COMPTEURS D’EAU
soupape T, on peut, suivant les besoins, régler la section de passage de l'eau, sa vitesse, et par suite celle de la roue à ailettes. Ainsi si un appareil indiquait une quantité d’eau plus grande que celle qui a réellement passé , en levant la soupape T on agrandirait un peu la section de passage g, on réduirait la vitesse de l’eau et on réglerait l’appareil sans avoir pour cela besoin de l’ouvrir.
La seconde disposition a pour but d’empêcher l’eau de circuler dans l’espace réservé au mécanisme , ce qui aurait pour effet de le détériorer. On emploie pour cela une fermeture spéciale composée de deux cylindres m et n, formés de feuilles minces en laiton. Le plus grand de ces cylindres, m, fixé au fond de la boîte du mécanisme et fermé en haut par un collet en laiton qui y est soudé , a un faible jeu et sert de guide à l’axe de transmission de la roue à ailettes. Le second cylindre n est vissé sur ce même axe au moyen d’un écrou; il est disposé de façon à entourer, à faible distance, l’allongement de la partie supérieure du cylindre m et à venir s’emboîter également à faible distance dans son intérieur. On obtient ainsi une espèce de labyrinthe de canaux étroits qui rend l’accès de l’eau assez difficile dans l’espace réservé au mécanisme du compteur. Pour plus de prévoyance, on remplit cet espace, avant la pose, d’eau distillée. Comme les parties du mécanisme sont, en laiton ainsi que la boîte qui les renferme, et que la plaque portant les cadrans en porcelaine est argentée, il n’y a à craindre aucune oxydation de ces différentes pièces.
Voici comment se fait la lecture du compteur : l’unité indiquée sur la marque de fabrique sert comme base de mesure. Sur cette base doivent être notées les indications données par l’appareil, ainsi qu’il suit : Les chilfres désignés parle cadran I représentent les unités.
Ceux indiqués par les cadrans II, III, IV, V, VI et VII donnent respectivement les dizaines, centaines, mille, dix mille, cent mille et millions. Parmi les chiffres de chaque cadran , il n’y a que celui qui se trouve sous l’aiguille ou immédiatement à gauche de cette dernière qui ait de la valeur; cependant un chiffre se trouvant au-dessous de l’aiguille n’a de valeur que si le zéro a déjà passé l’aiguille sur le cadran précédent. Dans le cas contraire, il ne faut tenir compte que du chiffre situé à gauche de l’aiguille.
Compteur Hirt. — Voici deux genres de compteurs à eau, qui. d’après les rapports des ingénieurs chargés d’en faire l’essai, donnent toute satisfaction en pratique. Ils sont tous deux basés sur la rotation imprimée par l’eau à une turbine ou à une roue à ailettes.
D’autres systèmes de compteurs fonctionnent à la manière d'une colonne d’eau; un ancien appareil de ce genre, inventé par M. Hirt et essayé il y a quelques années au Conservatoire des arts et métiers, ne donna que des écarts moyens de 1 centième environ du volume réellement débité.
Ce compteur, représenté fig. 36, consiste essentiellement en deux capacités entièrement distinctes et constituant par leur ensemble un appareil intermédiaire entre le tuyau d'arrivée et le tuyau de sortie. Le liquide en s’écoulant fait varier la position de tiroirs qui ferment et qui ouvrent des orifices situés respectivement à l’entrée de ces deux capacités.
Ces dernières se remplissent tour à tour et mesurent le débit. Elles ont la forme d’un demi-cylindre vertical dans lequel l’eau pousse une cloison mobile. Les cloisons mobiles faisant fonctionner des taquets déplacent les tiroirs, de sorte que lorsqu’une capacité est remplie, et que la cloison est au bout de sa course, l’arrivée de l’eau sur l’autre face chasse celle qui était entrée précédemment.
Pour cela, chaque tiroir agit sur deux orifices, qu’il peut fermer tous deux à la fois, ou dont l’un seulement est, à certains points de la course, ouvert à l’entrée ou à la sortie de l'eau. Les deux taquets sont indépendants ; l’un d’eux
HYDRAULIQUE
seulement met en mouvement les rouages d’un compteur, qui enregistre le nombre des alternances et par suite le volume d’eau qui s’est écoulé.
La figure 3(5 représente l’appareil dont on a enlevé le couvercle portant le cadran. L eau arrive par la tubulure A situee au-dessus, elle s’écoule par le tuyau B qui communique seulement avec la boîte inférieure. Le tiroir en coquille G recouvre dans toutes ses positions l’une des ouverture c, c' et c". Le tiroir D agit sur les trois ouvertures d, d' et d". L’axe vertical E est solidaiio avec 1 un des pistons verticaux. Ce piston P se meut dans une capacité hémicylindrique, communiquant respectivement de chaque côté du piston a\ec, les milices c et c . Ln autre axe vertical F est calé sur le deuxième piston Q, qui se meut également dans une boite communiquant avec les orifices
d et d'. Enfin, les orifices ’c" et d"
‘ — - . sont en communication constante
avec la tubulure de sortie B.
Dans la situation indiquée par la ligure, l’eau entre par l’orifice c dans la chambre M du premier cylindre ; elle pousse le piston P ; l’eau contenue dans la deuxième chambre M', passant par un conduit intérieur d î M' en c', arrive sous la coquille du tiroir, passe par l’orifice c" et s'écoule au dehors par le tuyau B.
Pendant cette phase de la marche, d est resté ouvert, mais il n’est point entré d’eau dans la capacité correspondante N du second cylindre b qui était antérieurement remplie.
Un pignon denté e porté parl’arbre vertical E engrène avec le pignon y Fig. 36. - Compteur Hin. calé sur un arbre intermédiaire por¬
tant une came G. Quand le piston P arrive au bout de sa course, l’extrémité de la came G agit sur un mentonnet r faisant partie de la tige du tiroir D; ce tiroir est ainsi entrainé de manière à découvrir l’orifice d' et à recouvrir l’orifice d.
Le compartiment N' du deuxième cylindre se remplit, le piston Q chasse l’eau du compartiment N de ce même cylindre, par l’orifice d correspondant, et par I orifice d’écoulement d', sous la coquille du tiroir. Le piston Q en se déplaçant entraîne l’arbre F et la came H, qui joue, par rapport au mentonnet s du tiroir C, le rôle que venait de remplir la came G sur le mentonnet r.
Le tiroir C en se déplaçant découvre la lumière c' et recouvre c, de sorte que 1 eau peut entrer dans la chambre M' du premier cylindre et sortir de la chambre M de ce même cylindre par les orifices c et c" et le tuyau d’écoulement B. Le piston arrive ainsi dans sa position primitive. La came G, agissant par son autre extrémité sur le mentonnet r comme précédemment, ramène le deuxième tiroir à sa position initiale. L’eau entrant en d pousse le piston Q, et la chambre ÎS' du deuxième cylindre se vide par les lumières d' et d".
Dès lors les différents organes de l’appareil se retrouvent dans la situation indiquée par le dessin et sont prêts à se mouvoir, ainsi que nous venons de l’expliquer. Le nombre des alternances s’enregistre à l’aide du petit bouton t de la came II sur un système de rouage d’horlogerie à l’aide d’un rochet.
Ce système de compteur est ingénieux et, à ce titre, il méritait d’être signalé.
FILTRAGE DES EAUX.
2° Filtrage des eaux.
Nous avons traité précédemment (p. 67) en détail la question du filtrage naturel et artificiel des eaux sur une grande échelle, et nous avons indiqué sommairement (p. 77) le principe des appareils filtrants qui servent à la clarification des eaux vendues dans les lontaines marchandes, ou consommées dans les habitations particulières.
Les appareils de ce genre qui figuraient à l’exposition de 1878 peuvent se réduire aux types suivants : le filtre David et Manceau (ancienne maison Vedel- Bernard et Cie) et le filtre du système Chanoit exposé par la maison Carré et Ci0.
1° Filtres David et Manceau. — Les filtres David et Manceau se composent d une cuve conique en fonte surmontée d’un couvercle de même métal. Ces deux pièces à cornières, assemblées par des boulons glissant dans des encoches, constituent le corps du filtre.
Au-dessus de la tubulure correspondant au robinet de départ qui se trouve à la partie inférieure de l’appareil, est disposée une grille surmontée d’un tamis métallique sur lequel reposent les couches filtrantes dans l’ordre suivant (PI. VI, lig. 6) : B, éponges préparées. — C, grès pulvérisé. — D , laines imputrescibles. — E, grès pulvérisé. — F, noir animal ou charbon. — G, sable ou gravier.
Ces matières , fortement comprimées , sont maintenues par une grille placée au-dessous de la tubulure correspondant au robinet d’arrivée. En A se trouve l’eau à clarifier, on II s’accumule l'eau filtrée. Pour installer l’appareil, il suffit de placer un robinet d’arrêt sur la conduite d’adduction, de raccorder le robinet d’arrivée en deçà, et le robinet de départ au-delà du robinet d’arrêt. Quand celui-ci est fermé, l’eau est obligée de traverser le filtre.
Pour faire fonctionner ce dernier, on commence par fermer le robinet de départ, et on ouvre progressivement le robinet d’arrivée, puis le robinet de décharge placé à la partie inférieure de l’appareil, ainsi que le robinet d’air qui se trouve sur le couvercle. L’appareil ayant été purgé d’air, on ferme le robinet précédent, on laisse pendant quelques minutes couler la décharge, puis on la ferme. L appareil se trouve alors en pression et on peut ouvrir le robinet de départ. Le nettoyage des filtres nécessite le retrait successif des couches filtrantes et leur lavage. Il faut ensuite les replacer dans l’ordre indiqué sur la figure, en ayant soin de les comprimer séparément.
M. David a perfectionne les filtres Vedel-Bernard que nous venons de décrire en décomposant 1 opération du filtrage en deux parties :
On commence par faire monter l’eau à travers une épaisseur d’éponges qui occupe la hauteur totale du filtre; on obtient ainsi un dégrossissage préalable qui est complète par un finissage épurateur de haut en bas par les couches filtrantes de 1 appareil décrit ci-dessus. La double opération s’effectue instantané ment dans un seul appareil à deux compartiments (PI. VI, fig. 8).
Pendant que le contre-courant se produit au travers du dégrossisseur par la manœuvre des robinets placés sur une tubulure latérale, les couches du filtre proprement dit se trouvent isolées au moyen d une soupape qui ferme hermétiquement le vase qui les contient.
Le principal avantage de cette modification à l’ancien système est de retenir dans la couche d éponges du dégrossisseur la majeure partie des impuretés de l’eau. On évite ainsi les nettoyages fréquents du filtre proprement dit.
Ces appareils peuvent fournir des débits de 6,000 litres à l’heure.
La maison David et Manceau construit aussi des filtres pouvant débiter de