‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 3)Chapitre 12 sur 95 · FILTRES-PRESSES · texte numérisé non relu

FILTRES-PRESSES

Filtres-presses. — Les écumes des deux carbonatations sont réunies dans un même bac précédant deux monte-jus. Ici les pompes ne peuvent être employées. Les tuyaux d’évacuation des deux monte-jus se réunissent en un seul, car l’un des monte jus travaille pendant que l'autre s’emplit, pour que le jeu des filtres-presses n’ait aucune interruption.

C’est l’anglais Howard, qui, le premier, imagina des filtres agissant par pression, en remplacement des filtres Taylor des raffineries. Mais cette idée ne fut reprise qu’en 1853 par W. Teedham et en 1836 par James Ivile. Cependant ces instruments étaient très-imparfaits, tout en bois, et ne rendaient pas tous les services que leur excellent principe promettait d’en obtenir. Bientôt Danek remplaçant le bois par le fer, et Trinks apportant de grandes améliorations dans la machine en firent un instrument essentiellement manufacturier. Depuis, de nombreux brevets furent pris pour des formes et des dispositions différentes apportées aux filtres-presses parmi lesquels nous retrouvons en 1864-65-66 ceux de Heckner, Roettger et Durieux. Le filtre-presse est donc tout moderne.

Ceux qui sont le plus employés sont les modèles de Trinks, pl. I’, fig. 3, et ceux de Durieux et Roettger, pl. II, fig. 4 et 5.

Le filtre-presse, considéré dans sa constitution élémentaire, est composé d’une série de sacs en toile maintenus dans toutes leurs parties contre des parois métalliques percées de trous. Le monte-jus fait rentrer sous pression les boues liquides dans ces sacs; le jus s’écoule clair et chaque sac s’emplit de boues solides qui sont pressées fortement contre les parois par l’action de la vapeur dans le monte-jus. Lorsque les sacs sont pleins, le jus ne coule plus; alors pour chasser l’excès de liquide qui reste dans la boue, on y envoie la vapeur directe sous pression. La vapeur se substitue au jus qu’elle chasse , s’y condense et lave ainsi les boues, dissolvant les dernières portions de sucre, et formant ainsi un jus nouveau très-peu sucré. L’action de la vapeur est continuée, jusqu’à ce que, s’étant créé des voies, elle sorte à la partie inférieure de l’appareil destinée à l’évacuation des liquides. Alors on ferme l’entrée de vapeur et l’opération est terminée.

Pour arriver à construire ces sacs de telle manière qu’on puisse les vider facilement on les a formés de deux toiles ’quadrangulaires juxtaposées dont les quatre bords sont serrés deux à deux entre des cadres de fer ou de fonte ne présentant qu’une seule ouverture pour le passage des boues et de la vapeur. Les cadres, et par conséquent l’ensemble des toiles formant sacs, sont séparés par des claies métalliques qui permettent au jus de s’échapper; les jus coulent le long des claies et se réunissent dans une rigole fermée par un robinet servant à régler la vitesse d’évacuation, et interrompre même le jeu d’une toile, quand elle est percée par exemple, sans arrêter le filtre-presse entier. Dans les presses Roettger l’ouverture par laquelle arrive la boue est percée dans l’épaisseur même du cadre. Dans les autres, cette ouverture est ménagée dans l’axe du filtre-presse, fig. 12, formant un canal en ligne droite et traversant par conséquent claies et toiles. Dans ce cas la toile est reliée autour du trou par un gros écrou de bronze dont une large ouverture ménagée au centre constitue le canal même des boues.

Après le passage de la vapeur les boues retiennent toujours une certaine quantité de sucre que l’on perdait jadis. Actuellement on commence à laver

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