‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 3)Chapitre 33 sur 95 · DEUXIÈME PARTIE (Pl. IV, V, VI · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE (Pl. IV, V, VI

Comme nous le disions dans notre première partie, l’art de la distillation est arrivé il un point stationnaire autour duquel industriels et constructeurs tournent sans changer grand’chose au travail de leurs devanciers; aussi trouvons-nous peu de nouveauté à l’Exposition universelle. Les objets exposés sont de deux espèces : les alcools, produits de la distillation, et les machines propres au travail de la distillerie.

Alcools. — Les alcools exposés en 1878 sont en grand nombre; en effet, l’industrie qui nous occupe est répandue sur toute la surface de la France et du globe même, fournissant des produits directement consommables comme dans le Midi, alcool de vins fins, cognac, etc.; dans le Nord, genièvre et alcool de grain en général, vodki des Russes et autres; enfin, dans les pays où pousse la canne, le rhum et le tafia. A côté de cela sont les produits industriels , alcools de mélasse, de betterave, de pomme de terre , de céréales de toutes sortes.

Les premiers produits rentrent dans la section des denrées alimentaires, et, pour porter un jugement sur leur qualité, les moyens organoleptiques sont les seuls à employer. Les produits industriels sont plus difficiles à juger. En effet, que nous importe une exhibition d’alcools, plus ou moins fins, de degré plus ou moins élevé, de flegmes, de produits étbérés ou non, si nous ne savons comment ils ont été fabriqués? Car ce n’est pas tant le produit lui-même qui nous occupe ici que les conditions industrielles qui ont concouru à sa confection. Quel progrès enfin réalise donc un produit fin qui coûte très-cher ? Nous aurions par conséquent à examiner d’abord les prix de revient, et ensuite à prix égal la qualité de l’alcool, qualité qui fait prime sur le marché et qui est le fait soit d’une fabrication plus soignée, soit d’un appareil distillatoire plus perfectionné. Or, sur beaucoup de produits exposés, nous voyons bien notifié si l’usine emploie les appareils Savalle , Champonnois, Egrot ou autres, mais les prix n’y figurent pas; et malheureusement, pour obtenir de tels renseignements, à moins d’être membre du jury, on est de suite rebuté par les difficultés que l’on rencontre en présence de l’inertie de certains exposants, du manque de représentants, ou des lettres qui restent sans réponse (1).

C’est sur les qualités organoleptiques des alcools que l’on se base pour en fixer la valeur, ce qui demande non-seulement une certaine expérience , mais encore des facultés spéciales dont tout le monde n’est pas doué au même degré, et ce qui, en tous cas, est toujours sujet à la critique des deux partis, acheteurs et vendeurs. M. Savalle a trouvé un moyen de doser mathématiquement le degré de pureté de l’alcool, au moyen d’un réactif qui colore d’autant plus le liquide essayé que celui-ci est plus impur. C’est pourquoi il a nommé son appareil diaphanomètre. Le [mode d’emploi de sa liqueur est simple. Il a établi une série de types de teintes allant de 0, alcool pur, à la. C’est le type i qui donne la valeur moyenne d’un alcool , type qu’il a déposé à la Bourse,

(1) La remarque que fait ici notre collaborateur est générale pour la plupart des exposants et dans toutes les industries. E. Lacroix.

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