‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 2)Chapitre 44 sur 65 · HABITANTS · texte numérisé non relu

HABITANTS

par

ICO hectares.

Région

limoneuse .

sablo-limoneuse .

sablonneuse, zone des Flandres .

condrusienne, zone du pays

de Herve .

poldérienne . . . . .

sablonneuse, zone de la Cam-

pine .

condrusienne proprement dite

luxembourgeoise .

ardennaise .

Moyenne.

Il ressort des chiffres ci-dessus que les capitaux placés dans Y agriculture rapportaient en moyenne, en 1846, fr. 2,76 p. 0/0, sans compter, bien entendu, la plus value que la culture fait acquérir au domaine agricole et qui doit s’ajouter à l’intérêt.

Produits des principales récoltes comparés avec les besoins du pays. — La production moyenne de la Belgique est, par année :

Pour les céréales et farines, de . 24,997,290 hectol.

— les légumineuses, de . 714,328

— le^ pommes de terre, de . • . 35,660.686

Soit en tout.

L'excédant des importations sur les exportations est, en moyenne, par année

Pour le froment, de . 1,597,730 hectol.

— le seigle, de . 306,199

— les autres grains, de . . 1,392.129

— les farines de . 579,745

— les pommes de terre, de . , . 356,161

Total . 4,231,964 (1)

En ajoutant ce chiffre à celui de la production, on obtient un total de 65,594,268 hectolitres, qui représente la consommation moyenne et annuelle de la Belgique en céréales, légumineuses et pommes de terre.

Quant à la consommation annuelle en grains comestibles (froment, seigle, méteil et épeautre), elle s’établit de la manière suivante :

Production moyenne par année en froment, seigle.

méteil et épeautre . 14,682,733 hectol.

Ace chiffre il faut ajouter les importations moyennes

des grains ci-dessus et des farines . 2,483,674

Total . 17,166,407

dont il faut déduire les quantités suivantes :

1° Pour les semences . 1,367,240 hectol.

2° Pour les brasseries et les distilleries . 849.000

Reste . 14,960,167

dont la valeur en froment équivaut à 14,569,964 hectolitres consommés annuellement pour la nourriture des habitants, ce qui donne par tête 2 hectolitres 95 litres.

Animaux domestiques. — La Belgique comptait en 1866 ; — 283,163 chevaux, soit 58 chevaux par 1,000 habitants et 15 chevaux par 100 hectares productifs.

(1) Ces chiffres sont établis pour une période de 10 années.

La population bovine s’élevait, à la môme époque, à 1,242,445 têtes, ce qui correspond à 465 têtes par 1,000 hectares cultivés.

L’élevage des bêtes bovines est en décroissance par suite de la suppression de la vaine pâture, du morcellement de la propriété et de la dépréciation des laines produites dans le pays.

En 1866, on ne comptait plus en Belgique que 583,485 bêtes ovines, soit 220 têtes par 100 hectares exploités.

La Belgique est un des pays de l’Europe qui élève le plus grand nombre de bêtes porcines; le chiffre s’en élevait à 632,301 en 1866, soit 237 par 1,000 hectares exploités.

République de Saint-Marin.

La richesse principale du territoire san-marinais consiste dans les produits de l’agriculture, le froment, le maïs, l’huile, le fromage, la laine et surtout le vin, dont il se fait une abondante récolte dans la partie occidentale de ce territoire.

L’industrie la plus ancienne et qui procure au pays les plus sérieux avantages est celle de l’exploitation des carrières. On y trouve deux espèces de pierres très-recherchées : du tuf sablonneux qui s’emploie principalement pour les constructions rustiques, ou pour les ouvrages grossiers, tels que bornes, chasseroues, bassins d’abreuvoirs, etc. ; et une pierre calcaire d’un grain beaucoup plus fin et de couleur blanchâtre qui, au contact de l’air, devient de plus en plus solide et résistante, en prenant, avec le temps, une teinte à la fois sévère et harmonieuse, et qui sert à l’ornementation des édifices. On peut en extraire des blocs de grandes dimensions pour faire des colonnes, des pilastres, des vasques de fontaines, etc.

Cette industrie est peut être aussi ancienne que la République, car Saint- Marin, fondateur de cette dernière, avait été primitivement tailleur de pierres.

Le vin et les pierres de construction sont l’objet d’un commerce d’exportation assez important. L’industrie de la parfumerie ne date à Saint-Marin que de quelques années, mais elle pourra y prendre une certaine extension.

On rencontre dans la partie septentrionale du territoire quelques minerais de soufre qui n’ont pas encore été sérieusement exploités; le mont Titan produit aussi en abondance des racines d’iris et une excellente qualité d’absinthe; enfin, il se fait dans le pays un commerce assez important de chair de porc salée.

L’AUTRICHE-HONGRIE

SOMMAIRE

Les bâtiments. — Les beaux-arts. — Enseignement. — Imprimerie et librairie. — Papeterie, reliures, matériels des arts de la peinture et du dessin. — Application usuelle des arts, du dessin et de la plastique. — Photographie. — Instruments de musique. — Meubles. — Cristaux, verrerie et vitraux. -- Céramique. — Tapis et tapisseries. — Orfèvrerie. — Bronzes d’art. — Appareils et procédés de chaufïage. — Horlogerie. — Maroquinerie, tabletterie et vannerie. — Tissus, vêtements et accessoires. — Mines et métallurgie.

Les bâtiments. — La façade Austro-hongroise, fiig. Il, page 288. est d’une longueur de 652 mètres; elle se compose de 5 mètres de profondeur, entre deux pavillons. Cette galerie est formée de 9 arcs en plein-cintre, reposés sur des colonnes accouplées de l’ordre dorique.

Les deux bâtiments qui contiennent les bureaux de la Commission autrichienne et de la Commission hongroise, sont à deux étages, et surmontés d’une balustrade.

L’extérieur de cet édifice est décoré par des peintures murales représentant des génies. Sur des cartouches, sont inscrits les noms des hommes qui ont illustré l’Autriche et la Hongrie : Ressl , l’inventeur de l’hélice; Fischer von Erlach , architecte. — Fürich , peintre. — R. Donner, sculpteur. — Mozart, musicien. — Grillparrer, poète. — Pètofi, poète hongrois. — Szichenei, industriel hongrois.

Le bâtiment est couronné d’une large corniche qui supporte des statues allégoriques, représentant :

L’art, les sciences, le commerce, la navigation, les mines, l’agriculture et l’élevage des bestiaux.

Les quatre angles sont décorés par quatre groupes d’attributs : les arts et les sciences, l’industrie et le commerce, l’agriculture et le pâturage, les mines et la navigation.

L’intérieur de la galerie est tapissé de peintures murales.

Cette façade est l’œuvre de M. Corompay, architecte autrichien des plus autorisés en matière d’art architectural. Grand nombre de monuments des plus remarqués en Autriche, ont été édifiés par ses soins. Celui de l’Exposition s’approche un peu trop peut-être du style italien de la Renaissance ; cependant il a encore assez d’originalité pour ajouter un titre de plus au talent de son auteur.

Politiquement la monarchie Austro-hongroise se compose de deux territoires autonomes, réunis par des institutions communes. L'un de ces territoires, Y Autriche, embrasse les royaumes et les provinces représentés au Reichsacht,

l’autre, la Hongrie, comprend les pays dits de la couronne de S aint-E tienne. La monarchie austro-hongroise est la plus considérable en Europe comme étendue de territoire après la Russie. Elle est riche en produits naturels de toutes espèces, mais c’est l’agriculture et les produits forestiers qui forment les principales sources de sa richesse; les deux tiers de la population sont employés à ces travaux. Le pays est très-riche en minerais et en métaux, mais tous les gisements ne sont pas régulièrement exploités et la production de la fonte brute 11e suffit point à la consommation. L’exploitation des mines de houille et de lignites, a fait depuis quinze ans des progrès considérables.

Aux précédentes expositions universelles, c’est plus particulièrement par ses produits agricoles, que la participation de T Autriche-Hongrie était intéressante pour les visiteurs. Mais aujourd’hui, après une période de dix années, l’industrie de ce pays a pris une grande extension et s’est développée, d’une façon très-sensible. 11 y a beaucoup de goût, de soins apportés dans T exécution des produits exposés.

Les liens qui rattachent les deux parties de la monarchie Austro-hongroise reposent sur la pragmatique sanction de l’empereur Charles VI, qui a proclamé l’inséparabilité et l’indivisibilité de tous les pays réunis sous le sceptre de la dynastie impériale de Habsbourg Lorraine.

Les affaires communes aux deux États ont été réglées d’un commun accord en 1867; en conséquence des articles de cette convention, les affaires étrangères sont administrées en commun, mais la ratification des traités internationaux est cependant réservée aux parlements des deux États. L’armée et la marine ont une administration; le budget et la révision des comptes relèvent du ministère commun des finances. D’ailleurs chacun des deux territoires de la monarchie possède sa constitution particulière qui est monarchique représentative.

Les beaux-arts. — Le dualisme qui règne entre l’Autriche Hongrie au point de vue politique, subsiste encore dans les galeries des beaux-arts. — Quoique les œuvres de chaque pays soient classées dans une salle particulière, il n’y a point de différence artistique proprement dite, et l’on eut groupé les tableaux de l’une et de l’autre nation, qu’il n’en serai t résulté aucune confusion. Leur originalité a le même caractère, le même cachet, et à part les œuvres de M. Munckcaksy, qui sont éminemment originales, on serait fort embarrassé de décider de la nationalité des auteurs.

Pour parler exactement, on ne peut dire qu’il existe une école austrohongroise, mais les artistes sont très nombreux et sont représentés par des œuvres remarquables et du plus grand intérêt. La plupart d’entr’eux ont étudié à Munich, quelques-uns à Dusseldof, et un petit nombre à Paris, et cependant ces derniers se rattachent à l’Allemagne par leurs procédés et par leur esthétique.

Dans cette exposition on y recherche en vain, comme dans l’école anglaise, une originalité propre, un caractère national, une tendance particulière; elle est éclectique, et l’on y retrouve des souvenirs de toutes les écoles et de tous les anciens maîtres; l’Italie et les Flandres peuvent en revendiquer leur part, et dans l’œuvre capitale de l’Exposition, on retrouve à un même degré l’influence de Paui Véronèse et de Rubens.

L’AUTRICHE-HONGRIE

La grande composition historique de M. Hans Makart, l'Entrée de Charles- Quint à Anvers, s’impose de prime-abord à l’attention par ses dimensions et son mérite. Cette immense toile représente Charles V avec son cortège, il est précédé et escorté par une troupe de jeunes filles nues, une foule enthousiaste acclame le héros.

Le spectacle de cette foule bigarrée, revêtue de costumes aux couleurs éclatantes qui se presse pour contempler ce cortège féerique, où l’on compte une centaine de personnages, entourent le héros, cette escorte de jolies femmes veuves de tout vêtement, patriotisme et enthousiasme peut-être exagéré quoique ne manquant pas de charmes, la physionomie de ces maisons pavoisées, tapissées de tentures, enguirlandées de fleurs et de riants visages, plaisent infiniment aux yeux et frappent l’imagination. Des détails charmants d’une idée très-heureuse et d’une exécution étonnante, se font jour à travers cette confusion de personnages, entre autres, cette mère, à gauche du tableau, qui présente à Charles-Quint son enfant couché sur ses bras, qui le montre à son jeune fils, dont le regard expressif traduit merveilleusement l’étonnement naïf, complètent l’expression graudiose de l’ensemble. Mais si l’on s'arrête aux détails, on ne tarde pas cependant à être frappé de certains défauts, sensibles et quelquefois graves : l’ordonnance delà composition n’est point irréprochable, les dimensions des personnages ne sont point proportionnées, la figure de Charles-Quint laisse beaucoup à désirer, la gamme de tonalité des plans divers n’est point observée, la confusion et le désordre] régnent; dans l’ensemble de cette vaste composition, l’intérêt est disséminé au lieu d’être concentré sur le motif principal ; la lumière est aussi trop également distribuée sur tous les groupes et à tous les plans; enfin certains sujets manquent d’originalité, de caractère et de personnalité. Tout cela brossé est d’une façon un peu sommaire, hâtivement, continu, trop monotone. C’est un groupement grandiose et surprenant, qui semble fait par deux ou trois Vasari, rompus à toutes les conventions, groupement de plusieurs morceaux faits soigneusement, afin de cacher plus facilement les mailles de recollement.

On est séduit par les apparences, par l’extrême facilité, par les côtés brillants de la couleur, mais quand on examine avec attention, on regrette que le sujet n’ait point été plus profondément creusé et que l’artiste n’ait point apporté plus de soins et d’attention à l’exécution.

Pourtant, M. Makart est incontestablement une personnalité, il a une science de composition, un sentiment très- développé de la couleur, une habileté extraordinaire de facture; c’est un décorateur habile qui couvre avec facilité des surfaces énormes, c’est un homme d’une mémoire et d’une érudition artistique sans pareille. Les deux portraits de femmes exposés par le même artiste font les délices des amateurs. Us sont en effet charmants, et ils séduisent par le goût qui a présidé à l’arrangement, par le brillant de la facture ; mais là encore, on voudrait plus d’observation du caractère, plus d’originalité, plus de profondeur.

Le nouveau tableau de M. Munckacsy, Milton, dictant le Paradis ‘perdu a ses filles est l’œuvre capitale de l’exposition hongroise. Depuis 1869, M. Munckacsy n’a point déserté nos salons de peinture, il habite Paris et est, pour ainsi dire, un artiste parisien. Il a obtenu de nombreux succès parmi les amateurs, mais jamais jusqu’à présent, il n’avait abordé avec autant de bonheur une toile

aussi importante. Il y a dans Milton un grand effort, aussi bien dans la composition que dans la facture ; les têtes sont étudiées avec beaucoup de soin et les caractères rendus avec un grand bonheur. C’est une œuvre superbe dans laquelle M. Munckacsy a réuni les qualités si particulières de son talent vigoureux et original. Les amateurs qui recherchent et apprécient surtout dans un tableau la forme, les qualités pour ainsi dire matérielles de la peinture, ne se montrent pas moins satisfaits que ceux qui goûtent plus particulièrement la profondeur, le charme ou l’esprit de la pensée qu'a voulu rendre l’artiste. Cette touche ferme et solide, cette couleur opulente et si harmonieusement mariée correspondent merveilleusement à la gravité, à la poésie mélancolique de cette scène émouvante. La figure du poète aveugle est admirablement belle. A défaut des yeux vides, on lit sur ce vaste front, sur ce visage pâli par la souffrance, quarante ans d’un travail opiniâtre.

Le Portrait de l’artiste dans son atelier et les Fiancés , deux toiles assez remarquables du même artiste, sont bien inférieures au tableau que nous venons de décrire.

M. Jules Benczur, peintre hongrois, expose une composition historique représentant le Baptême du roi Etienne de Hongrie, brossée assez habilement dans la manière large et colorée des peintres vénitiens.

V Union de Lublin, li Cloche de Sigismond à Cracouie de M. Matejko, sont deux toiles historiques, très-pittoresques d’allures et d’une couleur excellente. Us ne paraissent pas souffrir du voisinage du tableau imposant de M. Makart. M. Matejko est doué d’un talent vigoureux, d’une main expérimentée, mais il est un peu conventionnel et a le défaut d’abuser un peu trop des couleurs vives. On se porte volontiers devant les deux toiles originales de M. Cermack, mort, hélas! la veille de l’ouverture de l’Exposition : Funérailles dans le Monténégro et Fugitifs herzègoviniens. Ces tableaux sont connus des Parisiens depuis quelques années, et l’on regrette vivement la mort de cet artiste, dont les œuvres récentes, très-appréciées, prouvaient le, développement progressif d’un véritable tempérament artistique.

Les portraits sont assez nombreux dans l’exposition autrichienne. Sur cent toiles environ, on peut compter trente portraits, dont quelques-uns sont intéressants. Je citerai, par exemple, deux portraits de femmes de M. d’Angeli le portraitiste officiel de la haute société viennoise. Nous signalons entre autres le portrait de madame la comtesse Mielzynska, de madame Schwabe, de la Princesse Hélène de Schleswig. Viennent ensuite, en première ligne aussi, un portrait du général Landon par M. Lallemand; un portrait d’homme et un portrait de femme, en costume flamand du temps de Rubens, par M. Canon; et le portrait du peintre Rudolfalt, par M. Christian Griepenkerl.

Les tableaux de genre assez nombreux, sont loin d’avoir un caractère particulier; pourtant ils sont encore intéressants comme composition ou comme facture. Les plus remarquables sont les Fugitifs et la Maison mortuaire de M. Kursbaüer, la Cithariste de M. Defregger, les Paysans tyroliens de M. Defrejjy, le Sans patrie de M. Schmidt; une Gare de chemin de fer de M. Karger, la Tireuse de cartes de M. Probst; les Natures mortes de M. Charlemont; la Tireuse de cartes de M. Gy et les tableaux de MM. Robel, Schrodt, Schon et Gall.

L’AUTRICilE-HONGRIE.

^Les paysages sont en général froids et monotones. Les meilleurs se trouvent dans la section autrichienne, où l’on rencontre les paysages hollandais de M. Jetter, Ribarz, Blau, Robert, Russ; et dans la section hongroise, eeux de Fitzypood, Mezzoli et Pall.

La sculpture, en Autriche-Hongrie, pas plus que la peinture n’a de caractère original, cependant on y voit, et en assez grand nombre, des sujets dignes de fixer l’attention.

Nous signalerons entre autres, la statue en bronze de Beethoven, et le groupe Prométhée, par M. Zumbusch, professeur de l’Académie de Vienne; la statue en plâtre de l’empereur d’Autriche par Tilgner; la statue en marbre de Michel- Ange, le buste en bronze du comte Édouard Zichy par Wagner; Albrecht Durer par Antoine Schmidgruber. Viennent ensuite les statues en pierre de Cundmann ; les bustes de Frédéric Beer et les statuettes en plâtre de M. Costenoble. Les aquarelles, modèles d’architecture et gravures sur médailles complètent cette intéressante exposition.

Enseignement. — En 1867, on ne comptait en Autriche que six universités, quatre complètes : celles devienne, Prague, Gratz, Cracovie, et deux incomplètes, c'est-à-dire sans Faculté de médecine, savoir : Innspruck et Lemberg. Aujourd’hui, il en existe sept, dont cinq complètes, qui sont : celles de : Vienne, Prague, Gratz, Innspruck et Cracovie et deux incomplètes : celles de Lemberg et de Czernowitz.

Le bugdet des universités était en 1867 de 1.242.088 florins (3.105.200 fr.), nous verrons plus loin ce qu’il est aujourd’hui.

En 1867, à l’université de Vienne, que nous prendrons pour exemple, le nombre des professeurs titulaires était de 66, celui des professeurs supplémentaires de 31, et celui des agrégés ou Privat-Docentem , de 72, ce chiffre est aujourd’hui de 80, 44 et 91, ce qui indique le nombre de nouvelles chaires qui ont été créées à cette université.

C’est pendant la période décennale de 1868-1877 qu’a été fondée une nouvelle université, à l’extrémité orientale de la monarchie. Depuis un siècle, il n’avait été créé en Autriche qu’un seul établissement de ce genre, savoir l’université de Lemberg en 1874; d’autre part, le nombre des universités existantes avait été diminué de deux : celle de Salzbourg, disparue en 1810, après avoir existé deux siècles, et celle d’Olmutz, supprimée en 1835 et qui était déjà trois fois centenaire.

L’université d’Innspruck ayant été complétée en 1869, par l’adjonction d’une faculté de médecine, on songea dès lors à la réalisation d’un projet formé déjà depuis longtemps, celui de créer une nouvelle université.

Toutes les nationalités dont se compose l’empire, réclamaient cette faveur. Ainsi, à Zara, et à Trieste, on demandait une université italienne; les Slaves du sud en désiraient une; les Tchèques également; la Moravie de même, etc. Le gouvernement se décida pour Czernowitz. Le décret de fondation de cette université, qui porte le nom de François Joseph, est du 30 septembre 1875.

Le nombre total des étudiants dans les universités autrichiennes se monte à 8.897 dont 1.777 étrangers; dans les hautes écoles techniques, il est de 2,894, dont 414 étrangers.

Les dépenses de l’État, pour ces universités se sont élevées en 1877 à 3.155,924

florins; pour les écoles techniques, à 971,553 florins, et pour les trois facultés de théologie de Salzbourg, d’Olmutz et de Vienne, facultés indépendantes, à 61.860 florins : total, 4.169.337 florins (10,423.342 fr.).

En Hongrie, la somme employée dans le même but, ne se monte qu’à 1 million.

Les universités hongroises ont leur siège àBuda-Pesth, KlausenbourgetAgram.

Les écoles techniques supérieures, se trouvent à Vienne, Gratz, Prague (deux) Brünn, Lemberg et Buda-Pesth.

Il existe dans la monarchie un grand nombre d’établissements d’instruction publique et d’écoles spéciales. Ainsi dans les pays représentés au Reichscaht, on trouve 47 établissements théologiques, 1 école supérieure d’agronomie, à Vienne, 2 écoles supérieures des mines (académie des mines), 9 écoles moyennes d’agronomie, 26 écoles agricoles, 407 écoles de perfectionnement agricole,

3 écoles d’instruction œnologique et pomologique à Klasterneuburg, 21 écoles inférieures de pomologie, viticulture et jardinage, 2 écoles spéciales de culture du lin, une école supérieure de commerce et I école commerciale et maritime à Trieste, 3 académies de commerce, 1 école technique à Cracovie, 1 école d’art industriel à Vienne, 8 écoles industrielles appartenant à l’État, 4 écoles maritimes, 53 écoles commerciales, 63 écoles de perfectionnement industriel, et 79 écoles industrielles spéciales, 1 académie des beaux-arts à Vienne, f académie de dessin à Gratz, 1 école d’art à Cracovie. Dans les pays de la couronne hongroise, on compte 47 établissements pour l’enseignement de la théologie (des diverses confessions), 42 facultés de droit, 5 académies agricoles,

4 école minière et forestière à Schemnitz, 4 académie de commerce et un conservatoire de musique à Buda-Pesth, 4 école de dessin de modèles dans la capitale ; 3 écoles de mines, 8 écoles d’agriculture et de viticulture, 4 école agricole et forestière à Kreuz (Croatie). Il faut ajouter à cette nomenclature, les établissements d’instruction militaire tels que l’école de guerre, l’école supérieure d’artillerie et du génie à Vienne, l’académie militaire de Wiener à Neustadt, l’académie technique militaire, à Vienne, l’école de la marine à Finme, l’école de la Landwehr à Buda-Pesth, etc. Le tableau qui suit donne un aperçu de l’état actuel de la branche enseignement en Autriche-Hongrie.

Écoles primaires. .

Gymnases .

Gymnases dits Hênlgymnnsien . . . .

Écoles réelIesfRéalschulen) .

Universités

Enseignement supérieur .

t Écoles .

Autriche.

Hongrie.

j Professeurs . .

( Élèves . .

( Établissements .

] Professeurs . .

( Élèves .

1 Établissements .

' Professeurs .

( Élèves . .

( Établissements .

] Professeurs .

( Élèves .

i Établissements .

j Personnel enseignant . . .

( Étudiants .

1 Établissements .

} Personnel enseignant. . .

( Étudiants .

L’AUTRICHE-HONGRIE

\oici le nombre total des écoles primaires, secondaires et supérieures, le chiffre de leur personnel enseignant et de leurs élèves dans les deux parties de la monarchie.

Il y a, en Autriche, 15,166 écoles primaires, 56,111 professeurs et 2,134,683 élèves.

En Hongrie, les écoles primaires s’élèvent à 16,499, fréquentées par 1,595,553 élèves où l’instruction est donnée par 23,542 professeurs.

Le nombre des gymnases en Autriche est de 91, où l’enseignement est donné par 1786 professeurs.

Le chiffre des écoles primaires des pays de la couronne de Hongrie était en 1875 de 16,499 ayant 23,542 instituteurs et 1 ,595,553 élèves; il y avait en outre dans la Hongrie proprement dite, 202 collèges où fonctionnaient 2,534 professeurs et que fréquentaient 38,074 élèves. Les pays de la couronne de Saint- Étienne possèdent 3 universités où fonctionnent 265 professeurs et que fréquentent 3708 étudiants ; une école polytechnique où fonctionnent 51 professeurs et qui est fréquentée par 718 étudiants, puis 47 lycées de théologie de différentes confessions, 12 facultés de droit, 5 collèges d’agriculture, une école des mines et d’économie forestière, une académie de commerce, une de musique, une école centrale de dessin, 3 écoles primaires agricoles, 8 d’agronomie et de viticulture et une école enfin, que fréquentent les employés forestiers.

En outre, il existe encore des établissements spéciaux pour l’instruction militaire.

Pour être à même de constater les progrès réalisés à l’égard de l’instruction publique en Hongrie, il faut remonter à l’année 1869, époque dans laquelle entra en vigueur, la nouvelle loi sur renseignement élémentaire.

Dans l’intérêt, de l’enseignement, le gouvernement publie les livres reconnus nécessaires et pourvoit en partie les écoles de tout le matériel nécessaire à Renseignement.

Dans l’intérêt des instituteurs et de l’industrie, il a encore fondé un musée d’objets propres à Renseignement, dont le but est d’offrir la possibilité de comparer les méthodes d’instruction dans le pays avec celles usitées dans les pays étrangers ce qui permet aux instituteurs aussi bien qu’aux municipalités de se former un jugement à cet égard, c’est aussi ce qui les porte à entreprendre des améliorations fréquentes. Ce musée renfermait déjà en 1876 plus de 3000 livres d’école et objets d’enseignement.

Outre le musée scolaire, il existe à Buda-Pesth un Dépôt d’instruments, d’enseignement qui est rattaché à une fabrique, sous la surveillance de ce musée.

Dans plusieurs écoles primaires supérieures, il se donne des cours agricoles et industriels. En faveur de l’éducation des classes moyennes et inférieures, on a établi des écoles d’adultes et 'fondé des bibliothèques populaires. Des caisses d’épargne scolaires ont été fondées, mais avec peu de succès.

Outre ces écoles, il y a à Buda-Pesth : un musée national, — une école centrale de dessin, — un conservatoire de musique, — une école de déclamation.

En vue de l’extension de Renseignement public, le parlement a voté en 1877, un crédit de 10,278,000 fr. En outre, nombre d’écoles supérieures, secondaires et de séminaires entretenues par diverses sociétés religieuses, sont dotées soit

parle concours des communes, soit par l’initiative privée, de plus de 18.750,000 francs sans compter les 5,000,000 de francs qui sont accordés annuellement en faveur de l’enseignement par les fondations religieuses et scientifiques administrées par le ministre des cultes et de l’instruction publique.

L’exposition de l’enseignement de la monarchie austro-hongroise occupe une place importante au Champ -de-Mars. L’enseignement des arts du dessin, depuis vingt-cinq ans surtout, a pris un très-grand développement dans tous les grands centres de ce vaste territoire l’enseignement du dessin est devenu obligatoire dans toutes les écoles primaires et un grand nombre d’écoles libres ont été créées, ainsi que des musées d’art décoratif.

Les premières classes du 2° groupe, éducation de l’enfant, enseignement primaire et adultes, organisation et matériel de l’enseignement secondaire, méthodes et matériel de l’enseignement supérieur, méritent d’appeler l’attention de tous ceux qui s’occupent des questions d’enseignement, les plus intéressantes pour le développement des arts industriels.

L’intérêt que le gouvernement austro-hongrois porte au développement de l’enseignement des arts du dessin, les encouragements nombreux dont cet enseignement est l’objet, ont déjà porté leurs fruits; l’extension prise par l’industrie depuis dix ans est le premier résultat obtenu ; les progrès réalisés sont considérables et n'échappent à aucun des visiteurs.

Dans les notices qui accompagnent le catalogue de l’exposition austro-hongroise, la commission royale le constate en ces termes :

Les industries qui reposent sur les applications pratiques du dessin et de modelage ont trouvé dans les heureuses dispositions de la population autrichienne de favorables conditions et ont, dans ces dernières années, pris dans leurs diverses branches un développement remarquable.

Parmi les instituteurs qui ont contribué au développement de l’art industriel, le premier rang appartient au musée I. R. autrichien pour l’art et l’industrie, à Vienne, ainsi qu’à l’école d’art industriel annexée à ce musée. Puis viennent les différentes écoles professionnelles fondées par le ministère du commerce et dépendant du musée autrichien, lequel leur sert pour ainsi dire, de centre artistique. Le nombre de ces établissements professionnels, en tant qu’établissements possédant un caractère artistique est de 41, dont 21 écoles pour la sculpture sur bois et le travail de la pierre, 6 écoles pour l’industrie du verre et de la céramique, 3 pour les industries des métaux, 9 pour les industries textiles et 1 pour la peinture et la fabrication des jouets d’enfants.

Dans tous ces établissements, l’étude du dessin et du moulage dans leurs applications aux diverses industries est l’objet de soins particuliers; l'enseignement obligatoire du dessin dans toutes les écoles 'primaires prépare* d’ailleurs à ces écoles. »

Imprimerie et librairie. — L’imprimerie a son siège principal à Vienne où se trouvent les plus grandes imprimeries ayant des presses mécaniques et à vapeur ainsi que des machines pour l’impression du papier sans fin. Puis vient Prague et ensuite les principales villes de l’Empire.

Depuis 1865, grâce au développement considérable des publications périodiques, etc., l’imprimerie a pris, notamment à Vienne, une extension considérable

L’ AUTRICHE-HONGRIE

sous le rapport de la production, du chiffre d’affaires et du nombre des établissements.

En 1865, on ne comptait à Vienne que 53 imprimeries, à Prague 17, aujourd’hui ce nombre s’est élevé à 112 pour Vienne et à 31 pour Prague.

Par suite, la fonderie de caractères a pris un rapide essor.

La libraifie embrasse la vente des ouvrages de fonds, des ouvrages de réssorliment et des ouvrages d’occasion. Les éditeurs sont pour la plupart à Vienne et grâce au développement progressif de l’instruction, leurs ouvrages, d’ailleurs très-recommandables, trouvent non-seulement à l’intérieur mais aussi à l’étranger, un débit considérable qui va toujours croissant.

Le nombre des journaux et écrits périodiques qui paraissent en Autriche s’est élevé en 1875 à 876, dont 293 traitant de matières politiques. La plus grande partie appartient à Vienne et à la basse Autriche (359) vient ensuite la Bohême avec 195 écrits périodiques. De ces publications 591 sont en langue allemande.

La Hongrie compte 208 imprimeries, dont 51 à Buda-Pesth, 138 dans la province, y compris la Transylvanie, et 19 en Croatie (Esclavonie).

Ces 208 imprimeries occupent 1052 compositeurs, 165 machinistes, 100 imprimeurs et 32 fondeurs. Le nombre des presses à grande vitesse est de 333, celui des presses à main de 190, celui des machines à fondre les caractères de 26.

Les progrès réalisés par l’imprimerie ont forcé la lithographie à marcher du même pas, aussi ses produits rivalisent-ils avec ceux de cette première industrie.

Parmi les ouvrages les plus remarquables qui figurent dans l’Exposition de l’Autriche-Hongrie, nous remarquons les belles éditions deM. Guillaume Braumüller ; Édouard et Robert Siéger, de Vienne, l’Exposition collective des libraires imprimeurs de Vienne et de Prague; de M. Fromme Cari, de Vienne et l’Exposition collective des libraires et des éditeurs de Lemberg; les livres et les épreuves lithographiques de la Société d’imprimerie hongroise ainsi que l’exposition de M. Czéh Alexandre, imprimeur hongrois.

Papeterie, reliures, matériels des arts de la peinture et du dessin. — La fabrication du papier a fait des progrès considérables. Le travail technique y a atteint toute la perfection à laquelle cette industrie est arrivée aujourd’hui. La production s’est accrue, et possède d’excellents débouchés notamment à l’intérieur. A la fin de 1877, il existait en Autriche 144 fabriques de papier à la machine contenant 200 machines ainsi réparties : Bohème 52 fabriques avec 69 machines; basse Autriche 23 fabriques et 33 machines; haute Autriche 15 fabriques et 22 machines; Tyrol 12 fabriques et 16 machines; Styrie 11 fabriques avec 16 machines. Le reste en Moravie, Galicie, Silésie, Carniole, Carinthie, le littoral maritime et Salzburg. Il existe en outre 70 moulins à papier avec 140 cuves.

L’ensemble de la production de l'Autriche atteint annuellement environ 700.000 quintaux métriques de papier. L’exportation de tous les genres de papiers est en progression constante; en effet, elle était en 1872 de 91.777 quintaux métriques, tandis qu’en 1877, elle a atteint 190,933 quintaux.

La fabrication des cartes à jouer est importante en Autriche (notamment à

Vienne et à Trieste). En 1876, il a été timbré en Autriche, 1,088,104 jeux de cartes dont 711,178 dans la basse Autriche seulement.

L’industrie de la reliure a dans ces dernières années, trouvé dans l’accroissement incessant des moyens d’instruction et dans F augmentation de la consommation un travail rémunérateur et une occasion favorable de développer ses moyens de production. Cependant en général, la reliure de luxe n’a qu’une minime importance. Le principal siège de cette industrie est à Vienne.

Dans les travaux de cartonnage à la manière française, l’Autriche ne peut pas encore lutter contre la concurrence de la France et de l’Allemagne, cependant, il y a du progrès ce qui fait bien espérer pour l’avenir.

La fabrication des plumes d’acier n'est représentée que par un seul établissement, quelques fabriques et quelques petites industries s’occupent de la fabrication des aciers; la fabrication de la cire à cacheter a, dans ces derniers temps presque complètement battu la concurrence étrangère. Elle est représentée à Vienne, Prague et Gratz.

Malgré l’excellence de la matière première et malgré des conditions favorables de production, il n’existe qu’une seule fabrique importante de crayons, de mines de plomb et de pastels. Elle a son siège à Rudweis et fabrique aussi des ardoises élastiques.

Dans cette classe, nous appelons toute l’attention sur les belles reliures de M. Léopold Groner et de Kritz Franz, de Vienne; ainsi que sur celles encore plus remarquables de M. Steinbrener, de Winterberg, Bohème; les albums de M. Jules Franke, la fabrique de crayons de M. Hardtmuth; la papeterie de Leykam-Josefsthal, de Gratz et de M. Schôglmühl, de Vienne; et sur l'appareil à copier de MM. Bauer et Ce.

L’appareil auto -poly graphe de MM. Bauer peut reproduire dans un très-court espace 50 et plus de copies d’écriture, dessin, notes de musique et en deux couleurs à la fois. Son usage est simple et facile. Il suffit de mettre sur l’appareil une simple feuille de papier, d’y tracer à sec avec une plume ou un crayon ce que l’on veut écrire ou dessiner et l’on obtient l’épreuve primitive. On applique cette épreuve sur un papier buvard mouillé, on appuie avec ou au moyen de la presse à copier et la reproduction est instantanée. Cette manière de reproduction peut se multiplier 50 fois avec un peu de soin et d’habileté.

La fabrique de crayons de M. Hardtmuth a été fondée à Vienne en 1790; et a été transférée à Budweis en 1 848. Elle utilise deux machines à vapeur de la force de 100 chevaux et occupe 500 ouvriers; la papeterie de Leykam-Josefsthal a été fondée en 1870, occupe 1500 ouvriers et sa production annuelle atteint le chiffre respectable de 2,400,000 florins; la fabrique de reliures de M. J. Steinbrener a été fondée en 1855, occupe 150 ouvriers et produit annuellement 2,000,000 de reliures.

La Hongrie compte aussi un grand établissement de reliure qui appartient à M. Charles Louis Hosner, occupe 110 ouvriers et produit 450,000 francs par an.

Application usuelle des arts, du dessin et de la plastique. — Parmi les branches d’industrie rentrant dans la classe ci-dessus, la sculpture sur bois doit être citée en première ligne. On trouve des sculpteurs dans la plupart des provinces de la monarchie, notamment dans les contrées des Alpes. Ils travaillent à domicile. L’industrie forestière autrichienne leur fournit un excellent

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matériel. Cette industrie est surtout très-répandue dans le Tyrol, où depuis un temps immémorial, on confectionne toutes sortes de meubles et d’objets de décoration pour églises.

La plupart sont faits à la maison comme industrie domestique auxiliaire. Les centres les plus importants de cette fabrication lnnspruck, Imst, le Crodnerthal, Taufers, Clés dans le Tyrol, puis Hallstadt dans la haute Autriche et les contrées montagneuses de la Bohême.

Les excellentes espèces de marbre qui existent presque partout dans les Alpes, sont encore peu utilisées. Depuis quelques années seulement il existe une exploitation à Laas dans le Tyrol où se trouvent des marbres blancs et résistent aux intempéries des saisons.

La peinture sur porcelaine est encore peu développée en Autriche, ou la production de la porcelaine est bien limitée.

La renaissance de l’art industriel a eu pour conséquence de développer les industries de la gravure, de l’émaillage et du guillochage. Le siège principal de ces industries est à Vienne. Leurs principaux produits sont le^ fer pour la reliure, puis viennent la gravure en médailles, sceaux, armoiries et en lettres, gravures sur or et pierres fines, et les travaux d’émaillage.

La chromo-lithographie a pris, à Vienne dans ces derniers temps, un développement considérable. Elle produit d’excellents travaux, dont la consommation intérieure ainsi que l’exportation va toujours en augmentant. Comme travail artistique populaire, nous devons mentionner la peinture à l'huile à Reichenau, près de Gablonz (Bohême). Elle exécute surtout des sujets religieux d’après “divers modèles et occupe environ 200 personnes.

Il faut encore noter les reproductions galvanoplastiques qui sont exécutées à Vienne sur une grande échelle, tant pour les besoins de la typographie que pour la fabrication d’articles spéciaux.

Les objets les plus remarquables à observer dans cette classe sont les suivants : Un relief en bois, représentant la seconde bataille de Guinegatte (1515) d’après l’original de A. de Collins, exécuté par M. Jean Graber ; paysage gravé en or de diverses teintes de M. Cari Linzbauer; vignettes et caractères à jour de M. Joseph Luzansky; les peintures sur soie de Mlle Fanny Pausinger ; les figures en terre cuite de M. Jean Bordorf, les statues et reliefs de M. Ferdinand Stufleser; les dessins et modèles de l’école de dessin de Trieste; une cheminée en marbre de l’ingénieur Giulio Torelli; les études faites au Japon par MM. Stilfried et Andersen ; et enfin le coffret avec figures allégoriques en argent, monté en lapis lazuli et labrador de M. Jauner Heinrich, exécuté sur commande de l’empereur François Joseph. Ce coffre est digne de tout intérêt, soit pour le fini du travail que pour la pureté du dessin.

La Hongrie n’expose rien d’intéressant dans la classe XI.

Photographie. — ■ La phographie de portraits est assez bien représentée en Autriche. L’albertotypie, la photo-lithographie et l’héliogravure sont aussi en voie de progrès. Ces dernières méthodes sont actuellement employées à l’Institut militaire géographique I. R. de Vienne pour l’impression des cartes. Comme branches particulières de la photographie, nous mentionnerons encore les portraits sur émail et sur porcelaine, le procédé au graphite, ainsi que la zincograpliic et la photo-xylographie.

Un des éléments qui assurent à la photographie un grand développement est le commerce des objets d’art qui, notamment à Vienne, occupe un rang important. La société photographique de Vienne, fondée en 1861, édite un journal spécial.

Les principales choses à noter dans cette exposition sont les suivantes : Portraits et paysages de MM. Eckert et Müllern. de Prague; les lythophanies et photliographies sur verre et albâtre de M. Jugler, de Bozen; les hélio-miniatures de M. Stefani-de Lemberg, les papiers albuminés de M. E. Just, de Vienne; les plioto-lithographies de M. Joseph Lowy; les paysages japonais de M. Stillfried, de Yokohama, et les costumes nationaux de Kecskemet (Hongrie) photographies exposées par M. le docteur Borsos.

Instruments de musique. — Dans ces quarante dernières années, la fabrication des instruments à vent s’est considérablement développée. Vienne et Prague fabriquent des instruments en bois (flûtes et clarinettes), avec une grande perfection et produisent également d’excellents instruments en métal que l’on fabrique aussi à Kônigratz et à Pardubitz en Bohême. Les instruments à corde sont principalement construits à Vienne.

L’instrument autrichien par excellence est la cithare, qu’on fabiique à Vienne, Salzbourg et Innspruck sur une grande échelle.

La facture des pianos dont le principal siège est à Vienne, jouit d’une réputation ancienne très honorable qu’elle a su maintenir par des perfectionnements progressifs.

Une des spécialités de l’industrie autrichienne est l 'accordéon à main et Yharmonica de bouche. Il existe à Vienne 39 fabricants d '‘harmonicas et 26 industries auxiliaires occupant environ 700 ouvriers et produisant annuellement pour environ 1 million de florins; puis viennent les guimbardes de la haute Autriche (siège principal à Molln, près de Steyr); 30 petits fabricants produisent annuellement 2 millions de ces instruments.

Dans cette classe il faut remarquer avant tout les beaux instruments de musique en cuivre et en bois exposés par MM. V. F. Cerveny et fPc. Cette maison a été fondée en 1842. Elle fournit 98 musiques militaires allemandes et 60 en Russie. Viennent ensuite deux cithares, d’une construction nouvelle, exposées par MM. Kirclmer Gebrüder, de Vienne; les pianos de M. Dorrwilh; les instruments à corde de M. Ignace Bûcher, de Vienne, maison qui produit 30,000 instruments par an et 1000 cordes de cithares par jour; et enfin, il faut observer le violon et l'encrier de Haydn exposés dans la section hongroise par ses petites filles Emilie et Antoinette Polzelli.

Meubles. — Les forêts de la monarchie fournissent en abondance une matière d’excellente qualité, nécessaire à la confection de tous les travaux de l’industrie du bois. Pour les meubles ordinaires, on emploie le hêtre rouge, le chêne, le frêne, et pour les meubles de luxe, on emploie de préférence le noyer, le cerisier et le poirier et le beau bois d’érable de Hongrie ; ainsi que des bois précieux importés, c’est-à-dire l’acajou, le palissandre, l’ébène, etc. La fabrication des meubles est minime dans les grandes villes, son principal siège est à Vienne, dont les artistes trouvent d'abondants débouchés non- seulement dans la monarchie, mais aussi en Orient, en Russie, en Allemagne et

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dans d’autres pays. Il existait à Vienne en 1875, 40 établissements d’ébénisterie et 2000 petits industriels occupant plus de 10,000 ouvriers. La production qui en 1870 avait atteint 14,500,000 florins environ, a beaucoup diminué depuis

Une des plus importantes branches de ce genre d’industrie, est la fabrication de meubles en bois courbé, qui est exercée sur une grande échelle par deux maisons de Vienne, possédant 7 fabriques et de nombreux ateliers (8,000 ouvriers) en Moravie, Silésie et Hongrie septentrionale. Dans les années 1868 à 1877, l’exportation de meubles capitonnés s’est élevée à 388 quintaux métriques, celle des autres meubles à 4,732 quintaux, représentant une valeur de 4 à 5 millions de florins. Dans ces derniers temps, la fabrication des meubles en fer s’est développée en Autriche ; elle a son siège principal à Vienne et exporte surtout en Orient. La fabrication des coffres-forts et caisses incombustibles occupe une place importante dans l'industrie autrichienne et dans le marché universel.

C’est précisément dans le mobilier et accessoires, qu’on peut le mieux se rendre compte des progrès réalisés depuis dix ans. Parmi les meubles de luxe il y en a qui sont certainement fort remarquables comme goût et comme perfection du travail; mais les meubles à bon marché se recommandent aujourd’hui non-seulement par la qualité de la matière, le fini du travail, mais surtout par un goût plus relevé des formes.

L’exposition de la maison Kohn, Jacob et Joseph, qui fabrique des articles en bois courbé, est une de celles qui sont le plus remarquées par les visiteurs; et quoique de création récente (1869) elie a pris rapidement une grande extension. La production en 1870 ne s'élevait encore qu’à 500 pièces d’une seule espèce de meubles ; sa production hebdomadaire s’élève actuellement à environ 10,000 meubles de 150 espèces.

La maison Kohn, Jacob et Joseph, expose en outre des meubles sculptés et incrustés d’un style élégant, entre autres, un lit qui est une merveille.

Une seconde maison, celle de M. Thonet Gebrüder, expose aussi des meubles en bois courbé de bon goût et d'une parfaite exécution. La maison Thone entretient 5 fabriques principales et 16 succursales. Elle occupe encore l’industrie domestique des localités environnantes et donne ainsi du travail à 5.200 ouvriers.

Les usines de cette maison produisent journellement 2,100 meubles, dont 1,700 chaises et 400 meubles de fantaisie de divers genres.

Parmi les meubles sculptés, nous citerons les objets exposés par l’École artistique du musée autrichien et ceux des écoles spéciales du ministère I. R. du commerce; ceux de M. Demetz Ferdinand, directeur de l’école de sculpture sur bois de Saint-Ulrich; une psyché de M. Jackel; un ameublement de chambre à coucher de M. Auguste Knobloch ; une table mécanique d’après l’original qui se trouve au palais Pitti à Florence de M. Auguste Klein; une table de salon en ébène avec incrustations- de métal et de nacre exposée parM. Franz Kleiner; les meubles de M. Jean Baar et les billards très-remarquables de M. Zizula Gebrüder. Parmi ces derniers, il y en a un transformable à blouse et pouvant servir de table avec plateau de marbre.

Les travaux de tapisserie et de décoration sont aussi assez bien représentés EXPOSITION DE 1878. — TOME IX. 24

et démontrent aisément que cette industrie a fait des progrès considérables dans les dix dernières années.

La maison Philippe Haas et fils fait grand honneur à cette industrie. C’est une des premières fabriques d’Europe qui occupe 6000 ouvriers et qui produit 20,000,000 de francs par an. Elle expose des beautés surprenantes, entre autres deux tapis velours et or brodés à la main et dessinés par M., Hatzinger. Ces deux tapis coûtent 26,000 francs, mais leur prix n’est point exagéré, si l’on tient compte de la richesse de l’étoffe et de la pureté du dessin.

Viennent ensuite les objets sculptés et les tapisseries de M. Dràchsler; les objets artistiques de l’école industrielle du musée autrichien : les meubles de MM. Kowy et Iwinger; les sculptures sur bois de MM. Insam et Prinoth; et enfin les fragments d’un plafond de bois exécuté pour la salle du conseil municipal de Vienne, d’après les dessins de M. Schmidt exposés par M. Schonthaler, sculpteur à Vienne.

M. Antoine Fix expose ses chaises brodées or et velours d’un dessin excellent et d’une richesse hors ligne.

Cristaux, verrerie et vitraux. — L’industrie du verre en Autriche, occupe un rang exceptionnel; dans beaucoup d’articles, il faut le reconnaître, elle a le premier rang sur le marché universel, dans d’autres, elle est tout au moins une rivale avec laquelle il faut compter.

D’après la statistique officielle, en 1876, il existait en Autriche 177 verreries (sans compter celles qui fabriquent la petite verroterie) avec 273 fours à fusion et 1,663 creusets, occupant 7,100 ouvriers. Rien qu’en Bohême, on compte 93 verreries avec 137 fours, 962 creusets et 3180 ouvriers. Après la Bohême, viennent la Moravie et la Styrie qui fabriquent du verre brut.

D’après les rapports des jurys internationaux des précédentes expositions, l’industrie autrichienne du verre doit sa réputation au raffinement du verre brut, blanc et coloré. Ce dernier préparé d’abord dans des verreries, passe de là dans des établissements spéciaux qui le taillent, le gravent, le polissent, le décorent et le dorent, on y fait depuis l’article taillé courant jusqu’aux cristaux les plus fins.

En 1876, le seul arrondissement de Keichenberg comptait 2,222 établissements (la plupart très-modestes) occupés aux différents raffinages. La peinture des vitraux qui est représentée par Innspruck et par Vienne, est une branche spéciale qui relève de l’art industriel. La valeur totale de la verrerie autrichienne atteint au moins 25 millions de florins.

En ce qui touche le commerce extérieur de la verrerie austro-hongroise, l’exportation dépasse beaucoup l’importation. La valeur annuelle moyenne de cette dernière est de 2 millions de florins; elle comprend principalement la verrerie commune. L’exportation, au contraire, qui embrasse toutes sortes de verrerie, notamment les articles fins et raffinés, s’est élevée en 1877 à 234,519 quintaux métriques, représentant une valeur de 16,024,840 florins. En 1875, le maximum a atteint 250,631 quintaux métriques, représentant une valeur de 19,166,730 florins.

Cette année, comme aux expositions précédentes, malgré les pièces remarquables exposées par les cristalleries anglaises ou françaises, on peut dire que

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l’Autriche n’a point de rivale dans ce genre de fabrication, et ses produits sont hors ligne sous le rapport du bon goût et de leur perfection technique.

Il est impossible de rien voir de plus parfait que la verrerie fine, les lustres et les candélabres de la fabrique de MM. J. et L. Lobmeyr; du reste, les dessins des produits de cette maison sont dus en partie aux premiers artistes de Vienne, tels que M. Hausen; architecte du gouvernement, Schmidt, etc. : les décorations d’un grand nombre de vases sont composées par MM. Machytha et Schmoraux, Rehlender, Lalb, etc. L’orfèvrerie a été exécutée par M. Ratzersdorfer, la moulure en bronze par MM. Segmund, Wand et Hanusch. Parmi les objets les plus remarquables, je citerai un verre d’eau avec plateau, dédié à l’Hôtel-de-ville de Vienne, exécuté d’après une composition de l’architecte Fr. Schmidt. Ce travail admirable, d’un dessin élégant et léger, est décoré en argent ciselé, pierres dures, corail, etc. Vient ensuite un service, dédié à l’empereur d’Autriche, d’une légèreté sans pareille, et décoré de gravures d’une finesse et d’une élégance comme on en voit rarement.

Les 4 usines Lobmeyr occupent 2,000 ouvriers et leur produit annuel est de 10,000,000 de francs.

Je signalerai les cristaux extra-fins et les verres irisés de M. Schmidt Joseph d’Annathal (Bohême), verres présentant les véritables couleurs de l’arc-en-ciel; les verreries et cristaux de M. Julius Muhlhaus et Ce, de Haida; enfin de magnifiques vitraux, style renaissance pour une église de Rome, par M. Albert Neuhauser d’Innspruck.

La verrerie hongroise de Jean Kossuch est assez remarquable pour sa production de bouteilles et d’ustensiles en verre à bon marché, cet établissement a 4 fourneaux, une machine à eau de la force de 22 chevaux, sa production annuelle est de 750,000 francs environ.

Céramique. — L’Industrie céramique est aussi en progrès et dans ces derniers temps, elle a atteint un développement considérable. En ce qui concerne le goût dans l’exécution et le caractère artistique des produits, les efforts tentés dans ces derniers temps ont favorablement réagi sur cette industrie.

Les 25 fabriques de porcelaine sont toutes situées en Bohême et en Hongrie. En 1870, la céramique autrichienne occupait environ 4,000 ouvriers et la valeur de ses produits atteignait 1 ,700,000 florins.

En ce qui concerne le commerce extérieur de la monarchie, la balance est à peu près égale entre l’importation et l’exportation.

Dans la section autrichienne, MM. Fischer et Mieg, de Carlsbad (Bohême) exposent de beaux vases, des services très-fins et surtout un grand plat de porcelaine imitant le Japon. Cette fabrique occupe 900 ouvriers et sa production moyenne est de 2,000,000 de francs. M. Fischer est le fondateur d’une école céramique qui a trois ans d’existence.

Viennent ensuite Haas et Czjzek, Erndt Bernard, Schütz Ludwig, Zosche Joseph et François Slowak, dont les produits sont tous intéressants.

La Société anonyme pour la fabrication des briques de Wienerberg expose une quantité considérable de briques et d’objets d’art en terre cuite, tout à fait remarquables.

La céramique est très-bien représentée dans la section hongroise. Les créations et les ornementations de MM. Fischer remplissent une' salle imitant

toutes les porcelaines et faïences du monde. Les faïences émaillées de M. Guillaume Zsolnay méritent toute notre attention pour ses ornements d’un léger relief à couleurs vives, tout à fait originales. La Commission japonaise en a acheté une grande partie. La Société minière et de briques de Pesth expose plusieurs échantillons de briques pour différents usages. Ces briques sont d'une forme élégante, d’un grain fin et avec arêtes vives.

Tapis et tapisseries. — L’industrie viennoise fournit des étoffes d’ameublement d’une fabrication soignée et pleine de goût.

La maison de Philippe Haas n’a pas de rivale en Europe. Elle a des succursales à Berlin, Londres, Paris, Naples, Milan, Constantinople et dans presque toutes les grandes villes d’Europe. Son exposition de tissus, tapis, portières, etc., n’est pas seulement remarquable, elle est splendide.

Il faut encore remarquer les tapis de Smyrne et de Bruxelles, de M. Ginzkey de Maffersdorf, les tissus imprimés de M. Bossi; et enfin les beaux tapis brodés de M. Charles Giani, dont les dessins sont admirables.

Orfèvrerie. — Le siège principal de l’orfèvrerie autrichienne est à Vienne, où le goût de la population et l’affluence des étrangers aident puissamment cette industrie.

Le principal exposant de cette classe est M. Klinkosch qui nous fait voir de l’orfèvrerie de table d’un luxe et d’un fini qui ne laissent rien à désirer. Du reste, tout est fabriqué dans ses ateliers. Ses travaux repoussés sont d’une beauté surprenante. Il y a encore des jardinières, des plats ciselés, imitation duxv0 siècle des services de la Renaissance et enfin deux plats ciselés qui appartiennent au comte Edmond Zichy. Tous ces objets démontrent d’une manière irréfutable que M. Klinkosch est un véritable artiste. Il occupe 300 ouvriers.

Bronzes d’art. — L’industrie autrichienne du bronze, quoique de création récente, marque des progrès sensibles surtout au point de vue du goût et du style, dans cette industrie comme dans l’orfèvrerie l’influence de l’enseignement des arts du dessin a déjà donné des résultats intéressants à signaler. Il existe à Vienne, depuis plusieurs années une « Société de l'industrie du bronze. » Elle décerne chaque année des prix pour travaux de modelage, de repoussage, de ciselage et de gravure, ainsi que pour des dessins de modèles.

Il existe à Vienne une importante fonderie àrtistique appartenant à l’État.

Dans cette classe il faut citer en première ligne MM. Dziedzinski et Hanusch qui ont un assortiment complet de lustres et de candélabres d’une beauté extraordinaire, entre autres, deux de ces derniers qui ont été commandés par le théâtre impérial de la Burg. J’ai encore noté un secrétaire en ébène avec inscrustations, pendule et toute une magnifique garniture pour écritoire.

Viennent ensuite MM. Rôhlich et Ponninger qui exposent aussi toute une collection d’objets d’art, parmi lesquels je remarque deux figures monumentales en bronze pour les coupoles des nouveaux musées de Vienne, les statues de Raphaël et de Schiïbert et enfin une grande et magnifique fontaine en bronze d’un style élégant et d’une beauté saisissante; Inaz Dorfel qui expose un service émaillé, fond bleu, un miroir avec corniche ciselée et un plateau avec coupes en cuivre d’une grande beauté et d’une finesse hors ligne ; Cari

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Linzbauer, un paysage polychrôme, propriété de l’empereur, gravé d’après une nouvelle méthode inventée par lui. Il s’agit de différents métaux superposés et gravés après. Cette invention se prête admirablement pour les nuances et l’effet en est saisissant.

Cette exposition est excessivement riche et il me faudrait beaucoup d’espace pour faire remarquer tout ce qu’il y a de beau, c’est pourquoi je me borne à signaler les noms des principaux exposants : Auguste Klein, François Bergman, Jean Bambula, Antoine Bolin, Jaegor et Thiel, C. Lux et Georges Dauberger.

La serrurerie d’art est aussi très-remarquable, aussi je vous engage à visiter les belles grilles de M. Albert Milde; les beaux candélabres de M. Wagner; l’exposition de M. Wilhem Ludwig, Joseph Steiner et SteineretE. Gschmeidler.

Les gravures en acier de M. Jean Schwerdtner marquent un véritable progrès.

M. Charles Waschmann expose une tasse en argent repoussé, d’un seul morceau, représentant le Triomphe de Psyché et de Cupidon qui coûte 2,000 fr. ce qui n’est pas d’un prix élevé, si l’on considère la beauté et la finesse du travail.

La Hongrie expose peu de chose, il faut pourtant remarquer deux bustes en bronze du Monténégro de Ivan Rendic et une balustrade en fer forgé, d’Alexandre Arkay (propriété de M. le comte Aladac Andrassy).

Appareils et procédés de chauffage. — Le développement qu’ont pris les travaux de construction à Vienne a puissamment contribué à l’essor de la fabrication des cheminées, poêles, etc. La maison Rigler, Adolphe et Cie expose des poêles et des cheminées en majolique d’un goût parfait et d’une richesse extraordinaire.

Horlogerie. — L’horlogerie marque aussi un progrès. La Société des horloges pneumatiques brevetées expose plusieurs modèles de cette intéressante invention.

Par le moyen d’une faible canalisation de tubes en plomb ou en fer de 15 à 25 millimètres de diamètre, partant du centre aux extrémités, le moteur central envoie l’impulsion aux horloges réceptrices en distribuant sur son parcours, l’heure dans les maisons, comme sur la voie publique, ainsi que fait une compagnie de gaz pour la lumière. Relié à l’observatoire dont il reçoit l’heure exacte chaque jour, le moteur central transmettra donc invariablement l’heure astronomique à ces horloges.

Contrairement à l’électricité, l’air comprimé ne saurait avoir d’irrégularité ni des caprices, puisque l’air comprimé est soumis à des moyens mécaniques.

Le système horaire opérant soit par un moteur central unique, soit par plusieurs moteurs reliés entre eux, placés sur divers points d’une ville, résout le problème de l’heure unitaire, c’est-à-dire la faculté de donner la même heure sur tous les points d’une ville, gare, usine, etc., quelle que soit son étendue.

Le fonctionnement des horloges réceptrices est des plus simples. Une roue pour chaque aiguille, puis un levier ; celui-ci reçoit la pression expédiée par la centrale, et en se soulevant, fait avancer une roue d’un cran qui vaut une minute.

Maroquinerie, tabletterie et vannerie. — L’industrie de la maroquinerie a pris un développement considérable que nous sommes heureux de pouvoir cons-

tater. Cette industrie a son siège principal à Vienne. Plusieurs maisons viennoise? ont obtenu dans cette fabrication une grande perfection. Celte exposition est tout à fait remarquable au point de vue du goût et du fini du travail.

Les maisons Léopold Groner, Auguste Klein; François Kritz; Joseph Osterritter; Édouard Siéger; J. Weidman; François Hiess et Ludwig Hartmann exposent une série si variée d’objets qu’ils ne craignent aucune concurrence.

M. Adolph Wunsch, de Trieste^expose un bouquet et une parure en perles fines, mi-perles et fleurs en nacre d’une beauté et d’une difficulté extraordinaires. Le bouquet coûte 60,000 francs et la parure 6,000.

Les fleurs, perles enricbies de perles fines et de pierres précieuses sont le produit de l’utilisation et de la combinaison artistique de la coquille de perles dans ses formes courbes et ses nuances naturelles, cette coquille ne pouvant être réduite flexible par aucun procédé artificiel.

La Hongrie nous fait voir toute une collection d’articles de vannerie à bon marché qui sont très-intéressants.

Tissus, vêtements et accessoires. — Dans ce groupe, nous pouvons constater de même, un progrès pour tout ce qui touche au goût, dans les dessins des étoffes, soieries, dentelles, ainsi que dans la joaillerie et la bijouterie.

La filature du coton en Autriche ne s’est pas encore relevée du coup que lui a porté la crise américaine. Le nombre de broches en activité était en 1875 de 1,500,000, dont 704,000 en [Bohême. Ce nombre a encore augmenté depuis; cependant la production de fils de coton ne suffit pas aux besoins du tissage; elle est donc'complétée par une importation considérable.

L’industrie linière marque un accroissement sensible. En effet, elle comptait, en 1867, 80,000 broches, tandis qu’aujourd’hui elle a atteint le chiffre considérable de 400,000.

La production annuelle des cocons pour la soie, est évaluée à 2,500,000 dont plus de deux* tiers reviennent au Tyrol. Les filatures ont leur siège principal à Roveredo (Tyrol italien). On compte dans cette région 33 établissements avec environ 90,000 broches.

La confection des vêtements est assez prospère depuis l’adoption des machines à coudre et autres perfectionnements techniques.

L’introduction de la machine à coudre dans la fabrication des chaussures a puissamment développé cette industrie et a amené la production en gros de cet article. Il existe des fabriques de chaussures à Vienne, à Prague et dans d’autres localités de la Bohême, de la Moravie et de la Styrie. Des quantités considérables sont exportées à l’étranger (en Allemagne, en Russie, en Italie, dans le principautés danubiennes, en Égypte, dans l’Amérique du sud et dans ces derniers temps en Australie) dont la valeur est de 8,000,000 de florins.

En ce qui concerne la bijouterie, Vienne tient le premier rang. Après Vienne et ses environs, on peut citer Prague, Bregenz et Trieste. La première de ces villes mérite d’attirer l’attention par une excellente fabrication de bijoux en grenat. Les grenats ainsi que quelques pierres semi-précieuses, tels que l’agate, le jaspe, la cornaline se trouvent en grande partie en Bohême.

Les principaux exposants qui méritent d’attirer l’attention des visiteurs dans le groupe IV, sont les suivants :

M. Michel Hainisch, fils et tissus de coton; filature de M. Félixdorf, une des

L’AUTRICHE-HONGRIE

premières d’Autriche; M. Philippe Haas, splendides étoffes pour meubles; M. Ignace Richter, assortiment complet de velours de coton ; M. Mathieu Salcher, tissus de coton et fils à coudre ; la filature mécanique de lin de M. Jean Erben Faltis, fabrique dont la production annuelle atteint le chiffre considérable de 4,000,000 de florins; Regenhart et Raymann, toiles damassées; Bauer et Wiedmann, tissus de laine ; l’exposition collective de l’industrie drapière à Bielitz Bala; les soieries de MM. Reichert frères; Fratelli Bozzoni; Eisenberger ; Charles Hetzer; Hornbostel; Seb. Waschka; Wilbem Ritter; les châles de M. Bossi; les dentelles de M. François Bollarth; les tapisseries de M. Édouard Richter; la broderie artistique de M. Hermann Uffénheimer; les gants de M- Kurth’s Heinrich Witwe; François Stiasny; la lingerie de Schostal et Hàrtlein; les chaussures de Jean Helia; les beaux uniformes de M. Mottl; les beaux chapeaux de Jean Skrivan, qui expose un panache en plumes de couroucou qui coûte 2,000 francs; les confections pour hommes de M. Jacob Rothberger et J. Werner; la bijouterie en argent niellé et mosaïque en or de Charles Lustig; la bijouterie de grenats de M. Kerch (qui a des parures, des peignes et des éventails en grenat d’une beauté exceptionnelle, cette fabrique occupe 200 ouvriers) et les jolis fusils de Charles Werlib.

La Hongrie expose de son côté des costumes nationaux, brodés en or et soie, d’une beauté saisissante.

Mines et métallurgie. — L’industrie minière en Autriche fournit les produits les plus variés. Depuis une époque très-reculée, elle emploie un grand nombre de bras et livre la matière première aux grandes usines métallurgiques et aux. hauts-fourneaux. Elle occupait en 1876, 897 entreprises, 82,989 ouvriers. Il existait alors 135 hauts-fou maux avec 9318 ouvriers; les salines employaient 8,808 personnes. La valeur des produits miniers atteignait en 1876, le chiffre de 41,497,903 florins (pris sur place); celle des produits de hauts-fournaux 23,967,860 florins et la valeur commerciale du sel, suivant [le tarif fixé par la régie, était de 21,518,877 florins.

On ne trouve de minerais d'or qu’en petites quantités à Salzbourg et en Bohême. On extrait des minerais d’argent en quantité plus considérable et presque exclusivement en Bohême, où il existait en 1876, 12 entreprises pour l’exploitation des mines d’argent (dont 9 appartenant à l’État et 1 1 à entreprises privées) occupant ensemble 4.943 ouvriers. La production de minerai a été de 84,676 quintaux métriques dont 80,267 dans les mines de l’État à Pribram en Bohême. Cette même année il a été extrait de 81,573 quintaux de minerai indigène et étranger (américain), 23,750 kilogr. d’argent, représentant une valeur de 2.225.847 florins.

La production de mercure à Idria en Carniole, a atteint en 1876 1,092.029 florins.

L’extraction et le traitement du cuivre en Autriche sont de peu d’importance. On extrait le plomb surtout en Bohême et en Carinthie. Cette industrie a produit en 1876 1,115,033 florins. On n’extrait le Cobalt et le nickel qu a Salzbourg et en Styrie.

La production du zinc se répartit ainsi : en Galicie, centre minier principal et traitement dans les hauts-fourneaux ; en Carinthie, extraction du minerai, en

Carniole, Tyrol, Styrie, hauts-fourneaux. L’extraction a donné 264,577 quintaux métriques de minerai de zinc d’une valeur de 447,912 florins qui ont produit 37,791 quintaux de zinc métallique d’une valeur de 949,101 florins. On n’extrait l’étain qu’en Bohême. En 1876, il a été extrait 11,770 quintaux métriques de minerai d’étain qui ont rendu 2,074 quintaux métriques d’une valeur de 196,975 florins.

La production du fer brut constitue une des plus anciennes industries de l’Autriche. Elle comptait en 1876, 91 entreprises 5,671 ouvriers qui ont extrait du minerai de fer pour la valeur de 2,023,855 florins. La valeur totale de la production du for brut pris sur place a été en 1876 de 15,169,611 florins.

Les combustibles les plus employés pour la production du fer sont : le charbon de bois, coke, charbon de bois et coke, charbon de bois et bois, coke et bouille. >

Les autres produits miniers qui méritent d’être mentionnés sont : (outre le charbon); le graphite 513,345 florins; le soufre 98,424 quintaux métriques; l’alun el le schiste cuivreux 1,1 34,634 quintaux métriques presque exclusivement en Bohême; la manganèse 67,817 quintaux métriques; enfin des quantités peu importantes de minerai de Bismuth, d’antimoine et d’arsenic, d’urane, de chrome et d’asphalte.

La richesse de l’Autriche en sel est considérable. La production a été en 1876 de 564,682 quintaux métriques de sel de gemme, 1,467,930 de sel d’évaporation et 117,177 quintaux métriques de sel, fourni par l’industrie.

En Galicie, on extrait du pétrole et de la cire minérale. En 1876, la production du pétrole a été de 21,000,000 de florins et celle de la cire minérale 1,500,000 florins.

Parmi les branches qui se rattachent directement à l'industrie minière et aux hauts-fourneaux, le traitement métallurgique des fers tient la place la plus importante. La fabrication des aciers Bessemer, dont les applications augmentent de jour en jour, comprend en Autriche 11 établissements. On peut évaluer à 650,000 quintaux métriques, les quantités de Bessemer produites dans ces usines, qui ont fait principalement des rails.

Une importante fabrication en Autriche est celle de la petite quincaillerie : clous, vis, fers à cheval, etc. Elle occupe un grand nombre de petits industriels et des ouvriers travaillant à domicile. Il faut encore mentionner la fabrication ‘des coffres-forts et caisses incombustibles, dont le siège principal est à Vienne, et parmi les alliages, la fabrication de laiton, tôle de laiton et fil de laiton.

La Hongrie est très-riche en minerais de toute espèce et surtout de cuivre, plomb, fer et pétrole.

Dans un prochain article, nous reparlerons de l’industrie forestière, des machines et des chemins de fer, choses intéressantes au premier chef dans la section auttro-hongroise.

L’ÉGYPTE

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