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les alcools de betterave et de mélasse, de l’aldéhyde, de l’alcool amylique, des huiles essentielles, des acides tartrique , acétique, malique-, lactique, de l’empyreumc, etc.
Les substances les plus nécessaires et les plus faciles à retirer sont :
V alcool amylique C10 H12 O2, qui bout à 132 degrés, dont la densité est égale à 0,818 et la densité de vapeur à 3,1a;
V éther œnanthique C4 H50, G1’* H13 O*, densité = 0,862, bout à 230 degrés; densité de vapeur = 1,048;
L’acide œnanthique Cu H13 O2, HO, qui bout à 300 degrés.
Ces substances, étant moins volatiles que l’alcool , restent dans les derniers produits qui distillent.
L'aldéhyde G' IP O2 , densité 0,80, bout à 21 degrés et passe avant l’alcool avec d’autres substances éthérées. ■ ]
11 est un premier moyen d’éliminer une certaine partie des matières odorantes, c’est de mélanger de moitié d’eau l’alcool à distiller. En effet, de la sorte , une partie des huiles essentielles qui ne sont solubles que dans l’alcool concentré se précipitent, rendent laiteux le liquide, et par le repos surnagent et peuvent être enlevées.
Le second procédé, c’est la distillation fractionnée. Nous allons voir comment on dirige cette opération pour séparer les uns et les autres produits.
Enfin on a cherché maints réactifs pour obtenir chimiquement l’élimination des substances gênantes. Nous dirons de suite que deux moyens seuls peuvent être mis en pratique.
Lorsque l’on a affaire à un alcool acide, on peut saturer cet acide par la chaux vive que l’on délaie au préalable, et que l’on verse dans l’alcool, dans la proportion de 30 grain, h l’hectolitre environ , c’est-à-dire de telle sorte que le papier de tournesol ne rougisse ni ne bleuisse. On a essayé la potasse pour arriver au même résultat , mais la difficulté est grande , et MM. Béquet , Champonnois, Gail et Clc ne sont arrivés à rendre ce procédé praticable qu’en faisant agir la potasse dans la colonne distillatoire sur les plateaux du bas , c’est-à-dire sur des liquides peu alcooliques, en arrosant d’eau les plateaux placés un peu au-dessus des premières.
Le second procédé, employé assez généralement, surtout en Allemagne, consiste à faire passer l’alcool faible et froid sur des filtres de charbon de bois, tout à fait analogues aux filtres clos décrits en sucrerie. Le charbon retient une partie des substances nuisibles. On emploie à cet effet de préférence la braise de bois léger non résineux. Le charbon n’agit pas sur les alcools de betterave.
Quant aux autres procédés d’épuration chimique, ils ont été plus ou moins abandonnés, pour la raison fort simple qu’un mélange complexe et oxydable comme celui que présente l'alcool brut est très-sensible aux agents chimiques qui, tout en détruisant certains produits, peuvent donner naissance à d’autres. C’est ainsi que l’acide hypochloreux, le chromate de potasse, qui transformaient l’alcool amylique en acide valérianique peu volatil, sont maintenant rejetés de la rectification courante, qui se contente de la distillation fractionnée.
La rectification par distillation comporte trois périodes générales. La première est celle pendant laquelle le liquide se distille à une température inférieure à 86 degrés, entre 80 et 83 degrés. Pendant cette période passent tous les alcools et éthers plus volatils que l'alcool lui-même. De 86 à 100 degrés, l’alcool bon goût, l’alcool presque pur, distille seul. Au-dessus de 100 jusqu’à 102 degrés distillent des produits mauvais goût mélangés d’alcool amylique et autres. On ne pousse pas plus loin l'opération.
RECTIFICATION
Les appareils doivent donc être construits de manière à séparer facilement ces produits, et pour cela ils ne doivent débiter que de l’alcool fort dont la température d’ébullition se sépare nettement des deux produits extrêmes.
Les appareils à distillation décrits précédemment pourraient à la rigueur servir à la rectification. On se sert généralement d’appareils spéciaux pour cette opération, appareils faits et entretenus avec plus de soin que les autres. Ils sont étamés, pour éviter les réactions du cuivre; à chaque arrêt du travail, on a soin de les vaporiser et de les nettoyer complètement ; enfin ils sont toujours chauffés à la vapeur, au moyen de serpentins, et la chaudière qui contient l’alcool que l’on rectifie a de très-grandes dimensions, puisqu’il s’agit d’éliminer trois produits, ce qui constitue des pertes inévitables, pertes qui sont diminuées en traitant de grandes masses à la fois. Enfin on a remarqué que les grands appareils rectifient mieux que les petits. La perte que fait subir cette opération est évaluée en moyenne à 5 pour 100.
La fig. '2, pi. III, représente un appareil à rectifier construit sur ces données. A est la chaudière, chauffée au moyen d’un serpentin dessiné en pointillé ; B, la colonne d’analyse des vapeurs composée d’une grande quantité de plateaux, vingt au moins. La vapeur s’échappe pare et rencontre une série de tuyaux déflegmateurs, a, plongeant dans des cuves b remplies d’eau à des températures de plus en plus élevées. Les premiers, les plus aqueux, déversent les liquides qui s’y condensent sur les plateaux inférieurs de la colonne, et les seconds donnent des produits plus alcooliques sur les plateaux supérieurs. Les vapeurs riches se condensent à leur tour dans le serpentin D. Ce serpentin reçoit l’eau froide par en bas sortant des réservoirs F ; elle s’échauffe en remontant et va se déverser par d dans le réfrigérant c, dont elle parcourt successivement les quatre cases.
On emplit la chaudière A au moyen du réservoir E.
Pour mettre en train l’appareil, on commence par faire circuler assez vivement l’eau dans les réfrigérants, et l’on chauffe doucement. L’alcool commence par se condenser sur les plateaux et dans les tubes «. On a soin alors de régler Peau de manière à ce qu’elle sorte presque froide par le trop-plein. Aucun liquide ne sort par l’éprouvette ; on continue ainsi pendant trois heures environ. On dit alors que la distillation se fait en dedans, c’est ce que l’on appelle faire les plateaux. En effet, l’alcool se concentre sur les plateaux, les liquides moins volatils redescendant dans la chaudière, et les plus Volatils arrivant au haut de la colonne. Alors passent dans l’éprouvette tous les liquides mauvais goût, les éthers plus volatils que l’alcool que l’on recueille à part. Lorsque l’on s’aperçoit que cette distillation s’arrête, on diminue l’arrivée de l’eau; la température monte à 50 degrés dans le bac c et l’alcool commence à distiller à 94 pour 100. Les premières parties sont encore infectes, on les met à part, et l’on tempère l’ébullition en diminuant l’entrée de la vapeur. Lorsque l’on juge que les produits qui passent ont une qualité suffisante, on règle bien son appareil, et l’on attend la fin de la distillation. Peu à peu l’alcoomètre descend. II ne marque plus que 90 degrés. Enfin, lorsqu’il est au-dessous de 90, l’alcool amylique commence à distiller. On sépare alors ces produits, qui sont communs et de mauvais goût.
On continue cependant la distillation, on met à part lés liquides marquant moins de 49 degrés; mais à ce point on ne refroidit plus que le serpentin et l’on distille rapidement, car les produits qui passent devront subir une nouvelle rectification.
Quand l’alcoomètre marque O, on arrête, on vide la chaudière et l’on se prépare à recommencer une autre opération.
Parmi les appareils rectifîcateurs les plus perfectionnés, nous citerons ceux de Savalle, fig. 3, pl. III :
160 PROPRIÉTÉS DE L’ALCOOL
A, chaudière en cuivre ou en têlc recevant l’alcool à rectifier, chauffé par un serpentin intérieur.
B, colonne de 30 plateaux.
C, condenseur tubulaire. Les deux tiers des vapeurs qui le traversent sont ramenés à l’état liquide par h dans la colonne.
1), réfrigérant qui condense l’autre tiers des vapeurs à un haut degré, 96 ou 97°.
E, régulateur de vapeur.
F, éprouvette.
O, dénie de vapeur pour servir, à la (in des opérations, à la séparation et à l’élimination des huiles essentielles lourdes.
8, renitlard pour éviter l’écrasement de l’appareil par l’action du vide.
11, thermomètre permettant , de suivre les opérations et de soutirer les huiles lourdes et infectes séparées par le travail.
Cet appareil a l’avantage de vider lui-même sa colonne à la fin de l'opération, ce qui n’a pas lieu dans les autres et nécessite généralement un travail en pure perte de cinq heures à chaque reprise.
Pour terminer ce qui a rapport à la distillerie , nous donnons fig. 4 et 5, pl. 111, le plan d’installation d’une distillerie agricole suivant M. Savalle :
A, générateur de vapeur.
B, machine motrice.
C, laveur de betteraves.
1), élévateur (pii amène les betteraves en E.
E, coupe-racines.
C, G', G" bacs à macération de la cossettc.
Il, H', bacs à fermentation.
I, pompes.
K, appareil à distiller.
L, bac d’attente.
N, appareil à rectifier, ü, réservoir d’alcool.
Nous avons exposé, aussi complètement que possible, les méthodes de fabrication et les appareils les plus communément employés en distillerie. Nous allons passer maintenant il l’étude des nouveaux appareils que nous rencontrerons dans nos visites à ï Exposition. Nous ne clôrons pas cet article sans dire que plusieurs des figures qui y sont insérées et nombre de renseignements ont été empruntés à l’ouvrage bien connu du I)r Stammer (1).
(lj Charles Stammer, docteur chimiste. — Traité ou Manuel complet théotique et pratique de la distillation de toutes les matières alcoolisables [graines , pommes de terre , vins, betteraves, mélasse, etc.), contenant la description de tous les appareils connus et en usage dans la pratique ; ouvrage indispensable aux fabricants d’alcool et aux distillateurs. 1 vol. grand in-8°, 452 pages, 87 fig. dans le texte et nombreux tableaux, reliure anglaise, 25 fr. Paris, Eugène Lacroix, éditeur, 1876.
LA DISTILLATION