‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 137 sur 174 · III. — Fabrication à la main · texte numérisé non relu

III. — Fabrication à la main

Les outils nécessaires au cordier varient suivant qu’il doit fabriquer do simples ficelles ou des câbles. Pour les ficelles, ces outils sont :

1° Un rouet, mû ordinairement par un enfant au moyen d’une manivelle, faisant tourner plusieurs crochets coudés; 2» un râtelier en forme de T pour supporter le fil de caret au fur et à mesure qu’il est fabriqué; 3° un dévidoir ou tout et destiné à enrouler ce fil ; 4° un poteau, placé en face du rouet, à une assez grande distance, muni d’un crochet dit êmerillon, auquel le cordier accroche le fil pour lemaintenir. Gomme la torsion du lil attire l’émerillon et que celui-ci se romprait s’il était fixe, on l’assujettit ordinairement à une corde tournée autour d'une roue de bois dont l’axe est constamment sollicité par un poids.

Le commettage de la ficelle se fait au moyen de l’un des crochets du rouet, qui tourne en sens contraire des autres et auquel on assujettit deux fils de caret de même longueur.

Pour les câbles, le matériel destiné à la confection du fil de caret est à peu près le même, mais pour le commetage il y a :

1° Un chantier à commettre, composé de plusieurs poteaux fixés en terre, munis de manivelles à l’extrémité desquelles on adapte le fil à commettre; 2° un chariot àroues, qu’on peut avancer ou reculer, qu'on charge plus ou moins de poids, suivant le commettage que l’on veut obtenir, et muni d’un êmerillon un peu plus grand que pour les ficelles; 3° plusieurs appareils accessoires, une planchette à torons, un toupin, etc.

Nous supposons que le cordier ait peigné son chanvre à la main sur des pointes en fer fixées sur une planchette de bois, comme on en voit dans toutes les filatures. Il en prend une certaine quantité avec lui, se la passe autour des reins et va l'attacher à l’un des crochets du rouet auquel un enfant donne le mouvement. Puis il marche en arrière, laisse échapper une certaine quantité de filasse, qui se tord immédiatement par l’action du rouet, et en arrête le tortillement de la main gauche au moyen d’un morceau de drap auquel on donne nom de paumelle. Quand il a fabriqué une certaine longueur de fil, il la passe au dessus d’un râtelier pour l’empêcher de toucher à terre et continue toujours jusqu’à ce qu’il soit arrivé au bout de faire qu'il s’est réservée. Là il rencontre le poteau à êmerillon, auquel il assujettit son fil, ou bien, si plusieurs ouvriers travaillent avec lui et dans le même sens, il relie ces fils bout à bout, pour arriver toujours à l’émerillon en dernier lieu. La longueur du fil de caret fabriqué et par conséquent de faire du cordier est très-variable ; elle va parfois jusqu'à 50 mètres. Gomme il a été reconnu qu’il est bon de garder quelque temps en magasin, avant de les commettre, les fils de caret fabriqués, pour que toutes ces fibres faiblement tordues tendent moins ensuite à se redresser, le cordier les plie autour de l’axe d’un chevalet, pour les emmagasiner ensuite jusqu’au tordage. Cette dernière opération ne présente rien de particulier pour les ficelles; elle se fait en réunissant deux ou trois fils de caret au crochet du j-ouet, qui tourne en sens inverse des autres, comme nous l’avons dit.

Pour les câbles, c’est autre chose. Les fils à commettre sont assujettis à un crochet beaucoup plus fort assujetti sur le chantier à commettre et à un émerillon plus solide que pour les ficelles. Une planchette rectangulaire percée de trous remplace le rouet, et un enfant qui tient en mains les manches adaptés à cette planchette, est chargé de les faire tourner. Pour faire un commettage régulier, on se sert, de ce qu’on appelle le toupin, morceau de bois en forme de cône tronqué, dont la grosseur varie avec le^câble que l’on veut fabriquer, muni de rainures longitudinales en nombre égal à celui des fils qu’il s’agit de

LA CORDERIE

commettre, et que l’on place entre les torons, de façon que ceux-ci se tordent sous un angle égal pour chacun d’eux. Au fur et à mesure que l’on tord, on éloigne petit à petit le toupin. Lorsqu’on veut faire des câbles avec une âme au milieu, on se sert d’un toupin dans l’axe duquel passe cette âme, et on opère comme précédemment.

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