‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 54 sur 174 · RO · texte numérisé non relu

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HYDRAULIQUE

La dépense des fontaines monumentales est très-variable. Ainsi, à Paris, la gerbe du Palais-Royal a été calculée pour un débit de 23 litres par seconde; chacune des fontaines de la place de la Concorde pour 5a litres ; la fontaine de la place Saint-Georges pour 1 litre.

D’après M. Darcy, il convenait de calculer le débit des fontaines monumentales de Paris à raison de 18 litres par habitant.

Nous donnons à la page 47 le tableau des quantités d’eau disponibles par jour et par habitant dans quelques villes.

Sources d’alimentation. — Nature et qualité des eaux. — Nous venons de voir que l’eau était un objet de première nécessité, nous pouvons ajouter que son abondance dans les centres de population est une des conditions essentielles de salubrité. Examinons maintenant la nature et la qualité des eaux de distribution. Les diverses consommations n’exigent pas les mômes qualités d’eau, ainsi la clarté, la pureté et la fraîcheur sont nécessaires pour les eaux de consommation domestique, mais pour les autres usages exigeant des volumes très-considérables, on peut se contenter d'eaux non potables. On est conduit alors à séparer au besoin un projet de distribution en deux parties : surtout si la population que l’on doit desservir atteint un chilfre très-important.

Les eaux de distribution peuvent provenir des pluies, des sources et puits artésiens, des fleuves et des rivières, des drainages.

Ces différentes eaux sont loin d’être pures, ainsi l’eau de pluie renferme toujours de l’âir en dissolution et différents sels, notamment des azotates. Les eaux qui ont coulé à la surface du sol et qui proviennent des nappes souterraines, des eaux de pluie ou de la fonte des neiges, etc., sont encore plus impures, attendu qu’elles ont pu se charger de toutes les matières solubles qui se trouvaient dans les terrains traversés, et entraîner sans les dissoudre certains corps solides, tels que le limon.

Ces matières en dissolution dans l’eau ou simplement en suspension, sont de natures très-diverses, certaines d’entre elles, quand leur quantité n’est pas trop considérable, n’ont pas d’effet nuisible sur l’organisme et peuvent être absorbées sans danger. D’autres, au contraire, exercent une action nuisible et doivent être rejetées pour l’alimentation ; de là, deux grandes classes d’eaux :

Les eaux potables, les eaux non potables.

Eaux potables. — D’une manière générale, pour être potable, l’eau doit avoir une saveur agréable, être limpide, fraîche en été, chaude en hiver, être aérée, dissoudre le savon sans donner beaucoup de mousse, cuire les légumes sans les duicir, et enfin ne précipiter que faiblement avec l’azotate d’argent et l’azotate de baryte.

Une saveur quelconque, sans caractère spécial, indique généralement que l’eau contient des substances organiques ou des matières étrangères qui ne peuvent être absorbées sans danger. La saveur piquante de l’eau de seltz, indique que l’eau renferme du gaz acide carbonique dont la présence n’olTre aucun inconvénient. L’absence de saveur n’implique pas à elle seule que l’eau est potable.

La coloration de l’eau est généralement due à la présence d’une matière organique, et indique que cette eau est impropre aux usages domestiques.

Les eaux troubles qui tiennent en suspension des matières terreuses ne doivent pas être employées à la boisson avant d’avoir été filtrées, c’est ce qui arrive généralement pour les eaux de rivières en temps de crue.

La température de l’eau est encore un élément à considérer. Pendant l’été, l'eau doit être fraîche, c’est une nécessité au point de vue hygiénique. Pour être

DISTRIBUTIONS D’EAUX

dans les meilleures conditions, on devrait faire usage en toute saison d’une eau ayant une température constante et comprise entre 9 et 10°.

Il doit y avoir dans l’eau une certaine quantité d’air dissous, dans ce cas, on dit que l’eau est légère. La composition de l’air en dissolution dans l’eau n’çst pas exactement celle de l’air atmosphérique, attendu que l'oxygène se dissout plus facilement que l’azote. Ainsi :

Dans l’atmosphère l’air contient 79 % d’azote et 21 % d’oxygène.

L’air dissous dans l’eau contient 65 à 67 % d’azote et 32 à 33 % d’oxygène.

Les eaux de puits et celles qui proviennent de la fonte des neiges et des glaces, contenant une moins grande proportion d’air dissous que les eaux de pluie, sont moins digestives que ces dernières, on dit qu’elles sont lourdes à l’estomac.

Le tableau suivant indique les quantités de gaz en centimètres cubes, contenus dans un litre d’eau de provenances diverses.

EAU

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