‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 163 sur 174 · pièces · texte numérisé non relu

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Vin. ......

Papiers .

340 tonnes.

Marseille. — Marseille est le premier port de France et la plus importante ville maritime de la Méditerranée; elle tient entre ses mains une grande partie du commerce du sud, et remplit au midi de la France le rôle que jouent au nord le Havre et à l’ouest Bordeaux.

Le port est sûr et d'un accès assez facile. Autrefois le vieux port suffisait à tous les besoins, quoique sa surface n’atteigne pas 30 hectares. Depuis 20 ans de grands travaux y ont été faits : on a hardiment conquis sur la mer, au moyen d’une grande digue parallèle au rivage un espace immense et construit les bas sins de la Joliette, du lazaret, d’arène, de la gare et le bassin national. L’ensemble de tous ces abris donne une surface de plus de 150 hectares. Le port possède des quais de 12 kilomètres auxquels il faut ajouter près de 20 hectares de docks. Marseille a encore besoin d’un meilleur outillage; ses quais sont devenus insuffisants, ses bassins trop étroits ; aussi les projets nouveaux comprennent-ils l’achèvement de l’avant-port du nord, d’un bassin à pétrole, et de la traverse déjà commencée, l’élargissement des quais du vieux port, l’assainissement des bassins, l’amélioration de l’entrée du port, et enfin la création de nouveaux bassins au sud. Marseille a beaucoup gagné depuis la conquête de l’Algérie et le percement de l’isthme de Suez, mais d'autres cités rivales ont aussi progressé, et, si elle veut rester la reine de la Méditerranée, notre grande cité maritime ne doit rien négliger. Les rivales les plus redoutables sont Gênes et Trieste, où de grands travaux ont été accomplis. Pour les devancer et leur barrer résolument la route, il y a beaucoup à faire : de vieilles habitudes à abandonner, de l’argent à dépenser et de l’initiative à mettre en pratique.

En 1876, le mouvement du porta été le suivant :

Navires entrés . 8.746 jaugeant 2.645.508 tonneaux.

— sortis . 8.654 — 2.590.000 —

Entrés et sortis . 17.400 — 5.235,500 —

En 1877 le tonnage des navires à voiles entrés était de. 770.000 tonneaux.

— — à vapeur entrés — 1.820.000 —

— — - à voiles sortis — 810.000 —

— — à vapeur — 1.800.000 —

Total . 5.200.000 —

Il y a à remarquer dans ces chiffres la part considérable des navires à vapeur, le nombre des steamers est presque égal à celui des voiliers et comme tonnage les voiliers n’atteignent pas la moitié du tonnage des vapeurs. Il faut remarquer aussi à l’avantage des Marseillais que la part du pavillon français dans ce mouvement est considérable; elle est supérieure à celle qui appartientaux pavillons étrangers, et il serait bien désirable qu'il en fût de même pour tous nos ports.

LA MARINE MARCHANDE

Les principales marchandises importées à Marseille sont : la soie, pour une valeur de plus de 300 millions de francs, venant d'Italie, de Sicile, d'Orient; le blé, venant de la Russie méridionale, de l’Égypte, de l’Algérie, c’est là un des plus grands trafics de Marseille, mais il est variable suivant les récoltes; en 1876, il en est entré plus de 300 milles tonnes pour une valeur de près de 138 millions de francs ; mais, depuis l’invasion des blés américains, le Havre tend à faire concurrence à Marseille sous ce rapport; les minerais viennent d’Espagno et d’Algérie; les graines oléagineuses, principalement le sésame et l'arachide du Sénégal, du Levant, de l’Inde; le sucre brut de la Réunion, des Antilles; le café du Brésil, le cacao des Antilles, du Mexique, des républiques de l’Amérique du sud; la bouille d’Angleterre, pour une somme relativement minime, car il existe près de Marseille des mines considérables, Alais, etc., qui alimentent les usines du pays et approvisionnent les steamers; le bétail d’Algérie, d'Italie, d’Espagne; les peaux et cuirs d’Amérique; le riz de l’extrême Orient; les épices de l’Inde et de l’Indo-Cliine; le soufre de Sicile, etc.

Les principales marchandises exportées de Marseille sont : les farines, les tissus de soie et les autres textiles, la bouille dont l’exportation est supérieure à l’importation, les huiles dont Marseille fabrique une grande quantité, surtout les huiles d’arachides, le savon, produit essentiellement marseillais et qui se répand partout, le plomb, le sel envoyé particulièrement dans les pays Scandinaves, la soie et les tissus de soie qui figurent dans le commerce d’exportation de Marseille pour une somme de 135 millions de francs.

La population de Marseille dépasse aujourd’hui 320,000 habitants et la somme totale du commerce qu’on y fait doit être évaluée au moins à 2 milliards de francs.

Voici du reste le détail des marchandises principales exportées et importées en 1876 :

Marchandises importées à Marseille en 1876.

Céréales .

Café .

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