‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 138 sur 174 · IV. — Fabrication mécanique du fil de caret · texte numérisé non relu

IV. — Fabrication mécanique du fil de caret

Il y avait à l’Exposition toute une série de machines destinées à la fabrication du fil de caret, exposées par MM. Sam. Lawson et Cie, de Leeds. Ces appareils peuvent nous donner une idée de ce que sont dans les principales corderies anglaises, les machines préparatoires destinées à la fabrication des cordages.

Nous avons donné plus haut, au chapitre des Arts textiles, la description et la figure de l’étirage à tête radiale pour chanvre de Manille, exposé parla môme maison. Nous n’y reviendrons pas. Il nous suffira de rappeler que le chanvre au sortir de la balle, passe sur une étaleuse à double chaîne sans fin, dont l’une des chaînes va plus vite que l’autre, d’un mouvement qui, selon les fibres, varie de 6 à 16, qu’il y est ainsi soumis à un peignage déterminé, peignage qui est encore augmenté par la grande vitesse que l’on donne aux cylindres étireurs, qui est généralement triple de celle de la seconde chaîne. C’est au sortir de cette machine que le chanvre de Manille est soumis à l’étirage sur les machines dont nous avons parlé, une, deux ou môme trois fois, suivant la finesse que l’on veut donner au fil de caret. De là, il passe sur la machine à filer le fil de caret.

Dans les corderies anglaises, le numérotage employé pour le fil de caret est nécessairement celui du fil de lin. Mais en France, et particulièrement à Angers, on fait exception aux usages habituels qui veulent qu’en filature de lin ou de chanvre on se serve du numérotage anglais, et on fait usage d’un genre de numérotage, dit français, qui désigne le nombre de kilomètres nécessaires pour former un poids de 1000 grammes. C’est ainsi que 1000 mètres pesant 1000 gr. constituent le numéro 1 ; 2000 mètres pesant 2000 gr., constituent le numéro 2. On peut de la sorte employer les numéros fractionnaires 0,1, 0,2, t 1/2, 2 */2, etc., ce qui est moins facile avec le numérotage anglais.

La figure 1 représente la machine à filer le fil de caret construite par M. Lawson. La cliaîne-gills B reçoit le chanvre étalé d’abord sur une toile sans fin. Le mouvement est transmis à cette chaîne au moyen de la courroie b, par la poulie E montée sur l’arbre C, qui reçoit un mouvement variable par la corde d; cette corde d est commandée par une poulie I, dont l’arbre e est commandé au moyen de la courroie f par l’arbre de première commande g. Sur l'arbre h se trouvent trois poulies G, F, H; celle du milieu F seule est reliée au pignon h1 qui, par les engrenages L, M, N et la courroie b, commande la chaîne sans fin B. La roue N est reliée à l’arbre c5 par un encliquetage PO, dont les plateaux sont serrés l’un contre l’autre par le ressort à boudin K. Si la corde passait sur la poulie G, le ressort céderait et l’encliquetage se desserrerait. La poulie G est folle sur l’arbre h et commande un pignon Q qui, par les roues H, S, T, commande l’arbre c5 à une vitesse plus grande qu’avant, grâce à la numération des engrenages, ce qui accélère la marche de la chaîne-gills, pour compenser une diminution d’épaisseur de la nappe. D'un autre côté, si la matière vient trop abondante, la corde d passe sur la poulie folle H, qui correspond à une diminution de vitesse de la chaîne. L’entonnoir C est ainsi construit que le plus ou moins d’épaisseur du ruban déplace la corde d au moyen

Fig. 1. — Machine à fabriquer le fil de caret exposée par MM. Sam. Lawson et C° de Leeds.

Fig. 2. — Machine à fabriquer le fil de caret, dite à pot tournant, de M. Motiron.

grand, selon la grosseur de la mèche ; si la mèche est mince, le cylindre occupera sa position normale; si elle a la grosseur voulue, il se mettra à la moyenne de sa course et s’il y a trop de matière, il sera entraîné jusqu'au bout de sa coui’se. Si donc ce cylindre est relié à la fourche de la corde d par les leviers « et w , il s'ensuivra que la vitesse de translation de la chaîne-gills B sera régularisée par la grosseur même du ruban, au moyen des combinaisons que nous venons de décrire.

Le trou de l'entonnoir est elliptique, et la matière étant toujours serrée entre la rainure du cylindre régulateur et le haut du trou de l’entonnoir, la mèche est tenue constamment de trois côtés, ce qui assure sa rondeur-,

La combinaison de ces trois éléments, la chaine-gills, le condcnseur-régula-

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