APPAREILS ACCESSOIRES DES DISTRIBUTIONS D'EAU
Dans ce but, la clef est creuse, percée de deux trous situés au-dessus l’un de l’autre et qui se placent alternativement devant les trous du boisseau.
Cette clef a ainsi trois fonctions :
Dans la première position NN', elle introduit l'eau dans le réservoir-filtre et ferme les autres orifices. Dans la deuxième F P”, elle ferme l’arrivée et laisse sortir l’eau filtrée. Dans la troisième II', elle ferme l’arrivée, la sortie de l’eau filtrée et ne laisse écouler que l'eau non filtrée en purgeant le filtre. Ce robinet peut se poser sur toute espèce de filtres.
Pour terminer cette revue des divers types de robinets exposés, nous signalerons la série des robinets-vannes employés par la ville de Paris, depuis le diamètre de 55 millimètres jusqu'au diamètre de 1,10, en passant par trente modèles intermédiaires.
Le grand modèle de lm,10 de diamètre, construit par M. A. Sinson Saint- Albin, est placé au centre du pavillon de la ville de Paris. Cette pièce énorme, qui n’a pas moins de 3m,50 de hauteur, 2 mètres de largeur, et qui pèse 7,500 kilogrammes, se compose d’un coi’ps en fonte de forme sphérique et d'une vanne formant obturateur. Le coin-vanne , garni de bronze , ferme à frottement sur du bronze et est commandé par une vis de même métal pesant 150 kilogrammes.
Quand le robinet-vanne est fermé, la pression de l’eau, d’un seul côté, équivaut en certains points des conduites à près de 100,000 kilogrammes. Cependant à l’aide de lavis intérieure dont la vanne forme écrou, et grâce à l’adjonction d'une conduite nourrice établissant égalité de pression, il suffit de deux hommes pour effectuer la manœuvre du robinet. Les appareils sont essayés à 15 atmosphères. A cette pression, l’étanchéité de la fermeture est absolue.
La pièce qui figurait au Champ de Mars était, en 1878, établie avec le plus grand soin et faisait honneur il son constructeur.
Bornes-fontaines. — La nature des bornes-fontaines à employer dans une distribution d’eau de ville varie avec la situation climatérique du pays où ces appareils doivent fonctionner. Dans les climats froids, l’appareil, pour être complet, doit comme première condition d’existence et de durée, être à l’abri de la gelée. Dans les climats chauds où l’eau est en général plus rare, cette condition primordiale est remplacée par une autre : possibilité de régler la dépense. Enfin, dans les climats tempérés, l’eau étant le plus souvent abondante, on n’a plus à satisfaire aux conditions sus-énoncées et les appareils deviennent des plus simples.
Il résulte de là une classification naturelle des appareils de distribution d’eau aux habitants , en : — bornes-fontaines à l’abri de la gelée ; — bornes-fontaines à débit variable ; — bornes-fontaines ordinaires.
t° Bornes-fontaines à l’abri de la gelée. — M. A. Sinson Saint- Albin exposait un type de borne-fontaine à l’abri de la gelée qui a été établi après des études suivies et est consacré par une longue pratique. Ce modèle, adopté par un grand nombre de municipalités, fait le service des habitants, ainsi que ceux d’incendie et d’arrosage. L’appareil proprement dit (fig. 1, PL VIII) se compose d’un conduit ascensionnel donnant accès à l’eau qui sort ensuite par le nez I; d’une soupape d’introduction B se mouvant dans la lanterne K; d’un piston C contenu dans la cage H ; d’une tige de manœuvre D actionnée dans le sens de l’ouverture par la vis F et dans le sens de la fermeture par le contrepoids E; d’un levier de manœuvre G.
Par la rotation de ce levier, on fait descendre en même temps le piston C et la soupape. B; l’eau venant sous pression, de la conduite de distribution, s’introduit simultanément dans la colonne ascensionnelle A, et, par les trous a, a.
dans la cage II sous le piston C. Il y a alors déversement à gueule bée, par le bec I. Quand on lâche le levier G, le contre-poids E agit, le piston G remonte dans la cage H, la soupape B poussée par le ressort b s’applique sur son siège et l’eau de la conduite ne parvient plus dans la colonne A.
C'est alors que le liquide contenu dans cette colonne, n’étant plus sous pression , redescend et vient se loger dans la capacité H calculée pour le recevoir. L'n trou d, percé dans la partie supérieure de la cage H, permet à l’air de s’échapper et de ne pas faire contre-pression. Toute la partie de l’appareil comprise au-dessous de la ligne m n étant enfouie dans le sol , l’eau qui reste dans la borne se trouve absolument incongélable et l’appareil remplit ainsi le but qu’on s’était proposé. Lorsque l’on fait à nouveau la manœuvre de la borne, l’eau contenue dans la capacité H est la première évacuée. Par le dévissement du nezl, on met à jour le raccord fileté i sur lequel peut venir se visser le tuyau d’incendie. Par une disposition spéciale du levier G , l’eau s’écoule d’une manière continue dans le souillard S et permet le lavage des ruisseaux.
2° Bornes-fontaines à débit variable. — Ces appareils, adoptés par un grand nombre de villes, peuvent affecter des formes différentes, mais ils reposent tous sur le même principe. Ils remplissent les conditions principales qui sont imposées aux appareils de distribution placés sur la voie publique, c’est-à-dire qu'ils permettent le service d’incendie et celui de lavage; de plus, ils offrent cette particularité de pouvoir distribuer l’eau aux habitants avec autant d’abondance ou de parcimonie que l’état des sources et réservoirs l’exige. L’une de ces bornes-fontaines se trouve représentée fig. 2 (PI. VIII). Par le mouvement de rotation d’une roue à manette A dont l’accès est possible seulement aux employés du service municipal, on augmente ou on restreint à volonté le débit réel de la borne. On peut donner un filet d’eau ou laisser couler à gueule bée.
3° Bornes-fontaines ordinaires. — En dehors du cadre extérieur, ces bornes se composent d’un simple robinet, réuni dans l’intérieur de l’enveloppe à une conduite ascensionnelle en fonte ou en plomb. Pour que l’appareil se ferme seul, on met un robinet à repoussoir; pour qu’il reste ouvert à volonté, on dispose un robinet de puisage d’un système quelconque.
Outre ces trois types généraux , il existe encore des bornes-fontaines disposées de façon à remplir des conditions particulières, et que nous examinerons rapidement : ainsi on peut demander à l’appareil de fonctionner sans coup de bélier et, dans certains cas, de filtrer son eau. Le coup de bélier a, en effet, l’inconvénient d’endommager d’une manière très-grave les joints des tuyaux en fonte, situés aux environs de la borne, ou de briser ces mêmes tuyaux s’ils sont en poterie.
Bornes-fontaines évitant le coup de bélier. — La maison A. Sinson Saint-Albin exposait un type de borne-fontaine pneumatique évitant le coup de bélier et à l’abri de la gelée. Cet appareil, mis en exploitation depuis peu, est représenté fig. 5 (PI. IX). Il repose sur le même principe que le robinet de puisage décrit précédemment et se compose essentiellement d’une colonne en fonte A, traversée dans toute sa longueur par une tige B qui actionne , par la rotation du bouton C, le clapet en caoutchouc armé D. Une soupape E produit l’effet pneumatique que nous avons expliqué avec détail à propos du robinet de puisage.
La veine liquide se trouve divisée deux fois avant de s’élever dans la colonne de la borne : une première fois par les trous c, une deuxième fois par les trous H.
Le petit conduit I T fait la vidange. Au moment où, par la rotation du bouton C, on ouvre la borne, la pièce K vient obstruer l’entrée 1 de ce petit conduit et empêche l’eau de sortir. Le volume complet du liquide s’élève donc. Quand la borne se referme au contraire , l’orifice I s’ouvrant , l’eau qui së trouvait dans la colonne s'écoule et retourne au puisard. Cette disposition, jointe à l'enfouisse-