LOTERIE NATIONALE
Tirage de la Loterie nationale.
Toutes les dispositions relatives au tirage de la Loterie nationale et à l’exposition des lots sont aujourd’hui définitivement arrêtées.
L’exposition commencera le 12 janvier et finira le 24 janvier au soir.
Le tirage sera opéré dans la grande salle des Fêtes du palais du Trocadéro. 11 commencera le 15 janvier, sans aucune remise.
Fig. 33. — Appareils dostinés au tirage de la Loterie nationale.
Il durera dix-liuit jours environ.
Les six premiers jours (du 15 au 20 inclus) seront employés au tirage de 1,577 gros lots, représentant une valeur totale intrinsèque de 3,100,000 f.
Les douze jours suivants (du 21 janvier au 1er février) seront employés au tirage des 72,000 lots de moindre valeur.
Le dernier jour, les opérations seront terminées par le tirage des deux gros lots, auquel participeront toutes les séries de billets.
La délivrance de chaque lot sera opérée au palais de l’Industrie, dix jours après le tirage, c’est-à-dire que le 25 janvier on pourra retirer les lots gagnés dans la journée de tirage du 15 janvier, — le 26 janvier, les lots gagnés le 16 janvier, et ainsi de suite.
Nous donnons (fig. 35) un croquis des appareils destinés à la Loterie nationale, ils sont de l’invention de M. Fichet; c’est un mécanisme fort ingénieux et des plus exacts, quoique d’une grande simplicité.
Bimbeloterie (classe 42J.
C’est à Paris que se fabriquent la plupart des jouets ; quelques villes de province fournissent cependant les jouets communs en bois et les ménages en porcelaine, en faïence ou en poteries diverses.
La confection des divers genres de jouets nécessite l’emploi des matières premières les plus variées et le concours d’ouvriers appartenant à un grand nombre de corps d’état. Les jouets de Paris se fabriquent presque tous à la main. Certaines machines, telles que les balanciers, les presses et les tours, servent pourtant quelquefois à l’exécution des jouets de métal ou de bois.
On comptait en 1872, dans le département de la Seine, environ 1,600 fabricants bimbelotiers ; ils occupaient 1 ,250 ouvriers, dont le salaire journalier moyen était de 5 fr. 50 cent., et 2,500 ouvrières, gagnant en moyenne 2 francs par jour. Leur chiffre d’affaires s'est élevé à 8,541,000 francs pendant cette même année.
L’importation des jouets étrangers, dont la valeur en 1867 était de 1,679,016 fr., ne s’est élevée en 1877 qu’à la somme de 1,819,052 francs. L’exportation, qui en 1867 ne représentait que 1,320,225 francs, a atteint, en 1877, 3,159,500 fr.
De ces chiffres on peut conclure que l’industrie de la bimbeloterie a pris, pendant la dernière période décennale, une grande extension, et que le perfectionnement de son outillage lui a permis d’envoyer ses produits sur les marchés étrangers, où ils font aujourd’hui une concurrence sérieuse à ceux des pays dont la France était précédemment tributaire (1).
Danemark (2).
Éducation cl enseignement. — Matériel et procédés des arts libéraux. — Le royaume de Danemark possède une population de 1 million d’habitants. Copenhague, sa capitale, est une ville de 230,000 âmes, où se trouvent concentrées toutes les forces intellectuelles de la nation, L’Université a déjà 400 ans d’existence, l’Académie des Beaux-Arts date de 1754, l’École polytechnique de 1829, l’École supérieure d’agriculture de 1856, et le Conservatoire de musique de 1866. Elle possède plusieurs bibliothèques, dont les deux principales, la bibliothèque royale et celle de l’Université, contiennent l’une 500,000 et l’autre 270,000 volumes. Ses richesses scientifiques, quoique récentes, ne sont pas moins remarquables; elle est dotée de divers musées d’archéologie, d’ethnographie, de zoologie, d’histoire chronologique, de numismatique, de peinture et de sculpture.
(1) Cette courte notice est extraite du catalogue officiel. Un rapport complet sur cette question a été fait par M. BURÉE dans le tome VII de cette publication, page 78 et suivantes.
(2) Voir, page 1 i3, l’art au Danemark.
[PAYS ÉTRANGERS. (LE DANEMARK)
L’enseignement populaire est l’objet des soins les plus assidus de la part du gouvernement, et l’instruction primaire est obligatoire pour les enfants dé sept à treize ans ; du reste, il y a des écoles non-seulement dans les villes, mais encore dans les moindres villages, et Copenhague possède 12 écoles centrales fréquentées par 1 1 ,000 enfants des deux sexes, et pour lesquelles l’administration urbaine dépense annuellement plus de 640,000 francs.
En dehors des établissements publics, 150 écoles particulières répandent l’instruction dans toutes les classes de la société danoise, assistées de 53 cours mixtes; le premier de ces cours fut fondé par Grundtivg en 1844.
De nombreuses écoles professionnelles viennent en aide à l’industrie nationale, et le niveau de l’instruction, en Danemark, est à la hauteur de celui des autres États civilisés de l’Europe.
Les établissements hospitaliers ont suivi la même progression : Copenhague possède deux instituts de sourds-muets, des hospices d’aveugles et d’aliénés, des hôpitaux et un grand nombre de maisons de santé particulières.
Enfin la protection de l’enfance est l’objet des plus légitimes soucis : 50 salles d’asile, dont 14 à Copenhague, et de nombreux orphelinats donnent leurs soins assidus aux enfants et doivent l’existence uniquement à la charité publique.
La vie intellectuelle, en Danemark, se manifeste encore sous d’autres formes. 11 se publie, à Copenhague, 124 écrits périodiques et journaux, dont 11 quotidiens, et il paraît, hors de la capitale, plus de 100 écrits périodiques et gazettes. Les libraires, imprimeurs, lithographes, xylographes sont nombreux; on compte dans le royaume 153 imprimeries et 8 grandes fabriques de papier. A Copenhague seulement il y a 53 imprimeurs et 115 relieurs.
La photographie et les arts qui s’y rattachent, la photolithographie et l’héliotypie sont principalement appliqués à la reproduction des chefs-d’œuvre des galeries et des musées de la capitale, et à la multiplication des ouvrages précieux et souvent uniques des bibliothèques. Cette industrie florissante sert ainsi à vulgariser le goût des sciences et des beaux-arts.
Les établissements qui fabriquent les instruments de physique, d’optique, d’astronomie, de chirurgie ont suivi les progrès des sciences et se sont développés avec elles.
Parmi les fabriques d'instruments de musique, les seules importantes sont les fabriques de pianos. On en compte 22 à Copenhague ; d’un seul de ces établissements il sort annuellement 500 ou 600 instruments.
On peut enfin mentionner les superbes cartes topographiques et hydrographiques dressées dans les établissements appartenant à l’État, et la création en 1872 de l’Institut météorologique.
Mobilier et accessoires. — Le Danemark est un pays essentiellement agricole ; le cinquième au plus de sa population se livre aux travaux industriels ; aussi tient-il une place peu importante parmi les nations industrielles de l’Europe.
On peut citer néanmoins, comme jouissant d’une juste réputation, les produits de l’ébénisterie, de l’orfèvrerie, de la céramique et, en général, de toutes les branches d’industrie qui se rattachent à l’art.
On compte, en Danemark, trois fabriques de porcelaine, dont la plus ancienne a été fondée en 1775, sept verreries, plusieurs fabriques de terres cuites, parmi lesquelles on peut citer celles du Jutland, d’où sortent les vases noirs assez gros-
siers à l’usage des habitants des campagnes, et celles de l’ile de Bornholm ; enfin, deux fonderies d’art dont les produits ont un cachet artistique remarquable.
Les loteries créées depuis 1856 avec l’autorisation du gouvernement, et dont les lots consistent en produits industriels, meubles, argenterie, lingerie, etc., exécutés, sur les dessins d’artistes distingués, par les fabricants les plus habiles, ont donné à ces diverses industries une très-vive impulsion.
On peut enfin citer les pendules à bon marché fabriquées dans file de Bornholm, les bons chronomètres et les montres estimées qui sortent des ateliers d’horlogerie des principales villes du Danemark, et surtout de ceux de Copenhague, et les allumettes au phosphore amorphe, les seules dont la vente soit autorisée par la loi de 1874, qui sont fabriquées à Copenhague et aux environs, dans cinq usines importantes.
Tissus, vêtements et accessoires. — Les industries textiles n’ont pas pris, en Danemark, un grand développement et sont loin de suffire aux besoins du pays. L’industrie de la soie y est complètement inconnue ; celle du coton occupe au tissage un assez grand nombre d’ouvriers, mais reçoit du dehors les cotons filés qui servent à l’alimenter ; celle du lin et de la laine tirent du pays même et des îles d’Islande et de Faeroe les matières premières qui lui sont nécessaires. Ces matières textiles sont filées et tissées dans le royaume ; dans ces dernières années notamment, on a établi plusieurs grandes fabriques de draps. Quoiqu’il existe un certain nombre de fabriques de toiles et de lainages pourvues de machines, on peut dire d’une manière générale que la fabrication de ces tissus est surtout une industrie domestique.
Dans certains districts du Jutland, on tricote des lainages à la main en quantités considérables.
La laine danoise est un peu grossière, mais forte et chaude ; les tissus qui en proviennent font d’excellents vêtements qui protègent les habitants contre l’âpreté du climat.
Dans le groupe IV, on peut citer trois spécialités dans lesquelles le Danemark a acquis une réputation méritée :
1° Les broderies exécutées par les dames d’après les dessins d’artistes estimés, et remarquables par leur élégance et leur distinction ;
2° La couture dite Hedebosyning , qui se fait spécialement dans le district situé entre les villes de Roskilde et Kjoege;
3° Les gants, dont l’exportation s’est élevée, en dix ans, de 12,000 à
Les chaussures danoises sont de qualité supérieure; en 1874, on a établi à Copenhague la première fabrique de chaussures à la mécanique.
Industries extractives. — Produits bruts et ouvrés. — La superficie du royaume de Danemark est de 45,000 kilomètres carrés, dont 30,000 de terres labourables. Le reste se compose en partie de landes incultes. La surface du sol est formée de couches de galets entrecoupées exceptionellement par des bancs de craie en Jutland, en Seeland et dans l’île de Moen.
Dans le Danemark proprement dit, on ne rencontre ni montagnes ni mines; c’est une conséquence du mode de formation du sol.
En revanche, dans l’ile de Bornholm, on trouve quelques petites houillères,
PAYS ÉTRANGERS. (LE DANEMARK)
des carrières de granit et de grès, du kaolin, etc. Aux environs de Faxe, en Seeland, et près de Daugbjerg et Moensted, en Jutland, on extrait des pierres à chaux et différentes espèces d’argile qui sont employées à la fabrication d’excellents ciments et dans l’industrie céramique. Enfin la tourbe se rencontre partout en grande abondance.
Les colonies danoises ont un sol essentiellement montagneux, et renferment quelques mines de diverses espèces.
Dans les îles Faeroe, on rencontre des houillères dont l’exploitation, à l'heure actuelle, est sans importance, mais semble appelée à prendre dans l’avenir un grand développpement. On trouve du soufre en Islande ; au Groenland, dans les environs d’Ivigtut, il existe des mines de cryolithe d’une grande richesse, d’où l’on extrait annuellement plus de 5,000 tonnes de minerai. La cryolithe est employée à la fabrication de la soude, qui a pris une importance considérable. C’est un Danois, J. Thomsen, qui a trouvé en 4850 le moyen de décomposer la cryolithe par la chaux incandescente et d’en extraire la soude. Depuis 4858, il existe près de Copenhague une fabrique de soude basée sur ce procédé.
Le sol du Danemark est couvert de forêts sur une étendue d’environ 2,000 kilomètres carrés. Les industries qui se rattachent à leur exploitation n’ont pas une grande importance. Cependant on fait du charbon de bois, et la fabrication des sabots, chaussure favorite des paysans, est l’objet d’une industrie domestique assez développée.
Les produits de la chasse et de la pêche ne sont pas très-abondants en Danemark ; mais il n’en est pas de même aux colonies.
Le Groenland exporte un grand nombre de peaux et cuirs de phoque, de renard et d’ours. Les îles de Faeroe, l’Islande et le Groenland expédient chaque année en Danemark 45,000 kilogrammes déplumés et de duvets, 4 ,500,000 kilogrammes de poissons séchés, et environ le même poids d’huile de baleine. La pêche est pour le royaume une source de revenus; l’excédant des exportations de poissons frais sur les importations représentait, en 1876, une somme de 600,000 francs. La récolte d'huîtres donnait lieu, pendant la même année, à un excédant d’exportation d’une valeur de 260,000 francs.
Le commerce des laines et des peaux a aussi une réelle importance. En 4876, les importations de laines étaient de 650,000 kilogrammes, et les exportations de 4 ,950,000 kilogrammes ; l’excédant des exportations a donc été de 4,300,000 kilogrammes, représentant une valeur de 1,730,000 francs.
En peaux brutes, les exportations ont diminué notablement depuis dix ans, l’industrie de la préparation des peaux et fourrures ayant pris pendant cette période un grand développement. L’excédant des exportations de peaux brutes sur les importations n’a été, en 1875, que de 550,000 kilogrammes, le tiers environ de ce qu’il était en 4867.
Enfin, depuis l’année 4822, où la première fabrique d’acide sulfurique a été installée dans le pays, l'industrie des produits chimiques a fait de notables progrès. On a vu s’élever successivement des fabriques d’engrais artificiels, de soude, de produits chimiques, d’eaux gazeuses, qui sont aujourd’hui très-florissantes.
Outillage et procédés des industries mécaniques. — L’industrie mécanique en Danemark date seulement des premières années de ce siècle.
En 1790, une machine à vapeur était installée dans un des établissements de la marine royale; en 1811, le Danemark ne possédait encore que trois machines à vapeur.
Mais aujourd’hni, c’est par centaines que les moteurs à vapeur sont appliqués à tous les usages industriels et agricoles.
La fondation à Copenhague d’une école polytechnique, en 1829, facilita cette progression.
Le système des corporations était une barrière aux améliorations ; la loi votée par le parlement danois en 1857, en les supprimant et en proclamant la liberté du travail et des transactions, brisa les entraves; de 1872 à 1877, 108 sociétés industrielles par actions ont été établies et ont donné à l’industrie un assez grand essor.
Le Danemark possède aujourd’hui des usines de tous genres et l’industrie mécanique fabrique des moteurs à vapeur fixes et locomobiles, des machinesoutils puissantes, des presses d’imprimerie, des machines à coudre; on y trouve aussi des fabriques de cellulose, d’acide sulfurique et d’engrais artificiels.
Comme l’agriculture est la principale ressource du pays, l’industrie spéciale qui s’occupe de la fabrication des machines, des instruments et des outils agricoles a pris une réelle importance ; plusieurs grandes usines ont été fondées, et leur nombre s’accroît de jour en jour.
Depuis 1857, les grands travaux publics ont pris une extension considérable. Dès 1847, Roeskilde était reliée à Copenhague par un chemin de fer de 40 kilo mètres.
En 1872, le Danemark possédait 960 kilomètres de voies ferrées; il y en a aujourd’hui 1,200 en exploitation.
La télégraphie a été appliquée aux services publics et privés depuis de longues années déjà. Le Danemark est d’ailleurs la patrie de H.-C. Oersted qui découvrit, en 1820, l’électro-magnétisme.
C’est en 1819 que le premier bateau à vapeur a fait son apparition dans les ports danois; en 1839, le Danemark possédait 8 vapeurs, il en avait 77 en 1867 et 178 en 1876.
Enfin, l’effectif total de la flotte marchande était, en 1867, de 2,750 navires dont 2,673 voiliers; en 1876, cet effectif était de 3,144 navires, dont 2,966 voiliers.
Produits alimentaires. — Le Danemark est une contrée essentiellement agricole ; il produit des quantités considérables de froment, dont la plus grande partie est exportée à l’état de farine.
En 1871, la valeur de l’excédant des farines exportées était de 7,300,000 fr. ; elle s’est élevée en 1876 à 24 millions de francs. Les développements pris dans les dernières années par ce commerce, qui a en Angleterre son principal débouché, ont provoqué l’établissement de moulins et de minoteries importantes. L'exportation des corps gras alimentaires, beurre, lard, viandes préparées, œufs, etc., a suivi la même progression. Sa valeur totale, qui était en 1871 de 19 millions de francs, dont 360,000 francs d’œufs, s’est élevée en 1876 à 42 millions de francs ainsi répartis :
PAYS ÉTRANGERS. (LE DANEMARK). 499
Beurre . 37,000,000*
Viandes, lard et jambon . 3,200,000
OEufs . 1,800,000
Total . 42,000,000
En résumé, les farines et les corps gras alimentaires représentent à eux seuls le tiers de la valeur totale des produits exportés par le Danemark, valeur qu* s’élève à 200 millions de francs.
Antérieurement à l’année 1872, le Danemark tirait tout son sucre de l’étranger, en partie de ses colonies d’Amérique. A cette époque on y établit deux fabriques de sucre de betterave, dont les produits parurent pour la première fois sur le marché en 1874. La production totale de ces deux usines pendant les trois années 1874, 1875 et 1876 a été de 2,800,000 kilogrammes de sucre.
Pendant cette période, on a constaté une diminution dans la production sucrière des colonies danoises d’Amérique, diminution contre laquelle la métropole s’est efforcée de réagir en favorisant l’établissement de la société des fonderies réunies de sucre de Sainte-Croix, et en lui assurant un puissant appui.
La bière et l’eau-de-vie sont les deux seules boissons dont la fabrication a quelque importance. En 1876, 256 distilleries ont produit 35 millions de litres d’eau-de-vie; quant à la bière, l’excédant de l’exportation sur l’importation s’est élevé à la somme de 200,000 francs.
Agriculture et pisciculture. — Grâce à la grande étendue de ses côtes, le Danemark jouit du climat particulier aux îles et d’une température moyenne de 7 degrés au-dessus de zéro, soit 15 degrés en été, 8 en automne, 0°,2 en hiver et 4°, 5 au printemps.
Il reçoit annuellement une quantité d’eau pluviale évaluée à 598 millimètres, dont 172 en été, 199 en automne, 104 au printemps et 123 en hiver.
Pendant la période écoulée depuis l’Exposition universelle de 1867, l’agricuL ture danoise a fait de très-grands progrès; il reste toutefois une assez grande superficie de terres encore incultes ; mais les terrains sont tous d'une mauvaise qualité.
Les céréales et les plantes légumineuses et industrielles occupent environ 31,7 % de la surface du royaume, les prairies et les jachères 38,7 %, les bois 4,3 °/0. Le reste du territoire est couvert par les bruyères, les tourbières, les marais et les terrains soblonneux, ou consacré aux voies de communication, aux villes et villages, aux lacs et aux cours d’eau, etc.
On comptait, en Danemark, en 1876:
352,000 chevaux de force moyenne et de race indigène ;
1,348,000 bêtes à cornes, des vaches principalement;
1,719,000 moutons;
504,000 porcs.
Non-seulement le pays pourvoit largement aux besoins et à l’alimentation de sa population, mais, malgré le peu d’étendue de son territoire, il contribue dans une^assez large part à l’approvisionnement des autres contrées de l'Europe, de l’Angleterre principalement. La récolte de 1876 a été l’une des plus médio-
cres depuis un grand nombre d’années. Malgré cela, on a pu exporter dans l’année qui l’a suivie : 5,300 chevaux en Allemagne et en France, 95,000 bêtes à cornes, 41,000 moutons et agneaux, 202,000 porcs, 6,860 pourceaux, près de 4 millions de kilogrammes de lard, 750,000 kilogrammes de viande et 10 millions de kilogrammes de beurre. L’excédant de l’exportation sur l’importation des bestiaux vivants a produit la somme de 53 millions de francs.
Le Danemark reçoit tous les ans de l’étranger des quantités considérables de fourrages, de produits fourragers et d’engrais artificiels.
En 1876 il a importé :
19,000,000 de kilogrammes de tourteaux;
3,500,000 kilogrammes de noyaux de palmier;
35,000,000 de kilogrammes de son ;
21,000,000 de kilogrammes d’engrais artificiels.
Il existe en Danemark un grand nombre d’institutions créées pour encourager l’agriculture et aider à ses progrès. La plus ancienne est la Société royale d’économie rurale, fondée en 1769, qui exerce son influence sur tout le territoire. On peut citer enfin la Société agricole du Jutland, qui limite son action à cette seule province du royaume; 68 comités agricoles locaux, parmi lesquels on en compte 62 qui organisent chaque année un ou plusieurs concours d’animaux; l’École supérieure d’agriculture fondée à Copenhague en 1856, et de nombreuses écoles élémentaires d’agriculture disséminées dans les diverses régions du territoire.
En outre, plusieurs sociétés particulières se sont organisées dans le but de fournir au meilleur marché possible aux cultivateurs, avec l’aide et le contrôle d’un laboratoire agronomique, des engrais et des fourrages de bonne qualité. Un de ces utiles établissements fonctionne déjà depuis longtemps pour le choix et le contrôle des grains de semence.
Confédération Argentine.
La république Argentine est une vaste contrée de l’Amérique du Sud, dont les limites extrêmes se trouvent :
Au nord, à 20° de latitude sud; au sud, à 56° de latitude sud; à l’ouest, à 71° 30’ de longitude ouest, et à l’est, à 53° 50’ de longitude ouest.
Sa population est évaluée à 2,400,000 âmes.
Quoique l’industrie commence à s’y développer, ce pays ne produit guère que des matières premières. Longtemps l’agriculture y a été négligée ; mais aujourd’hui, dans les provinces du littoral, la culture du sol a été mise en honneur. On cultive en grandies céréales, le blé, le maïs, l’avoine, les fourrages artificiels etsurtout la luzerne; la vigne, les arbres fruitiers etles légumes de toutes espèces commencent à s’y propager. On y cultive aussi les plantes industrielles, telles que le coton, le tabac, l’arachide, la garance, le lin, le ricin, le sorgho, etc. Les provinces de l’intérieur, plus agricoles encore que celles du littoral, ont amélioré leurs procédés de culture. La production delà canne à sucre s’est accrue; on a étendu et perfectionné la fabrication des vins et des eaux-de-vie; mais il reste encore immensément à faire.