APPAREILS ACCESSOIRES DES DISTRIBUTIONS D'EAU
ment du mécanisme dans le sol, mot la borne à l’abri de la gelée. En I’, on peut disposer un robinet de purge qui resterait, fermé pendant l’été et que l’on ouvrirait seulement à la saison des froids; de cette façon, on éviterait de perdre pendant l’été l’eau contenue dans la borne.
L’intérieur de la colonne est muni d'un manchon en liège V, qui a pour double but d’empêcher le croupissement de l’eau, si l’appareil reste un certain temps sans servir, ou son échauffement sous l’action du soleil. Le hoc I, peut être à volonté muni ou non d’un raccord d’incendie. Le bouton de manœuvre peut être remplacé , si on le préfère, par un levier, comme l’indique la fig. 6; enfin il peut être disposé de façon que la borne reste à volonté ouverte ou fermée.
Nous ferons observer que dans cet appareil , comme dans le robinet de puisage, le mécanisme de fonctionnement est entièrement séparé de l’eau , par l’obturateur en caoutchouc para-vu Icanisé D, lequel fait à la fois presse-étoupes et ressort. En ajoutant la pièce de la fig. 7 à la borne que nous venons de décrire, on obtient un filtrage à peu près complet.
Dans un climat chaud ou tempéré, ainsi que pour le service des petites villes, on peut, par raison d’économie, disposer une borne-fontaine de la dernière simplicité , tout en étant dans les conditions voulues pour éviter le coup de bélier, en adaptant le robinet pneumatique soit à l’intérieur, soit à l’extérieur d’un colfre en fonte.
Un autre type de borne-fontaine supprimant le coup de bélier système de M. Chameroy, est représenté PL VII, fig. 4, o et 6, avec le détail de son appareil à repoussoir ou à poignée.
Bornes-fontaines filtrantes. — La maison David et Manceau avait envoyé au Champ de Mars en 1878 une borne-fontaine filtrante brevetée, adoptée pour le service public de l’Exposition en 1 878, elle pouvait fournir un important débit pour l’arrosage des rues et satisfaire en même temps aux besoins du puisage de la population.
Cette nouvelle borne-fontaine filtrante représentée PI. VII, fig. 7, se compose de deux parties distinctes : 1° Une carcasse en fonte ayant à peu près la forme des bornes-fontaines les plus usitées, à laquelle vient s’adjoindre un souillard avec grille où se place le récipient de puisage. — Dans sa partie antérieure formant porte mobile, sont ménagées des ouvertures correspondant aux tubulures et robinets du filtre. 2° Un filtre en fonte très-résistant, ayant une forme ellipso-conique , dispositions assurant l’étanchéité des matières filtrantes comprimées contre les parois de l’appareil.
Le filtre que l’eau traverse par ascension comprend une première partie où arrive l’eau à filtrer. Cette chambre est munie d'une tubulure à base hexagonale, dans laquelle est matée une pièce en cuivre taraudée, de façon à permettre son raccord à une lance d’arrosage ou ù une conduite d’incendie. La seconde partie du filtre est remplie par les diverses couches filtrantes employés par la maison David et Manceau (voir précédemment) et maintenues entre deux grilles recouvertes de toiles métalliques. Enfin, la troisième partie sert de chambre d’eau clarifiée, dont l’écoulement se fait au fur et à mesure qu’on manœuvre le robinet de service à repoussoir correspondant à la tubulure supérieure du filtre.
A la partie inférieure du filtre se trouve une tubulure à bride sur laquelle s’adapte un robinet d’arrêt raccordé à la conduite d’arrivée de l’eau. On accède à ce robinet par une ouverture ménagée dans la carcasse de la borne-fontaine , ce qui permet de supprimer la bouche à clef.
On voit par ce qui précède que toutes les bornes-fontaines peuvent facilement être transformées en bornes filtrantes. Quant aux matières en suspension qui sont retenues dans la chambre inférieure du filtre, elles peuvent être expulsées par l’usage fréquent de la bouche d’arrosage.
Borne-fontaine jaugée. — • L’appareil représenté PI. VII (fig. 8) est une borne-fontaine jaugée permettant de ne livrer par jour qu’une quantité d’eau limitée au public, tout en permettant il ce dernier d’y puiser comme il la façon ordinaire. Cette borne-fontaine est divisée en deux compartiments étanches. L’eau est amenée dans le compartiment supérieur par un plomb il l’extrémité duquel est un robinet il flotteur. Au repos, les deux compartiments sont en communication; pour peu qu’on n’ait pas puisé depuis quelques minutes, ils sont pleins et le robinet à flotteur est fermé.
Quand on tourne la poignée de l’axe X, la soupape P est soulevée de son siège pendant que la soupape N s’appuie sur le sien; toute l’eau, contenue dans le compartiment inférieur, s’écoule en quelques secondes. La poignée étant abandonnée, le contre-poids M entraine l’axe dans sa première position, ferme la soupape P et ouvre la soupape N , qui livre passage au volume d’eau accumulé dans le compartiment supérieur. Le flotteur Q retombe, et l’eau recommence à s’emmagasiner alors qu'on a puisé en peu d’instants les deux seaux d’eau, quantité habituelle qu’on va chercher aux fontaines publiques.
La simplicité élémentaire du mécanisme, qui peut être monté sommairement, presque sans ajustage, en tous cas sans précision avecdu jeu dans tous les organes, par un ouvrier même peu habile, rend très-facile le fonctionnement de cette borne, qui depuis six ans qu’elle est établie sur plusieurs points de la Banlieue de Paria, n’a donné lieu ni à une réparation ni à une plainte, ni même au plus léger inconvénient. C'est à ce titre qu’il a paru intéressant d'en donner un dessin et quelques lignes de description.
Tuyaux et conduites d’eau. — Un grand nombre d'industriels et de maisons de construction importantes avaient envoyé à l’Exposition des spécimens de tuyaux, qui tous peuvent se renfermer dans les types déjà cités et décrits en détail (page 88) , savoir :
f° Les tuyaux en fonte à brides, à emboîtement, ù joints en caoutchouc, etc.
Nous n’avons donc pas à revenir sur ces descriptions, mais nous ne pouvons omettre de signaler la très-importante fabrication de tuyaux en fonte de l’usine de Torteron appartenant à la Société de Commentry-Fourchambault. Cette usine est la première où les tuyaux aient été coulés debout, ce qui a permis d’assurer complètement la parfaite régularité de l’épaisseur, comme le prouvaient quelques tuyaux coupés longitudinalement, exposés au Champ de Mars. Cette régularité a eu pour conséquence immédiate la possibilité de réduire l'épaisseur au minimum. De là, une économie dans le poids des tuyaux, d’autant plus considérable que les fontes du Berry sont elles-mêmes plus résistantes. Depuis quelques années, les efforts de la Société ont porté sur l’augmentation de longueur qui permet de diminuer le nombre des joints et, par là même, le coût d'établissement et les chances de fuite. C’est ainsi qu’on est arrivé aujourd’hui à fabriquer les tuyaux de 300 millimètres de diamètre intérieur à 4 mètres de longueur utile, soit 4m, 10 avec l’emboîtement, et les tuyaux de GO millimètres de diamètre, à 3 mètres de longueur, ce qui n’était obtenu dans aucune autre usine à l'ouverture de l’Exposition Universelle.
2° Les tuyaux en tôle plombée et bitumée du système Chameroy et du système Clausel. — Les joints des tuyaux Clausel présentent deux systèmes différents : Le joint à emboîtement est formé d’un alliage de plomb, d’étain et de régule assez tendre pour permettre de donner un serrage qui rend le joint parfaitement étanche par le forcement et l’écrasement des deux parties ; toutefois celles-ci peuvent glisser l’une sur l’autre d’une manière suffisante pour obéir à la dilatation. Le joint à vis est fondu avec le même alliage que le précédent, mais dont les proportions sont établies de façon à obtenir un métal plus dur afin