‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 3)Chapitre 9 sur 95 · PRESSES CONTINUES · texte numérisé non relu

PRESSES CONTINUES

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autres il est refoulé par une pompe dans un espace clos dont une paroi est formée par deux ou plusieurs cylindres à paroi filtrante, et la pulpe séchée se lamine entre ces cylindres. Enfin il est d’autres presses continues se basant sur la pression exercée sur les pulpes par une hélice ou tout autre système.

L’idée des presses continues fut la première qui se soit présentée à la pensée des innovateurs de la fabrication du sucre de betteraves en imitation des laminoirs employés pour les cannes à sucre. Mais le problème pour les deux plantes est bien différent; la bagasse au laminage reste solide et entière et se sépare naturellement du vesou ; la texture de la betterave produit un effet contraire ; jus et pulpe se mélangent en bouillie au lieu de se séparer. 11 fallait donc inventer un laminoir à surface perméable pour le jus seul, et Isnard crut arriver à ce résultat par l’interposition de toiles entre les rouleaux, toiles qui auraient eu pour effet de retenir la pulpe de la betterave râpée préalablement. Ainsi construite la presse ne rendait guère que 60 à 65 %• C’est que le problème ne consiste pas seulement à presser la pulpe pour en extraire le jus. Si l’on considère ce qui se passe dans la pression dans des sacs, on remarque un premier travail, donné généralement par la presse préparatoire, qui consiste à former une masse plus corsée, plus feutrée, qui n’aura plus la propriété sous une pression violente de laisser échapper une partie de la pulpe qui glisse, entraînée par le courant liquide, à l’état de pulpe folle ; c’est cette masse feutrée seule qui peut résister à de fortes pressions.

Pecqueur en 1836 fut le premier qui ait imaginé un appareil réalisant les données du problème. Les laminoirs étaient formés de cylindres creux percés d’une grande quantité de trous et revêtus d’une toile métallique. De plus ils plongeaient dans une bâcbe dont ils formaient pour ainsi dire le couvercle étanche, et dans cette bâcbe on refoulait la pulpe sous une certaine pression au moyen d’une pompe. Le jus, pour s’échapper, devait traverser les parois perméables des cylindres. Il arrivait alors que sur ces parois se formait un feutre de pulpe que traversait le jus et que ce jus en sortait parfaitement limpide. Mais les cylindres étaient mis en mouvement de manière à forcer cette surface feutrée à se laminer fortement entre eux, ce qui répondait parfaitement aux conditions que l’on s’était posées. Un couteau enlevait ensuite la pulpe laminée et bien sèche de dessus les cylindres. Malheureusement la surface filtrante qui fonctionnait si bien s’obstruait vite; les mailles de la toile métallique se bouchaient de telle sorte qu'aucun nettoyage n’était possible, et la presse Pecqueur tomba.

Depuis on a cherché à vaincre les difficultés inhérentes aux deux procédés ci-dessus, soit d'employer des toiles, soit de trouver à la presse Pecqueur des cylindres filtrants qui ne s’incrustent pas. La presse Poizot et Druelle remplit les premières conditions, et c’est M. Champonnois qui, le premier, réalisa le perfectionnement que Pecqueur ni Douai Lesens ne purent trouver. D’autres le suivirent de près dans la voie qu’il avait tracée.

MM. Poizot et Druelle construisirent une presse dans laquelle la pulpe passe entre deux cylindres, conduit à l’aide de deux toiles sans fin. Us essayèrent de réunir autant que possible les bonnes conditions du pressage de la pulpe dans les presses hydrauliques. A cet effet la première pression qui doit être aussi ménagée que possible était produite contre le premier cylindre par l'élasticité de la toile principale sur laquelle elle est portée. Puis, s’engageant dans une série de quatre petits rouleaux faisant fonction de presse préparatoire et se rapprochant de plus en plus du premier cylindre, elle était alors saisie entre le second cylindre et le premier, et sous l'effort de leur pression énergique, rendait le maximum de jus possible à la machine. Cette machine était bonne mais demandait quelques perfectionnements que M. Poizot lui a apportés plus tard,

L’INDUSTRIE SUCRIÈRE

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pl. I, fig. 5, en supprimant une toile et modifiant la forme générale, garnissant de caoutchouc les cylindres, etc.

MM. Manuel et Socin ont fait une presse sur des principes analogues. Le pressin tombe sur une toile, qui l’entraîne sous une série de rouleaux superposés deux à deux et dont la distance variable est réglée de telle sorte que la pression qu’ils exercent sur le pressin soit de plus en plus grande ; des râteaux relèvent la pulpe entre chaque système de laminoir, et les cylindres inférieurs sont percés de trous, formant surface perméable. Cette presse fonctionne très-bien et donne des jus très-purs.

La presse Champonnois , pl. I. fig. 1 et 2, se compose de deux cylindres laminoirs perméables immergés sur les 2/3 environ de leur surface dans une bâche en fonte de dimensions -et formes calculées, faisant joint étanche avec leurs bases et avec la portion émergeante de la surface. La pulpe ne peut sortir qu’entre les deux cylindres. Une pompe à piston creux plongeant dans la pulpe de sortie des râpes, la saisit et la refoule dans la bâche sous une pression d'une ou deux atmosphères. Le jus sort par le milieu des cylindres, tandis que la pulpe laminée est râclée par deux couteaux qui la saisissent immédiatement à la sortie; elle tombe par son propre poids en avant de la presse qui, à cet effet, est inclinée à 45°. Les cylindres reçoivent leur mouvement d’un engrenage mu par une double vis sans fin qui leur communique une rotation en sens invers. La partie la plus intéressante à connaître dans la presse est la nature de la surface filtrante.

« Cette surface filtrante, dit M. Champonnois, est formée par l’enroulement hélicoïdal d’un fil triangulaire dont les espaces sont déterminés et réglés à I ou 2 dixièmes de millimètre. La détermination de ces espaces et la fixation des fils ont lieu au moyen d’un filetage régulier sur l’extrémité des barrettes qui forment les génératrices des cylindres creux qui les supportent, et les fils dont les dimensions sont régulières en hauteur et en largeur, se placent avec appui et tension dans les alvéoles produites par le filetage, et, en s'y ajustant exactement, acquièrent la fixité et la rigidité d’une surface métallique d’une seule pièce et de même épaisseur. Par la régularité du filetage qui s'obtient aisément sur le tour, et par celle du fil qui s’obtient facilement par le filetage et même par le laminage, on arrive à la régularité dans la lumière, suivant les dimensions qu’on a déterminées. » D’après cette description, on voit que cet assemblage de fils triangulaires donne une lumière étroite à l’extérieur, et s’évasant à l'intérieur, qui permet au jus qui a pénétré dans la fente extérieurement de trouver un écoulement facile, et pour lui et pour les parcelles ténues de pulpes qui ont pu être entraînées.

En sortant de la presse le jus est reçu par un tamis qui empêche la pulpe folle de se mêler au jus, condition qui devrait être remplie même avec les presses hydrauliques; cette pulpe folle étant du plus fâcheux effet par la suite des opérations.

La presse Collette , fig. 9, se présente comme principe à peu près comme la presse Champonnois, ses cylindres sont aussi perméables, mais la surface filtrante est formée par une tôle perforée en cuivre fixée par une seule de ses extrémités au moyen de vis à tête fraisée, sur les cylindres, selon une génératrice; l’autre extrémité suit le mouvement du cylindre, parfaitement libre, et repose sur la tête des vis qu’elle recouvre. La pulpe en sortant des cylindres est repressée de nouveau par un rouleau en bois.

La presse Lebée , pl. 1, fig. 3, basée toujours sur le même système, est composée aussi de deux cylindres dont la surface filtrante a l'aspect des cylindres de M. Champonnois, mais la formation en est essentiellement différente. Elle est faite, en effet, d’une série de portions de surfaces filtrantes vissées les unes

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