PARTIE TECHNIQUE
Alcoométrie. — Un grand nombre de procédés ont été proposés pour reconnaître la quantité d’alcool que contient un liquide, reposant sur la densité des liquides, le point d’ébullition, la distillation, la tension (de vapeur, la dilatabilité, l’action des tubes capillaires, etc. Les deux seuls qui aient résisté à l’usage sont l’aréomètre pour les mélanges d’alcool et d’eau, la distillation suivie de l’essai aréométrique pour les liquides de composition complexe.
En France, l’aréomètre usité est Y alcoomètre centésimal qui donne immédiatement en centièmes le volume d’alcool que renferme le mélange. Cet aréomètre plongé dans l’eau pure enfonce jusqu’à la naissance de la tige, point auquel on marque o , c’est-à-dire point auquel il flotte dans un liquide dénué d’alcool. Dans l’alcool absolu, dont la densité est moindre, il s’enfonce davantage. Le point où s’y arrête l’instrument est marqué 100, et l’on s’arrange de manière à ce que ce soit près du sommet de la tige; le liquide, en effet, contient 100 pour 100 d’alcool. Les points intermédiaires sont fixés directement en plongeant l’alcoomètre dans des mélanges de composition connus , vu que les contractions signalées plus haut déjouent les calculs, en sorte, que les degrés de l’alcoomètre sont à des distances les uns des autres qui ne sont pas égales. L’alcoomètre centésimal est gradué à 15 degrés de température; la correction résultant de l’emploi de l’appareil à une température différente se calcule par la formule
x = G rp 0,4 t
en prenant le signe + quand test au-dessous de 15 degrés et le signe — quand t est au dessus. Enfin les indications de l’alcoomètre expriment les volumes d’alcool dans 100 volumes de liquide ; pour obtenir les poids, il faut multiplier le volume d’alcool par 0,7955 et diviser le produit par la densité du liquide sur lequel on opère.
Des tables, construites pour éviter les calculs , donnent toutes les corrections correspondantes aux températures variables , ainsi que les densités des liquides par degrés de l’alcoomètre, et les poids d’alcool correspondants.
Tous ces travaux ont été exécutés et vérifiés successivement par Gay-Lussac, l’auteur delà méthode, puis par Collardeau , Pouillet, etc.; mais chaque pays a ses instruments particuliers. En France même, on en a deux; car le commerce fait encore usage de l’alcoomètre de Cartier qui marque 10 dans l’eau et 44 dans l’alcool absolu à 12°, 5 de température, ce qui peut faire parfois des confusions. Aussi des tables ont-elles été dressées encore pour établir la correspondance entre les deux instruments.
En Allemagne, Gilpin et Tralles sont les auteurs reconnus de leur aréométrie. Ils ont choisi pour température moyenne 60 degrés Fahrenheit, soit 15 degrés I centésimaux Les tables dressées sur leurs (données par Brix sont celles qui sont généralement en usage.
En Angleterre, on se sert de l’aréomètre de Syke donnant le volume auquel il faut porter 1 00 volumes de la liqueur sur laquelle on opère pour obtenir un alcool-type appelé proof spirit. Des tables ramènent à la composition de la liqueur que l’on pèse. La densité du proof spirit est de 0,918633 et contient 47,5 pour 100 en poids d’alcool absolu. Tous les alcools qui n’ont pas cette composition sont over ou under proof d’une quantité indiquée par l’instrument.
Tous les liquides alcooliques contenant en dissolution d’autres substances que l’alcool et l’eau doivent être soumis à la distillation pour en connaître la nature. A cet effet, on fait usage de petits alambics composés d’une petite cucurbite en métal ou en verre s’adaptant à un petit serpentin. Dans la cucurbite , on introduit un volume connu du liquide à essayer et on distille. On recueille le tiers ou la moitié du volume du liquide primitif, qui contient généralement