‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 169 sur 174 · TOME I. — NOÜV. TECH · texte numérisé non relu

TOME I. — NOÜV. TECH

LA MARINE MARCHANDE

110 millions de francs, le mouvement des navires y est de 3,300 bâtiments jaugeant 1 ,230,000 tonneaux. Le commerce extérieur a surtout lieu avec les ports du Brésil.

Porto, port du Douro, est la deuxième ville du Portugal, l’entrée en est dil'licile et u’a pas plus de 4 mètres de profondeur, les navires jaugeant plus de 4 à 300 tonneaux ne peuvent y arriver. Le commerce total du porlattcint cependant 90 millions de francs.

Les ports de l’Italie. — L’effectif de la marine marchande italienne comprend 4,400 navires à voile jaugeantl,300,000 tonneaux et 110 navires à vapeur jaugeant 95,000 tonneaux. 11 est entré en 1875 dans les ports italiens 10,800 navires au long cours jaugeant 3,800,000 tonneaux parmi lescpiels 3,314 vapeur jaugeant 2,400,000 tonneaux; il en est sorti 18,200 navires jaugeant 4,250,000 tonneaux dont 3,700 stamers jaugeant 2,500,000 tonneaux.

Les importations se sont montées en 1876 à 1 milliard 300 millions et les exportations à 985 millions de francs.

Gènes. — C’est le plus grand port de l’Italie, sa surface est de 130 hectares, mais les abris en sont insuffisants de même que les voies qui y arrivent. Gênes s’étend le long de la mer et se relie avec d’autres stations maritimes comme Sampierdarena, Cornigliano et surtout Scstri où sont les meilleurs chantiers de construction de toute l'Italie. Le tout forme une agglomération de plus de 200,000 habitants.

Le mouvement du port de Gênes comprend plus de 16,000 navires jaugeant prés de 3 millions de tonneaux, et la valeur totale de ses échanges par mer est de 450 millions de francs.

Livourne. — C’est le troisième port de l’Italie, on y a fait de grands travaux, un brise lame en protège l’entrée dans des fonds de 10 mètres, mais il n’y a pas plus de 5 mètres d’eau dans le port assez bien aménagé. 11 est bien placé pour exporter les produits de la Toscane et son mouvement dépasse 10,000 navires et 1,800,000 tonneaux, population 100,000 habitants.

Naples. — Ce port, le second delà péninsule, fait un grand commerce avec l'Angleterre et la France; le cabotage avec les ports italiens est aussi considérable, surtout par suite de l’insuffisance des voies terrestres.

Le mouvement comprend 9,000 navires jaugeant 1,500,000 tonnes. C’est auprès de Naples que se trouve Torre del Greco qui arme pour la pêche de corail près de 400 navires rapportant 40,000 kilogs de corail d’une valeur de plus de 4 millions de francs,

Brindisi. — Ce port, situé à l’entrée de l’Adriatique, est un des meilleurs de la Méditerranée, il forme un double bassin naturel ne communiquant avec la rade que par un étroit goulet et accessible aux plus grands bâtiments. C’est de là que partent les navires qui emportent dans les Indes les dépêches et les passagers anglais. Le mouvement commercial ne répond pas au va-et-vient des passagers. Les entrées et les sorties comprennent 1,500 navires et 700,000 tonneaux.

Ancône. — Assez bon port préseutant des profondeurs de 4 mètres; il exporte des fruits, des huiles, du soufro, de la soie; le mouvement toLal atteint 2,200 navires et 750,000 tonneaux.

Vrvise. — La reine de l’Adriatique est bien décime de son antique spendeur

ET LES I’OHTS DE COMMERCE

et ne peut plus rivaliser avec Trieste; cependant elle a conservé un trafic assez important, le mouvement du port peut être évalué à ,5,000 navires jaugeant 800,000 tonneaux, population 130,000 habitants.

Sicile. — Les deux principaux ports de la Sicile sont Messine et Palerme.

Messine est le plus grand port de la Sicile. La rade est excellente et les plus grands bâtiments peuvent y mouiller avec sécurité. Le port est Irôs-bon, quoique exposé au vent du Nord. Un grand nombre de navires traversent le détroit et cherchent un refuge, soit dans la rade, soit dans le port; aussi le mouvement y est-il considérable, il estdeprès de 11, 000 navires jaugeant ensemble 1,700,000 tonnes; population 112,000 habitants.

Palerme a un mouvement de navigation à peu près aussi considérable ; c’est une très-grande ville, la quatrième de l'Italie, avec 220,000 habitants.

Catane et Trapani sont les deux autres ports de la Sicile qni font le plus grand commerce après Palerme et Messine, leur mouvement atteint environ 0,000 navires chacun, lljfaut ajouter i la suite de la liste des ports d’Italie, l’immense et excellent port de Malte. La Valette dont le mouvement est de 4,400 navires jaugeant 4 millions 340,000 tonneaux.

Les ports de l’Autriche. — La marine marchande de l’Autriche possède 652 navires à voile jaugeant 253,000 tonneaux et 75 vapeurs jaugeant83;500 tonneaux.

Il est entré en 1875 dans les ports autrichiens 51,000 navires de tous rangs jaugeant 4,800,000 tonneaux; il en estsorti 50,700 navires jaugeant 4,800,000 tonneaux.

Trieste. — Ce port est le premier de l’Adriatique, quoiqu’il soit exposé aux vents venant de la mer et n’ait pas de voies de communications suffisantes. 11 est le point de départ de nombreuses lignes de bateaux à vapeur, population 126,000 habitants. Le total de ses exportations et de ses importations maritimes est de 550 millions de francs. Le mouvement des navires dépasse 15,000 jaugeant prés de 2 millions de tonneaux.

Fiume (mouvement 2,700 navires), Pola et Lussin sont les seuls ports à mentionner sur le littoral autrichien de l’Adriatique.

Les ports de l’Orient, Grèce, Turquie, Égypte, mer Noire. — Gr'ece-

Les navires grecs sont au nombre de 2,000 voiliers jaugeant 400,000 tonneaux et de 12 vapeurs jaugeant 76 tonneaux. Le mouvement total des ports de la Grèce comprend 21,000 navires et 3,500,000 tonneaux. Le total des importations et des exportations peut être évalué à environ 200,000,000 francs.

Les navires grecs sont occupés à commercer dans les divers pays de la Méditerranée plutôt qu’en Grèce même et le trafic réel tdes ports [helléniques est peu important. On peut citer cependant Le Pirée qui est encore le port à’ Athènes et dont la profondeur est considérable, Patras où est concentré tour le commerce du Péloponèse et enfin Syra, que sa position centrale dans la mer Egée a rendu le rendez-vous des lignes de bateaux à vapeur.

Turquie. — La Turquie possède 300 navires à voile jaugeant 50,000 tonneaux et 25 navires à vapeur jaugeant 18,000 tonneaux. Son commerce ne dépasse guère 1 milliard de francs.

Les principaux ports sont : Constantinople, un des plus beaux ports du

LA MARINE MARCHANDE

monde. Les plus grands navires peuvent pénétrer dans la Corne d'or. Le mouvement représente plus de 20,000,000 navires et plus de 4 millions de tonneaux; Salonique, c’est la troisième ville de la Turquie d’Europe, elle fait un très-grand commerce et sa prospérité augmentera beaucoup quand un chemin de fer la reliera aux voies européennes; Smyrne, le port est étroit, mais assez profond, le commerce est important et atteint 125 millions de francs. On en exporte des fruits secs, du coton, des grains, des tapis, de lacire, etc.; Beyrouth, quoique commerçant, le port de Beyrouth est fort mauvais, les abords en sont dangereux et les navires exposés aux vents du Nord, on en tire du coton, de la soie, des sésames, mouvement 3,500 navires et 400,000 tonnes ; Jaffa, le seul port de la Palestine et le jardin de la Syrie, on en exporte des olives, des sésames, du coton, du blé dur, etc; Sinope sur la mer Noire, le meilleur port de la côte par des fonds de 7 à 8 brasses, importations: objets manufacturés, farines, bouille; exportations : bétail, bois, etc.

Les ports de la mer Noire sont, outi’e Sinope, Sulina à l’embouehurc de la seule branche du Danube qui soit accessible, port de refuge fort important et fréquenté par 1,000 navires jaugeant 550,000 tonnes 11 s’y fait un grand commerce de céréales qu’on peut évaluer à environ 125 millions de francs.

Odessa. — La rade offre des profondeurs de 6 à 7 mètres, mais le port est mal défendu, il gèle souvent plusieurs sem'aines de suite, le mouvement y dépasse 2,000^navires,[mais il est très-variable suivant la situation du commerce des céréales. Le port d’Odessa est l’entrepôt de la Russie méridionale ; outre le blé,

11 exporte des peaux, du suif, delà graine do lin; on y apporte du café, du tabac, des vins, des tissus.

L’Égypte. — Le premier port de l’Égypte est Alexandrie qui est en même temps le meilleur de la côte Nord de l’Afrique, il existe devant le port une passe où la profondeur est de 6 mètres, les échanges atteignent 250 millions de francs, le mouvement du port atteint 2,000 navires et 1 million de tonnes. C’est l’entrepôt des produits si précieux de la vallée du Nil : grains, coton, sucre, etc. Damiette. Quoiqu’il n’y aitpas de port proprement dit, les navires y sont suffisamment abrités, les gros navires ne peuvent s’en approcher à cause de la barre du Nil, le commerce se fait surtout avec la Syrie. Suez et Port Saïd. Le commerce n’y est pas très-important, sauf le transit du canal qui s’est composé en 1877 de 1666 navires dont le droit de passage s’est élevé à plus de 32 millions de francs.

Les ports des mers des Indes et de Chine. — Les Indes Britanniques. Pour expliquer l’immense importance de la possession des Indes pour l’Angleterre, il suffira d’examiner les chiffres qui expriment l’importance du commerce et de la population.

L’Inde ne renferme pas moins de 240 millions d’habitants. On en tire du coton brut pour 332 millions de francs, de l’opium pour 277 millions, du riz pour 132 millions, des peaux pour 72 millions, du jute pour 7 millions, du café, des grains, de la laine, etc. On y porte du coton tissé pour 41 millions de francs, du coton filé pour 7 millions, des métaux pour 80 millions, desboissons, des machines, des lainages, du sucre, du sel, des soieries, etc. Les importations sont de 950 millions de francs, et les exportations de 1 milliard 450 millions, total 2 milliards 400 millions.

Les principaux ports de mer sont : Bombay sur la mer d'Oman dans une situation très-bien choisie. Le port est sûr, commode et vaste, le chenal y a

12 à 15 mètres de profondeur et la marée y monte de 5 mètres. C’est l’entrepôt

des marchandises de la Perse, de l’Arabie et de la Chine; exportation de coton, soie, épices, café, sésame, gomme, laque, etc.

Pointe de Galles à l’extrémité de l’île de Ceylan, port vaste et sûr mais d’un accès difficile, il reçoit des bâtiments de 16 à 1,800 tonneaux et est très-fréquenté. C’est principalement un port d’approvisionnement et de relâche.

Madras. — Ce n’est pas un très-bon port, sarade offre desfonds de 8 à 9 brasses, mais elle est dangereuse en octobre, novembre et décembre, même aux autres époques de l’année les navires y sont extrêmement fatigués par la boule ; le mouvement y est de plus de b, 000 navires et de près de 5 millions de tonneaux.

Calcutta. — Sur l’Hougly, un des bras du Gange et à 16 kilomètresde la mer, la navigation des bouches du fleuve est difficile malgré les travaux accomplis. Les navires au-dessous de 400 tonneaux peuvent seuls aborder aux quais, les autres allègent ou s’arrêtent à Diamond- harbour qui est l’avant port de [Calcutta. Néanmoins plus de 2,000 navires y jettent l'ancre et le commerce total dépasse 800 millions de francs.

En suivant, après l'embouchure du Gange, les côtes orientales de l’Asie, on ne trouve pas de grand port de commerce avant Singapore, le « Gibraltar » de la mer de Chine, c’est un immense entrepôt et le lieu de ravitaillement de tous les navires qui ont la Chine et le Japon pour provenance ou pour destination. Le tonnage du port est de 3,235,000 tonneaux. Ensuite on rencontre Bangkok le port principal du royaume de Siam, où l’on va chercher les produis de la vallée du Mcnam, puis Saigon la capitale de notre colonie de Cochinchine, assez bon port à l’embouchure du Mékong dans lequel, outre les échanges avec la métropole, se fait un très-grand commerce de riz pour la Chine.

Les ports de la Chine et du Japon. — Le commerce entre la Chine et les sciences maritimes est fort considérable ; le total des importations est de 1 milliard 140 millions de francs et celui des exportations forme une somme à peu près égale. Le commerce anglais entre dans le total pour 1 milliard 150 millions.

Les principales marchandises importées en Chine sont : l’opium pour 150 millions; les cotonnades pour 144 millions; les lainages pour 27 millions; les métaux, etc.

Les principales marchandises tirées de Chine sont : la soie et les soieries pour 156 millions de francs ; le thé pour 95 millions; le sucre, etc. Les plus grands ports sont : Les ports de l’embouchure du Chï-Kiang : Canton, Hong- Kong, Macao. On en exporte de la soie renommée et du sucre ; le coton et le riz sont la base des importations. Le mouvement des ports atteint 1,940 navires et 820,000 tonneaux.

Swa-tou. Mouvement, 1,266 navires et 600,000 tonneaux.

Amoy. — Un des plus sûrs et des plus accessibles parmi les ports de la Chine, population 350,000 habitants, deux grands bassins de carérage sont à la disposition des navires, exportation de thé et de sucre, mouvement du port : 1 ,000 navires jaugeant 500,000 tonnes.

Fou-Tcheou. — Le plus grand arsenal de la Chine maritime, très-bon port, exportation de thé, de laque, de bois, mouvement du port : 665 navires et 400,000 tonneaux.

Ning-Po. — Population 125,000 personnes, exportation de thé, *oie, coton, droguerie. Mouvement : 1,000 navires jaugeant 430,000 tonneaux.

LA MARINE MARCHANDE

Shang-haï. — Un des plus riches marchés du monde, très-bon port, pourvu de 4 bassins de carénage. La soie, le thé, l’opium et le riz, les cotons, les modes sont les principaux articles de commerce. Le mouvement du port est fort considérable et atteint 4,200 navires jaugeant 2,300,000 tonneaux.

Le commerce du Japon est bien moins important que celui de la Chine, mais l’ouverture de ses ports aux navires européens est aussi beaucoup plus récente. On distingue principalement parmi ses stations maritimes : Nangasaki, bon ancrage, port assez profond et bien abrité; importations : laines, cotons, bois, épices. Exportations : soieries, porcelaine.

Osaka, principale ville commerciale, port peu profond, commerce de poissons secs, riz, tissus, bronzes. La baie de Yeddo contient, outre le port de cette ville, celui de Yokohama, plus facile que le premier dont l’entrée est obstruée.

Entre le Japon et l’Amérique du Nord sont les îles Hawaï dont le principal port Honolulu a acquis une extrême importance depuis quelques années. C’est un point de relâche et de ravitaillement fort bien placé, 4 ou 500 baleiniers s’y abritent tous les ans. Le fond en est excellent par 4 à 7 brasses d’eau et le commerce y est considérable. On en importe du suif, des bestiaux, du sucre, du sel, des cuirs. Huit ou neuf cents navires fréquentent ce havre.

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