‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 3)Chapitre 10 sur 95 · DIFFUSION · texte numérisé non relu

DIFFUSION

à côté des autres, et enveloppant le cylindre. Chacune d’elles, pl. I, fig. 4, se compose de dix petites lames de cuivre se recourbant en forme de cornière, soudées par leurs extrémités et ^cariées l’une de l’autre de l/2 dixième de millimétré par des pieds ménagés de distance en distance; ces cornières présentent à l’extérieur une de leur face pleine, en sorte que le jus en pénétrant entre chaque lame se trouve immédiatement dans un vaste espace. Cette presse a l’avantage, comme la précédente, de permettre de changer plus facilement sa surface filtrante que dans la presse Champonnois sans changer les cylindres, mais elle n’est pas aussi rustique.

Nous ne parlerons pas plus longtemps des presses continues que nous retrouverons à l’Exposition. Ces quelques mots sur les premières presses qui aient été employées régulièrement devant faciliter la compréhension de toutes celles que nous rencontrerons à l’Exposition.

Diffusion. — Dès le début de la fondation de la sucrerie en France, Mathieu de Dombasle imaginait de découper les betteraves en tranches minces et de les épuiser de leur sucre par un lavage méthodique à l’eau chaude. Malheureusement la constitution de la betterave, encore mal connue d’ailleurs, demandait pour ce genre de travail une manipulation toute spéciale que ne découvrit pas le savant innovateur. Ce n’est que de nos jours qu'un Français établi en

Moravie, à Seelovitz, M. Robert, après de longues et minutieuses recherches, parvint, à son grand honneur, à résoudre le problème de la diffusion. Entre ce temps, Roville en France en 1831, Schutzenbacli plus tard en Allemagne, avaient essayé, sans y réussir davantage, la macération de la betterave râpée. Les jus obtenus dans tous ces procédés, chargés de matières gélatineuses devenaient rapidement impropres à l’extraction du sucre qu’ils contenaient. La diffusion Robert seule subsiste de tous ces essais. Elle a été modifiée par Schulz et «c’est ce procédé qui est employé dans la plus grande partie des fabriques travaillant par diffusion.

Le procédé Schulz emploie ordinairement 8 diffuseurs, vastes vases cylindriques de 5mc environ de capacité utile, placés verticalement côte à côte en TOME II. — NOUV. TECH. 2

L’INDUSTRIE SUCRIÈRE

ligne ou en cercle. On les emplit de betteraves en petites lanières ou cossettes (chnitzel en allemand) de lmm d’épaisseur sur 4mm de largeur environ, coupées par un disque muni de couteaux dentés, fig. 10, tournant horizontalement avec une grande rapidité dans un appareil nommé coupe-racines. Lorsque la batterie des diffuseurs est en pleine marche, il y en a toujours un en vidange, un que l’on emplit et 6 en macération. Dans la partie la plus élevée de l’usine on place un réservoir d’eau froide communiquant par un tuyau avec le dernier diffuseur; tous les diffuseurs communiquent entre eux par un tuyau allant du bas de l’un au sommet de l’autre ; enfin un peu au-dessus des diffuseurs, bien plus bas que le réservoir d’eau, se trouve un bac réchauffeur, permettant de réchauffer le jus qui passerait du 4e dans le 5* diffuseur. Cela posé, voici comment fonctionne la batterie. Le dernier diffuseur étant plein de cossettes fraîches, et le premier de cossettes presque totalement épuisées, on ouvre le robinet qui permet au jus du 4' diffuseur de passer au réchauffeur; on ouvre aussi celui qui donne accès à l’eau froide dans le premier; de la sorte l’eau froide déplace le jus faible contenu dans le 1er diffuseur, ce jus faible remplace le jus un peu plus fort qui était dans le second, celui du second entre dans le troisième où le jus était plus fort aussi, du troisième le jus passe dans le quatrième et le liquide du quatrième monte sous la même pression dans le réchauffeur. Ce jus déjà assez dense étant réchauffé, on le fait passer dans le cinquième où la cossette qui est peu épuisée abandonne beaucoup de sucre sous l’influence de cette chaleur quoique le jus qui y arrive soit déjà assez sucré ; enfin le jus du 5e diffuseur entre dans le sixième. Si ce 6* diffuseur vient d’être rempli de cossettes fraîches, on fait entrer le jus par le fond, et on laisse le liquide encore chaud d’ailleurs d’une opération précédente macérer tout le temps que l’on monte au réchauffeur une autre quantité de jus. Si, au contraire, suivant le modus operandi de l’usine, le 6e diffuseur est déjà chargé de jus concentré, le jus du 5e chasse celui du 6e dans des réservoirs où on lui fera subir les opérations de la défécation.

Après cette opération, on aura eu le temps de finir le remplissage du 7e diffuseur, qui entrera en œuvre, on emplira à son tour le 8e, et l’on videra le premier qui sera de fait épuisé. A cet effet on évacue l’eau qu’il contient par un robinet inférieur, et par une porte latérale la cossette qui ne présente plus la moindre saveur sucrée. Dès lors le 2e diffuseur devient le premier de la série et ainsi de suite. Or, pour arriver à ce changement dans les rôles, on établit entre chaque diffuseur un buffet de six robinets permettant de faire communiquer chacun des diffuseurs soit avec l’eau, soit avec les réchauffeurs, soit avec le haut, soit avec le bas du diffuseur voisin, soit enfin avec les chaudières à déféquer. Telle est en quelques mots la manière dont on conduit la diffusion.

De nombreuses modifications sont apportées à la diffusion. Nous venons de voir par exemple que l’eau du premier cylindre est jetée en même temps que les cossettes lorsque ces dernières sont épuisées. Pour éviter la perte d’une aussi grande quantité d’eau, égale d’ailleurs au volume des betteraves que l’on traite pendant la fabrication, on substitue l'air comprimé à la pression hydrostatique pour exercer la dernière évacuation du jus, en sorte que, le premier diffuseur au moment de la vidange ne contient plus que de la cossette assez sèche. Cette cossette qui est employée à la nourriture des bestiaux serait d’ailleurs trop humide pour être consommée dans cet état, aussi les fait-on passer, au sortir des diffuseurs parune presse, dite presse Klüzemann, pl. II, fig. I, composée d’une vis qui se déplace dans un espace conique et comprime la cossette de telle sorte qu’en sortant de là, celle-ci ne contient plus que l’eau suffisante pour l'usage qu’on en veut faire. L’opération du réchauffage fait perdre du temps;

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