‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 109 sur 174 · TOME I. — NOÜV. TECH · texte numérisé non relu

TOME I. — NOÜV. TECH

HYDRAULIQUE

200 à 100 litres à l’heure et dont les dimensions réduites permettent l’application dans les cuisines. Ces appareils représentés (PI. VI, fig. 7) donnent à volonté de l’eau filtrée par le robinet inférieur, ou de l’eau brute par le robinet supérieur. 11 faut, bien entendu, que l’eau arrivant dans l’appareil soit à une pression suflisante pour que le filtrage puisse s’effectuer. Tel n’est pas le cas des eaux emmagasinées dans un réservoir ou une citerne. Il faut alors avoir recours aux filtres fonctionnant par aspiration sous l’action d’une pompe ou comme siphon par la différence des niveaux.

Les filtres David et Manceau, employés depuis plus de quarante ans dans les établissements de la ville de Paris, ont donné des résultats très-satisfaisants. Mais il faut avoir soin de prendre les précautions suivantes : on a vu que les matières filtrantes employées dans ces appareils étaient le charbon, la laine sous diverses formes, le sable, le grès et les éponges. Le charbon et la laine rendue imputrescible par un tannage à base ferrique ont des propriétés désinfectantes, mais faction absorbante de ces matières étant très-limitée ne peut exercer une influence utile que pendant peu de temps et en raison inverse de la quantité d’eau à purifier.

Le sable et le grès servent à une simple clarification, qui devient nulle si on néglige d'enlever par des nettoyages fréquents les impuretés qui s’y déposent.

Les éponges remplissant à peu près le même but que le sable et le grès ont le grave inconvénient de se putréfier et de communiquer à l’eau une odeur d’autant plus désagréable que cette dernière séjourne plus longtemps au contact des matières organiques eii décomposition.

Il est donc de toute nécessité d’opérer des nettoyages fréquents , et les appareils que nous venons de décrire sont construits de façon à les permettre.

Nous donnons, comme exemple d’installation en grand du système de filtrage de MM. David et Manceau, l’application qui en est faite dans la raffinerie de MM. Lebaudyà Paris, et dans l’usine de MM. Bourgin et Schuler à Courbevoie (Seine). (PI. VII, fig. 1 et 2.)

2° Filtres à air comprimé système Chanoit. — Le réservoir-filtre à

air comprimé du système Chanoit se distingue des autres appareils du même genre, en ce que la matière filtrante est incorruptible et que l’eau au sortir du filtre est parfaitement aérée. Cette aération est tellement énergique qu’en sortant de l’appareil, l’eau a une teinte laiteuse due aux bulles d’air contenues dans sa masse; mais il suffit de l’abandonner quelques instants à elle-même pour la voir reprendre toute sa limpidité.

Le nettoyage du filtre s’opère avec la plus grande facilité, il suffit d’une simfile manœuvre de robinet pour changer le sens du courant de l’eau dans l’appareil et entraîner ainsi les matières étrangères qui se trouvent dans la couche filtrante. Le fonctionnement de l’appareil représenté fig. 5, PI. V, est de la plus grande simplicité.

L’eau de la conduite de distribution arrive sous pression par le petit tube T dans la cuvette C, se clarifie en passant à travers une couche de laitiers pulvérisés F et s’élève peu à peu dans le réservoir H, en comprimant l’air qui s’y trouve jusqu’à ce que la force élastique de cet air fasse équilibre à la pression hydrostatique de la conduite.

On crée donc dans le réservoir H une réserve d’eau filtrée et aérée.

Pour renouveler l’air dissous, il suffit d’ouvrir le robinet purgeur P par lequel l’eau s’écoule, puis le robinet de puisage K par lequel l’air extérieur entre dans le réservoir- fil tic au fur et à mesure que le vide se produit.

Le matelas d’air comprimé M , déjà utilisé pour aérer l’eau, constitue encore la force, servant à nettoyer le filtre tous les jours et sans démontage.

FILTRAGE DES EAUX.

Pour effectuer cette opération , on ouvre et on ferme vivement à plusieurs reprises, pendant quelques secondes, le robinet purgeur P; l’eau filtrée sort aussitôt, violemment chassée par l’air comprimé qui pèse sur elle. En repassant vivement de haut en bas à travers le filtre , cette eau filtrée entraîne toutes les impuretés enlevées par lui II l’eau qu’il a clarifiée la veille. Il suffit de quelques litres d’eau pour produire ce résultat.

L’appareil que nous venons de décrire est solidement établi de manière , à supporter la pres¬

sion de l’air comprimé dans le réservoir M; il fonctionne sous la pression des conduites d’eaux des villes, et sur les citernes et les puits, comme nous le verrons tout à l’heure. Le tube T, qui amène dans l’appareil l’eau de la conduite de distribution

Air comprimé

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