour apprécier le résultat général des diverses campagnes agricoles.
Les eaux d’égout ont été étudiées au point de vue de leur cube et de leur composition. D’après les observations continues des dix années, la quantité d’eau totale dirigée par les collecteurs vers la Seine peut être évaluée à 250,000m*cdont 200,000m-c- versés à Asnières par le grand collecteur et 50,000m'c- à Saint- Denis par le collecteur dit départemental. Un fait intéressant se dégage de ce chiffre rapproché des quantités d’eau distribuée dans la ville et de la quantité de pluie tombée. Pendant la même période il a été distribué en moyenne 235,145m,c* par jour; et il est tombé sur la superficie totale de Paris 1 14,61 9m* c* d’eau, soit une quantité totale d’eau tombée et distribuée par jour de 3o0,000m*c. 11 s’ensuit que les collecteurs ont débité à la sortie environ les
— ou les 0,70 de l’eau entrée dans Paris.
(1) Ce service, organisé en 1867, a été confié depuis lors à M. fDuraud-Claye, ingénieur des ponts et chaussées sous les ordres de M. Mille, successivement ingénieur en chef et inspecteur général des ponts et chaussées. M. Mille mis à la retraite depuis la fin de 1877, conserve le titre et les fonctions d’ingénieur conseil; il a été remplacé par M. l’ingénieur en chef Buffet. Jusqu’en 1871 le service ressortissait directement de M. le Préfet de la Seine. De 1871 au 1er mai 1878, il fit partie de la direction de M. Belgrand (Eaux et égouts). Il est rattaché actuellement à la direction des travaux de Paris (M. Alphand. directeur).
On a constaté que les eaux d’égout conservent une température qui échappe aux variations extrêmes de l'atmosphère. En hiver elles ne gèlent jamais et ne descendent pas au-dessous de 4°, en été elles n’atteignent jamais 20°. Ce sont donc d’excellentes eaux d’irrigation, chaudes en hiver, fraîches en été.
La composition moyenne des eaux d’égout de Paris, au point de vue chimique, correspond aux chiffres suivants :
Pour un mètre cube :
Azote . 0k,045
Acide phosphorique . 0. 019
Potasse . 0, 037
Chaux . * . 0, 401
Soude . 0, 083
Magnésie . . 0, 022
Résidu insoluble dans les acides (Silice) . . 0, 728
Matières diverses volatiles ou combustibles (organiques) . 0, 678
Matières diverses minérales . 0, 779
total. . . 2k,794
Enfin le — de ces matières est dissout; les — sont solides. Les matières 3 3
organiques sont à la fois la cause de l’infection de la Seine, lorsque leur fermentation s’accomplit dans le fleuve, et au contraire la cause de l’énergie fertilisante des eaux d’égout lorsqu’elles sont convenablement dirigées sur le sol, suivant la théorie si nettement exposée parM. Schlœsing dans l’enquête ouverte en 1876 sur l’assainissement de la Seine. Les volumes de cette enquête sont sur la table, à l’Exposition, à la disposition de tous les visiteurs.
Une série de tableaux et d’aquarelles donnent les procédés et résultats des irrigations à l’eau d’égout dans la plaine de Gennevilliers. D’un côté une courbe donne les quantités d’eau versées chaque année dans la plaine, quantités qui, parties de 35, 400m,c‘ en 1868 et 634,810 en 1869, ont atteint 12,000,000m*c* en 1877. Les éléments essentiels des pompes élévatrices accompagnent cette courbe. De l’autre côté une deuxième courbe donne le développement successif des irrigations qui, parties de V2 hectare en 1868, ont atteint 7 hectares en 1869, 22 hectares en 1872, 126 en 1875 et 360 en 1877. Tous ces terrains sont librement arrosés par leurs propriétaires ou locataires, la ville de Paris ne possédant qu’un tout petit jardin d’essai. Des dessins et un modèle en relief indiquent la forme et les procédés de construction des conduites qui sont toutes en béton et supportent des pressions d’une dizaine de mètres; on voit également la disposition des bouches de distribution. Un grand plan, situé au centre, donne toutes les parcelles irriguées au 1er janvier 1878 avec les conduites et chemins de la plaine. Enfin, un filtre à parois en verre montre la coupe géologique des terrains, et une collection de produits végétaux, fréquemment renouvelée, permet de juger sommairement les résultats obtenus au point de vue agricole. Des échantillons d’eau d’égout naturelle et d’eau de la nappe, laquelle est d’une clarté et d’une pureté parfaites, donnent une idée des résultats obtenus au point de vue de l’assainissement. Une tournée à l’usine de Clicliy et dans la plaine de Gennevilliers compléterait, pour les personnes qui s’intéressent à ces questions, la visite de l’Exposition. Les moyens de communication sont faciles (chemin de fer d'Asnières ou tramway de Gennevilliers) : les ingénieurs du ser-
vice s’empressent de donner les autorisations nécessaires ; la plaine dé Gennevilliers est, du reste, ouverte librement à tout visiteur.
Canaux et voiries : /° canaux (1). — Les canaux delà ville de Paris sont représentés par un plan général, avec courbe de niveau et profil en long, par une série d’aquarelles donnant les points les plus caractéristiques, par des modèles des portes d’écluses, par des albums statistiques et enfin par des courbes représentatives du tonnage et des recettes.
Les canaux de la ville de Paris ont pour tronc commun le canal de l’Ourcq, qui amène du Port-aux-Perclies à Paris les eaux de la rivière de l’Ourcq, affluent de la Marne. Commencé en 1803 et terminé en 1822, ce canal amène un cube considérable d’eau dans la capitale ; il en est distribué journellement 120,000™* c*
à 130,000™*c* ce qui représente entre le — et la moitié du cube total d’eau
consommé à Paris. En- outre, après avoir porté lui-même une navigation importante, il alimente le vaste bassin de la Vilette, qui est le second ou troisième port de France comme mouvement commercial; du bassin de la Vilette partent les deux canaux Saint-Denis et Saint-Martin qui relient la Seine au-dessus et au-desous de Paris avec le port central. Le canal de l’Ourcq a été une conception à la fois grandiose et économique, qui n’a été dépassée à aucun titre par les travaux modernes.
La longueur totale du canal de l’Ourcq est de 108 kilomètres, sa pente est de 1 3 01 , 36, répartie entre 10 écluses. Ces écluses sont doubles et ont 3™, 20 seulement de large. Le modèle figure à l’Exposition.
Le canal Saint-Denis a 6,647™* de long. Sa pente totale est de 28™, 90, rachetée par 12 écluses. Ces écluses ont 7™, 80 de large et sont accessibles aux grandes péniches du Nord et de la Basse-Seine.
Le canal Saint-Martin se développe sur 4,534™. 1,830 mètres ont été couverts et forment le sol du boulevard Richard-Lenoir; cette transformation en tunnel, favorable à la circulation de surface, mais contraire aux intérêts de la navigation, a constitué un travail d’art des plus intéressants, exécuté par M. l'ingénieur Rozatde Mandres, en 1861-1862. La pente totale du canal Saint-Martin est de 24™, 36, rachetée par 9 écluses. Ces écluses ont 7™, 80 de large comme celles du canal Saint-Denis. Sauf sous le boulevard Richard-Lenoir, le canal Saint- Martin forme un vaste port de débarquement et d’embarquement, notamment dans le bassin de l’Arsenal entre la Bastille et la Seine.
Les courbes graphiques, qui figurent à l’Exposition, donnent le tonnage des canaux pendant les 10 dernières années; ce tonnage atteint en moyenne 2,112,832 tonnes. Le maximum a été obtenu en 1877 avec 2,636,769 tonnes et le minimum en 1871 avec 1,304,937. L’ensemble des tracés montre clairement la baisse due aux tristes événements de la guerre et de la commune et l’amélioration obtenue dans ces dernières années, où les chiffres de 1867 et 1868 ont été de nouveaux atteints et même dépassés. Les recettes suivent une marche à peu
(1) Ce service a eu comme ingénieur M. Huet jusqu’en 1874 et M. Alfred Duraud- Claye, de 1874 à 1878, sous les ordres de M. Buffet, ingénieur en chef. Il ressortissait de la direction des eaux et égouts, jusqu’à la mort récente de M. Belgrand. Il est actuellement rattaché à la direction des travaux (M. Alphand, directeur).
près parallèle; le bénéfice net de l’exploitation a été de 683,974 fr. , résultant de 1,128,030 fr. de produits bruts et 444,056 fr. de dépenses. Les canaux avaient été concédés en 1818 à une compagnie; la Ville a racheté la concession en 1861 pour le canal Saint-Martin et 1876 pour les canaux de l’Ourcq et Saint- Denis, et exploite depuis lors directement.
Dépotoir et voirie. — Seule de toutes les capitales de l’Europe, Paris a conservé le système des fosses fixes pour la plus grande partie de ses maisons. Les matières après avoir pourri dans ces fosses, sont extraites par les procédés barbares qui affligent l’hygiéniste et que tout le monde connaît. Elles sont transportées par les tonnes au Dépotoir municipal, situé à La Villette. Le service du dépotoire se fait dans d’excellentes condition de propreté et de salubrité. Les matières sont versées dans de vastes cuves, d’où elles sont reprises par des machines à vapeur et refoulées par des conduites métalliques à 10 kil. à la voirie de Bondy. Tout le matériel et toutes les parties du dépotoir sont lavés chaque jour à grande eau; une ventilation énergique chasse les gaz qui sont brûlés aux chaudières. Des jardins soignés entourent l’établissement. Les appareils mobiles, comprenant les tinettes-filtres et les fosses mobiles, sont amenés par haquet au Dépotoir, chargés sur bateau dans un port dépendant du canal de l’Ourcq et transportés ensuite à la voirie de Bondy. Les tinettes-filtres ne sont \
guère appliquées qu’au ~ des chûtes des maisons de Paris; elles ont cependant
le grand avantage d’écouler à l’égout tous les liquides ; c’est-à-dire les ~ des
matières azotées putrescibles. Une courbe statistique donne les quantités de matières amenées chaque année au dépotoir. Cette quantité va constamment en diminuant depuis quelques années : en 1861, elle était de 334,000m* c* ; en 1867, de 577,000m•o•; en 1869, de 608,000m*c* ; en 1876, elle était retombée à 388,000m-c' Cette baisse qui semble en contradiction avec le développement de la population, tient uniquement à ce que, [par deux arrêtés préfectoraux en date de 1867 et 1872, les entrepreneurs de vidange ont été autorisés à créer des dépotoirs particuliers où ils peuvent transporter et traiter les matières; plusieurs vidangeurs et notamment le plus important, la Cic Lesage (ancienne compagnie Richer) ont profité de cette autorisation et cessent [de venir au Dépotoir municipal.
L’administration municipale ne saurait regretter cette diminution dans l’alimentation du Dépotoir; car s’il est possible de tenir convenablement cet établissement, la voirie de Bondy où sont refoulées les matières constitue une véritable honte pour une capitale, éclairée et élégante comme Paris; avant la guerre, une usine à sulfate d’ammoniaque, appartenant à la Cie Lesage, y traitait bien par des procédés rationnels une partie des liquides; mais la plus grande masse, simplement desséchée à l’air libre, donnait de la poudrette, engrais médiocre, tout en infectant l’atmosphère de tous les environs et donnant des eaux de décantation absolument putrides qui étaient renvoyé dans la Seine qu’elles polluaient de la manière la plus grave à Saint-Denis. Depuis 1871, la voirie de Bondy a été livrée à une foule d’essais et de tâtonnements qui n’ont donné aucun résultat pratique, tout en absorbant les capitaux de compagnies ou industriels divers. En fait, toutes les vidanges ont été refoulées direc-
tement en Seine, une quantité insignifiante étant seule traitée à Bondy, et on a vu des personnes, bien intentionnées sans doute, mais mal renseignées, s’insurger à grands cris contre l’idée de déverser les matières excrémentielles aux égouts où elle parviendraient à l’état frais avant toute fermentation et où elles seraient noyées dans 250, 000m,c* d’eau, et en même temps trouver tout naturel de prendre ces mêmes matières, sortant des fosses, et de les renvoyer presque pures en un seul point du fleuve, qu’elles transforment en cloaque dans la banlieue. Une adjudication récente (12 janvier 1878) a livré la voirie à de nouveaux industriels. Il semble que le Conseil municipal de Paris n’a pas encore perdu ses illusions sur le système des fosses de l’exploitation industrielle des matières. Ajoutons que les vidangeurs qui exploitent leurs voiries particulières et qui n’ont à se préoccuper de la salubrité qu’aceessoirement ont pu dans certains cas (établissements de la C*® Lesage) arriver à traiter avantageusement et convenablement les matières ; mais ils s’appuient aujourd’hui sur l’emploi agricole direct, et la Cie Lesage exploite avec l’excédant de ses matières, et notamment les liquides un peu pauvres, une ferme de plus de 100 hectares auprès de Maisons- Alfort. La classe 51 (annexe des machines) présente les plans des usines et les produits de la Cie Lesage.
(Un double des documents relatifs aux irrigations faites à Gennevilliers par la ville de Paris, figure également à la classe 51.)
Instruments de musique (1).
Les instruments de musique peuvent se diviser en sept catégories distinctes :
1° Les grandes orgues;
2° Les harmoniums et les instruments à anches libres ;
3° Les pianos ;
4° Les instruments à cordes à archet et à cordes pincées ;
5° Les instruments à vent, de bois et de cuivre ;
6° Les instruments de percussion ;
7° Les petits instruments de tous genres;
Le plus grand centre de fabrication des instruments de musique est Paris ; viennent ensuite Marseille, Lyon, Nancy, Toulouse, Bordeaux, Nantes, pour la fabrication spéciale des pianos et des harmoniums ; Mirecourt pour la lutherie, et enfin la Couture (Eure), Ivry-Ja-Bataille, Château-Thierry et Mantes, pour les instruments à vent.
Les matières qui servent à la fabrication de ces divers instruments sont nombreuses et l’outillage employé à leur confection est extrêmement varié.
La France, la Norwége, la Russie, le Brésil, les Antilles, la Turquie et l’Asie Mineure fournissent les bois. C’est d’Europe que proviennent le chêne, le sapin, le hêtre, le tilleul, l’érable, le buis et le poirier (le prix moyen variant entre 55 francs et 240 francs le mètre cube); le palissandre, l’acajou, le cèdre, le bois
(1) Voir le tome VII l’article de M. hervé : Instruments de musique:
de rose, l’ébène, la grenadille (au prix de 30 à 100 francs les 100 kilogrammes) sont au contraire tirés des pays d’outre-mer.
On emploie habituellement le chêne, le sapin et le hêtre pour la grosse construction des pianos, orgues et harmoniums; le cèdre, le tilleul, l’érable, le poirier et le charme pour les pièces de la mécanique; le palissandre, l’acajou pour le placage, ainsi que le poirier teint en noir et l’érable pour recevoir des peintures ou du laqué.
Le buis, l’ébène et la grenadille servent de préférence pour les instruments à vent, l’érable et le palissandre spécialement pour les bassons. On utilise, dans la fabrication des pianos, orgues et harmoniums, l’ivoire, qui se vend de 16 francs à 40 francs le jeu de 50 touches; les feutres, les laines, les étoffes de tous genres et les peaux sont presque exclusivement préparés et fabriqués en France, à l’exception toutefois de quelques feutres qui sont tirés d’Angleterre et d’Allemagne.
La France ne fabrique pas les cordes d’acier; elle les importe également d’Angleterre et d’Allemagne, au prix de 7 fr. 50* cent, le kilogramme ; elle fournit au contraire le trait de cuivre, qui vaut 6 francs le kilogramme.
Le fer, le cuivre, le plomb, l’étain sont les métaux le plus généralement en usage dans la fabrication des instruments de musique, et l’on peut observer que depuis quelques années on a souvent recours aunikelage pour les préserver de l’oxydation.
Enfin on emploie des cordes à boyau, pour la préparation desquelles on utilise chaque année les intestins d’un nombre considérable de moutons.
L’outillage des fabriques d’instruments de musique, et principalement ôelui qui sert à travailler le bois, varie suivant la nature de l’objet auquel il est destiné; depuis quelques années de nouveaux modèles d’outils perfectionnés ont été créés parles fabricants qui confectionnent eux-mêmes leur outillage.
On compte en France 7,800 ouvriers employés à la fabrication des instruments de musique; Paris seul en renferme 6,600; le nombre des femmes et des apprentis est relativement très-peu important : il ne s’élève pas à 500.
A Paris, le personnel est généralement réuni en ateliers; en province, au contraire, le travail est individuel et se fait en chambre.
On peut estimer que les deux tiers des ouvriers sont payés à la tâche et les autres à la journée, les salaires des hommes de peine variant de 3 fr. 50 cent, à 4 fr. 50 cent, par jour, ceux des ouvriers à façon s’élevant à 6, 8 et 9 francs et au-dessus.
La diversité de prix des petits instruments est telle, qu’il est difficile d’indiquer la valeur de ces divers produits sans entrer dans un examen très-détaillé. Quant aux grands instruments, leur valeur varie d’après leur qualité, leur dimension et la marque des facteurs ou fabricants; c’est ainsi que les orgues d’église se vendent de 2,500 francs à 100,000 francs; les pianos, de 500 à 5,000 francs; les harmoniums, de 100 à 6,000 francs; les violons, de 3 fr. 50 cent, à 300 francs; les violoncelles, de 50 à 600 francs; les instruments à vent, en cuivre ou en bois, de 8 francs à 600 francs.
La valeur des instruments de musique fabriqués chaque année en France peu être évaluée à 23 ou 24 millions de francs, dont deux millions et demi seulement par départements; on peut aussi faire remarquer que l’importation ne représente qu’un chiffre très-minime, notre pays ayant pour ce genre d'indus-
trie une véritable spécialité qui lui permet non-seulement de satisfaire à la consommation intérieure, mais encore de paraître avec honneur sur les marchés étrangers.
Galerie des machines (sections étrangères ), p.l. B. et E.
Nous commencerons par la Belgique, elle tient une des premières places dans cette galerie.
La Belgique est d’ailleurs un pays essentiellement industriel ; ses riqhesses sont immenses relativement à son étendue ; sa population est travailleuse, et sa production considérable. Son exposition est des plus intéressantes.
Dans cette galerie des sections étrangères, les classes sont un peu mélangées, et il est difficile d’adopter un ordre.
Nous remarquons d’abord une locomotive-tender à 10 roues de la Société Belge et des voitures à voyageurs, wagons-lits, wagon de la Compagnie internationale. Les voitures à voyageurs de la Société des ateliers de la Dyle, de Louvain. Les locomotives de la Société Saint-Léonard, de Liège. La voiture à vapeur, système Belpaire, exposée par la Société Belge et par les ateliers de Boussu, collectivement avec la maison Cabany et Ce, de Malines.
Les locomotives des Sociétés de Couillet-Marcinelle et Cockerill.
Toute cette partie de l’exposition belge qui empiète un peu sur le Danemark est fort belle.
La locomotive-tender à 10 roues de la Société Belge, mérite qu’on lui donne quelque attention.
Elle est destinée au service des chemins de fer de l’État Belge ; c’est une machine à voyageurs, pour fortes rampes.
Elle a été construite d’après les plans de MM. Schaar et Bika, ingénieurs des chemins de fers de l’État.
L’attelage peut se faire à l’avant ou 'à l’arrière et la symétrie des roues extrêmes permet la marche dans les deux sens, sans aucun inconvénient.
Elle est munie d’un frein à air comprimé (Westinghouse) qui agit à la fois sur les six roues couplées, et dans le même sens de façon à ne pas fatiguer l’accouplement.
Jetons un coup d’œil au « sleeping-car », wagon de la Compagnie internationale des wagons-lits, sortant également des ateliers de la Société Belge.
Le sleeping-car est un wagon de grande dimension, à six roues, ayant une longueur de 9 mètres et une largeur de 2m630 intérieure, il a été étudié dans le but d’offrir aux voyageurs de long parcours tout le confort désirable.
11 est divisé en quatre compartiments séparés par des cloisons, dont deux, les deux extrêmes, sont à quatre places ; et deux, ceux du milieu, à deux places seulement. Ces quatre compartiments ouvrent sur un couloir longitudinal qui leur donne accès. Ce couloir, qui peut être fermé à son entrée par une porte, règne sur presque toute la longueur de la voiture. On y a accès par ce que nous appellerons le vestibule, ménagé à l’endroit des deux portières de la voiture, qui sont en face l’une de l’autre.
Huit voitures semblables, sortant des ateliers de la Compagnie Belge, sont actuellement en service sur les lignes de Paris-Lyon-Méditerranée et du Nord français.
Il est certain que le sleeping-car répond à un besoin et nous constatons avec plaisir ce progrès réalisé; nous croyons que toutes nos grandes Campagnies arriveront à introduire ce modèle ou d’autres analogues dans leur matériel à long parcours. L’exposition de la classe 64, section française, nous fournira à ce propos plus d’un sujet d’étude.
En attendant, donnons sans hésiter une bonne note au sleeping-car et à la Société Belge, directeur M. Ch. Evrard, dont le travail est vraiment trèssoigné.
Nous croyons ne pas nous tromper en disant que cette maison a construit, il y a un an ou deux, plusieurs voitures spéciales pour la reine d’Angleterre et l’empereur de Russie.
Une autre voiture intéressante à examiner, c’est la voiture à vapeur, système Belpaire.
Cette voiture, destinée au transport des voyageurs sur les voies ferrées ordinaires, peut être considérée comme divisée en quatre compartiments différents.
Le premier, à l'une des extrémités, contient la chaudière, le bac à charbon et la commande du mécanisme qui est en-dessous ; il y a place pour le mécanicien.
Le second compartiment est un fourgon à bagages qui est séparé du compartiment suivant par un couloir qui lui donne accès.
Les troisième et quatrième compartiments sont destinés aux voyageurs, ils sont de première et deuxième classe, garnis de quatre banquettes placées dans le sens longitudinal ; deux le long des parois extérieurs de la voiture, et deux autres adossées dans le milieu du compartiment. Chacun de ces compartiments a 22 places, soit 44 voyageurs pour les deux.
Une petite plate-forme qui termine la voiture au delà du compartiment de première classe y donne accès.
Des marche-pieds sont ménagés en face des deux couloirs.
Ainsi constituée, la voiture à vapeur Belpaire a une longueur de 12m240 et une largeur intérieure de 2m850 ; elle est portée sur six roues montées sur trois essieux parallèles.
Le premier essieu, celui qui est sous la chaudière et qui est l’essieu moteur, est à2m,120 du bord extérieur du châssis ; le second est distant du premier de 2m,200 ; l’écartement entre ce dernier et l’essieu extrême qui se trouve sous le compartiment de lr0 classe, est de 4m,600.
Pour faciliter le passage des courbes avec un écartement des essieux extrêmes aussi considérables (6^,800), le dernier essieu est rayonnant; son mouvement s'opère à peu près comme nous l’avons indiqué pour la locomotive à 10 roues, seulement il se déplace suivant un rayon de om,7o.
Si nous cherchons à faire ressortir les avantages de la voiture Belpaire, nous nous trouvons un peu à court, malgré sa conception ingénieuse; on nous dit bien que le service d’une voiture de ce genre qui n’exige que deux hommes est économique, que le service des billets peut se faire dans la voiture même et que son emploi est tout indiqué pour les lignes à petit trafic.
11 nous semble que la liaison intime de la machine avec la voiture proprement
dite ne doit pas être considérée comme un avantage très-grand ; nous lui trouvons même certains inconvénients ; ne serait-ce que celui d’immobiliser les voitures à voyageurs en cas de réparation de la machine.
L’attelage est-il si long pour chercher à le supprimer au détriment de la place à donner à la machine, à son approvisionnement d’eau et tde charbon ; l’emploi des essieux rayonnants n’auraient-il pas quelques inconvénients sur des lignes à courbes de petits rayons pour lequelles ce type [de voiture nous semble surtout créé. Enfla, s’il y a économie [de construction, la place est-elle mieux utilisée pour une même dépense que dans des voitures isolées, séparées de leur machine.
Évidemment nous ne tranchons pas toutes ces questions; nous aurons néanmoins certaines comparaisons à établir avec d’autres systèmes que nous retrouverons ailleurs.
Constatons une fois de plus l'excellente construction de la Société Belge et rendons justice à l’esprit de progrès qui anime son administration ; c’est tout à l’honneur de son directeur, M. Evrard, et de son ingénieur en chef, M. Rousseau ; la Société de Boussu, qui a exposé collectivement avec MM. Cabany et Compagnie, de Malines, une voiture Belpaire, [mérite également une mention spéciale.
Nous avons cité les wagons et voitures de la Société de la Dyle.
En continuant notre route, nous rencontrons les locomotives de la Société de de Marcinelle et Couillet
Une locomotive-tender à huit roues, construite pour remorquer des trains de voyageurs avec des rampes de 10 et 14 millimètres.
Les roues porteuses extrêmes ont un empâtement de 4m,800, elles ont un diamètre de lm,40 ; les roues motrices accouplées ont lm, 700 de diamètre et sont écartées de lm,780.
Elle est à foyer Belpaire, comme la machine à cinq essieux de la [Compagnie Belge ; son mécanisme est extérieur, ce que n’a pas la précédente ; nous préférons cette dernière disposition chaque fois qu’elle est [possible sans nuire à l’équilibre du véhicule, et il nous semble qu’elle doit plutôt y aider; dans tous les cas elle rend l’accès du mouvement plus facile.
La distribution de vapeur est du système « Walschaert », elle est munie d’un indicateur du mouvement du tiroir qui permet un contrôle et un réglage faciles de la distribution sans démonter les couvercles; cette disposition est due à M. Belleroche, ingénieur de la Compagnie.
Les tubes sont en fer et bois, posés sans viroles et sans bouts de métal ; ils sont généralement employés en Allemagne; ils auraient, parait- il, une durée plus grande que ceux en laiton.
La machine est munie d’un appareil de chauffage Belleroche pour le chauffage des voitures à l’eau chaude.
Cette eau est envoyée dans les chauffrettes des voitures par les injecteurs d’alimentation qui sont munis de deux tuyaux de refoulement qui permettent de diriger l’eau soit vers la chaudière, soit vers les voitures ; l’eau chaude qui a circulé dans le train revient directement aux injçcteurs du chauffage et d’alimentation ; elle se mélange à l’eau froide du tender dans des proportions convenables pour ne pas empêcher le fonctionnement de ces appareils.
Une voiture a été exposée à côté delà locomotive que nous venons de décrire, pour la démonstration du système de chauffage.
La Compagnie Marcinelle et Couillet, expose en outre, une petite locomotive bijou de 2.500 kilog.,pour voie de0m,50.
Avant de quitter l’exposition de la Société de Couillet, nous devons nous arrêter à son ventilateur de mines, système Guibal, et à son treuil à vapeur locomobile.
Le ventilateur Guibal, cette énorme roue à aubes de courbure convenable pour le travail à produire, a 12 mètres de diamètre et 2m,50 de largeur; il est destiné au puits des Piges de la Société des charbonnages de Sacré-Madame, à Dampremy (Charleroi).
C’est une belle pièce, qui semble légère, même pour ses dimensions ; mais la particularité de ces énormes appareils est surtout dans leur mode d’attaque et le réglage de leur vitesse.
La république des États-Unis de Venezuela.
En étudiant Y Amérique méridionale et centrale à V Exposition, nous ne voulons pas suivre un programme élaboré d’avance et nous limiter à un cadre précis, convaincus que la meilleure classification est l’arbitraire et que le lecteur se fatigue aisément d’une description enfermée dans un moule étroit et traitée suivant des règles invariables. Notre but est de donner une idée aussi exacte que possible de ces républiques américaines, à notre avis trop peu connues, de montrer les incalculables richesses naturelles de leurs vastes territoires, de juger des progrès accomplis en ces derniers temps, et de prouver à nos compatriotes combien leur seraient avantageuses des relations commerciales avec ces peuples qui viennent à la vie. Sans plus long préambule, nous allons parcourir rapidement aujourd’hui les diverses sections des États-Unis de Venezuela et en faire saillir tous les faits propres à éclairer et à convaincre.
Cette exposition, qui occupe un espace trop restreint pour son importance agricole et commerciale dans les États colombiens, forme cependant un tout complet. Les principaux produits indigènes y sont représentés, et leur réunion nous permet d’apprécier la richesse naturelle du sol et les améliorations apportées dans toutes les branches de la culture.
Par suite de la disposition des grands bassins hydrographiques, le Venezuela se trouve divisé en trois grandes zones.
La première, très-élevée au-dessus du niveau de la mer, est comprise entre deux chaînes de montagnes qui longent la côte en lui restant presque parallèles, c’est la zone agricole par excellence, la plus peuplée et actuellement la plus abondante en ressources.
La seconde est composée de plaines immenses, de savanes, encaissées vers le nord par les Cordillères et vers le sud par les montagnes granitiques qui s’élèvent de l’autre côté de l’Orénoque.
La troisième est la zone des forêts, complètement boisée, couverte d’une végétation luxuriante, pleine de richesses naturelles et qui est restée presque inexploitée jusqu’à ce jour.
La principale source do revenu du Venezuela est le produit du règne végétal, le café figure en première ligne. Il est excellent et on en exploite annuellement pour plus de 40 millions de francs; de nombreux exposants ont envoyé de beaux échantillons qui en soutiennent avec honneur la réputation. Ce sont d’abord les cafés de Agua-Nigra, de Galipan, de Santa-Anna, de Bacomb; et ceux non moins estimés des propriétés de MM. Briceno, Landueta, Espinoza, etc., de Campe-Amor et de la Pastora. De l’écorce de graine de café, on tire une eaude-vie exposée au groupe des boissons fermentées.
Les condiments et stimulants, les sucres et produits de la confiserie sont depuis quelques années l’objet d’un trafic très-important. On s’en étonnera peu, si l’on sait que le cacao de Venezuela est réputé le meilleur du monde. Nous mentionnerons spécialement les spécimens de gelée de hicacos de Saint- Jimènes et de Maracaïbo, les sucres de Quebrada et de Guatire, les chocolats de Herrera et des fabriques de El Indio de Luis-Ruis et de la Jordia ainsi que les bananes confites de Lozano, à Moracaï.
Nous signalerons les céréales, haricots rouges, noirs, blancs, maïs, créole et cariaco et surtout les fécules de Lairen, de Apio, de Batada, d'Ocumo, d’igname et de manioc, dont l’introduction serait facile en Europe et qui pourraient entrer en concurrence avec nos pâtes alimentaires auxquelles elles sont supérieures par la qualité et le bon marché.
Nous passerons rapidement sur les légumes et les fruits : ananas conservés au jus, gousses de cacao et fruits conservés à l’état nature, produits communs à toute l’Amerique centrale, et sur les boissons fermentées, vin d’orange, vin tiré de la canne à sucre désinfectée par la distillation, bilter , rhum de Bcirupano; elles ne peuvent se comparer à nos vins et eaux-de-vie d’Europe et nous en faisons mention pour montrer la fertilité de ces régions lointaines qui possèdent toutes les espèces de plantes et de fruits.
Les bois de teinture , dont les couleurs variées et le bas prix sont exceptionnels, nous paraissent mériter toute l’attention. Toutes les essences abondent dans les forêts immenses voisines du littoral, bois très-durs, pour coustruction, mora , quebracho, almandro , palo, Colorado , bois de consistance moins dur, d’une utile application, pour les services journaliers, amale , conocaste , coabo ; les magnifiques bois pour ébénistcrie et marqueterie, cèdre ronzon, funero , grenadillo, meloniello, pic de cabre, bien veinés, aux nuances bigarrées qui seraient d’un excellent usage en Europe pour les ébénistes, les fabricants de pianos et pour la marqueterie, les lambris et tous les meubles de luxe, et enfin les bois poui usages spéciaux : quila, balesones, dont la graine a une vertu purgative très-puissante, et la nacascolote, bois de fer, employé avec succès pour faire des dents d’engrenage, des roues de machines, des chevilles, poulies, etc., et qui nous .conviendrait très bien pour la construction d’outils et d’instruments agricoles.
Les écorces tannantes ont également pris beaucoup d'importance, ainsi que l’exportation des cuirs et peaux; cuirs tannés, peaux de boa, et cuirs tannés avec l’écorce de manglier et le fruit du dividi. Nous y trouvons aussi une intéressante collection de produits agricoles non alimentaires, baume de Copahu clarifié, cigarettes de diverses sortes. Cochenille de Barora, coton de l’État de Aragua, résines du cèdre, tabac, Guacharo, de Guanaguana et de Garipe, écorce de Buspa, de Curta, etc.
Nous remarquons aussi l’importance des produits chimiques et pharmaceutiques qui sont la source d’un commerce très-développé et dont l’extension va toujours en augmentant : cire blanche, pilules ticologiques , élixir végétal , essence de salsepareille, bougies stéariques, eaux thermales gazeuses de la Guadeloupe, eaux minérales sulfureuses de Chaguaramez, eaux purgatives de Cumana, eaux thermales de Balatol, eaux de Mapurite, de Quenepe, de German, etc., pour ne citer que les principales. On voit que le Venezuela n’a rien à nous envier, et qu’il possède lui aussi ses stations thermales et ses eaux de Vichy, Ludion, etc. Nous avouerons cependant que l’installation pourrait en être plus complète, ce qui nous prouve que leur efficacité est reconnue et qu’on ne les prend que par besoin.
Les tissus et les vêtements dont nos fabriques d’Europe ont gardé longtemps le monopole, commencent également à y être préparés. Ainsi nous trouvons des échantillons de /ils et tissus de lin, de chanvre, nappes , serviettes, câbles, hamacs, guipures, dentelles, tulles, broderies et passementeries, habillements des deux sexes, bottes, bottines, mules, éventails en plumes, etc., etc.
La céramique même est devenue une industrie nationale et la maroquinerie avec ses chapeaux en feuilles de sen, ses corbeilles en estrepago, ses portemontres en cuir découpé, ses pelotes en cuir et soie, n’y est point négligée.
Mais à notre avis, la richesse à venir du Venezuela se trouve surtout dans les mines qui jusqu’ici ont été peu exploitées. Le soufre , la houille, le cuivre et le plomb argentifère, la malachite , le marbre blanc, le pétrole, le sel gemme, le fer de Rio-Chico, le graphite de Caracas, les nombreux terrains aurifères constituent un trésor minéralogique immense dont on commence à peine à tirer parti. Nous citons brièvement les houilles de Thulè, Y asphalte de San-Tinasteo, le marbre de Porto-Cabello , le phosphate de chaux de Vile du grand Roque, le fer olèagisle de Rio, flicorure de calcium du Thuy, le stéatite de Bumana, le cuivre de Tariba, l’ocre rouge de l’ Or chila , le jaspe rouge du Yurnari, la roche bleue argentifère de Callao et le riche quart aurifère de la mine de Callao.
Tous ces produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie s’y rencontrent en abondance et forme un fond de richesse inappréciable. Leur exploitation qui enrichira les propriétaires sera un bienfait pour le pays qui en récoltera des routes et sera connu et apprécié pour la fertilité du sol et la salubrité du climat.
Nous serions heureux pour notre part de contribuer à ce résultat, et nous • nous estimerions récompensés de tous nos efforts si nos paroles encourageaient nos compatriotes à chercher dans ces contrées l’emploi de leurs bras et de leurs capitaux, et si tout en édifiant leur fortune, ils répandaient sur nos marchés les productions du Venezuela et ouvraient de nouveaux débouchés à notre grande et petite industrie. Depuis quelque temps, l’émigration augmente; dans le courant de l’année dernière, 2,810 émigrants sont arrivés au Venezuela qui les a accueillis avec empressement et offre à tous de vastes terrains à cultiver.
Nous dirons, en terminant, à l’honneur de cette république, qu’elle ne néglige point les beaux arts et l’enseignement de ses nationaux. Dai^ la section de peinture, sculpture et dessins, nous remarquons un buste représentant le Venezuela, par de la Gova, le portrait du général Harra, par Kenra-Torro, une aquarelle de Martinez, un boucanier et le portrait de Mmc B., par Maure, enfin, un tableau de Bolet, et de Tovar y tovar.
Mais les efforts du gouvernement, et nous l’en félicitons, se sont surtout portés sur l’organisation de l’enseignement. Il a compris, avec raison, que l’instruction était le meilleur moyen de former des hommes libres qui appliqueraient avec profit les procédés de l’industrie moderne et féconderaient par des méthodes intelligentes un sol naturellement fertile. Cette section de renseignement est complète et caractéristique. Des spécimens des travaux des jeunes élèves des écoles primaires et normales, des alphabets pictographiques, des ouvrages divers nous révèlent l’éducation de l’enfant qui, par une méthode sage et graduée, passe aux classes supérieures où il étend ses connaissances dans un ordre rationnel et qui ne peut produire que d’excellents résultats, si nous en jugeons par les différents livres mis entre ses mains, que nous avons étudiés avec le plus vif intérêt.
La section de l'imprimerie et de la librairie achèvera de nous renseigner à ce sujet. Des journaux politiques paraissent dans toutes les grandes villes du Venezuela; mais un fait à signaler, le nombre des feuilles littéraires est considérable, et plusieurs comme El Mundo americano , la Gazelle scientifique de Venezuela , El Ecojuvenil sont rédigées avec talent et offrent de sérieuses discussions et critiques scientifiques.
Nous nous arrêterons ici : à nos lecteurs de formuler un jugement et de tirer une conclusion. Nous constatons pour notre part de sérieux progrès dans toutes les branches du commerce et de l’industrie qui ont pris un large essor, grâce surtout au précieux concours des membres du corps consulaire de Venezuela, parmi lesquels nous devons citer tout spécialement M. Thirion, chef d’une importante maison de commission et consul de Venezuela, à- Paris; M. De Viale- Rigo, consul de Venezuela, à Bordeaux, etc., etc. Mais il serait insuffisant de rester en route. Si le Venezuela a grandi et prospéré, il le doit surtout à l’habile et sage direction du général don Antonio Guzman Blanco, cl ilustre Americano , Pacificador, Regenerador, y ex-Presidente de los Estados-Unidos de Venezuela , comme l’appellent ses compatriotes. Partisan éclairé des idées modernes, le général Guzman Blanco a tourné tous ses efforts vers le développement des libertés nationales, et avec une persévérante énergie, a fait une rude guerre au clergé, qui par sa puissance et ses richesses a toujours entravé l’action du progrès, et pesé de tout le poids de ses préjugés et de ses superstitions sur les républiques naissantes. L’esprit d’entreprises est indispensable pour féconder ses lointaines contrées et nous espérons que Don Francisco Alcantara, le président actuel, saura donner une impulsion nouvelle au pays qu’il a l’honneur de -servir et de diriger. Qu’il continue donc l’œuvre de son illustre prédécesseur, et la tâche lui sera facile et honorable, s’il est résolu à Limiter.
Les tabacs à l’Exposition.
En 1826, la consommation annuelle des tabacs était nulle à Paris, et il ne se débitait dans toute la France pour 100 individus que 32k,5, représentant 180 fr. , tandis qu’aujourd’hui, à Paris seul, 100 individus en fument, prisent ou chiquent 157k,l , valant 2,111 francs.
Le pavillon affecté aux tabacs comprend un spécimen des diverses catégories de tabacs depuis le scaferlati ou caporal vulgaire jusqu’au vizir supérieur, cultivés et cueillis sous toutes les latitudes, ainsi que toute la série des appareils servant à la fabrication des différents modes auxquels est soumis le tabac.
Ce pavillon est situé dans le Champ de Mars, à l’entrée du pont d’Iéna.
Un des compartiments de ce pavillon est réservé à la fabrication des paquets de tabacs, des cigarettes faites à la main et à la mécanique.
Le paquetage hydraulique. — Après avoir subi les diverses préparations dont la dernière est le cylindre sécheur, le tabac est livré au paquetage qui s’effectue à l’aide d’une machine à colonne d’eau.
Une femme le pèse, une autre fait l’enveloppe, pose la vignette, puis le passe à la mécanicienne qui au moyen d’un entonnoir met le tabac dans l’enveloppe, le bourre et le cachète.
Le paquet terminé, on le passe à la balance de vérification qui a pour fonction de rejeter les lourds ou les légers pour ne conserver que ceux qui ont le poids réglementaire, On entre les paquets dans un couloir et une toile sans fin les mène sur la balance; de là, ils sont expulsés dans un panier disposé à cet effet.
La fabrication des cigarettes à la main. — L’ouvrière emploie une grosse feuille de papier gris sur laquelle elle dépose sa feuille de papierà cigarette, puis, avec la main, elle égalise le tabac, et son habitude est telle, qu’elle se trompe rarement dans le poids, puis elle la roule; ce mode est employé pour les cigarettes de tabac du Levant.
Les cigarettes faites à la machine exigent moins de soins; l’ouvrière étale le tabac sur la plate forme de la machine, la feuille de papier y est introduite, timbrée, coupée, roulée et fermée, puis, elle s’emplit, se bourre, ressort et par un ascenseur remonte dans le coffret, sans qu’il soit besoin d’y mettre la main.
Parmi les appareils exposés, on remarque le fac-similé en bois du moulin de râpage pour le tabac à priser de la manufacture de Châteauroux, la plus moderne comme installation.
La manufacture du Gros- Caillou emploi £63 hommes et 1,912 femmes et produit annuellement 5,652,000 kilog. de tabacs en tous genres; celle de Reuilly emploie 25 hommes et 917 femmes et produit 123,000 kilog. de cigares; enfin, celle de Pantin emploie 17 hommes et 552 femmes et produit 80,000 kilog.
La Belgique tient aujourd’hui le premier rang parmi les fumeurs et consomme 250 kilog. par cent individus, la France n’arrive qu’en 9e. La Lozère est le département qui use le moins de tabac et le Pas-de-Calais est celui qui en use le plus.
Exposition du Ministère de la marine (1).
Dans la classe 67, sur la droite du pont d’Iéna, au bord de l’eau, nous signalons à l’attention de tous, l’exposition du ministère de la marine, qui comprend les plans et coupes des bâtiments de l’État, tous les renseignements concernant le matériel des arsenaux maritimes, etc.
(I) Voir- pages 8 et 90.
Cette exposition, aussi variée qu’intéressante, prouve surabondamment les travaux constants du ministère de la marine, qui, depuis ces dernières années, a donné tous ses soins à la reconstruction matérielle de notre marine nationale, si délaissée sous le règne dernier. Les inventions nouvelles se suivent avec tant de rapidité, les engins de guerre deviennent de jour en jour si formidables, qu’il est de toute nécessité d’apporter, dans la transformation et le renouvellement de notre flotte, des précautions infinies, et surtout une connaissance sérieuse des améliorations innovées dans l’art de détruire avec efficacité la flotte ennemie.
L’exposition du ministère de la marine est complète sur ce point; les plans en relief des nouveaux modèles de nos navires et transports de guerre y figurent avec grand honneur.
Voici d’abord le Tourville, superbe croiseur de lrc classe, de la force de 7,200 chevaux; un peu plus loin, se trouve le plus grand cuirassé que nous ayons, Y amiral Duperré, de 6,000 chevaux. Ce splendide bâtiment à deux hélices, gréé et installé par tous les perfectionnements connus, à une cuirasse presque invulnérable.
Les personnes qui n’ont jamais vu de bâtiments à vapeur s’extasient à juste titre devant la formidable machine exposée, construite pour le Tonnant , cuirassé de 2e classe.
Une des curiosités de cette exposition est le plan en relief de Cherbourg au 5/1000 de l’échelle naturelle.
C’est un parallélogramme de près de 150 kilomètres carrés.
Cherbourg est aux centre; du sud, il s’étend jusqu’à 12 kilomètres delà ville; à l’est, à la pointe de Heu; au nord, jusqu’à un kilomètre au delà de la digue; et à l’ouest, jusqu’à la plage dite des Anglais.
Le mode d’exécution a été créé par M. le capitaine Filoz, du 1er régiment d’infanterie de marine, tant dans son application mathématique que dans sa construction.
Il contient 20 communes, 42,000 maisons avec leurs portes et fenêtres, les champs, routes, rivières, chemins de fer et travaux d’art, jusqu’aux églises qui ont leur style architectural.
Ce plan, tel que nous le dépeignons, n’a coûté au capitaine Filoz que dix-liuit mois de travail avec un soldat pour tout aide.
Voilà qui dépasse les nombreux et longs travaux entrepris en ce genre pour reproduire nos différentes villes maritimes sans les forts et les pays environnants. Cette innovation sera, espérons-le, utilisée par MM. les ministres de la guerre et de la marine, car elle est fertile, à tous les points de vue, pour le génie militaire et le génie civil.
Avec de pareils plans reproduisant avec la plus minutieuse exactitude tous les accidents de terrains, un général de corps d’armée peut diriger et établir un plan de campagne sans sortir de son cabinet.
Nous avons aussi remarqué, dans cette même classe 67, l’exposition de la Société centrale de sauvetage des naufragés.
Cette Société, dont Futilité est incontestable, et dont les services rendus se multiplient tous les jours, a exposé les différents modèles de canaux et d’appareils de sauvetage dont elle dispose. La Société compte aujourd’hui cinquante stations; fondée en 1865, elle a sauvé 1,023 marins et secouru 382 bâtiments.
La distribution des récompenses.
L’installation de la nef du palais de l’Industrie se continue activement, pour la grande fête de la distribution des récompenses, fixée comme on sait au 21 octobre (1).
Cette fête promet d’être des plus brillantes, grâce au luxe qui sera déployé pour l’ornementation de l’immense salle, grâce aussi à la façon dont les tribunes sont installées.
La disposition d’ensemble comprend une vaste tribune officielle occupant toute la longueur de la nef et adossée au côté du palais regardant les Tuileries; le milieu de la nef est occupé de plein-pied par des banquettes réservées aux principaux exposants récompensés, l’autre extrémité de la nef est occupée par une tribune faisant face à la première.
Au-dessus de cette dernière estrade, qui atteint la galerie du premier étage, est l’emplacement réservé à l’orchestre; M. Colonne aura sous sa direction 1,650 exécutants dont 1,300 choristes, la musique de la garde républicaine et plusieurs musiques de régiments.
Des tribunes sont installées dans tout le reste du pourtour des galeries du premier étage. •
Grâce aux intelligentes mesures prises, on est arriver à installer 22,000 places. Les banquettes recouvertes de velours, de satin ou de toile, suivant les tribunes, seront à dossier, et chaque place sera séparée par des accoudoirs métalliques, aucune confusion ne sera donc à craindre, chaque invité ayant sa place réservée.
C’est M. Berger, directeur des sections étrangères, qui a été chargé par le ministre de la haute direction de ce travail; il a été secondé par MM. Dutrou, architecte du palais de l’Industrie, et Lucien Étienne, architecte des sections étrangères.
Un immense vélum couvrira l’espace compris devant la grande porte donnant sur les Champs-Élisées ; c’est par cette porte qu’entrera le président de la République. Les arcades de l’entrée seront magnifiquement décorées de verdure et le large espace donnant accès sous la nef, converti en un salon d’attente orné des plus beaux spécimens de tapisseries des Gobelins. Un grand rideau cachera la vue de ce salon aux spectateurs de l’intérieur. Les membres du corps diplomatique, les hauts dignitaires y seront reçus par le maréchal.
Pendant ce temps les autres invités pénétreront par les portes latérales aux places désignées sur leurs cartes dont l’envers portera un plan des tribunes.
Lorsque le cortège officiel se sera formé dans le grand salon, le Maréchal se dirigera vers la tribune à laquelle un large escalier donne accès, et sur laquelle, comme en 1867, de hauts fauteuils seront disposés pour les personnages princiers.
Le cortège traversera la partie affectée aux exposants récompensés. Quatre mille places sont réservées à ceux-ci.
(1) Voir pages 225 et 131.
Les exposants seront placés par groupe; à côté de chaque groupe, un trophée sera formé par les principales œuvres exposées dans le groupe.
Sur la tribune officielle, à droite et à gauche du président, prendront place les membres du corps diplomatique.
Au bas de la tribune seront placés les principaux fonctionnaires du commissariat général ; derrière le Maréchal, les sénateurs et députés et enfin au haut de la tribune, les membres des autres grands corps de l’État.
De chaque côté de la tribune officielle, sous les colonnades, sont disposées trois loges richement décoiées, affectées aux dames de l’entourage de la Maréchale et aux invitées officielles.
Derrière les exposants qui, comme nous l’avons dit, feront face à la tribune officielle, seront les membres des jurys des récompenses, et une partie des invités occupant la seconde estrade à gradins légèrement surélevés.
Chaque colonne recevra des trophées de drapeaux étrangers et français et sera décorée avec de larges rideaux de velours portant des écussons avec les inscriptions PAX et R. F.
Les travaux de décoration et de tapisserie ont été exécutés sous les ordres de M. Julien Belloir, et ceux de charpente sous les ordres de M. Pombla.
Ces derniers sont entièrement terminés et il ne reste plus que les banquettes à installer et à recouvrir.
Constatons en passant que l’état d’avancement dans les travaux permet de supposer qu’ils eussent été terminés pour le 18 septembre; ce n’est donc pas une difficulté matérielle qui a été cause de la remise de la fête à la date du 21 octobre.
Sous les vastes tribunes ont été ménagés de nombreux couloirs et dégagements.
Rappelons elicore que les seuls noms des lauréats proclamés dans la cérémonie de la distribution, sont ceux des exposants auxquels sont accordées des décorations et des grandes médailles.
Cartes et appareils de géographie et de cosmographie (1).
La fabrication des cartes comporte diverses opérations : le dessin ; la gravure sur métal ou sur pierre, qui creuse les traits à reproduire, ou la typographie, qui les laisse au contraire en saillie, et enfin les modes de tirage actuellement employés pour multiplier les épreuves.
Ces trois opérations étaient, il y a peu d’années encore, parfaitement distinctes; mais la photographie, avec ses applications, a quelque peu altéré cet ordre.
Dessin.
Aucune amélioration marquée ne s’est produite dans les procédés mêmes du dessin. Toutefois, il importe de faire observer que la méthode des courbes de niveau tend à prévaloir sur celle des hachures pour la représentation des accidents du sol, au moins dans les cartes à grande échelle.
(1) Voir l’article Cartes et globes, par MM. Léon Château et Letort, tome IV des Etudes sur l' Exposition, page 88.
Les courbes résultant de sections théoriques, produites par des plans horizontaux très-espacés, sont employées également à figurer les grandes masses du relief dans les cartes à échelle géographique, qui prennent alors le nom de cartes hypsomêtriques. En ce cas, on fait généralement ressortir les différents étages du sol par des teintes qui permettent de juger d’un coup d’œil les limites d’altitude d’une région donnée, les teintes appliquées étant d’autant plus vives que la zone qu’elles recouvrent est plus élevée.
Divers auteurs ont également, depuis 1867, appliqué les courbes plus ou moins espacées à la représentation du terrain, mais sans s’astreindre à d’autre règle que celle de figurer pour l’œil les formes du relief.
Il n’y a guère de dessinateurs de géographie ou de topographie qu’à Paris, et leur nombre, y compris les dessinateurs du Dépôt de la guerre, ne dépasse pas 30, gagnant ensemble environ 100,000 francs par an.
Photographie et ses applications.
La photographie est appliquée aussi bien au dessin qu’à la gravure. Elle rend d’importants services pour la' reproduction, l’amplification ou la réduction des cartes. Les tirages photographiques n’étant pas assez rapides, on a fort heureusement trouvé, dans ces dernières années, les moyens de fixer l’image photographique sur pierre ou sur métal et de la faire mordre par des acides.
Dans la photolithographie comme dans l’héliogravure, on trouve l’emploi de ce procédé, ainsi que les combinaisons variées auxquelles il donne lieu.
Gravure sur pierre.
On n’a à signaler ici que des progrès de détail plutôt que des inventions. Introduite en France en 1831, la gravure sur pierre n’a pas tardé à donner la mesure de son utilité ainsi que de ses mérites, et elle continue d’être le mode de gravure le phis employé pour les cartes. Elle a pris un nouveau développement depuis que le prix en a été abaissé par la quantité des tirages que permet le report, et que la vente des cartes polychromes a augmenté. La presse à vapeur a été le principal agent de ce progrès, puisqu’un tirage à la machine est 13 à 14 fois plus rapide qu’un tirage à bras et coûte deux tiers en moins.
Les tirages en couleur nécessitent une grande quantité de pierres, et le succès qu’ils ont obtenu a créé pour l’approvisionnement des pierres une sérieuse difficulté. Cette difficulté a été fort heureusement surmontée : on est parvenu à transporter sur une planche de cuivre légère, mince et solide ou sur une planche de zinc de faible épaisseur, la gravure faite sur une pierre lourde, épaisse et cassante, et l’on a obtenu de la sorte une gravure sur métal avec les avantages de rapidité et de prix de la gravure sur pierre.
On peut évaluer à une centaine environ le nombre des graveurs sup pierre pour cartes; leur salaire, qui varie suivant la spécialité, l’aptitude et la célérité de chacun d’eux, s’élève en moyenne à 8 francs par jour. La rétribution annuelle des graveurs sur pierre atteint donc 240 à 230,000 francs.
Gravure sur cuivre.
La gravure sur cuivre et sur acier continue à être appliquée aux cartes les plus claires et les plus artistiques. Les progrès de la gravure sur pierre et les procé-
dés employés pour la production rapide et à bas prix de la gravure sur cuivre, au moyen de la gravure sur pierre, ont évidemment été préjudiciables à la gravure en Laille-douce ; toutefois une recrudescence dans l’emploi de cette dernière s’est manifestée depuis quelques années.
Héliogravure.
Depuis l’Exposition de 1867, grâce aux efforts combinés de la science et de l’industrie aidées de l’habileté professionnelle, l’héliogravure a fait de remarquables progrès. C’est par l’héliogravure qu’a été reproduite la carte du département de la Seine par le Dépôt de la guerre, amplifiée de 1/40,000 à 1/20,000, en 36 grandes feuilles, et dont le prix est des plus modiques.
Typographie.
Dans les planches typographiques, les traits à reproduire se détachent en relief comme les caractères d’imprimerie. L’idée d'exécuter des cartes par ce moyen n’est point neuve, car on la voit appliquée dès 1770 sous le nom de Typométrie’, rfiais il était réservé aces dernières années de donner une activité prodigieuse à la multiplication des cartes à bon marché dans des conditions convenables d’exécution. Le zinc est le métal employé pour obtenir, par la morsure à l’acide, des planches que l’on durcit par le dépôt galvanoplastique d’une couche de cuivre. Les planches cuivrées ainsi obtenues prennent le nom de clichés , et ce procédé fournit toutes les figures qu’on intercale aujourd'hui avec profusion dans les textes. La pratique a môme conduit à des procédés qui permettent de faire, à l’aide des clichés, des impressions en plusieurs couleurs et, ces tirages à la machine étant peu coûteux, on obtient pour un prix modique des cartes coloriées avec netteté.
C hro mo lithograph ie.
Ces deux procédés d’impression en couleur sont indispensables pour la production des cartes géologiques. C’est l’Imprimerie nationale qui a réalisé pour la première fois, il y a trente ans, le type parfait d’une carte géologique. Depuis cette époque, l’atelier spécial de cet établissement continue à imprimer les feuilles de la carte géologique de France, publiée par le service des mines.
Impression à bras.
Le tirage en taille-douce, c’est-à-dire le tirage des planches sur cuivre ou acier, emploie aujourd’hui, pour la géographie, environ 12 presses à bras pouvant donner chacune une moyenne quotidienne approximative de 75 feuilles grand et petit format; il faut donc compter pour ce mode de tirage environ 270,000 épreuves par an.
La lithographie produit encore un certain nombre de cartes ou plans tirés à la presse à bras, 6 presses y sont occupées, donnant chacune 100 épreuves par jour, soit en tout 180,000 épreuves par an.
La publication des plans divers d’expropriation de propriétés emploie en outre 3 presses, dont le débit, à 125 épreuves par jour, donne annuellement 112,500 épreuves.
Le tirage à bras pour les cartes et plans peut donc être évalué, en chiffre rond, à 600,000 épreuves par an. Chacune des 21 presses à bras est manœuvrée par un ouvrier qui gagne en moyenne 7 francs par jour; le prix annuel total de la main-d’œuvre est donc à peu près de 45,000 francs.
Impression à la machine.
On peut estimer à une vingtaine dans Paris le nombre des machines à vapeur qui fonctionnent presque exclusivement pour l’impression des cartes. Or, chacune de ces machines imprime chaque jour au moins 4 rames de papier, soit 2,000 feuilles. Le tirage total annuel est donc au moins de 12 millions de feuilles, et si l’on remarque que le tirage ne s’exécute que sur des reports juxtaposés en nombre variable sur la même pierre, on pourra sans exagération tripler ce chiffre et le porter à 36 millions.
Chaque presse à vapeur exigeant un conducteur, un margeur et un receveur aux prix respectifs de 12 francs, 4 francs et 2 francs par jour, la somme annuelle des salaires pour l’impression des cartes à. la machine, y compris ceux des mécaniciens, est environ de 170,000 francs.
Paris est le seul centre important de production des cartes. Le Dépôt de la guerre et le Dépôt de la marine exceptés, on y compte quatre à cinq maisons principales où les cartes se gravent et autant de maisons où elles s’impriment.
Les planches de métal, les pienes et les papiers forment la partie la plus considérable de la consommation qu’entraîne le commerce des cartes. La quantité de papier consommée par l’industrie privée pour les cartes géographiques peut être évaluée à 24,000 rames de 500 feuilles, qui, au prix moyen de 60 francs la rame, représentent une valeur de 1,440,000 francs. En y joignant la consommation des Dépôts de la guerre, de la marine et des fortifications, on peut fixer au minimun à 1,500,000 francs la valeur des papiers employés annuellement à la production des cartes en France.
Il n’est pas facile d’établir une statistique exacte du commerce des cartes géographiques. Toutefois, les quantités de cartes livrées au public par le Dépôt de la guerre caractérisent assez bien le mouvement de ce commerce. Voici ces quantités pour la période décennale 1867-1876 :
1867 . 15,580 feuilles. 1872 . 64,970 feuilles.
Collage des caries.
Le collage des cartes sur toile représente, pour Paris seulement, un chiffre d’affaires qui ne saurait êtic négligé ici. Il occupe environ 70 ouvriers, dont le salaire annuel est de 100,000 francs; la toile employée entraîne une dépense approximative de 250,000 francs; enfin, on peut évaluer à 375,000 francs le cartonnage, le montage des cartes sur rouleaux, la reliure des atlas, etc.
En résumé, la production des cartes en France donne lieu à une dépense approximative de 3 millions de francs, savoir :
Dessin et gravure . 622,000 fr.
Papier . 1,500,000
Impression . 125,000
Collage . 725,000
Total . 3,072,000
Le mouvement d’importation et d’exportation, calculé sur la moyenne des dix dernières années, est à peu près de 300,000 francs.
Globes terrestres et célestes.
La fabrication des globes est beaucoup moins importante que celle des cartes, elle emploie en France une soixantaine d’ouvriers, [dont les salaires annuels s’élèvent en somme à 150,000 francs environ. Les uns fabriquent les sphères, Iles autres y appliquent des fuseaux, d’autres vernissent les globes, d’autres enün fabriquent les montures de bois ou de cuivre. La production générale annuelle ne dépasse pas 400,000 francs par an.
Reliefs.
Le nombre des personnes occupées à la production des reliefs topographiques ou géographiques est d’une trentaine, dont les salaires annuels montent à 70,000 francs. Le mouvement commercial peut être évalué à 100,000 ou 150,000 francs.
Un bon exemple.
Un grand industriel a envoyé à Paris, par un [bateau à vapeur spécial, environ deux cent cinquante ouvriers de son usine, visiter l’Exposition.
Les ouvriers arrivés à neuf heures devant l’Exposition ont parcouru les salles du Trocadéro et les galeries jusqu’à quatre heures de l’après-midi.
Dimanche prochain, une autre fraction de deux cent cinquante ouvriers de la même usine se rendront de même à l’Exposition. Ces excursions auront lieu encore pendant trois dimanches, et ont été échelonnées de telle façon que les 900 ouvriers de cette importante exploitation puissent voir à tour de rôle toutes les splendeurs de l’Exposition.
Ces voyages, si utiles pour la classe ouvrière, sont un excellent exemple que l’on ne saurait trop recommander à tous les chefs d’industrie.
Clôture de l’Exposition.
En vertu d’une décision prise le 26 août, il serait définitivement arrêté que la clôture de l'Exposition aura lieu le 31 octobre prochain.
Toutefois, après la clôture officielle, on continuerait à laisser entrer les visiteurs pendant les travaux du déménagement, moyennant un prix d’entrée qui sera fixé ultérieurement.
La prorogation de l’Exposition jusqu’en 1879.
Les mêmes journaux qui avaient traité d’insensée l’idée d’une Exposition universelle, et qui pendant deux ans ont fait tous leurs efforts pour en empêcher l’exécution, recommencent leur méchante campagne contre le prolongement — mai jusqu’en octobre 1879 — de cette réunion industrielle qui a été si profitable à la France.
Le Journal d'Indre-el-Loirc ne craint pas, en parlant de cette proposition de M. de Girardin, de rééditer mot pour mot les plaisanteries légères des journaux allemands de mars 1876.
« M. de Girardin propose de faire durer l’Exposition jusqu’à la fin de l’année « prochaine. C’est une de ces idées absurdes qui traversent le cerveau du cô- « lèbre écrivain. Comment supposer que les exposants laisseraient dans leurs « vitrines les objets qu’ils veulent vendre et dont une partie est déjà vendue ? « Les récompensés n’auront plus besoin d’exposer, les non récompensés ne « voudront plus exposer. L'idée n’aura donc eu pour effet que de fournir à « M. de Girardin le sujet d’un article. »
D’abord, M. de Girardin n’a pas proposé de laisser l’Exposition ouverte jusqu’à la fin de l’année prochaine.
Frappé par l’aspect de cette foule toujours croissante des visiteurs, enthousiasmé par les résultats merveilleux des efforts faits par les exposants, touché par l’harmonie qui commence seulement à s’établir entre tous les objets entassés dans le Champ de Mars, M. de Girardin s’est écrié que la démolition de ce palais serait « de la barbarie ».
L’œuvre, en effet, est loin d’être achevée; ce n’est pas à la démolir qu’il faut songer, c’est ,à la terminer: c’est à peine si son aménagement commence à être en ordre; le sol des jardins, des rues et des cours est à peine affermi, et l’on parle déjà de détruire ce qui a coûté tant d’argent et tant d’efforts !
Avec M. de Girardin, je répète : « Ce serait de la barbarie. »
Quelle similitude y a-t-il donc à établir entre cette masse imposante de quarante mille exposants avec les quelques milliers à peine qui formaient les premières expositions.
Y a-t-il quelque chose de comparable dans le passé à la puissance de la réunion sur un même point de tant d’intérêts, de tant d’intéressés venus de tous les points du monde?
Et d’abord combien de temps cette exposition décrétée pour six mois aura-telle duré ?
Trois mois à peine, car en juillet, bien des produits y entraient encore.
D’après le projet de M. de Girardin, l’entrée au public serait fermée le 1er novembre et rendue le 1er mai; les exposants qui voudraient enlever leurs produits et les remplacer par d’autres, en seraient libres.
Ceux qui voudraient conserver la place attribuée, la conserverait ; ceux qui, reconnaissant l’infériorité de leurs produits, pourraient en rapporter de meilleurs, plus conformes aux progrès accomplis, reviendraient en mai chercher leur revanche.
Ceux qui se considéreraient comme absolument vaincus sans appel, se retireraient et laisseraient la place à de plus braves.
La question des récompenses, médailles et mentions, telle qu’on l’a comprise, est véritablement enfantine.
En industrie, il n'y a qu’une récompense ; c’est la vente.
Or, a-t-on vendu?
Je n’hésite pas à dire : Oui et beaucoup.
Demandez aux Américains, aux Autrichiens, aux Suisses, aux Japonais, à un grand nombre des nôtres s’ils ont vendu, non pas une fois, mais môme jusqu’à six, sept, dix et môme quinze fois certains produits, vous verrez quelle sera la'réponse.
Ceux qui n’ont pas vendu, c’est qu’ils n’exposaient rien de conforme au goût et aux besoins du public, ou bien [que leurs représentants étaient absents ou insuffisants,
Ceux qui ont vendu reviendront pour vendre encore, ceux qui n’ont pas vendu feront un effort pour se mettre à la hauteur des autres ou s’en iront.
M. de Girardin dit : « La parole est aux exposants. »
Mais ne pourrait-on pas dire aussi que la parole est à l’acheteur? et l’acheteur a parlé.
Combien ont acheté des choses utiles à leur profession, agréables pour leur mobilier, leurs vêtements, leur vie domestique, qui ne l’auraient pas fait s’ils n’avaient pas vu les objets exposés dont ils ne pouvaient pas soupçonner l’existence !
Combien sont partis pressés par le temps, se promettant de revenir visiter avec plus de détail pour acheter.
Et le public qui vient par centaines de mille, non-seulement de la province, mais encore de l’étranger et de la province de l’étranger, rien que pour voir et pour apprendre, ne doit-on pas en tenir compte?
Ceux-là mômes qui plaisantent, s’ils s’étaient donné la peine de regarder cette foule, plus nombreuse et plus sérieuse que jamais ; s’ils avaient entendu ses réflexions, ses interrogations, ils auraient compris tout ce qu’il y a de grand et d’utile pour la France et pour Paris à avoir donné au monde cet imposant spectacle :
Vendre,
Acheter,
Apprendre. — Apprendre surtout.
Tel était le vrai but. Est-il rempli entièrement?
Vendra-t-on encore autant et plus l’an prochain ?
Achètera-t-on ?
Apprendra-t-on ?
Enfin, n’est-ce donc rien d’avoir élevé dans notre ville un marche franc d'échantillonnage universel , une sorte d’entrepôt libre, où tout échantillon entre sans formalités de douane et où tout produit français peut être présenté par un spécimen bien choisi à l’examen des acheteurs étrangers, réunis sur un môme point, et n’ayant à parcourir ni les différents quartiers de Paris, ni les différentes usines des départements !
Comment on aurait obtenu, sans l’avoir voulu bien certainement, un résultat
si merveilleux, qui fait de Paris la Bourse industrielle du monde et, pour quelques considérations d’un ordre infime, on abandonnerait un tel avantage.
C’est là ce qui serait absurde et insensé, n’en déplaise au Journal d'Indre-et- Loire.
L’Exposition devait durer six mois.
Elle devait être universelle.
Elle aura duré trois mois à peine, et elle aura été trop incomplète, grâce à la guerre d’Orient et aux difficultés de la politique intérieure et extérieure.
En lui rendant six mois en 1879, on aura accordé avec grande raison neuf mois à la durée du marché franc d' échantillonnage universel qui se renouvellera ensuile périodiquement de dix ans en dix ans, et pour la première fois en 1889.
Tcrgan (La France).
La Propriété artistique.
Le congrès de la propriété artistique a terminé ses travaux, qui ont abouti à l’adoption d’un ensemble de résolutions formant une codification presque complète du droit de propriété artistique.
Voici les principaux vœux émis par le congrès :
« Les artistes de tous pays sont assimilés aux artistes nationaux. L’artiste, pour être admis à faire valoir son droit en justice dans tous les pays, n’aura qu’à justifier de sa propriété dans le pays d’origine. Les traités internationaux réserveront à l’auteur le droit exclusif d’autoriser la traduction, l’adaptation, l’imitation ou l’arrangement de son œuvre. À l’avenir, les conventions internationales seront indépendantes des traités de commerce.
« 11 est à désirer qu’il se constitue entre les divers États une union générale qui adopte une législation uniforme en matière de propriété artistique. »
Le congrès a donné mission à son bureau de demander au ministre de l’instruction publique qu’il use de son initiative pour provoquer la réunion d’une commission internationale officielle chargée de préparer l’unification des lois sur la propriété artistique.
La nouvelle d’une prolongation a été accueillie partout avec tant de satisfaction, qu’il nous parait impossible que ce soit encore une déception pour les exposants.
La prolongation de trois semaines, avec la liberté de vente, serait un dédommagement du retard apporté à la publication des listes des récompenses.
La distribution des récompenses.
Un grand nombre de nos lecteurs nous demandent si les personnes munies de cartes photographiques d’exposants pourront pénétrer dans le palais de l’Industrie le jour de la fête du 21 octobre.
C’est matériellement impossible, puisqu’il ne peut être disposé que de
22,000 places (dont un grand nombre réservées aux membres des corps officiels) et qu’il y a plus de 60,000 personnes munies de cartes photographiques.
Quatre mille places seulement sont réservées aux exposants ayant obtenu les plus hautes récompenses. Ces privilégiés seront invités individuellement et seront placés au bas de la tribune du président de la République ; derrière eux se placeront les membres du jury.
N’auront accès dans le palais que les personnes munies d’invitations spéciales; pour éviter l’encombrement, toutes les places sont séparées, ainsi que nous l’avons dit, et numérotées.
Les cartes délivrées par les soins du ministère de l’Agriculture et du Commerce porteront chacune au verso un plan du palais avec l’indication de la porte d’entrée pour chaque tribune et le chemin à suivre pour la gagner.
Concours des musiques civiles dans la salle des fêtes du Trocadéro.
La salle était comble, et chaque musique avait dans un coin sa petite coterie, qui lui faisait une entrée et qui restait émue jusqu'à la fin du morceau. Nous l’avons dit déjà, et nous le répétons, cette lice ouverte à tous, ces concours produiront d’excellents résultats, en stimulant l’émulation générale et en développant dans les masses le goût de la. musique.
Nous avons aussi constaté, avec le plus grand plaisir, que ces diverses musiques étaient toutes de premier ordre et comptaient de véritables artistes dont le goût musical n’était plus à faire, et nous avons applaudi la perfection avec laquelle plusieurs d’entre elles ont magistralement exécuté la Symphonie pastorale, de Beethoven, ou la symphonie Réformation, de Mendelssohn.
Ces concours nous réservaient de grandes surprises, car, quoique la réputation musicale de quelques départements ne nous fût pas inconnue, nous ne nous attendions cependant pas à trouver des ensembles aussi parfaits que ceux des sociétés musicales civiles que nous venons d’entendre.
La veille avait lieu le concours international des harmonies et fanfares, dont le grand prix était un objet d’art offert par M. le Ministre de l’Instruction Publique.
Le morceau imposé pour les fanfares était l’ouverture de Sardanapale, de M. «Foncières.
Le morceau imposé pour les harmonies était le Cortège de Bacchas, de M. Léo Delibes, aussi peu classique que le précédent, mais moins somnolent.
A six heures, le concours était clos et la foule s’est portée dans le jardin du Champ-de-Mars, au pied de la statue de la République, où on avait dressé la table des récompenses.
Les membres du jury, escortés et précédés des musiques, se sont rendus au Champ-de-Mars où M. Gounod, l’illustre auteur de Faust, a présidé à la distribution des prix.
« Je suis heureux et fier, a-t-il dit, de présider ce beau et grand concours, où « votre affluence, votre vaillance et votre zèle n’ont pas laissé d’embarrasser
« notre jugement et qui prouvent combien le sentiment de l’art grandit dans « notre belle France. Permettez-moi de vous en féliciter. »
M. Berger, directeur des fêtes, a ensuite pris la parole et a remercié les musiques au nom de la France, du gouvernement et de l’administration, d’avoir apporté leur concours à la grande Exposition internationale de 1878.
Puis a commencé la distribution des prix, dont les lauréats sont :
Lecture à. vue : Fanfares . — Division supérieure, 2e section : 1er prix, fanfare des manufactures de Chauny.
Division supérieure, lrc section : 1er prix, la fanfare Gravillaise du Havre; 2° prix, fanfare Delattre, de Roubaix.
Division d’excellence : 1er prix, ex æquo , les Régates rémoises de Reims, musique municipale du Mans; 2e prix, la fanfare de Lézat; 3e prix, ex æquo , les Enfants d’Agen et le Cercle des XVII de Vitry-le-Français.
Division supérieure, 2e section : 1er prix, ex æquo , les sapeurs-pompiers de Nantes, les Enfants de Bône.
Division supérieure, 4re section : 1er prix, la Sainte-Cécile de Lillers.
Harmonie — Division d’excellence : 1er prix ex æquo , harmonie des sapeurspompiers de Reims, et de la Grande-Harmonie de Roubaix.
2e prix : la Société philharmonique de Cannes.
3e prix : musique municipale du Mans.
4e prix ex æquo : la musique municipale d’Armentières, l’harmonie du Bon- Marché et la musique municipale de Nice.
Exécution : Fanfares. — Division supérieure, 2° section : 1er prix, la fanfare des manufactures de Chauny.
Division supérieure, lrc section, avec les plus vives félicitations du jury : 1er prix, la fanfare Delattre, de Roubaix; mention très-honorable, la fanfare Gravillaise du Havre.
Division d'excellence, lre section : 1er prix ex æquo , Cercle des XVII de Vitryle-Français, et les Régates . rémoises de Reims.
2e ex æquo : Enfants d’Agen.
3e ex æquo : la fanfare de Lezat et la Société musicale delà Saulx.
Harmonies. — 2e section, lre division : Ier prix, les Enfants de Bône et les sapeurs-pompiers de Nantes.
Division supérieure, lre section : 1er prix, la Sainte-Cécile de Lillers.
2e prix : la Lyre moulinoise de Moulins.
Concours d’excellence, division supérieure. A Funanimité, 1er prix, la Grande Harmonie de Roubaix.
2e prix ex æquo : l’Harmonie des pompiers de Reims et la grande Fanfare de Roubaix.
3e prix ex æquo : la Société philharmonique de Cannes et la musique municipale de Nice.
4e prix : la musique municipale d’Armentières.
Hors concours , l’harmonie du Bon Marché.
Concours international. — Grand prix, fanfares : la fanfare Delattre, de Roubaix.
Harmonies : grand prix, l’Harmonie de Roubaix.
Les Sociétés de Roubaix ont obtenu le plus de succès, et tous ceux qui les ont entendues avaient confirmé par leurs bravos la décision du jury. Cependant M. Gounod n’a pas voulu qu’il y ait la moindre pensée de partialité, et à l’issue de la proclamation des récompenses, il a adressé quelques bonnes paroles à MM. les directeurs des musiques de Reims et du Mans.
« Permettez-moi d’adoucir, dit-il, l’amertume de votre insuccès, vous n’avez « échoué que de deux voix, et j’ai voulu vous en faire part publiquement pour « qu’il n’y ait pas l’ombre d’une défaite. »
I^a Marseillaise , exécutée par plusieurs fanfares, a terminé cette solennité aux cris des assistants de : Vive la République.
La liste des récompenses
Il paraît qu’on a trouvé bon en haut lieu de ne pas publier la liste des récompenses. Le pourquoi on se le demande, mais il m’est arrivé de songer que les dispensateurs de ces hochets insignifiants en avaient agi de cette façon, peutêtre pour éviter les récriminations qui ne manqueront pas de se produire.
Le public ayant encore pour longtemps sous les yeux les moyens, par l’examen des objets exposés, de contrôler les sentences de la Commission des récompenses, aurait bien pu ne pas toujours être de son avis.
Tandis que l’Exposition étant close, et chacun s’en étant allé chez lui, les intéressés seuls pourront maudire tout à leur aise les injustices dont ils croiront à tort ou à raison avoir eu à se plaindre.
Pour ma part, je connais un certain exposant qui, vient-on de me dire, a une médaille d'or (c’est un acheminement au ruban). Eh bien, moi, je ne lui aurais pas donné une médaille de fer blanc. Et combien doit-il y en avoir comme cela, courbettes, camaraderie, coterie, voilà pour les trois quarts les récompenses; le reste appartient au mérite trop saillant, alors qu’il est impossible de faire autrement. Mais la meilleure récompense pour l’exposant, c’est d’avoir fait beaucoup d’affaires, et en cela, le public est le juge compétent par excellence.
Les Éventails à l’Exposition (1).
En Autriche, trois maisons exposent des éventails, parmi lesquelles la maison Klein, que nous avons vainement cherché et qui, du reste, n’a rien qui puisse fixer notre attention d’une façon particulière. La seule maison importante est celle de M. Josef Rosenthal, qui fait la commission et l’exportation, et qui a été médaillée à Philadelphie. Elle nous présente trois spécialités d’éventails; les uns, (actuellement l’éventail du hight-life à Vienne) dont le pied est en cuir de Russie et la feuille en satin de la même couleur, et dont le prix est de 20 à
(1) Voir pour plus de détails le chapitre spécial sur cette question, tome VIII des Etvdes sur l’Exposition, p. 129.
30 francs. Les autres sont des éventails brisés, en bois de violette, d’olivier, derable, etc., au prix de 10 francs sans peinture, et de 15 francs avec peinture, ou bien en hêtre, repercés à jour dans toute leur étendue, et dont le prix ne dépasse pas 1 fr. 50.
Sellerie et bourrellerie.
Classe 63.
Les produits de la classe 63 se composent:
1° Des harnais de luxe et de gros trait;
2° Des selles, bâts et brides ;
3° Des étriers, éperons, mors de selle et d’attelage;
4° Des fouets, cravaches et sticks ;
5° Des colliers, arçons, attelles, bouderie, etc.
Les tanneries de Paris, de Givet et de Pont-Audemer fournissent à la sellerie et à la bourrellerie les matières premières qu’elles emploient : cuirs de bœuf, de vache, de veau, de cheval et de porc. Les peaux de porcs s’emploient surtout pour les selles et quelques articles accessoires.
La sellerie n’est pas groupée comme beaucoup d'industries, en grands centres de fabrication; les selliers à Paris sont établis dans presque tous les arrondissements, occupant pour la plupart de 1 à 10 ouvriers.
11 en est de même dans toutes les grandes villes.
Dans les départements, chaque village a un bourrelier-sellier qui fabrique, répare et entretient les harnais pour les besoins de la consommation locale.
11 convient de mentionner cependant quelques agglomérations ouvrières qui ne sont pas sans importance :
A Francheville, par exemple, dans le département de l’Eure, on forge en très-grande quantité les attelles, mors, bridons, porte-brancards, etc.
Dans le département de l’Oise il y a plusieurs fabriques de fouets et cravaches. On y fait surtout les fouets communs pour charretiers.
11 faut citer également certaines maisons de Paris qui ont la spécialité de l’exportation et des équipements militaires, et des administrations qui occupent un personnel nombreux à la confection de leurs harnais.
Les différentes pièces du harnachement se coupent à la main ; celles qui demandent une grande solidité avaient été jusqu’à présent également cousues à la mqin. Quelques maisons, travaillant pour l’exportation et la sellerie commune, faisaient seules usage de machines à coudre.
Les exigences des ouvriers selliers, qui se sont manifestées au cours de la dernière grève, ont conduit plusieurs patrons des meilleurs maisons à adopter une machine à coudre les cuirs perfectionnée, qui paraît être appelée à rendre de grands services à cette industrie en économisant la main-d’œuvre et en donnant un travail plus régulier et tout aussi soigné.
En 1867, époque à laquelle cette industrie était déjà florissante, l’importance de sa production était estimée à environ 30 millions de francs; on peut affirmer qu’elle a augmenté, car, d’après les recensements faits par les soins de la
chambre de commerce, on trouve maintenant à Paris 300 ouvriers selliers de pl us qu’à cette date.
Dans le département de la Seine les selliers barnaclieurs sont au nombre de 385
Ils occupent plus de 2,000 ouvriers gagnant en moyenne par jour 5 fr. 35 cent. . et 90 femmes ou enfants dont le salaire moyen est de 2 fr. 75 cent.
On compte 189 éperonniers et arçonniers occupant 673 ouvriers dont le salaire moyen est de 5 fr. 75 cent.
Le chiffre de l'exportation pendant les dix dernières années a varié de 3 à 6 millions de francs.
Ses principaux débouchés sont: 1a Turquie, l’Égypte, l’Espagne, l’Amérique du Sud, la Suisse, l’Italie, la Belgique, les Antilles, etc.
En somme, notamment à Paris, le harnais de luxe a atteint dans tous ses détails un degré de légèreté, d’élégance et de solidité qui ne laisse que peu de place aux perfectionnements.
Parmi les progrès et améliorations accomplis depuis 1867, il est intéressant de signaler l'introduction du nickel dont l’usage tend à se vulgariser, et la substitution par certains industriels des cuirs collés aux cuirs cousus dans la fabrication dés harnais.
Une fiche de consolation
Nous recevons d’un de nos souscripteurs la lettre suivante.
Anvers, 22 septembre 1878.
Monsieur E. Lacroix, Directeur des Études sur l’ Exposition de 1878.
Votre simple remarque de la page 242 de la chronique du quinzième fascicule de vos Études sur l’Exposition, m’engage à vous remémorer un passage de la « Vie de Jésus » par Renan. Ce passage se termine par ce proverbe : « Nul n’est prophète en son pays. »
Vos Études sur l’Exposition forment une encyclopédie des plus sérieuses, et il est vraiment fâcheux que vous deviez constater que sur 500 souscripteurs déjà aquis, vous n’en pouvez compter que 300 dans notre pays (France).
Il est éminemment regrettable de remarquer une telle constatation, car, abandonnant les vieux préjugés, on ne devrait pas oublier que la funeste guerre de 1870 a prouvé qu’un pays n’est vraiment fort que par l’instruction.
Agréez, etc. N. N.
Nos visiteurs
A la distribution des récompenses qui aura lieu, comme nous l’avons déjà dit page 225, le 21 octobre, on compte sur la présence du prince et de la princesse de Galles, du prince de Danemark, du prince Henri des Pays-Bas, du duc d’Aoste, du comte et de la comtesse de Flandre, de l’archiduc Victor, de l’archiduc Frédéric et du roi d’Espagne.
Loterie nationale. (’)
Comment se fera le tirage.
La façon dont sera tirée la loterie nationale préoccupe tous les esprits.
Tout en coopérant à une œuvre philanthropique, les porteurs de billets sont impatients de connaître les détails matériels d’organisation et les chances qu’ils peuvent avoir de gagner des lots.
Les parures en brillants, les splendides objets mobiliers et autres, achetés par le comité ou offerts par les exposants sont le sujet de bien des convoitises et de bien des espérances.
Tous les renseignements qui ont été publiés ces jours derniers par un grand nombre de journaux sont aussi erronés que fantaisistes ; il est vrai que la responsabilité doit en remonter au ministère des finances, qui a le tort de ne pas faire officiellement connaître ses projets.
Cette publicité ne pourrait qu’accroître l’énorme succès de l’émission.
Ces renseignements, nous avons pu nous les procurer et ils seront certainement lus avec intérêt.
L’exposition générale de tous les lots aura lieu du 1er au 20 novembre dans un local qui n’est pas encore désigné ; il est question du palais de l’Industrie.
L’entrée de cette exposition sera gratuite.
Le tirage aura lieu le 20 novembre dans les conditions suivantes :
Six roues recevront chacune le jeu des numéros de 0 à 9 ; une septième roue recevra autant de numéros qu’il y aura de séries émises, c’est-à-dire les numéros un, deux et trois, dans le cas où l’émission s’arrêterait à la troisième série.
De chacune des six premières roues un enfant tirera un numéro : les six réunis formeront donc un des chiffres compris de 000,001 à 999,999.
De la septième roue on tirera ensuite un des numéros de séries.
C’est ce dernier tirage qui indiquera le numéro gagnant.
Exemple : les numéros des six roues forment le chiffre oio,ooo, et le numéro tiré de la roue des séries est le numéro 2. \
C’est donc le n° 54b, boa de la série 2 qui gagne.
Les mômes numéros des autres séries n’ont aucun droit.
Quant aux lots, ils seront tous numérotés; le premier numéro sorti gagnera le lot n° 1 et ainsi de suite.
En résumé, la situation est absolument la môme pour les porteurs de billets, que si les numéros se suivaient sans qu’il y eût de séries, le numéro de série remplace le chiffre des millions successifs.
Congrès du Génie civil.
Le Congrès international du Génie civil, dont les séances ont commencé le lundi 5 août, à dix heures du matin, au palais du Trocadéro, a constitué dans
(1) Voir pages 188, 223.
une séance générale des membres adhérents, ses divers comités d’organisation
Le bureau est ainsi composé :
Président : M. H. Tresca, membre de T Institut.
Vice-Présidents : MM. Boulay, ingénieur en chef des ponts et chaussées; C.-M. de Castro, membre du jury international.
Secrétaires : MM. Ernest Marché, ingénieur civil ; J. Armengaud jeune, fils ingénieur civil.
Trésorier : M. S. Charton, ingénieur de la Compagnie des chemins de fer du Midi.
Les personnes qui désirent faire partie du Congrès ou qui ont des renseignements à demander doivent s’adresser, jusqu a nouvel avis, au Secrétariat, palais des Tuileries, pavillon de Flore, de neuf heures à onze heures du matin.
Nous donnons le programme des questions à discuter.
Programme.
Section /rc. — Mines et métallurgie : L’acier. — Les explosions du grisou. — Les transports dans l’exploitation des mines. — Exploitation mécanique de la houille. — Procédés de sondages.
Section II. — Agriculture et génie rural : Culture à vapeur. — Aménagement des richesses hydrauliques. — Conquête des terrains propres à la culture. — Machines servant aux récoltes. — Les transports économiques dans les fermes.
Section III. — Machines : Cheval-vapeur. — Les accumulateurs. — Sociétés de surveillance des appareils à vapeur. — Unification dans les dimensions des organes de machines. — Choix des métaux les plus propres aux différentes parties de la construction des machines
Section IV. — Routes, rivières et canaux : Inondations: moyens à leur opposer. — Nouveaux procédés de montage des ponts métalliques. — Utilisation des routes et des berges pour l’établissement des chemins de fer. — Comparaison entre les différents modes de construction des chaussées dans les villes. — Barrages en rivière.
Section V. — Chemins de fer : chemins de fer économiques. — Machines motrices pour tramways. — Améliorations matérielles à apporter dans le service des voyageurs.
— Perfectionnement de la voie. — Emploi des machines pour fortes rampes.
Section VI. Navigation fluviale et maritime : Les machines Compound dans la navigation maritime. — Résistance des carènes. — Halage des bateaux. — Embarcations de sauvetage. — Le roulis et le tangage.
Section VII. — Constructions publiques et particulières. — L’eau dans les villes ; alimentation et distribution. — Les égouts. — Ventilation des édifices. — Perforation mécanique des galeries et tunnels. — Fondation des grands ouvrages.
Section VIII. — Physique et chimie industrielles : Utilisation du froid artificiel. — Éclairage des grands ateliers. — Télégraphes pneumatiques. — Emplois industriels des matières explosives. — Fours gazogènes.
Section IX. — Industries diverses : Les machines substituées aux travaux domestiques. — La fabrication du papier au point de vue de la pénurie des chiffons. — Progrès récents delà filature et du tissage. — Les ciments; leur fabrication et leur emploi.
— Caractères des matières textiles.
L’ordre des conférences n’a d’ailleurs rien d’absolu, et, suivant la convenance des divers intéressés, on commencera par tel ou tel sujet.
Ainsi, déjà une conférence a eu lieu, concernant les machines à vapeur Compound parM. de Fréminville, professeur à l’École centrale, et nous rf avons reproduit le programme ci-dessus qu’à titre de document général. Chaque conférence sera annoncée par affiches spéciales et par la voie des journaux quotidiens.
276 ETUDES SUll L’EXPOSITION DE 1878.
La fête des récompenses. (!)
Nous empruntons au Petit Journal l’acticle qui va suivre, non qu’il aura de l’actualité pour nos lecteurs, qui, tous l’auront déjà lu grâce au chiffre de tirage jusqu’à présent inconnu de cette modeste feuille, mais ce sera un document de plus pour notre 9e volume qui doit rester comme une histoire de l’Exposition de 1878. Histoire destinée peut-être à servir pour l’Exposition de 1888, si toutefois après une aussi splendide exhibition, on puisse songer encore à en créer une autre à une intervalle aussi rapprochée.
J'ai pensé quelquefois avec d’autres (1) qu’il vaudrait mieux peut-être laproroger pour 6 mois de l’année prochaine, ce qui permettrait ainsi à tous ceux qui ont douté du succès de cette opération, d’y venir y participer à leur tour, de quelque pays qu’ils appartiennent, et, peut-être aurions nous alorsla douce satisfaction d’y voir les produits absents de nos provinces perdues, et aussi ceux de nos amis, nos ennemis les allemands, qui ont boudé contre leurs ntérêts, à moins qu’ils ne soient réellement pas en état de se mesurer sur le champ de bataille de l’industrie : leurs succès militaires suffisant à leur ambition.
« La fête des récompenses. — L’exposition universelle est entrée dans la dernière phase de son existence et l’empressement du public est toujours plus grand.
Les retardaires accourent et les visiteurs qui connaissent l’accumulation des merveilles du Champ -de-Mars et du Trocadôro retournent l’admirer encore afin d’en bien fixer le souvenir dans leur esprit.
Une grande fête nous est réservée pour cette dernière période; c’est celle de la distribution des récompenses, qui aura lieu le 21 octobre au Palais de l’industrie.
Les préparatifs sont très-avancés. Décrivons -les.
Elle aura un éclat incomparable, cette fête des récompenses; des milliers d’ouvriers convertissent le Palais de l’industrie en un immense et magnifique salon. . v
L’or, le velours, les tapisseries vont cacher toutes les parties métalliques et couvrir toutes les parois. Pour donner une idée de ce travail considérable, il suffira de dire que plus de deux mille mètres cubes de planches ont été employés pour établir les banquettes, les gradins et les escaliers qui y donnent accès.
Dispositions d’ensemble. — Nous avons donné page 260 les dispositions d’ensemble: la tribune officielle occupe toute la partie de la nef comprise entre les six travées de l’extrémité du palais faisant face aux Tuileries ; en face, après l’espace réservé aux exposants, qui seront assis sur des banquettes placées à ras du sol, s’élève l’autre grande tribune, faisant face à la tribune officielle et occupant l’autre extrémité de la nef. Sous les collonnades du rez-de-chaussée et du premier étage, d’autres tribunes sont disposées dans toute la largeur.
Dans la journée d’hier, M. Berger, directeur des sections étrangères chargé de la haute direction de la fête, a eu une longue conférence avec M. Etienne et
(l) Voir page 266.
les entrepreneurs, MM. Pombla, pour la charpente, et Belloir pour la décoration.
Un des employés supérieurs du garde-meuble assistait à cette réunion, dans laquelle les dernières despositions pour la décoration et les installations ont été arrêtées.
La décoration. — Dans la partie supérieure de l’entre-deux de chaque colonnade sera placé un rideau de velours rouge, frangé de crépines d’or et relevé gracieusement par des cordelières ; les colonnes seront entourées de velours rouge, et la balustrade du premier étage sera cachée par des trophées fixés à chacune d’elles.
Chaque travée formera par conséquent le devant d’une loge.
Le fond des travées qui dominent et entourent la tribune officielle sera décoré avec des tapisseries des Gobelins.
Un essai a été fait hier; l'effet est splendide.
Le fond des autres travées sera décoré de tentures rouges.
En résumé toute la partie métallique de la construction disparaîtra sous les étoffes et les drapeaux.
Sur les deux tribunes de la nef, des sièges et des banquettes richement décorés seront placés; dans les tribunes de côté, ce sont les gradins eux-mêmes qui forment les bancs. Ceux-ci sont recouverts de toile rouge ; le reste des gradins est entièrement recouvert de toile grise.
Les bas-côtés du rez-de-chaussée comprennent huit rangs de banquettes sur la longueur intérieure de tout le palais, soit cinq cents mètres ; au premier étage il y a cinq rangs de banquettes.
Le salon d’ honneur. — On travaille aussi très-activement au salon d’honneur ; quelques-unes des travées métalliques qui forment le plancher des salles du premier étage, où se tient le salon, ont été enlevées pour donner du jour à la partie comprise entre la grande porte du palais et de la nef.
C’est là qu’on installe ce salon où se formera le cortège pour gagner, à travers les exposants et les trophées, la tribune d’honneur.
Le vestibule formera l’antichambre de ce salon ; il a été entièrement couvert de tentures rouges et les deux escaliers qui mènent à l’étage supérieur seront recouverts de tapis.
Les incitations. — On va s'occuper maintenant de la confection des cartes d’invitations. Ainsi que nous l’avons déjà dit, c’est sous la haute direction du Ministre de l’agriculture et du commerce que se fera la distribution des invitations.