‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 160 sur 174 · tonnes · texte numérisé non relu

tonnes

Grains, denrées coloniales, bois,

gétales.

Matières minérales.

etc .

Combustibles, pierres, etc. . . .

Produits fa-

Produits chimiques, boissons,

briqués

verreries, etc .

Totaux .

Total général ....

Boulogne-sur-mer. — Boulogne est situé à l’embouchure de la Liane, à 28 milles seulement des eûtes d’Angleterre; l’entrée en est assez facile et le port est sûr. La mer y reste étale 52 minutes et la marée y atteint 7m,30 dans les vives-eaux et 5m,45 dans les mortes-eaux; les navires de 800 tonneaux y entrent facilement à toutes les marées, mais ce n’est qu’à l’époque des vives-eaux que ceux de 1000 tonneaux peuvent y pénétrer. On y trouve un port d’échouage de 900 mètres de long, avec des quais commodes principalement utilisés par les paquebots qui font le service de Douvres et de Folkestone, un bassin de retenue pour les chasses, un bassin à flot de plus de 6 hectares et d'une profondeur de

ET LES PORTS DE COMMERCE

10m,75; le développement de ses quais est de 1,043 mètres, une cale au bois pour les navires Scandinaves, un gril de carénage de 33 mètres sur 8m,30 et un second de 19 mètres, sur 6m,35, des grues à bras et à vapeur et une gare maritime.

Tel qu’il est aujourd’hui, le port de Boulogne ne répond ni à sa situation ni à l’étendue du commerce qu’il pourrait faire; aussi a-t-on décidé la création d’un port en eau profonde dont les travaux sont commencés. Ils consistent en deux jetées s’avançant l’une à 1,350 mètres l’autre à 1,440 mètres en mer; entre elles et parallèlement à la côte on construira la digue du large composée d’un môle de 500 mètres et d’une digue de 600 mètres ; deux passes, l’une de 150 mètres et l’autre de 230 mètres laisseront le passage aux navires : le port ainsi créé aura une profondeur de 5 à 8 mètres et une surface de 137 hectares. Dans une région où nous n’avons jusqu’à Cherbourg aucun port de refuge où les navires puissent entrer à toute heure, la création du nouveau port en eau profonde sera un grand bienfait et ne pourra manquer d’accroître considérablement le transit des marchandises que les compagnies belges et allemandes cherchent à nous enlever. Les travaux coûteront 17 millions.

Il est entré à Boulogne, en 1877, 2,397 navires jaugeant 482,913 tonneaux.

Voici le mouvement du cabotage en 1877 :

Navires entrés . 393 jaugeant 27.322 tonneaux.

— sorties . 489 — 34.067 —

Un fait qui permet de juger combien les travaux utiles dans les ports augmentent le mouvement des navires, c’est l’accroissement du nombre des bâtiments entrés dans le bassin à flot depuis sa construction. En 1869 il y est entré 765 navires jaugeant 100,181 tonnes et en 1877, 1,521 navires jaugeant 229,524 tonneaux.

En 1876, l’importance des exportations et des importations du port de Boulogne a été évaluée à 647,300,000 francs ; il occupe le troisième rang pour la valeur des marchandises, bien qu’il ne soit que le huitième pour le tonnage.

Les pêcheurs de Boulogne ont rapporté en 1877, 23,686,600 kiîog. de poissons vendus 9,890,998 francs. Le nombre de voyageurs en provenance ou à des tination d’Angleterre passant par Boulogne s’est élevé en 1877 à 132,387.

Boulogne importe principalement d’Angleterre la houille, les fers, la laine, le coton; de Suède et de Norwége les bois, les minerais de fer, les harengs salés, la glace; d'Espagne, des minerais; de Russie, des bois, des avoines; de Hollande et d’Allemagne des céréales, des avoines et des bois.

Les exportations consistent principalement pour l’Angleterre en produits du pays : phosphates, bétail, œufs, beurre, tissus fins, modes; pour l’Allemagne en ciments, phosphates, fontes moulées. Les ciments et les plumes métalliques de Boulogne s’exportent presque dans le monde entier.

Dieppe. — La rade de Dieppe présente une bonne tenue, sur une profondeur de 6 à 8 mètres à basse mer, mais elle est mal abritée. L’entrée du port est assez facile, sauf une barre de galets; la haute mer y varie de 7 à 10 mètres. Le port d’échouage a une surface de 6 hectares et une longueur de quais de 787 mètres. Dieppe possède 3 bassins à Ilot présentant 1 ,900 mètres de quais. L’outillage du port se compose d’une grue de 30 tonnes, de 15 grues à vapeur de forces variables et de 5 grues à bras ; le gril de carénage a 50 mètres de longueur sur 11,50 de largeur.

Voici le mouvement du port pendant l’année 1877:

Il est entré 1,599 navires dont 1,185 vapeurs jaugeant ensemble 408,000 ton-

LA MARINE MARCHANDE

neaux et contenant 461,300 tonnes de marchandises. 11 en est sorti 1,579 navires dont 1,173 vapeurs jaugeant ensemble 404,000 tonneaux et contenant 84,400 tonnes de marchandises. Les principaux objets de commerce sont, pour l'importation: la houille, les bois du Nord et les fontes; pour l’exportation : les silex, la craie, les farineux alimentaires et les denrées coloniales. La grande pêche a employé en 1877, 11 navires jaugeant en moyenne 150 tonneaux dont 10 pour Terre-Neuve et 1 pour l’Islande; la petite pêche a employé 103 bateaux. Le produit de la grande pêche a été de 571,000 fr.,et celui de la pêche côtière (poissons frais, harengs et maquereaux frais et salés) de 2,651,664 fr.

Les projets d'amélioration du port de Dieppe comprennent : la construction d’un brise-lames en arrière de la jetée; l’élargissement du chenal, la création d’un nouvel avant-port, l’établissement d’un pont tournant et d’un bassin de mi-marée, la construction d'une forme de radoub et d’une amorce d’un nouveau bassin à flot.

Fécamp. — Les navires qui vont à Fécamp peuvent mouiller en face de la plage quand le vent souflle du S. au N. -O, la profondeur de 10 mètres au-dessous des basses mer commence à 500 mètres de la côte. L’entrée du port est facile. Un chenal de 320 mètres conduit à l’avant-port de 340 mètres sur 150 en moyenne, le fond en est au zéro des cartes marines. 11 communique avec un bassin à Ilot de 380 mètres sur 100, bordé de quais verticaux en maçonnerie; les navires, principalement ceux qui font la pêche à Terre-Neuve, y peuvent entrer en tous temps, la profondeur y est de 6 mètres. L’outillage du port comprend une machine à mâter et une grue fixe.

La grande pêche a toujours été pratiquée à Fécamp, principalement la pêche de la morue à Terre-Neuve, en Islande et en Norwége, celle du hareng sur le Dogger-bank et celle du maquereau sur la côte Sud de l’Islande.

En 1876, Fécamp a armé 36 navires jaugeant 5,918 tonneaux et montés par 740 hommes d’équipage pour la pêche de la morue et 221 navires jaugeant 2,980 tonneaux et portant 1,247 hommes d’équipage pour les pêches côtières.

Le produit des diverses pêches atteint 4 millions de francs annuellement. Les types des bâtiments de pêche construits à Fécamp sont renommés pour leur élégance et leur solidité.

Le port reçoit des navires de 500 A 600 tonneaux ; on y apporte principalement les bois du Nord et ceux du Canada, les goudrons de Suède, les grains, les cuirs. Les Terreneuviens vont porter la morue à Bordeaux ou A Cette et en ramènent à peu de frais de grandes quantités de vins. Les saurisseries de Fécamp sont nombreuses et les marques des saletirs de ce port sont universellement estimées. On a pu voir â l’Exposition de 1878 une cheminée de saurissage et le joli modèle d’une chaloupe tout armée pour la pêche de la morue.

Les projets pour le port de Fécamp comprennent : l’amélioration du chenal, la création d’un avant-port, la construction d’un bassin de mi-marée et l'exécution de l'amorce d’un bassin à flot.

Le Havre. — Le Havre est le premier port de la France du Nord ; il est précédé par une rade un peu trop ouverte sur laquelle mouillent les navires qui attendent la marée. L’entrée du port est difficile, surtout pour les grands navires qui sont obligés de se faire remorquer au moins pour la sortie. On est forcé aussi de lutter péniblement contre l’envasement et l’ensablement A grand renfort de chasses et de draguages. Un avantage particulier dont nul port peut-être ne jouit au même degré que le Havre, c’est que la mer y reste sensiblement étale pendant plusieurs heures, de sorte que les portes des écluses y peuvent rester longtemps ouvertes aux navires qui arrivent aux bassins ou qui veulent gagner

ET LES PORTS DE COMMERCE

le large. Le Havre possède un avant-port de 11 hectares, où la profondeur d’eau atteint au minimum 8 mètres, la surface tolale des bassins à tlot est de ù3 hectares et le développement des quais atteint 8 kilom., 200 mètres.

Les docks qui entourent les bassins occupent une surface de 22 hectares et peuvent contenir plus de 130,000 tonnes de marchandises.

Malheureusement, le Havre manque de fret de sortie ; outre les causes générales indiquées plus haut, il y a plusieurs autres raisons spéciales qui expliquent ce manque de fret. Le Havre n'a pas une industrie productive en rapport avec l’importance de son commerce maritime et de plus la Seine qui pourrait lui apporter les marchandises lourdes et encombrantes de l’intérieur de la France est, vers son embouchure, d’une navigation difficile à cause des bancs et surtout du mascaret. G’esL pour faciliter aux chalands venant de la haute Seine l’approche du Havre qu’on aprojeté le canal de Tancarville. 11 doitavoir25 lui., de longueur, 43 mètres de largeur à niveau, 23 mètres au fond et une profondeur de 3m,30. Du Havre à Harlleur on lui donnera une profondeur suffisante pour admettre les navires de mer. La dépense dépassera 20 millions.

Le mouvement du port du Havre en 1876 a été:

Pour les entrées . S. 979 navires jaugeant 1.848.388 tonneaux.

— sorties . 6.183 — — 1.820.008 —

Total. . . . 12.162 — — 3.6G8.388 —

Pour la môme année, le poids total des marchandises entrées et sorties a été de 1,800,000 tonnes dont 1,300,000 tonnes entrées et 500,000 tonnes sorties. On voit quelle énorme différence il y a entre le fret d’entrée et le fret de sortie.

Les principaux pays qui sont en rapport par steamers avec le Havre sont: la Colombie britannique, San-Francisco, Panama, Guayaquil, Lima, Valparaiso, Buenos-Ayres, Montevideo, Rio, Bahia, Pernambuco, les Antilles, Vera-Cruz, Tampico, New-Orléans, Charlestown, New-York, Boston, Terre-Neuve, le Saint- Laurent, les ports de l’Angleterre, de Ja Méditerranée et de la mer Noire, la Suède, la Norwége, le golfe de Finlande, Riga, Hambourg, Suez, Bombay, Ceylan, Pondichéry, Calcutta, Singapore, Saigon, Hong-Kong, Shang-liaï, Yeddo, Batavia, Melbourne, Sidney, Nouméa.

Les principales marchandises qui font l’objet du commerce maritime du port du Havre sont :

Les bois exotiques pour l’ébénisterie et la teinture venant du Mexique, de Cuba, du centre-Amérique, importation de 83,000 tonnes d'une valeur de

Le caoutchouc du Para, de Java, du Mexique, de Costa-Rica; la gomme laque du Malabar et de l’Afrique; le nitrate de soude du Pérou; le poivre de l’Inde et de Penang; le girolle de Cayenne ; la vanille de Bourbon, du Mexique, de la Martinique; le thé de Chine; le cacao de la Martinique, des Antilles, de Guayaquil, de Bahia, de Caracas, de la Bolivie; le café des Antilles, de Bourbon, de Rio, de Bahia, du Mexique. Le sucre de toute provenance, importation 12,710 tonnes d’une valeur de 7,332,000 francs. Le poids du café importé a été de 44,232 tonnes, d’une valeur de près de 00 millions de francs.

Le sésame de l’Inde; le riz de Java, de Cochinchine, du Bengale; le rhum, le tafia, le tapioca, de Rio et de Bahia ; l’arrow-voot des Bernudes ; le quinquina de la Nouvelle-Grenade ; les galles d’Alep ; le sumac de Sicile ; le curcuma du Bengale; l’orseille de Californie; la cochenille de Teneriife,de Lima, du Mexique; le rocou des Antilles.

Les bois d’Amérique; les planches de chêne de Prusse ; le sapin de Norwége,

LA MARINE MARCHANDE

de Suède, de Russie.L’indigo de Java.de Madras, de Siam.de Manille, du Bengale dont il a été importé en 1876 : 627, 000 kilog., d’une valeur de H millions de francs!

Les graisses, suifs, huile de poisson d’Amérique; les fers de Suède; les minerais de cuivre du Chili; l’étain des détroits ; le zinc de Belgique; le plomb d’Espagne; la houille de Newcastle et de Cardif. Houille, importation 560 000 tonnes Le tabac d’Amérique, importation 9,800,000 kil., valeur, 11,700,000 francs.

Les cotons du Levant, de l’Équateur, du Pérou, d’Haïti, d’Égypte, de Chypre des Etats-Unis, de l'Inde, importation en 1876: 136,529 tonnes d’une valeur de 197 millions de francs. Les céréales des États-Unis, de la mer Noire; le borate de chaux et le guano du Pérou; les plumes de paon de l’Inde; les plumes d’autruche de Buenos-Ayres ; le crin de la Plata ; l’ivoire d’Alexandrie, du Gabon 1 écaille de 1 Inde, de la Havane, de Saint-Domingue, d’Australie, de Panama!

Les laines de la Plata, du Chili, d’Australie, le zostôre du Mexique; le jute de l’Inde; le suif de Buenos-Ayres; la cire et le miel du Chili, du Brési’l, de Benguela: l’huile de phoque, les fanons, les peaux delà Plata; les cuirs salés de Valparaiso, les cuirs secs du Mexique; les cornes de buffle de la côte de Coromandel, de Siam et de Manille; les lataniers de Cuba ; les rotins de l’Inde, etc.

Les travaux à exécuter au Havre comprennent la construction de deux nouvelles formes de radoub, l’une de 135 mètres, l’autre de 100 mètres et dans le creusement d’un neuvième bassin à flot.

Rouen. — Le port de Rouen si bien placé sur la Seine entre Paris et le Havre ne peut naturellement penser disputer à ce dernier la prééminence, mais il occupe un bon rang sur la liste de nos ports de commerce et sa prospérité va sans cesse croissant. r

Malgré son éloignement de la mer et les nombreux détours que trace la Seine avant d’aller se jeter dans la Manche, la marée est forte à Rouen et l’eau suffisamment profondepour yrecevoir desnaviresde 1 ,200et 1 ,500 tonneaux tirant 5m,50 et même 6 mètres d’eau. Ainsi est entré en 1877, le Tyro de 1,300 tonneaux et d’un tirant d’eau de 6m,25 et cette année même le Saint-Aubin de 1,558 tonneaux et de 5“,60 de tirant d’eau. Aussi, Rouen est en rapport par mer avec un grand nombre de ports de pays étrangers. Terre-Neuve, le Canada New-York, Charleston, New-Orléans, Haïti, Rio, la Plata, Vera-Cruz, le Maroc’ le Sénégal, Sierra Leone, le Gabon; Madras, Pondichéry, Calcutta, etc. Parmi les pays d'Europe, les relations maritimes de Rouen ont surtout lieu avec l’Anglelcrie, la Suède, la Nonvége, la Russie nord-ouest, la mer Noire et en général les côtes de la Méditerranée, particulièrement l’Asie-Mineure, l’Italie la Sicile, l’Espagne et l’Algérie.

Les importations consistent surtout en vins, morue, figues, biscuits, poivre des Indes, cacao de Guayaquil, du Para, de Bahia, fer du Lancashire, écorce de Cm d Algérie, briques réfractaires anglaises, café de toutes provenances, coton de la Louisiane et de la Géorgie, goudron de Suède, bouille de Cardif et de Newcastle.

Sapin de Norwége, chêne de Prusse, jute de Calcutta, cotonnades et velours d’Angleterre, gomme du Sénégal, arachides de la côte d’Afrique, colza et lin de l’Inde, huiles minérales d’Amérique, huile d’olives de Nice et d’Italie, avoine de Suède, maïs de la Louisiane, riz de l’Inde, huile de palme, bois de teinture do Cuba, Campêche, Haïti, Santal d’Afrique, rocou de Cayenne, produits chimiques anglais, plomb d’Espagne, zinc de Silésie, fontes d’Angleterre, potasse de Russie, curcuma du Bengale.

Les exportations portent principalement sur les fruits, les meules, les farines, les tourteaux, l’huile de colza, la gaude, le plâtre, le verre à vitre, les bois de

carosserie, les produits chimiques, le sucre, les vins, le beurre salé, les poteries, les cordages, les chiffons, le chanvre de l’Anjou, etc.

Le mouvement général du port de Rouen n’a cessé de s’accroître depuis plusieurs années ; le tonnage total était en 1868, de 522,000 tonneaux, en 1873 de 625,000 et en 1878 de plus de 1 million; voici comment il se répartit dans celte dernière année :

Nombre de navires français et étrangers . 4.871

Navigation de concurrence avec l’étranger . 586.586 tonnes.

— avec les colonies françaises . 1.841 —

Cabotage sur la Méditerranée . 3.640 —

— sur l’Océan . 223.320 —

Navires sur lest . 225.192 —

Voici la comparaison du mouvement maritime avec le mouvement fluvial en 1878.

Page 1