DÉSIGNATION
Terrains cultivés. . . .
Terrains cultivables. .
Total .
Ce tableau indique la marche progressive des terrains défrichés pour être cultivés et qui a été de 673,511 feddans de 1812 à 1840 et de 767,995 feddans de 1840 à 1872, soit une augmentation de 1,405,506 feddans depuis l’avènement au trône de la dynastie de Méhémet-Aly jusqu’à nos jours. Il reste encore un vaste champ de 2,375,779 feddans à exploiter en Égypte.
La mer Rouge baigne 2,400 kilomètres de territoire égyptien, savoir :
500 kilomètres d’Akabah à Suez ;
de Suez à Kosseir;
de Kosseir à Bérénice ;
de Bérénice à.Suakim;
de Suakim à Massaouah;
sans compter le royaume du Harrar, le Soudan, la Nubie (1) et la province de l’Équateur.
La population des diverses provinces de l’Égypte est de 5,517,627 habitants, se livrant presque exclusivement aux travaux agricoles, plus 85,000 étrangers habitant les villes et se livrant pour la plupârt au commerce et aux travaux des industries locales : au total, 5,602,627 habitants, d’après la statistique de l’Égypte de 1877.
Altitude des principales stations de la vallée du Nil.
mèt. cent.
Khartoum (confluent du Nil bleu) . 378,00
Cliendy (hautes eaux du Nil) . 363,23
Atbara (confluent de T) . 355,40
Berber . 349,80
El-Kab . 293,90
Oum Deras . 285,15
Guerendid . 235,63
Hannak (cataracte d’) . 209,37
Kaïbar (cataracte de) . 205,40
Dale . 190,80
Ouady-Halfa . 128,00
Philoe (lre cataracte) . 100,91
Siout . 44,61
Deirout . 38,10
Minieh . 35,35
Fachn . 25,25
Beni-Souef . 22,87
Le Caire . 20,69
Barrage du Delta . 10,67
Benhah (branche de Damiette) . 14,41
Kafr-Zayat (branche de Rosette) . 10,06
Atfeli (confluent du Mahmoudieh) . 4,45
Alexandrie (canal Mahmoudieh . 2,22
Plus hautes mers connues . 0,72
Le Nil et les géographes arabes. — Les anciens auteurs arabes disaient que le Nil sortait d’un lac dont on ne connaissait ni la longueur ni la largeur, que ce lac était situé sous une latitude où les jours et les nuits sont d’une égalité constante. On est surpris de rencontrer tant de précision, à une époque si reculée, avec les récentes découvertes de Speke , Long-Bey, Linant de Bellefonds et Stanley qui donnent à ces assertions un caractère d’actualité. Le lac dont voulaient parler les anciens auteurs arabes ne pouvait être que le fameux Nyanza placé précisément sous la ligne équinoxiale sur le haut plateau de l’Afrique équatoriale, qui est aujourd’hui considéré récéler les sources tant cherchées du Nil (2) dans une sorte de mer d’eau douce, occupant les plus
(1) La Nubie inférieure compte 1 million d’habitants. La Nubie supérieure en compte 5 millions; le Darfour et autres territoires, 5.700,000. Nous ne connaissons pas la population des autres territoires. La Nubie a une surface de 864,500 kilomètres carrés. Le Cordofan et le Darfour ont 836,500 kilomètres carrés. Superficie des autres territoires à déterminer.
(2) On a pu voir, au palais du Trocadéro en 1878, la carte de la province égyptienne de l’Equateur où figurent les lacs équatoriaux et les affluents du haut Nil , dressée par les soins de l’état-major général égyptien.
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hautes assises de ce plateau et sans doute alimentée elle-même par plusieurs cours d’eau descendant des montagnes environnantes.
Le fleuve africain « qui a créé l’Egypte », d’après une expression d'Hérodote, descend , en sortant des lacs , par une série de cataractes vers le Nord en une immense pente concave dont il occupe le fond. Dans le dernier tiers de son cours, il n’est grossi par aucun affluent et il parcourt solitaire l’immense désert dont les sables pompent avidement ses eaux.
Les géologues modernes pensent que les couches de limon déposées successivement par les inondations périodiques du fleuve forment une épaisseur de terre végétale de 7 à 8 mètres de hauteur dans la vallée du Nil , qui repose immédiatement sur le sable marin ; que l’exhaussement du sol égyptien a dû être de 126 millimètres par siècle, ce qui nous conduirait à six mille trois cent cinquante ans de nos jours actuels. Si la géologie n’est pas un vain mot, environ cinq mille ans avant Père chrétienne, le sol de la basse Égypte oscillait encore entre les vagues de la mer et la lumière du ciel.
A la hauteur de Kartoum, le Nil est formé par le confluent du Nil blanc (Bahr-el-Abyad) , venant du lac Nyanza, et le Nil bleu (Bahr-el-Arzeh), venant d’Abyssinie.
On attribue la crue du Nil aux pluies diluviennes qui ont lieu chaque année à la même époque sur le plateau central africain. C’est vers le milieu de février que commencent ces pluies torrentielles en même temps que la fonte des neiges dans les montagnes. Ces eaux déterminent bientôt un gonflement dans les lacs équatoriaux et la crue descend vers le nord par les sinuosités du Nil en recevant sur son passage plusieurs affluents. Vers le 24 février, la crue arrive à Gondokoro, ville importante du pays des Nègres, et continue lentement et sans interruption sa marche vers le nord où elle amène la fertilité et l’abondance. A Gondokoro, les pluies sont abondantes en mars, avril et mai. En quittant Gondokoro, le Nil traverse de grands marais qui absorbent et retiennent ses eaux. C’est dans ces mêmes marais où faillirent se perdre les centurions envoyés par Néron à la recherche des sources du Nil, il y a dix-huit siècles. « Personne, racontaient-ils, ne peut espérer d’en découvrir l’issue, tant les eaux sont obstruées d’herbe. On ne peut d’ailleurs ni les traverser à pied ni en navires, parce que ces marais bourbeux sont remplis d’obstacles et ne peuvent porter qu’un canot à un seul rameur. » Plusieurs cours d’eau importants alimentent le Nil blanc dans ces parages. Ce sont : les rivières Keïlak, le Bahr-el-Gazel , YAtbara et le Nil bleu, ces deux derniers venant d’Abyssinie. Vers la fin d’avril, la crue se manifeste à Khartoum et le flot parti de cette ville est attendu à Dongola vers le 16 mai. Douze jours plus tard, il arrive à Ouadi-Halfa . Le 17 juin il est attendu au Caire et « le fleuve continue à grossir durant cent jours , après lesquels il se retire généralement et baisse au point qu’il demeure petit l’hiver entier, et reste en cet état jusqu’au solstice d’été. » Cette citation d’Hérodote exprime aujourd’hui , comme il y a vingt-trois siècles, la crue du Nil et nous démontre que depuis cette époque rien n’a changé dans son régime. Les Égyptiens souhaitent, depuis toute antiquité, la bienvenue à leur fleuve le jour de la Nocta (17 juin) et célèbrent son mariage avec la terre d’Isis deux mois plus tard. Ils lui rendent encore un dernier hommage le jour de son déclin par la fête du Saleb instituée le 26 septembre. Le niveau du Nil demeure alors comme suspendu et plane majestueusement sur la terre d’Égypte. Il est à remarquer que depuis la nocta jusqu’au 2o septembre, il y a les cent jours indiqués par les prêtres de Memphis à Hérodote comme étant le cycle de la crue du Nil. La crue du Nil, pour être au gré du cultivateur et ne pas causer de dégâts, doit atteindre 22 ou 23 coudées. A ce point, le Nil se répand suffisamment sur tous les terrains inon-
dables destinés aux cultures d’hiver, froments, orges , fèves, trèfles, lentilles, etc., pour y déposer le limon fertile et féconder ses terres d’alluvions.
Lacs. — Le lac Menzaleh est le plus important, d’une superficie de 200,000 hectares, et très-poissonneux. Le lac Bourlos, d’une superficie de 100,000 hectares, est également poissonneux. Le lac Mareotis, d’une superficie de 70,000 hectares, est moins poissonneux que les deux premiers. Le lac d'Edko , de 30,000 hectares; le lac d’Aboukir, de 14,000 hectares; les lacs Amers de l'isthme de Suez, de 30,000 hectares; le Birkel-el-Kairoum, l’ancien lac Mœris, dans la province du Fayoum; et enfin le lac Timsah, Yétang des Dattes et les lacs de Natron.
L’Égypte est divisée en trois grandes régions : la haute , moyenne et basse Égypte. Dans la basse Égypte, on cultive les riz , les cotons, les fèves, les blés tendres et autres céréales, etc. Dans la moyenne Égypte, on cultive la canne à sucre, les sorghos et froments , etc. Dans la haute Égypte, on cultive les blés durs et demi-durs, les sorghos, les opiums, sénevés , Y unis , cumin, nigelle, etc.
Division de l’année rurale. — Cultures d’hiver. — • La première période comprend les cultures d’hiver « El-chitaouy », genre de culture qui a lieu dans les terrains qui n’ont pas été inondés par le Nil et qui exigent des arrosements artificiels. Les cultures « El-bayaly » ont lieu dans les terres qui ont été inondées par le Nil, depuis le commencement de l’ouverture des canaux et qui n’ont besoin d’aucun arrosement artificiel jusqu’à la récolte. Les terres « El-chitaouy » sont destinées à la culture des lins carthames, pois chiches, lentilles, fèves, lubia, orges , froments, etc. On leur donne un ou deux labours en sens contraire et on sème, puis on arrose au moyen des canaux. Les terres « El-bayaly » sont destinées à la culture des trèfles, froments , lupins, gesses , fenugrec, lentilles, etc., que l’on sème sans labour dans le limon boueux et dont on recouvre les graines en traînant sur le sol un fagot d’épines.
Cidtures d'été. — La seconde période se nomme « El-seïfy » et comprend les cultures d’été qui ont lieu à l’époque des plus basses eaux du Nil et qui ont toujours besoin d’arrosements artificiels; ce sont : les sorghos, maïs, cotonniers, canne à sucre, sésame, riz, gombo , etc. La troisième période comprend les cultures d’automne « El-demery ». Ces cultures sont une seconde culture de dourah « Nily », de maïs, et une série, de légumes des champs qui se récoltent en automne. Les semailles de ces cultures ont lieu pendant la crue du Nil dans des terres endiguées afin d’être abritées des inondations.
Le Nil joue le rôle le plus important dans l’agriculture des Égyptiens. Pendant l’inondation, tout est suspendu et, aussitôt après la retraite des eaux dans leur lit, commencent les semailles des cultures- d’hiver dont la récolte a lieu au printemps. Puis viennent la saison des cultures d’été et d’automne. Là , la plupart des récoltes s’obtiennent sans labour, sans engrais et sans pluie ; le limon qui se dépose sur la terre, suffit aux cultures d’hiver, et, pour les cultures d’été qui sont plus exigeantes, on donne des arrosements artificiels et quelques engrais. Pour les cultures d’hiver, les inondations périodiques et les dépôts de limon fertile que les eaux laissent sur le sol en se retirant, suffisent pour obtenir de bonnes récoltes. Les Égyptiens sont donc obligés de faciliter l’écoulement des eaux en creusant des canaux pour conduire celles-ci sur tous les points qu’ils veulent cultiver. Dans la haute Égypte , les canaux sont dirigés plus ou moins obliquement vers les deux chaînes de montagnes qui resserrent la vallée et se prolongent parallèlement au désert ; mais des digues transversales en interrompent le cours et les eaux arrêtées par ces degrés s’élèvent contre elles en submergeant la partie des terrains qu’elles enferment. Plus la crue est forte , plus les eaux s’élèvent ainsi en amont des barrages dont nous parlons, et plus l’es-
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pace qu’elles inondent est étendu. Quand cette submersion a atteint toute sa hauteur, on coupe la digue qui la soutenait et les eaux descendent jusqu’à un second barrage qui les arrête de nouveau et les oblige à se gonfler et à se répandre sur l’espace enfermé entre deux digues transversales consécutives. On coupe la seconde digue comme la première , et les eaux descendent vers un troisième barrage qui produit le même mode d’inondation, et ainsi de suite jusqu’à ce que les deux rives divisées par étages successifs aient été fertilisées par les eaux du Nil,
Après le labourage, les Égyptiens divisent leurs terres par petits carrés appelés « beyt », formés en bassins à bords relevés dans lesquels l’eau est introduite par une rigole. Quand un carré est arrosé, on fait une ouverture dans la petite digue et on passe à un autre. C’est presque toujours dans des compartiments de ce genre que les Égyptiens sèment leurs plantes qui ont besoin d’être arrosées aussi bien dans les jardins que dans les campagnes.
Engrais (1). — La colombine (fiente de pigeons) est employée avec succès dans la culture de la canne à sucre. C’est un véritable guano et tous les villages, dans la moyenne Égypte , sont hérissés de pigeonniers dans lesquels les colombines formées des déjections de ces volatiles s’accumulent et sont ensuite employées comme engrais. Mais le pays est loin d’en produire les quantités suffisantes et il est nécessaire de se tourner vers une autre source de bons engrais. Le professeur Gastinel-Bey a proposé l’emploi d’un engrais combiné aux tourteaux de graines de coton et aux cendres de bagasse, composé dans les proportions fertilisantes de la colombine de 3,375 0/0 de phosphate de chaux, 3,375 0/0 d’azote et 3,375 0/0 de potasse, qui peuvent être avantageusement appliqués à la culture de la canne pour suppléer au manque de colombine.
Les fumiers de ferme sont de peu d’importance en Égypte, et le peu qu’en produit le bétail est pétri en galettes appelées « guilleh », desséchées au soleil pour être employées comme combustible.
Matériel agricole des Égyptiens. — Les instruments aratoires sont des plus simples en Égypte et remontent, pour la plupart, à la plus haute antiquité.
La sakie est un manège hydraulique composé d’une roue horizontale mise en mouvement par un bœuf ou un buffle attelé à un manège. Cette roue horizontale a ordinairement 2m,60 de diamètre et quarante dents. Une roue verticale de lm,68 de diamètre est appliquée dans la première et porte vingt-six dents. Cette machine élève l’eau à 6 ou 7 mètres. Le treuil sur lequel s’enroule la corde sans fin à laquelle sont suspendus les pots (gadouss), est plus grand que les autres et la corde sans fin en porte vingt-deux, dont la moitié monte pleins d’eau tandis que l’autre moitié descend à vide. La sakie élève 6,000 litres d’eau à l’heure.
Le tabout, roue hydraulique élevant l’eau en tournant sur elle-même, est un instrument qui convient lorsque l’élévation de l’eau ne dépasse pas lm,50 de hauteur et fonctionne généralement pendant la crue du Nil pour arroser les terres que l’inondation n’atteint pas.
Le chcidouf (fig. 1) se compose d’un levier suspendu au tiers de sa longueur par une traverse horizontale soutenue par deux montants verticaux fixés au sommet des berges où l’on puise l’eau. La partie la plus courte du levier porte un contrepoids en terre argileuse ou une grosse pierre. A l’extrémité de la partie la plus
(1) Voir, pour le travail complet sur les engrais, l’article publié dans le tome II de ces Études, page 197 et suiv.
- Le Chadouf (balancier hydraulique.)
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Kig. 2. — Le Nattaleh . Système pour l'irrigation des terrains peu élevés de la basse Égypte.
longue est attachée une verge en bois, liée par une corde flexible afin que, pendant le mouvement de rotation du levier, cette verge soit toujours verticale. A son extrémité inférieure est suspendu le seau en cuir. Pour faire mouvoir cet appareil, un homme se place sur une saillie de terre élevée d’où il puise l’eau dans le seau attaché en bas de la verge, la monte et en verse le contenu dans un petit canal. Le chadouf peut élever 3,000 litres d’eau à l’heure et à 3 mètres de hauteur, et quand la distance en est plus haute, on met plusieurs étages de ces instruments.
Le nattaleh (fig. 2) est un autre moyen employé pour élever l’eau ; il consiste dans un couffin finement tressé en folioles de dattier, auquel on attache une corde à chaque anse que tiennent deux hommes à la main pour puiser l’eau dans le canal et la lancer à la hauteur des terres cultivées. Quand cette hauteur est trop grande, on met plusieurs étages de ces instruments, comme cela a lieu dans la haute Égypte , avec les cliadoufs.
Le mihrat est une charrue composée de deux pièces de bois réunies à leurs extrémités sous un angle de 50 à 60 degrés, dont on peut faire varier l’ouverture à l’aide d’une cheville fixée sur la pièce inférieure ou traînante et qui passe dans un trou placé au travers de la pièce supérieure. On arrête cette cheville , dans la position qui convient, au moyen d’une clavette en fer. L’angle formé par les deux pièces de la charrue se trouve ainsi ouvert ou fermé à volonté, selon que l’on veut obtenir un labour plus ou moins profond. La pièce la plus longue sert de timon et porte un joug transversal auquel sont attachés deux buffles, tandis que la branche la plus courte, armée d’un soc en fer en forme de bêche, s’enfonce dans le sol et en écarte la terre des deux côtés. Les deux pièces inférieures sont percées par un montant vertical de 80 centimèt. de hauteur avec une poignée à hauteur de bras d’homme que tient d’une main le laboureur, tandis que de l’autre il conduit ses bœufs.
Vassabieh est une espèce de bac à deux manches, traîné par deux bœufs, pour aplanir le sol et le niveler. On l’emploie surtout, après avoir donné un premier labour, dans les terrains qui présentent des inégalités de surface. On traîne sur ces terrains le rabot ou noreg, sur lequel l’homme se tient quelquefois debout, lorsqu’il s’agit d’enlever un petit mamelon (ou une touffe d’alfa) pour en traîner la terre dans une partie basse un peu plus loin. Cet instrument, attelé de deux bœufs, permet de niveler un terrain assez rapidement, surtout si le conducteur est un habile laboureur, et ces terrains ainsi nivelés reçoivent les arrosements par irrigation avec plus de régularité. L’assabieh a 1 mètre de longueur sur 75 centimètres de largeur et 25 de profondeur. Le bord ou pointe du rabot est garni d’une plaque de fer aplatie. Deux anneaux fixés sur les deux côtés servent à attacher une corde à laquelle sont attelés les animaux.
Le noreg (fig. 3) est un instrument employé à battre le blé et en hacher la paille en même temps; il est composé d’un châssis horizontal, formé de quatre pièces assemblées d’équerre entre elles. Deux reçoivent, parallèlement aux deux autres, deux essieux où sont fixés par le centre quatre roues en fer plat de 0m,002 d’épaisseur sur 0m,40 de diamètre. Un troisième essieu, situé entre les deux autres, porte trois roues disposées en quinconce avec celles de devant et de derrière. Ce châssis est traîné par deux bœufs et surmonté d’un siège où se place le conducteur. Enfin , un anneau en fer sert à attacher avec une corde le timon volant à l’extrémité duquel est attaché le joug transversal que l’on ajuste sur le cou des animaux. Les gerbes de grains sont déliées et étendues sur une aire dont le centre est occupé par une meule de blé. On fait ensuite promener circulairement le noreg sur les gerbes déliées, ce qui en fait sortir le grain de l’épi en même temps que la paille est hachée.
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Noreg. Machine pour battre le blé et hacher la paille en même temps.
Les autres instruments employés dans la culture du sol en Égypte sont : le zâafa, composé d’une moitié de dattier fendu en deux , de 3 à 4 mètres de longueur; aux extrémités sont fixés deux anneaux, auxquels on attache une corde sans fin , que l’on réunit à l’endroit où l’on veut attacher l’animal qui doit le traîner sur le sol pour l’aplanir. Le conducteur se tient debout sur le zâafa pour lui donner du poids. Le massangdh consiste en une planche de 1 mètre de longueur, avec un manche cloué au milieu et percé aux extrémités d’un trou dans lequel on fait passer une corde à laquelle est attelé un homme, tandis qu’un autre dirige l’instrument par le manche. Le haulag est une sorte de pioche effilée qui sert à remuer la paille sous le noreg. Le midred est une fourche en bois à cinq dents pour faire sauter la paille en l’air afin de l’en séparer du grain et de la poussière qui s’envole au vent. Le gourbal est un crible pour séparer lès grains d’avec les petites pierres ou autres matières étrangères à sa pureté. La fasse est une houe employée pour les binages et le piochage de la terre ; le mangal , faucille pour couper le blé; le charchara, faucille pour couper le trèfle; le gazma , pioche pour briser les mottes de terre ; le helzarn , ceinture pour aider l’homme à monter féconder les dattiers ; zambilles , corbeilles en folioles de dattier employées à une foule d’usages, etc. Tel est le bagage aratoire des Fellahs dans la vallée du Nil. Les transports se font ordinairement à dos de chameau, dans des sacs ou des filets pour les petites distances. Pour les grandes distances, ce sont les chemins de fer et surtout la navigation sur les canaux et le Nil qui se chargent du transport des denrées agricoles.
Mesures de longueur, de capacité et de poids.
Mesures de longueur.
mèt. cent.
Dérà beledi (pic égyptien) . 0,5826
Dérâ nili (coudée du Nil) . 0,5245
Dérâ meimari (pic de construction) . 0,7500
Kassabah (longueur) . 3,5500
Mesures de superficie.
Feddan agraire . 4200,8333
Pic carré de construction . 0,5625
Kassabah carré . 12,6025
Mesures de capacité.
Ardeb ordinaire (cube de la coudée) . 24 roubehs.
42 kélés ou 6 ouabehs . 197 litr. 7477
Mesures de poids.
kilo g.
Quintal (kantar), 100 rotolis ou 36 okes . 44,5458
Oke, 400 drachmes . 1,236
Rotl ou rotoli, 144 drachmes . 0,44496
Ardeb de blé . 133,6374
Ardeb de lentilles et pois . 151,45572
Ardeb de riz de Rosette . 185,6085
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Animaux de ferme (1) et volailles
Existant dans les campagnes, non compris la capitale et les ports, ni la Baïra Khédiviale :
Taureaux, bœufs, vaches et veaux . 126,980
Buffles . 165,111
Chevaux et juments . 18,203
Mulets . 2,105
Anes . 94,641
Chameaux . 35,578
Moutons . 172,657
Chèvres . 23,907
Poules . 4,414,000
Poulets . 1,687,200
Pigeons . 4,057,300
Nombre de fours à couver . 603
Couvée annuelle (poussins) . 10,765,000
Les chameaux (Djemmel) sont d’une taille élevée et d’une force prodigieuse et transportent de lourds fardeaux dans des filets. Ils ont une démarche plus lourde et plus pesante que le dromadaire et sont spécialement employés aux transports des caravanes dans le désert et au transport des denrées agricoles.
Le dromadaire (Hadjim) est moins grand et moins massif que le chameau et d’une agilité remarquable; il sert de monture aux Hadjim (pèlerins) et pour la poste aux lettres dans le désert. Les Arabes ont pour le dromadaire le plus grand attachement. Les poils de ces animaux servent à fabriquer des toiles avec lesquelles on fait des tentes, des abayes, des tapis, etc. Le lait de chamelle est apprécié des Bédoins.
Le cheval (A’oued) a une belle encolure, les yeux pleins de feu et d’ardeur, ses naseaux largement ouverts, sa coupe élégante et gracieusement arrondie, ses jambes fines, sèches et nerveuses, son allure noble, fière et majestueuse. Il est soumis à une vie active , laborieuse et pénible et supporte des privations qui n’ont quelquefois pas de termes sous des maîtres à demi barbares.
Le mulet (Baghl) est estimé et sa valeur approche celle des chevaux. Il sert comme monture et son équipement est à peu près comme celui des ânes. Les mules (Baghleh), plus dociles et plus endurcies à la fatigue, sont préférées aux mulets.
L'âne de la basse Égypte (Hêmar beheri) est un animal de taille moyenne, bien fait, à tournure élégante, noir ou gris. Il a la démarche légère, les allures vives et douces et sert de monture et aux transports des petits fardeaux. L'âne de la haute Égypte (Hemâr saïdi) est plus beau et plus estimé ; il est ordinairement blanc et de grande taille, aussi le prix en est élevé quand il unit aux belles qualités de forme l’énergie et la vigueur.
Les buffle (Djamous) (fig. 4) ont peu de poils et ont la peau gris-foncé. Ils vivent presque constamment dans l’eau. Bien qu’ils soient d'une physionomie farouche, ils sont au fond très-doux et sous ce rapport se distinguent des buffles d’Europe. Les femelles donnent un lait estimé. Les buffles servent attelés au chariot, et surtout aux travaux agricoles, attelés à la charrue, au noreg ou à la sakie.
Le bœuf (Thôrr) domestique est à peu près comme celui d’Europe. Il est
(1) Les épizooties ont lait, dans ces dernières années, des ravages considérables et ont rendu la vallée du Nil tributaire de l’étranger pour la viande de boucherie.
Fig-, 4. — Buffle d’Égypte.
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détaillé moyenne, ses -cornes généralement petites et son poil fauve plus ou moins foncé. La chair de bœuf est plus estimée que celle du buflle. La femelle (vache) donne un lait très-estimé. Le bœuf sert comme le buffle aux travaux des champs et à la culture des terres.
Les moutons (Kharouf) produisent une laine de bonne qualité et une chair très-estimée et d’une grande ressource pour le pays. Les brebis (Gahameh) sont plus fécondes que celles d’Europe et donnent deux portées par an et souvent deux agneaux à la fois. Les béliers ne sont point soumis à la castration.
Les chèvres (Meïzé) ont le chanfrein arqué, le corps élancé, leurs cornes petites, leurs oreilles longues et pendantes et le pelage ordinairement roussâtre, et produisent un lait abondant et estimé. On les conduit par troupeaux dans les villes et le consommateur voit traire devant lui le lait dont il doit faire usage. Elles produisent deux fois par an et le nombre de chevreaux est ordinairement de deux et quelquefois trois.
Les poules (Farfâk) ne diffèrent de celles d’Europe que par leur taille plus petite et parce qu’elles n’ont aucune tendance à l’incubation qui se fait artificiellement.
Les pigeons (Hamâm) s’élèvent en masse dans les villages et sont semblables à ceux d’Europe. On s’occupe beaucoup de l’éducation de ces volatiles en Égypte, pour la chair qu’ils fournissent et pour la colombine employée comme engrais.
La poule d'Inde (Farkal) est connue en Égypte depuis longtemps et son éducation y est facile. Elle approvisionne pour une bonne part les marchés du Caire et d’Alexandrie.
L'oie (Ouizzâh) cendrée est indigène en Égypte et abonde sur les marchés.
Le canard (Berk) domestique est élevé dans quelques basses-cours. Le canard sauvage abonde sur le Nil pendant l’hiver et on lui fait la chasse à la courge. Cette opération consiste à vider une grosse courge à laquelle les Arabes percent deux yeux, puis ils se l’enfoncent sur la tete; ils vont ensuite à la nage prendre les canards sur le Nil ou les canaux. Les canards se trouvant parmi des courges semblables que l’on a eu soin de faire flotter à l’endroit où ils se tiennent , afin de les habituer à la vue de ces fruits flottants , on peut en prendre par ce moyen de grandes quantités.
Fours à couver. — Les fours à couver (Mamal-el-faroug) produisent des quantités considérables de poulets depuis le mois de janvier jusqu’à la fin d’avril. Ils sont disposés en deux parties. Dans l’une a lieu l’éclosion des œufs à une température de 40 degrés centigrades appelée couvoir. Dans l’autre, placée au dessus, on entretient la température nécessaire au moyen du feu. Ces bâtiments, ordinairement de forme rectangulaire, sont construits en briques crues et divisés par un corridor dans toute la longueur, voûté et éclairé par le haut. Deux rangées de cellules, chacune divisée en deux parties par un plancher, forment une pièce inférieure et une pièce supérieure en communication par une ouverture assez large pour le passage d’un homme et bordée de manière que les flammes ou les braises ne puissent tomber sur les œufs placés en dessous. La pièce inférieure, ordinairement de 2m,50 de longueur sur 2 de largeur et 1 mètre de hauteur, présente sur le corridor une petite ouverture assez large pour y passer un homme : c’est le couvoir. C’est là qu’on place les œufs dont la ponte ne doit remonter au-delà de huit jours, sur une natte reposant sur un lit de cendres et sur laquelle on étend une couche de son ; ou bien encore on étend les œufs sur une couche formée d’étoupes et de paille hachée mélangées ensemble. On dépose ordinairement sur cette litière trois couches d’œufs superposés et une cellule peut en contenir cinq à six mille. Chaque jour les œufs sont retournés pour placer au-dessus ceux qui étaient en dessous, et
ainsi de suite, afin de répartir la chaleur également à tous les œufs. On obtient la chaleur en allumant du feu dans la chambre supérieure, .qui est voûtée et présente la forme d’un four. Cette pièce a une ouverture pour communiquer la chaleur dans la chambre inférieure et une autre ouverture donnant dans le corridor pour l’entretien du feu. Une troisième ouverture est ménagée en haut pour servir de cheminée et laisser partir la fumée. On brûle dans les fours à couver des tiges de fèves, du maïs et de la fiente d’écurie pétrie sous forme de galettes appelés « guilleh ». Cette dernière une fois embrasée reste incandescente pendant longtemps. Le vingtième jour commence l’éclosion. Deux ou trois jours après elle est terminée et on est quelquefois obligé d’aider ceux qui ne peuvent pas briser leur coquille. On met les poussins les plus faibles dans le corridor des couvoirs dans lequel ils trouvent une température transitoire et les plus forts sont placés dans une chambre particulière où ils sont nourris avec un mélange de mie de pain et de farine de maïs. Ensuite ils sont réunis à ceux qui ont fourni les œufs à raison de cinquante poussins pour cent œufs fournis. La différence appartient au propriétaire de l’établissement. En général, le déchet ne dépasse pas vingt pour cent. Les Égyptiens ne connaissent pas le thermomètre. Us règlent la température avec ce tact et cette longue pratique qu’ils ont de donner le degré de chaleur nécessaire. L’art de faire éclore les poulets était anciennement connu ; Pline dit que les œufs étaient mis sur de la paille dans une étuve dont la température était entretenue à l’aide d’un feu modéré jusqu’au moment où les poulets venaient à éclore et pendant tout ce temps un ouvrier s’occupait jour et nuit à les retourner. On voit que le procédé n’a pas changé et que c’est exactement celui qui se pratique encore actuellement en Égypte.
Faune. — La faune se compose du hyène , du renard , du chacal , sanglier , gazelle, martre- furet, d’un lièvre à longues oreilles, de Yichneumon, célèbre dans la mythologie, du rat de la musaraigne, du caméléon , de lézards grands et petits, du céraste, du naïa (serpent redoutable), de la blatte, du scarabée, de la sauterelle, du chat sauvage, l’une des bêtes sacrées des anciens Égyptiens; de quelques espèces de papillons et d’ arachnides , de plusieurs espèces d'ibis , de Y aigle, du pluvier, du vautour, du trochibus, corbeau, de grandes chauves-souris , du pélican, flamant, canard sauvage, poule d'eau, et d’un grand nombre de poissons.
Le Nil blanc supérieur abonde en éléphants , rhinocéros, hippopotames, crocodiles , lions , léopards , tigres , panthères , hyènes tigrées , rats musqués, civettes , buffles sauvages , bubales et autres antilopes, girafes, zèbres , etc.
Canaux du Nil. — • Les canaux navigables sont de 120, représentant une surface de 134,359,193 mètres carrés et une longueur de 3,238,229 mètres linéaires dont voici les principaux :
Les dix canaux suivants sont alimentés par le Nil , dans la basse et moyenne Égypte :
Le canal îsmaïlieh, qui a sa source au-dessous du Caire sur le grand Nil, longe le désert arabique par Kankali , Bulbeis , traverse le désert par l’Ouady jusqu’à Ismaïlia et aboutit à Suez après 200 kilom. de parcours.
Le canal de Moïse (Bahr-el-Mousa), qui prend sa source un peu au-dessous de Benha et arrive à Zagazic après 45 kilom. de parcours où il se divise en plusieurs branches dont la principale arrose le territoire de Sân , de Zagazic et débouche ensuite dans le lac Mcnzaleh.
Le canal de Chibin, qui a sa prise d’eau près d 'Harimein, passe par Chibin-el - Kom , Birkct-el-sab et va se jeter dans la Méditerranée à l’ouest de la branche de Damiette. Ce canal alimente les canaux d cChanaan, Bjaefariehj Millazid, Mahal lah et de Bilkas , qui se perdent dans le lac de Bourles.
L'EGYPTE
Le canal de Badjourieh, qui prend sa source près du village de Borkhams, a un développement de 120 kilomètres. Un embranchement dérivant de ce canal débouche dans le Bahr-el-Saïdy.
Le canal ( Bahr-el-Saad ), ayant sa prise d’eau près de Mit-abou-Galib, débouche dans le Bahr Mabaroh près de la mer; il a 20 kilom. de longueur.
Le canal ( Bahr-el-Saïdy ), ayant sa prise d’eau près de Desouk, débouche dans le lac de Bourlos après un parcours de 25 kilomètres.
Le canal Mahmoudieh , qui a sa prise d’eau près de l’Atfeh, alimente Alexandrie d’eau douce et les territoires qu’il traverse.
Le canal Katatbeh , qui a sa prise d’eau près de Beni-Salannah , se dirige vers Damanour et va déboucher dans le canal de Mahmoudieh.
Le Bahr Youssef , qui prend sa source à Monfallout à 220 kilom. au-dessus de Beni-Souef, longe le désert libyque, parallèlement au Nil et entre au Fayoum par la gorge de Sahoum ouverte dans la chaîne libyque et arrose cette oasis par une infinité de petits canaux.
Le canal Ibrahimieh , qui prend sa source à Siout, arrose les provinces de Siout et de Minieh et alimente les cultures de cannes à sucre de la Daïra dans la moyenne Égypte.
Résumé.
NOMBRE
de
canaux navigables