‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 46 sur 174 · XI.VI A NOS LECTEURS · texte numérisé non relu

XI.VI A NOS LECTEURS

Quelques-uns de nos souscripteurs nous ont paru curieux de savoir quels pouvaient être les frais occasionnés, pour l’établissesement d’un ouvrage aussi considérable. A titre de renseignement pratique nous allons le leur faire connaître.

Dès le début, nous avions établi notre budget présumé des dépenses sur un chiffre qui, d’après notre estimation, pouvait varier entre 105 et 110,000 francs, nous annoncions alors devoir publier 0 volumes contenant chacun 500 pages et un atlas de 150 planches.

Gomme recettes, nous comptions sur 1,500 souscripteurs environ, chiffre bien modeste, lorsque près de 100,000 personnes ont exposé et que plusieurs millions de visiteurs se sont pressés dans les allées du Champ-de-Mars.

Partant de ce point, nous avons distribué le terrain à occuper par chacun de nos rédacteurs, en proportionnant le nombre de pages et de planches à l’importance de la question à traiter. Mais il nous est arrivé d’être débordé; que pouvions -nous retrancher par exemple dans l’article Chauffage et ventilation de M. Wazon, qui n’est cependant pas complet, puisqu’il nous manque le chauffage domestique dont la copie n’a pas été fournie par un rédacteur qui s’est dérobé (1). Les souscripteurs venant d’abord à rangs serrés nous nous sommes laissé entraîner et nous avons entamé l’impression simultanée de 9 volumes au lieu de 6. Tout à coup le flot des souscripteurs s’est arrêté, comme refoulé par la fermeture des portes de l’Exposition. Cependant les 9 volumes et l’atlas qui, de 150 planches est arrivé à 227, devaient être terminés. Notre budget des dépensés, à Yencontre du nombre de nos souscripteurs qui restait stationnaire ; il s’aggravait chaque jour, et de 110,000 francs maximum sur lequel nous comptions, il s’est élevé à 145,519.85, chiffre dont nous allons donner le détail pour l’enseignement général des personnes

(I) Celle lacune regrettable sera remplie et nous publierons dans nos Annales du Génie civil les rapports sur le Cliau/fage domestique, celui sur la Papeterie, et quelques autres questions non élucidées assez complètement telles, l'Electricité, l’Eclairge au gaz, les Appareils de pesage, etc.

A NOS LECTEURS

qui veulent se rendre compte, d’une façon pratique de ce que sont des frais d’impression.

L’ensemble des abonnements a fourni une somme de 67,978.60, ce qui fait en moyenne 74f,b0 par souscripteur.

De cette somme il y a lieu de déduire la |

souscription n° 14 de la Prusse (Ministère I

prussien), non payé . 90 1 67,978.00

Plus 240 francs pour souscripteurs n’ayant [ 330.00

pas, pour divers motifs, parfait leur sous- j

cripiion . 240 j

Reste comme recette . 67,648.60

La dépense s’est décomposée comme suit :

Impression du texte . 54,859,00 ]

— et dessin des planches. 17,667,50 J Papier du texte et des planches . . 25,818,60 F

Gravures et clichés . 19,679,45 > 145,624,75.

Droits de rédaction . ... 1 9,799,50 1

Frais de poste . 4,547,05 1

Publicité . 3,253,65 J

Appointements du Directeur et frais généraux (par profits et pertes). . Pour mémoire »

Total.; . 145,624.75

A déduire la recette . 67,648.60

Reste . 77,976.15

Il y aurait lieu d’ajouter à ce chiffre brutal, nos frais de bureaux, frais de représentation, les frais généraux de toutes sortes, c’est en définitive deux années que nous avons consacrées à ce travail, dont nous étions à la fois le banquier, le directeur, le rédacteur, l’imprimeur et l’éditeur; aujourd’hui parcourant l’Exposition, demain épluchant les manuscrits qui nous étaient parvenus, confectionnant la composition des planches, tantôt près des machines pour surveiller les tirages, ou dans les rangs à rectifier les compositions, à activer la mise en page, faisant parfois nous* même les impositions et nos épreuves, pour pousser la besogne et prêcher d’exemple ; rédigeant les articles du tome IX ou les tables générales, etc. , etc. Et résultat ! le chiffre ci-dessus.

A NOS LECTEURS

De tout cela on doit en tirer cette conclusion ou cette moralité.

1° Quand on a établi un devis x ne pas le pousser à x h — —

c’est-à-dire ne pas vouloir faire trop grand.

Travailler pour la gloire n’est plus de notre temps. Tenir ce que Ton a promis est bien. Il serait peut-être adroit d’être au-dessous de la chose promise. Donner davantage, jamais ! ! !

2° S’assurer d’avance d’un nombre à peu près suffisant de souscripteurs pour couvrir ses frais.

3° Si on veut réellement gagner de l’argent, faire en un petit volume à sensation, l’histoire d’un gredin quelconque, ses bons mots à ses geôliers, etc. Un style plus que familier double les chances du débit.

4° Ne pas tenter de se mettre éditeur serait peut-être encore le meilleur.

Nous terminerons donc ici, et en vous quittant nous avons l’espoir de vous retrouver comme lecteurs de nos Annales du Génie civil, publication qui avec 1880 commencera sa dix-neuvième année, car pour nous : Éditeur nous sommes, Éditeur il nous faut rester.

Ce qui précède nous dispensera de faire l’article Imprimerie et Librairie, que nous avions promis de rédiger.

Il n’y avait, au surplus, pas grande nouveauté ; des machines à composer qu’après expérience nous avons reconnu trop perfectibles, c’est donc au chapitre publié dans nos Études de 1807 que nous renverrons nos lecteurs.

En ce qui concerne les récompenses, quelques-unes judicieuses, les plus marquantes aux fils de leur père, mais ceci est de mince intérêt pour nos lecteurs.

E. Lacroix.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

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