RENDEMENT
total.
VALEUR
totale.
Hectol.
Hectol.
Francs.
Céréales et farineux .
Légumineuses .
Racines .
Oléagineux et textiles .
Fourrages .
Pailles .
J9,912q«int
Total. . . .
La production des céréales a été en moyenne de 6 hectol. 2, par habitant ; le même chiffre s’applique à la production des pommes de terre.
Les rendements accusés par nos cultures ne sont pas très-élevés, mais ce ne sont que des moyennes. Ce qui les déprime, ce sont les faibles rendements des cultures de l’Ardenne, qui occupe près de la moitié de la superficie du pays.
Le beurre et les œufs donnent lieu à un commerce international assez considérable. C’est ainsi que l’exportation de ces produits, vers la Belgique seulement, représente une valeur anuuelle variant de 750,000 à 950,000 francs.
L’exportation des animaux vivants pour la boucherie ne suit pas un courant régulier et dépend entièrement de l’état des marchés des pays voisins.
La vinaigrerie indigène s’est bornée jusque dans les derniers temps à satisfaire aux besoins de la consommation locale. De 1860 à 1870, trois grandes vinaigreries furent établies en vue de la fabrication du vinaigre concentré. Ces usines fournissent en moyenne de 3,000 à 4,000 hectolitres de vinaigre concentré par an.
La sucrerie est une industrie nouvelle dans le grand-duché de Luxembourg; elle y a créé deux usines en 1869 et 1870. Ces établissements sont installés tous deux d’après le système de la diffusion de Robert et sont montés pour travailler environ 10 millions de kilogrammes de betteraves chacun. Les droits d’accise payés par les deux usines, à raison de 2. francs par 100 kilogrammes de betteraves travaillées, ont été en moyenne de 150,000 francs par an. Pour stimuler la culture indigène, l’État accorde, depuis 1874, une prime de 30 centimes par quintal de betteraves livré aux fabriques.
Le grand-duché de Luxembourg possède 842 hectares de vignobles répartis dans les vallées de l’Our, de la Sûre et de la Moselle avec ses vallées latérales. La richesse saccharim étriqué des vins, mesurée au glycomètre Oechsele, à la température de 14 degrés, varie suivant les années et les crus de 42 à 80 degrés. Le rendement en hectolitres est soumis à des fluctuations bien plus grandes encore. L’année 1872 n’a donné que 2,889 hectolitres, tandis qu’en 1875 on en récoltait 119,425. La moyenne décennale est de 51,000 hectolitres.
La brasserie a pris dans ces dernières années un développement correspondant à celui des autres industries agricoles du pays. Le nombre des brasseries existant en 1875 était de 32, dont 22 à fermentation basse; 8 de ces brasseries sont fournies de machines à vapeur.
La quantité de malt employée à la fabrication de la bière varie de 1 million 800,000 kilogrammes à 2,400,000 par an ; elle est généralement en proportion inverse de la production du vin. La !brasserie luxembourgeoise a produit, en 1875, 69,548 hectolitres de bière qui, au prix moyen de 23 francs l’hectolitre, représente une valeur de 1,500,000 francs. La production par tête d’habitant est de 35 litres 2.
La distillerie est celle des industries agricoles du pays qui a pris le plus grand développement. Le nombre des distilleries en activité varie de 2,000 à 2,300. Deux usines pourvues des engins les plus perfectionnés destinés à la distillation, à la rectification et à la fermentation, et outillées pour produire par jour de 1,500 à 2,000 litres d’esprit de grain et de 2,000 à 4,000 litres d’esprit de mélasse, n’ont malheureusement pas pu soutenir la lutte avec les alcools de la Saxe et la Silésie à la suite de récentes mesures fiscales prises par la Prusse.
Pour quiconque ne connaît pas la situation spéciale du grand-duché de Luxembourg, ce grand nombre de fabriques de spiritueux paraîtra surprenant; mais leur importance est en raison inverse de leur nombre. Beaucoup de* ces usines ne distillent que des fruits et ne travaillent que quelques semaines par
an. Le restant, à l’exception des distilleries industrielles, emploient le seigle pour, avec le résidu, sustenter le bétail de l’exploitation agricole. C’est pourquoi les années de disette de fourrages sont les plus fructueuses pour l’accise.
La quantité de matières diverses déclarées annuellement à la distillation varie de 500,000 à 650,000 hectolitres. Le produit des distilleries du grandduché de Luxembourg, réduit à 58 degrés Gay-Lussac et calculé sur la contenance imposée était, en 1875, de 49,331 hectolitres représentant une valeur de 4,457,102 francs, soit 24 litres 4 d’eau-de-vie par tète d’habitant.
Pour toute l’Allemagne cette moyenne n’est que de 13 litres 4. Mais il faut remarquer que 1875 était une année exceptionnelle quant à la production de l’eau-de-vie de fruits. 11 s’en faut d’ailleurs de beaucoup et fort heureusement que toute cette eau-de-vie soit consommée dans le pays. Les vinaigriers en emploient des quantités considérables ; une autre part sert à la fabrication de liqueurs pour l’exportation.
La Belgique industrielle et commerciale.
Industrie. — Le territoire de la Belgique est d’environ 3 millions d’hectares ; sa population s’élève à plus de 5.300.000 habitants. Grâce au large développement donné depuis trente ans surtout à toutes les voies de communication, aux chemins de fer, canaux, rivières rendues navigables, routes provinciales et communales, chemins vicinaux ; grâce à l’instruction spéciale donnée à toutes les classes de la population, dans les universités, les écoles spéciales et les écoles industrielles, pour former des ingénieurs, des manufacturiers, des directeurs d’usine et des ouvriers actifs et intelligents; grâce à l’abaissement successif des tarifs douaniers, qui a permis à toutes les classes de travailleurs de se procurer les matières premières de leur industrie dans les meilleures conditions de qualité et de bon marché, l'industrie générale de la Belgique n’a pas cessé de s’avancer dans la voie du progrès.
Le chiffre de ses importations et exportations était, en 1850, de 500 millions de francs; en 1860, il atteignait 850 millions; il dépasse aujourd’hui 2 milliards 500 millions.
Ge chiffre se décompose comme suit :
Les marchandises belges exportées, 1 milliard 50 millions; les marchandises étrangères mises en consommation, 1 milliard 450 millions, et il est à remarquer que depuis vingt-cinq ans cet excédant des importations sur les exportations n'a pas cessé de se manifester, augmentant ainsi chaque année larichesse publique.
Houille. — La houille est, dit-on, le pain de l’industrie; la machine à vapeur en est l’âme.
La production houillère de la Belgique était en 1860 de 9 millions de tonnes, elle atteint 15 millions aujourd’hui; l’extraction de la houille, l’aérage et l’épuisement des eaux sont opérés par 1.800 machines à vapeur, représentant plus de 100.000 chevaux de force.
Il y a aujourd’hui en Belgique 12.650 machines à vapeur, machines motrices
fixes et mobiles, représentant 540.000 chevaux de force; il n’est pas inutile d’ajouter que ces machines qui consommaient, il y a dix à quinze ans, 3 à 3 1/2 kilogr. par heure et par force de cheval, consomment aujourd’hui un kilogramme au plus, grâce à l’excellente construction de ces engins et aux perfectionnements apportés dans leur construction.
Les charbons sont libres à l’entrée en Belgique.
Minerais de fer. — Les exploitations libres de minerais de fer (minerai lavé) s’élèvent à environ 360.000 tonneaux; à ce chiffre il convient d’ajouter 700.000 tonneaux importés librement de l’étranger pour alimenter la frabrication du fer qui en consomme aujourd’hui 1 million l/2 de tonneaux et livre à l’industrie et au commerce, en fonte de moulage et d’aftinage, une valeur de plus de 40 millions de francs.
Pierres. — La Belgique produit des pierres de taille, des marbres, la chaux pour la construction, des pavés, des meules, pour une valeur totale de plus de 40 millions de francs.
Machines. — La Belgique construit toutes les machines destinées à la locomotion sur terre et sur mer, à la transformation de la matière pour tous les genres de manufactures; elle en exporte pour une valeur de 50 millions dé
Les machines locomotives de Seraing, de Bruxelles, de Liège, de Couillet, de Tubize, etc., roulent sur toutes les voies ferrées de l’Europe.
Les ateliers de matériel des chemins de fer : Compagnie belge (Évrard), à Bruxelles; Société de la Dyfe, à Louvain ; Société métallurgique et charbonnière, de Nivelle, etc., fournissent des voitures de lre, 2e et 3e classes, des wagons-lits et autres, pour l’intérieur du pays et les voies ferrées de l’étranger.
Les constructeurs mécaniciens de Gand, Tirlemont, Liège, Charleroi, Bruxelles (banlieue), etc., livrent à l’intérieur et à l’étranger les machines motrices et les appareils dé fabrication les plus perfectionnés.
Armes. — Liège est le centre de la fabrication des armes. Ses canons de fusil, soumis à la garantie du banc d’épreuves, sous la surveillance du Gouvernement, sont recherchés partout. Ses revolvers fabriqués à la mécanique, et dont les prix varient de 5 francs jusqu’à 100 francs, ses fusils de chasse de tous les systèmes, sont demandés sur les marchés étrangers autant que dans l’intérieur du pays.
Fer. — La fabrication du fer occupe plus de 40.000 ouvriers et sa production totale atteint une valeur de 270 millions de francs.
Les fabriques de fer et d’acier de Seraing, d’Anglcur, de la Providence à Marchiennes, de Couillet, de Châtelineau, de Charleroi, etc., transportent les rails et les poutrelles en fer de leurs usines dans toutes les parties du monde. Les tôles fines en fer de Huy ont une grande renommée et s’exportent principalement en Russie pour la couverture des ateliers et des habitations. Les tôles de chaudières, pour ponts, les longerons et les larges plats de Charleroi et de Clabecq, jouissent à juste titre de la meilleure réputation.
Les clous forgés et les pointes de Paris sont encore un article de grand commerce.
La quincaillerie, la poterie en fer vernie et émaillée, les articles de ménage, occupent un grand nombre d’ouvriers.
L’acier industriel, principalement l’acier Bessemer, a pris place dans la fabrication métallurgique. La production en était, dès 1 87î>, de 47.000 à 50.000 tonneaux, d’une valeur de 15 millions de francs.
Zinc. — Le zinc est encore la matière première d’une industrie considérable. Les usines de la Vieille et de la Nouvelle Montagne sont renommées pour la qualité supérieure de leurs produits. Ces établissements, qui occupent plus de 3.000 ouvriers, produisent en moyenne 75.000 tonneaux annuellement, pour une valeur de 45 millions de francs. *
Verres. — La Belgique a de nombreuses fabriques de verres en tous genres et de toutes dimensions.
Les 70 établissements qui s’occupent de cette grande industrie procurent un très-liaut salaire à plus de 12.000 ouvriers. Le chiffre de la production atteint 45 millions de francs. Les trois quarts de ces verres à vitres, glaces et gobeleteries sont exportés principalement en Angleterre et en Amérique, et presque partout en Europe.
Cliarleroi, Jumet, Rœux, Namur, Gosselies sont les principaux centres de cette importante industrie.
Céramique. — Les terres réfractaires d’Andenne, les faïences et les porcelaines de la Louvière (Kéramis), de Tournay, Mons et Bruxelles, rivalisent avec les produits céramiques de France et d’Angleterre.
La fabrication de carreaux unis, coloriés, carreaux mosaïques et autres pour pavement a pris une extension considérable.
Laine. — La laine, le lin et le coton sont encore les bases d’un grand commerce et la matière première d’industries très-importantes.
La Belgique reçoit annuellement pour plus de 150 millions de francs de laines de Buénos-Ayres, de l’Australie, du Cap, etc. ; ces laines sont lavées et désuintées dans un grand nombre d’établissements à Anvers et à Verviers.
20 millions de kilogrammes de ces laines, dont le lavage a doublé et au-delà la valeur, sont exportés; 30 millions de kilogrammes sont livrés aux filateurs et aux fabricants de draps et d’étoffes en tous genres à Verviers, Dison, Ensival, Pepinster, etc. Les fils cardés de Verviers sont exportés principalement en Angleterre pour une valeur de 45 à. 60 millions de francs.
Les fils de laine cardée de Belgique jouissent d’une grande réputation sur tous les marchés extérieurs.
Draps et étoffes. — Les draps de Verviers, comme bon article courant, alimentent le marché intérieur et sont exportés pour une valeur de plus de 30 millions.
Les étoffes légères, mérinos, cachemires, paramatas, se fabriquent à Bruxelles, Dinant, Rouîcrs, Saint-Nicolas.
Les étoffes lourdes, baies, frises et flanelles en rouge et en bleu pour la classe ouvrière et la marine, les couvertures de laine jusqu’aux qualités es plus finies, complètent toute la série des articles de laine, et se fabriquent à Bruxelles et à Duffel : Les châles de laine à Saint-Nicolas; — Les étoffes mélangées pour pantalons à Mouscron et à Gourtray.
Lin. — L’industrie linière est une des grandes industries de la Belgique, sinon la première; les toiles des Flandres ou toiles de Hollande sont connues depuis nombre d’années.
La Belgique produit le plus beau lin ; elle en exporte chaque année pour CO à 80 millions de francs. Ses filatures jouissent d’une grande renommée; les fils de la Lys sont recherchés partout pour leurs qualités supérieures, et sont la matière première des toiles les plus solides, et pendant que tous les pays d’Europe défendent l’importation des fils de lin par des droits protecteurs de 40 à 20 °/0, les fils étrangers d’Angleterre, d’Allemagne et de France, etc., entrent librement en Belgique, circonstance qui permet à nos fabricants de toile de choisir la matière première de leur industrie, les fils de lin, là où ils les trouvent à bas prix et de bonne qualité. Courtrai, Isghem, Roulers, Gand et Bruxelles (banlieue) sont les principaux centres de l’industrie toilière; et malgré les droits exagérés qui en paralysent presque partout l’importation, la Belgique exporte encore pour plus de 20 millions de toiles écrues ët blanches.
Colon. — Gand est le centre de l’industrie du coton. Ses filatures mettent en œuvre, chaque année, à peu près 20 millions de kilogrammes de coton d'Amérique et des Indes orientales.
Ses fabricants de tissus en tous genres importent en outre, d’Angleterre principalement, au-delà de 500.000 kilogrammes de fils de coton qui sont convertis en tissus blancs, teints et imprimés, en étoffes à pantalons, dont l’exportation s’élève à 3 ou 3 millions et demi de kilogrammes.
Dentelles. — Les dentelles de Bruxelles et de Malines, les Valenciennes de Bruges et d’Ypres, les dentelles noires de Grammont, fournissent du travail à 400.000 ouvrières et sont recherchées dans toutes les capitales du monde.
Le réseau de Bruxelles pour la dentelle- d'application est acheté par les fabricants belges et étrangers comme ce qui représente le mieux, sous le rapport de la finesse et de la perfection de la treille, l’ancienne dentelle unie faite au fuseau.
Passementerie. — Les produits de la passementerie peuvent soutenir le parallèle avec les similaires étrangers. La passementerie d’or et d'argent pour vêtements civils et militaires se recommande surtout par la bonne qualité de ses produits.
Papeterie. — La fabrication du papier a reçu depuis vingt-cinq ans des perfectionnements notables, et la Belgique n’est pas restée étrangère aux progrès qui se sont réalisés. Les papiers fabriqués à la mécanique, peuvent être livrés au commerce à meilleur marché que dans beaucoup d’autres pays (4), plusieurs espèces de papiers que naguère ils ne pouvaient faire qu’à la forme : tels sont les papiers à lithographier, les papiers à dessiner, le carton blanc, le papier pour cartes, etc.
(1) Et notamment en France, ou la production de cette marchandise est écrasée par un impôt énorme de 10 o yQj aussi beaucoup d’éditeurs 'français trouvent-ils plus avantu x de faire imprimer en Belgique; ils ont un bénéfice de lo à 20 °/o sur le papier et à peu près autant sur le travail typographique; ce n’est pas très-patriote d’aller à l’étranger porter son travail, mais au point de vue de X Épicier, c’est assez pratiqué-
Plusieurs provinces possèdent d’importantes fabriques de papier.
Nivelles se pose en première ligne : dix machines afabriquer le papier continu y fonctionnent et travaillent en partie pour l’exportation. On peut évaluer qu’un tiers de la production totale du pays, suffit pour les besoins de sa consommation les deux autres tiers s’exportent principalement en Angleterre.
La ville de Turnhout est le siège de la fabrication des papiers de fantaisie, marbrés, racinés, coloriés, etc.
Les papeteries de Huy sont les plus vastes du pays; ce sont de véritables modèles d’organisation, de tenue et de fabrication.
Pale de paille. — Depuis la dizette des chiffons, la plupart des fabricants de papiers emploient la pâte de paille; plusieurs usines ont été montées en vue d’alimenter les fabriques de papiers. Wilbrœck (Anvers) possède d’importants ateliers et livre aux fabricants de grandes quantités de pâtes. Visé possède également une importante fabrique, et sa production augmente annuellement.
Photographie. — La photographie fait de grands progrès depuis quelques années en Belgique. Autrefois les photographes belges s’appliquaient uniquement au genre des portraits, dont l’exploitation commerciale peut être la plus fructueuse, mais qui avait le moins de prix sous le rapport de l’art et des applications utiles. Actuellement ce pays n’a plus rien à envier à ses voisins; de grands ateliers, uniquement destinés à la reproduction des œuvres d’art, sont établis â Bruxelles, sous la direction d’un ingénieur compétent.
Instruments de musique. — Il y a une trentaine d’années, l’infériorité de la Belgique dans la fabrication des instruments de musique était manifeste. Aujourd’hui elle possède d’importantes usines, daus lesquelles on confectionne tous les instruments possibles.
L’industrie des pianos a fait, à Bruxelles surtout, des progrès marquants, et elle peut soutenir la concurrence des meilleures fabriques de Londres et peutêtre de Paris. Il en est de même pour les instruments à vent, en bois et en cuivre, dont la réputation est aussi bien établie à l’intérieur qu’à l’étranger.
Meubles de luxe. — La Belgique ne compte qu’un petit nombre d’ateliers qui soient en mesure de fournir à la consommation somptuaire des objets d’ameublement ; ce fait s’explique par le manque de débouchés, mais il n’en est pas de même des produits d’un usage courant. La solidité et le bon marché de ces fabrications leur assurent un débit facile et de plus en plus en plus étendu, tant à l’intérieur du pays que sur les marchés étrangers.
Coutellerie. — Depuis longtemps déjà cette industrie a son siège dans la province de Namur. Elle jouit d’une réputation méritée, surtout pour ses articles courants.
Horlogerie. — L’horlogerie de précision n’est pas florissante en Belgique ; le pays manque des ressources voulues pour se livrer avec succès à cette fabrication, mais riiorlogerie commune constitue depuis longtemps une branche de l’industrie belge.
Appareils de chauffage et d’éclairage. — Lapoêlerie est dans une situation très-prospère, elle est constamment en progrès. Les fabricants ne se sont pas
contentés d’y appliquer des ornements de bon goût et d’en faire des meubles de luxe, mais ils en ont disposé les diverses parties d'après les principes d’une combustion économique et suivant les données exactes de la science. Plusieurs de ces ateliers sont devenus de véritables usines, qui donnent à la poêlerie une importance toute nouvelle.
Parfumerie. — La fabrication du savon de parfumerie et de toilette a pris une sérieuse importance en Belgique, et ses prodnits sont expédiés en grande quantité à l’étranger. Bruxelles et Anvers trouvent dans cette fabrication un aliment puissant d’activité pour leurs établissements. La production peut en être évaluée à 4 millions annuellement.
Tabletterie. — La tabletterie a peu d’importance en Belgique. Spa seul a une réputation bien méritée pour ses ouvrages.
Quant à la maroquinerie , ses produits sont estimés, mais ils ne sauraient lutter, sinon pour les articles d’un usage courant, avec les similaires de l’étranger, et notamment de Paris et de Londres.
La brosserie se fabrique en Belgique dans différentes localités, parmi lesquelles il faut citer Gand, Anvers, Liège, Roulers et Vilvorde.
La bonneterie s’est localisée à Tournay, où elle occupe un grand nombre d’ouvriers.
Ganterie. — La fabrication des gants a pris depuis quelques temps un essor des plus remarquables. La ganterie de Bruxelles rivalise avec les produits français.
Corsets. — Plusieurs fabriques sont établies à Bruxelles pour la fabrication des corsets à la mécanique; Lokeren possède également un établissement important et bien outillé pour cette branche d’industrie. Les produits de ses fabriques sont estimés et se vendent à bas prix.
Chapellerie. — Le chapeau de soie est fabriqué uniquement pour l’intérieur du pays; mais les chapeaux de feutre, par contre, s’expédient en grande quantité vers les marchés transatlantiques par Anvers ou Hambourg.
La fabrication des tresses et chapeaux de paille, qui s’exerce dans les provinces du Limbourg et à Liège, y fait l’objet d’une exploitation très-importante. La plupart des pays voisins sont, en effet, tributaires de la Belgique et ses importations s’étendent même aux pays d’outre-mer.
Cordonnerie. — Plusieurs maisons trouvent dans le trafic de la cordonnerie des débouchés avantageux. Les pays d’outre-mer, où la main-d’œuvre est chère, sont les marchés principaux.
Joaillerie. — Le polissage et la taille du diamant font l’objet d'une industrie importante à Anvers.
Bois. — Au point de vue de la perfection du travail des bois par les machines, la Belgique n’a rien à envier aux autres nations ; l’application des procédés mécaniques a eu pour résultat de contribuer puissamment à la diminution du prix de vente des produits, et de les mettre ainsi à la portée du plus grand nombre, ce qui constitue le progrès industriel.
Huiles végétales. — Des fabriques d’huiles végétales existent dans presque
toutes les provinces de la Belgique; mais les centres principaux de cette industrie sont Anvers, la Flandre occidentale et le Brabant. On pent estimer à 2 millions de francs la main-d’œuvre payée aux ouvriers qui travaillent- dans cette branche de l’industrie.
Produits chimiques. — 1° Bougies. Les procédés d’extraction d’une foule de matières nouvelles ont donné un grand élan à l'industrie des bougies. Elle se trouve en Belgique dans une situation très-llorissante, due à la grande économie qui a présidé à l’organisation de ses principales usines, à la perfection apportée aux procédés de fabrication et aux taux relativement bas des salaires.
Bruxelles, Anvers et Gand sont les centres principaux de cette branche d’industrie.
2° Savons. — Les savons mous et les savons durs non parfumés ne se fabriquent généralement que pour la consommation intérieure, il en est autrement pour les savons parfumés, dont la vente peut être évaluée annuellement de 3.500.000 à 4 millions de francs.
Vernis. — 11 existe dans le pays divers fabriques qui produisent différentes espèces de vernis pour la carrosserie, la menuiserie, la reliure, etc.
Huiles et graisses industrielles. — Le débit de ces huiles est considérable, mais limité à la consommation intérieure.
Huiles et graisses minérales. — La Belgique possède plusieurs fabriques qui produisent les huiles minérales par la distillation des tourbes, schistes bitumineux, des houilles et autres. Une partie des produites est exportée en Prusse, en France, en Suède, en Espagne.
Noir animal. — Plusieurs industriels belges s’occupent de la carbonisation des os, qui par la pulvérisation produisent le noir d’ivoire ou le noir animal. L'exportation de ces produits, très-estimés à l’étranger, atteint un chiffre trèsélevé.
Colles. — Quoique les fabricants soient arrivés à un grand degré de perfection dans la fabrication des colles, les produits ne peuvent guère entrer en Allemagne, où ils sont frappés d’un droit d’entrée très-élevé. La fabrique la plus importante est située à Vilvorde.
Acides, alcalis , sels. — La production de l’acide sulfurique, du sulfate de soude, du sel de soude, du chlorure de chaux, etc., a pris en Belgique un tel développement, qu’eu égard à la population aucun autre pays ne lui est supérieur.
Quoique toutes les provinces possèdent des usines où se fabriquent les produits ebi iniques, la province de Namur est celle où la production est la plus active et où elle a lieu sur la plus vaste échelle.
Couleurs et teintures. — La céruse ou carbonate de 'plomb encore dénommé blanc de plomb, elle blanc de zinc s’exportent en grande quantité.
Le blanc de zinc surtout a pris en Belgique un grand développement. La société de la Vieille-Montagne produit plus du tiers de tout le blanc de zinc qui entre dans la consommation; cette quantité dépasse le chiffre de 2 millions de kilogrammes.
Le bleu d’outre mer est préparé avec perfection dans le pays.
La fabrication de l’azur et la préparation du bleu de Prusse n’ont rien à envier à l’industrie étrangère.
Le jaune de chrome est fabriqué avec succès.
Le minium se consomme à l’intérieur du pays.
Amidonneries. — La Belgique possède d’importantes fabriques d’amidon, qui livrent à la consommation d’énormes quantités de ces produits.
Caoutchouc . — Depuis une dizaine d’années, la fabrication du caoutchouc a pris en Belgique une extension excessivement rapide. C’est de toutes les matières celle dont on a fait le plus d’applications, et à laquelle on a fait subir le plus de transformations. C’est surtout par suite de la vulcanisation du caoutchouc que cette industrie a pris un développement aussi inattendu. En 1862, la Belgique ne possédait qu’une seule fabrique; depuis cette époque, six fabriques nouvelles se sont établies et livrent à l’intérieur du pays et à, l’exportation leurs produits, qui sont du reste très-appréciés. Les exportations se dirigent principalement vers la France, l’Allemagne, la Hollande, l’Angleterre, la Suisse et Fltalie.
Cuirs et peaux. — La tannerie belge jouit d’une réputation justement méritée. Les fabriques si renommées de Stavelot doivent leur prospérité aux propriétaires, qui sont pour la plupart restés fidèles aux anciennes et bonnes méthodes de tannage qui font préférer leurs produits à ceux de l’étranger. La Belgique exporte en vert, la plupart de ses veaux et cuirs légers et tanne beaucoup de cuirs étrangers.
Corroierie. — Les progrès de la corroierie ont marché de front avec ceux de la tannerie ; aussi cette industrie est-elle dans un état très-florissant.
La fabrication des dos pour cardes constitue la principale branche de la corroierie de Liège.
Carrosserie. — La carrosserie est une des industries principales de Bruxelles. Les récompenses obtenues aux différentes expositions par les fabricants ont suffisamment démontré que sous le rapport de l’élégance, de la solidité, de la légèreté, Bruxelles pouvait lutter avec Londres et Paris, dont les produits sont justement renommés.
Bruxelles compte, une douzaine de fabriques importantes de voitures. Les exportations se montent à 3 millions de francs; ce chiffre prouve combien ces produits sont appréciés à l’étranger. L’Espagne, la France, l’Italie, la Russie, etc., s’adressent aux carrossiers belges, et malgré le prix excessif des transports l’exportation a une part importante dans le placement des toitures fabriquées en Belgique.
Bourrellerie , sellerie. — La sellerie belge est en voie de progrès; ses principaux débouchés sont l’Allemagne, la Hollande, le Brésil et les États-Unis.
La bourrellerie ne travaille que pour le marché intérieur.
Administration de V Agriculture. — L’administration de l’agriculture ressortit au ministère de l’intérieur.
Une direction générale contralise toutes les affaires qui se rapportent aux intérêts agricoles.
Il y a en Belgique un conseil supérieur et des commissons provinciales d’agriculture.
Le conseil supérieur se compose de deux délégués, choisis annuellement par chacune des commissions provinciales d’agriculture, et de membres nommés par le Roi en dehors de ces collèges.
Le nombre de ces derniers ne peut dépasser la moitié de ceux qui sont délégués par les commissions provinciales d’agriculture.
Le conseil donne son avis sur toutes les affaires qui lui sont soumises par le Gouvernement; il discute, au point de vue de l’intérêt général, les vœux émis par les commissions d’agriculture et il délibère sur toutes les propositions faites par ses membres ou par les commissions provinciales d’agriculture.
11 est publié, chaque année, un bulletin du conseil supérieur. La collection de ces bulletins renferme déjà 30 volumes.
Les commissions provinciales d’agriculture sont composées d'un membre pour chaque district agricole, d’un médecin vétérinaire et d’un secrétaire.
Les districts agricoles sont au nombre de 118, répartis entre les neuf provinces.
Les membres des commissions provinciales sont nommés par le Roi, sur une ]iste de deux candidats présentés pour chaque district par les comices agricoles, et, à leur défaut, par les sociétés ou les sections de sociétés d’agriculture agrées. On peut donc dire qu’elles sont l’émanation directe des associations agricoles.
J. es commissions provinciales d’agriculture s’occupent de tout ce qui peut contribuer à l’amélioration et au progrès de l'industrie agricole dans leur province. Elles font connaître au Gouvernement les vœux qu’elles croient devoir émettre à cet égard ; elles lui donnent les avis et les renseignements qui leur sont demandés; elles concourent à l'exécution de toutes les mesures décrétées pour encourager ou protéger les différentes branches de l’agriculture, etc.; elles adressent chaque année, avant la fin du mois de février, au gouverneur de la province un rapport sur l’état de l’agriculture : ce rapport fait connaître, entre autres, les produits de la dernière récolte et les résultats de l’exécution des lois et règlements relatifs à l’agriculture.
11 y a pour chaque district un comité ou une section d’une société d’agriculture, agréé par le Gouvernement.
Afin de donner plus d’importance à leurs travaux et de leur imprimer un plus grand degré d’utilité, les comités des provinces d’Anvers, Brabant, Flandre orientale, Liège, Limbourg, Luxembourg et Namur se sont constitués en associations provinciales.
Ces sociétés publient chacune un journal hebdomadaire, distribué à leurs membres respectifs.
Les diverses sociétés agricoles du royaume comptent près de 17,000 membres.
Outre les comités et les sociétés agricoles qui fonctionnent dans chaque province, il existe encore un grand nombre de sociétés libres d’agriculture.
Les sociétés d’horticulture sont également nombreuses. On en compte environ 50, dont 25 forment une fédération sous les auspices du Gouvernement.
Cette fédération ne porte aucune atteinte à l’autonomie et à l’indépendance individuelle des sociétés.
Elle a pour but de favoriser les progrès des diverses branches de l’horticul-
ture par des mesures dont l’exécution intéresse toutes les sociétés horticoles du pays, et parmi lesquels sont compris, en première digne : les réunions périodiques et régulières des délégués de ces associations; — un recueil, centre commun des travaux de toutes les sociétés; — l’organisation de congrès horticoles et de concours sur des questions d’horticulture. — Quinze volumes de bulletins ont été publiés ; deux congrès ont eu lieu.
Enseignement agricole. — ■ 11 y a en Belgique une école de médecine vétérinaire à Cureghem-lez-Bruxelles, un institut agricole à Gembloux, province de Namur, et deux écoles pratiques d’horticulture, dont l’une à Vilvorde et l’autre à Gand.
Il y a, en outre, une école d’arboriculture et d’horticulture, établie à Tournay par la commune, avec le concours de l’État, de la province et de la Société d’horticulture de cette ville.
La loi sur l’enseignement agricole stipule que des conférences publiques peuvent être organisées sur différents points du pays.
Ces conférences sont actuellement établies dans plus de 150 localités.
On y traite toutes les matières relatives à l’agriculture, l’horticulture, l’arboriculture fruitière et forestière, la botanique , la zootechnie, la maréchalerie, etc.
Aperçu statistique des cultures. — L’étendue cadastrale de la Belgique est de 2,945,516 hectares, 30 ares, 91 centiares etl’étendue exploitée de 2,663,753 hectares, dont voici la répartition d’après la statistique de 1866 :
Céréales et farineux . 367,135 36
Plantes légumineuses . 37,903 00
Plantes industrielles y compris les betteraves à sucre. 115.308 36
Racines et fourrages artificiels . 377,767 42
Prairies permanentes et vergers . 365,805 05
Jachères . 53,891 72
Jardins légumiers. . . . 37,329 66
Bruyères et terrains vagues . 262,477 33
Pépinières, oseraies, bois, forêts, etc . 446,135 10
Total . 2,063 713 00
Il résulte de ces chiffres que plus d’un million d’hectares est consacré à la culture des grains farineux et des légumineuses, tandis que le tiers est réservé aux racines, aux fourrages artificiels et aux prairies. Les plantes industrielles n’y figurent qu’en proportions relativement faibles. Ces différences tendent à s’effacer de plus en plus, par suite des conditions économiques faites aux cultivateurs. C’est ainsi que la culture des plantes industrielles et fourragères devient plus considérable.
Subdivisions des exploitations — Le tableau de la page 342 indique quel était en 1866 le nombre des exploitations, classées d’après leur importance :
L’étendue exploitée à titre de propriété et en location se subdivise comme il
suit :
A titre de propriété. . . 1.339 795
En location . . . 1,323 958
Total. . , . 2.663 753
Ces surfaces étaient occupées en 1866 par :
Propriétaires ou usufruitiers. . . . 320,971
Locataires . 423,036
Total
Ainsi sur 100 exploitants il y à 43 propriétaires et 57 locataires.