‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 53 sur 174 · I. — DISTRIBUTIONS D’EAUX · texte numérisé non relu

I. — DISTRIBUTIONS D’EAUX

La partie de l’hydraulique que nous nous proposons d’examiner, comprend l’approvisionnement des villes en eau potable, et leur assainissement mécanique.

Pour alimenter les villes, on peut recourir à une foule de solutions différentes. Suivant les cas, on doit rechercher de nouvelles sources, dériver des sources déjà connues, créer des réserves d’eau en barrant des vallons, et constituer ainsi des réservoirs considérables, faire des drainages pour recueillir les eaux souterraines et enfin quand ces divers moyens ne sont pas applicables, ou ne peuvent donner un volume d’eau assez grand, creuser des puits artésiens ou élever les eaux des rivières et des fleuves à l’aide de machines à vapeur ou hydrauliques.

Dans ce dernier cas, il se présente un problème compliqué, c’est la recherche des meilleurs moyens à employer pour clarifier les eaux. La méthode naturelle où des systèmes artificiels permettent d’arriver au but qu’on se propose, comme nous le verrons dans le cours de cette étude.

Ce simple exposé montre que la science des distributions d’eau constitue pour l’ingénieur une série de problèmes difficiles. Les ouvrages hydrauliques présentent souvent de grandes difficultés d’exécution, et le mouvement des eaux dans les aqueducs découverts et les conduites fermées est soumis à des formules encore incomplètes.

De plus, si l’on considère ce qui a été fait jusqu’à présent pour l’utilisation rationnelle des eaux de fleuves et de rivières et ce qui reste encore à faire, on sera frappé de voir que la plupart des cours d’eau entraînent vers la mer des

HYDRAULIQUE

volumes il eau considérables qui ne sont point utilisés à la fertilisation du sol. On laisse perdre ainsi des richesses naturelles d’un prix inestimable. Les pays voisins, l’Espagne et l'Italie, nous offrent cependant des exemples frappants et qu’il serait bon de suivre ; dans ces pays, on pratique sur une large échelle le système des irrigations et on obtient des récoltes rémunératrices.

Que l’on compare l’état actuel du midi de la France avec celui des riches provinces de la Lombardie, et après cette comparaison, on sera étonné que des travaux analogues n’aient pas encore été entrepris dans notre pays.

Depuis quelques années, on s’occupe activement de doter les villes de distributions d’eau, mais songe-t-on à compléter ces travaux par un aménagement sérieux et une utilisation rationnelle des eaux d’égoût. On laisse perdre ainsi une quantité considérable de substances fertilisantes qui devraient retourner au sol, afin de rétablir l’équilibre dérangé.

Nous aurons encore à examiner les tentatives faites dans ce but à Paris et dans d’autres villes.

Ainsi donc, l’art des distributions d’eau comprend deux grandes divisions:

1° Les distributions urbaines,

2° Les distributions rurales.

Dans une distribution d’eau, l’ingénieur doit se préoccuper des questions suivantes :

1° Fixer le volume nécessaire à la fourniture d’eau ;

2« Etudier les qualités que doivent présenter les eaux dérivées ;

3° Jauger ces eaux, c’est-à-dire déterminer leur volume ;

4° Déterminer les travaux à exécuter pour les dériver ou les élever ;

5° Poser la théorie du mouvement de l’eau dans les canaux et les conduites fermées ;

6° Etudier le meilleur mode d’emmagasinage des eaux, autrement dit la construction des réservoirs;

"o Se rendre compte des travaux auxquels donne lieu la distribution intérieure des eaux;

8° Enfin combiner un système rationnel de drainage mécanique et d’égouts.

Ce programme indiqué par les ingénieurs les plus autorisés en matière de distribution d’eau, constitue la division toute naturelle de notre étude, et nous y rattacherons l’examen des travaux exposés. Mais nous croyons utile de donner dès maintenant une élude générale sur les principes qui doivent servir de base aux projets de distribution d’eau.

Volumes d’eau nécessaires. — Pour satisfaire d’une manière convenable les services publics et privés, on peut remarquer que les volumes d’eau nécessaires à la boisson, aux soins de toilette, au blanchissage, au lavage des maisons, au service des industries et aux bains sont proportionnels au chiffre de la population, tandis que les volumes d’eau disponible pour le nettoyage et l’arrosage des rues, des cours, des jardins particuliers et publics, le nettoyage des égouts sont proportionnels aux surfaces à arroser ou à nettoyer.

En dehors des volumes ainsi définis, il faut nécessairement ajouter ceux qui seront employés à alimenter des fontaines publiques érigées pour l’agrément général, et enfin ceux qui constitueront des réserves pour les cas d’incendie.

On comprend qu il est difficile de fixer des limites absolues pour la quantité d’eau nécessaire à chacun de ces services, attendu qu’il faut tenir compte dans chaque cas particulier des habitudes des populations , du climat, etc., etc. Cependant, on peut admettre les coefficients suivants pour le volume nécessaire

DISTRIBUTIONS D’EAUX

par jour aux divers usages ci-dessous. Ces chiffres constituent des bases rationnelles :

Par personne (alimentation et usages externes) . 20 litres.

Par cheval . • . 75

Par voitures à 2 roues (nettoyage) . 40

— à 4 roues — . 75

Par cheval vapeur (machine à haute pression) par heure

de marche .

Par cheval vapeur (machine à moyenne pression) par heure

de marche .

Par cheval vapeur (machine à basse pression) par heure de

marche . gpQ

Par mètre carré de jardins (arrosage) par année . 500 —

Pour un bain . 3qq

Pour l’airosage d’un mètre carré de rue . \

Par robinet (lavage des ruisseaux) par jour . 5000 à 6000

Si on calcule le nombre total de litres à fournir par tête d’habitant et par jour pour desservir convenablement tous les services, on arrive au chiffre de 200 litres.

Tableau des quantités d’eau distribuées dans quelques villes par jour

et par habitant.

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