‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 47 sur 174 · I. — L’INDUSTRIE PRÉHISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. — L’INDUSTRIE PRÉHISTORIQUE

Jamais documents si nombreux et si irréfutables que ceux mis en lumière pendant ces quarante dernières années n’ont enrichi les sciences historiques. L’époque où nous vivons constitue, pour la haute antiquité, comme une autre renaissance faisant apparaître devant nos yeux le tableau des civilisations perdues, de même que les traditions gréco-romaines, obscurcies pendant la nuit du moyen-âge, se sont manifestées au xvi° siècle comme une lumière nouvelle.

La lecture des inscriptions hiéroglyphiques et le déchiffrement des caractères cunéiformes, en nous permettant de fouiller dans l’histoire et dans les légendes de peuples depuis longtemps disparus, avaient fait naître l’espoir de trouver, au front des palais des bords du Nil ou parmi les ruines éparses sur les rives de l’Euphrate, la solution des problèmes concernant l’origine de l’industrie et celle de l'homme lui-même. Il n’en a rien été et, pas plus que les documents émanés de l’Égypte et de la Chaldée, les livres sacrés des Iraniens et des Chinois ou les vêdas de l'Inde ne nous ont livré les secrets des premiers âges de l’humanité. Quelles qu’en soient les sources, les plus anciennes traditions ne nous montrent que des peuples déjà civilisés, doués d’un état social nettement déterminé et en possession d’une industrie leur permettant de subvenir sans peine, sinon sans travail, à tous les besoins de la vie.

11 nous a cependant été donné de pénétrer plus haut dans les temps anciens et de découvrir les archives où les premiers hommes, ne pouvant tracer leur histoire, ont laissé l’empreinte de leur personnalité et les preuves de leur civilisation matérielle.

Ce n’est plus dans des contrées lointaines, c’est en Europe et sous le sol même de la France qu’ont été rencontrés les outils, les armes, les ossements des races qui, avant l'histoire, ont les premières, occupé l’Occident de l’ancien monde. Ces découvertes se sont étendues à bien d’autres pays et il est aujourd’hui peu de contrées où V Archéologie préhistorique ne puisse montrer quelques débris de cette industrie primitive. Ces vestiges nous permettent de reconstituer dans ses traits essentiels l’état de la civilisation des premiers hommes dont le souvenir a été si longtemps perdu.

1° Premier âge de la pierre. — C’est à la partie supérieure des terrains tertiaires, dans les dépôts coquilliers ou f aluns qui se formèrent après la

Page 1