‹ Études sur l'Exposition de 1878Chapitre 55 sur 174 · SOURCE · texte numérisé non relu

SOURCE

EAU

do Seine.

EAU

de pluio.

la source

de

Royes

(affluent

de

la Saône).

(Analyse de

M. Bous-

de

la source de

Ronzier

(LyonJ.

(Analyse

de

M. Dupasquier).

ElU

du Rhône au pont Morand à

Lyon.

la sortie de la conduito de

distribu¬

tion.

Après avoir séjourné dans

un bassin en

présence

de

végétaux.

(Analyses de M. Peligot.)

singanlt).

(Analyses

de M. Seeligmann.)

Oxygène .

Azote .

Acide carbonique.

Totaux. . . .

Il résulte de l’inspection des chiffres précédents, que les eaux de source au moment où elles arrivent à la surface du sol contiennent une assez grande quantité d’acide carbonique. En avançant dans leur parcours, elles pérdent insensiblement une partie de ce gaz et s'enrichissent en oxygène. Cette quantité d’acide carbonique dissous, dépend d’ailleurs de la température de l’eau et de la pression atmosphérique, elle est d’autant plus forte que l’eau est plus froide. En hiver, 1 litre d’eau du Rhône contenait, d’après les analyses de M. Dupasquier, 18cc,20 d’acide carbonique, et en été 6CC,53 seulement, Pendant le jour, l’eau contient plus d’oxygène et moins d’acide carbonique que pendant la nuit.

Ainsi, M. Seeligmann a constaté que 1 litre d’eau du Rhône, contenait à 8 heures du matin 7ce,69 d’oxygène et 6“, 38 d’acide carbonique, à 8 heures du soir 5CC,39 d’oxygène et 8CC,47 d’acide cax-bonique, soit une différence de 2CC,30 pour l’oxygène et 2“,09 pour l’acide carbonique.

Une eau potable, doit contenir au moins 20cc d’air par litre, et la quantité d’oxygène contenue dans ce volume, doit être supérieure à celle qui existe dans l’air atmosphérique. L’acide carbonique y entre aussi pour une proportion assez grande, quoique non définie.

L’eau potable doit être pure, c’est-à-dire ne doit contenir en dissolution que des substances incapables de lui communiquer des propriétés nuisibles.

Les substances dont on constate le plus ordinairement la présence dans les

HYDRAULIQUE

eaux, sont : en outre de l’air et de l’acide carbonique, le carbonate de chaux, le carbonate de magnésie, le sulfate de chaux, le sulfate de magnésie, le sulfate de soude, le chlorure de sodium, le chlorure de magnésium, l’iode, la silice, les silicates alcalins et des matières organiques.

Les substances utiles ou nécessaires sont, l’air, l’acide carbonique et le chlorure de sodium. Les carbonates de chaux et de magnésie, quand ils ne sont pas dissous en excès, rendent l’eau saine et agréable. Le sulfate de chaux est peu soluble dans l'eau, mais celle-ci peut en dissoudre assez pour devenir impropre à la boisson et aux usages domestiques. Les eaux chargées de ce sel sont dures et crues, elles sont dites séléniteuses, elles décomposent le savon et ne peuvent servir ni au blanchiment du linge, ni à la cuisson des légumes; elles précipitent abondamment par le chlorure de baryum et les sels de baryte solubles. La présence du sulfate de chaux se constate dans les eaux de source, sortant des terrains gypseux. Ainsi, il ressort des analyses faites à Lyon par M. Dupasquier et par M. Seeligmann, que les eaux de plusieurs sources alimentant des fontaines de cette ville contenaient 0er,25, 0=r,942 et tsr,015 de sulfate de chaux par litre.

A Paris, la source de Belleville en contient 1 gramme par litre.

Les eaux des lleuves et des rivières en contiennent une bien moins grande proportion, comme l’indique le tableau suivant:

Quantité do sulftate de chaux par litre d'eau.

Eau de Seine . 0,039

— du Rhône . 0,005

— de la Saône . 0,001

Les eaux séléniteuses ne sont pas absolument impropres au savonnage, mais il faut y dissoudre une quantité suffisante de savon pour neutraliser le sulfate de chaux. On peut encore y verser une dissolution de carbonate de soude qui transforme le sulfate de chaux dissous en carbonate de chaux insoluble, lequel se précipite. Le sulfate de soude qui provient de la réaction et reste en dissolution dans l’eau, ne lui communique aucune propriété nuisible.

Le chlorure de calcium et l’azotate de chaux peuvent exister dans les eaux en quantité assez considérable pour décomposer le savon, et par suite les rendre séléniteuses. Comme les acides de l’estomac sont sans action sur ces sels, leur action hygiénique est aussi pernicieuse que celle du sulfate de chaux.

Le sulfate de magnésie, le chlorure de magnésium et le sulfate de soude existent d’ordinaire dans les eaux potables en très-petite quantité, et ne modifient pas sensiblement leur nature.

Les matières organiques contenues en quantité notable dans les eaux, les rendent tout à fait impropres à la boisson, il est difficile de fixer la limite audelà de laquelle une eau contenant de ces matières, peut être sans danger pour l’alimentation.

Les procédés vulgaires, au moyen desquels on peut reconnaître si une eau est plus ou moins pure, sont les suivants.

Doivent être abandondées :

1° Les eaux qui, avant été mises en ébullition, laissent au fond du vase après complète évaporation une grande quantité de résidus;

2° Celles dans lesquelles le savon ne se dissout pas et forme des grumeaux ;

3° Celles dans lesquelles les légumes ne peuvent cuire.

Les eaux reconnues bonnes ne se troublent pas quand on y verse en petite quantité du nitrate d'argent, de l'azotate de baryte et del'oxalate d'ammoniaque.

DISTRIBUTIONS D’EAUX

Analyse des eaux potables. — Hydrotimétrie. — Ces caractères généraux ne sont pas suffisants. Il faut soumettre l’eau à une analyse consciencieuse. L’hydrotimétrie imaginée au commencement du siècle par le chimiste anglais Clarke, et appliquée par MM. Boutron et Boudet, permet de classer les eaux d’après leur degré de dureté ou la quantité des sels qui s’y trouvent en dissolution. Cette méthode est fondée sur ce qu’une dissolution alcoolique de savon, rend l'eau mousseuse quand elle est pure, c’est-à-dire quand les sels de chaux et de magnésie qu’elle renfermait ont été décomposés et précipités par une certaine quantité de savon. La mesure de dureté de l’eau, peut donc être déterminée par la quantité de teinture de savon nécessaire pour qu’elle devienne mousseuse.

Les essais se font avec un flacon divisé en capacités de 10, 20, 30 et 40 cent, cubes et une burette ou hydrotimètre qui contient une échelle de jauge en cent, cubes d’un côté, et une échelle hydrotimétrique de l’autre côté, fig. 1.

Les essais portent toujours sur 40 cent, cubes d’eau mesurés dans le flacon dont il vient d’être parlé.

Pour être chargé, l’hydrotimètre doit être rempli jusqu’à un trait circulaire, placé au sommet un peu audessus du o de l’échelle, la quantité de liqueur comprise entre ce trait et le o, est celle qui est nécessaire pour produire le phénomène de la mousse avec l’eau distillée pure. La liqueur d’essai est une dissolution de 100 gr. de savon de Marseille dans 1600 gr. d’alcool à 90 degrés centésimaux portés à l’ébullition.

On filtre la liqueur ainsi obtenue , et on y ajoute 1000 gr. d’eau distillée, on a ainsi 2700 gr. de liqueur d’essai qui doit avoir un titre très-rapproché du titre normal. On la soumet d’ailleurs à un essai pour constater sa valeur réelle.

Chaque degré hydrotimétrique représente 0sr,l de savon, neutralisé par litre d’eau essayée et correspond à 0sr,0114 de chlorure de calcium ou 0sr,01 de carbonate de chaux.

Pour essayer l’eau, on en mesure une quantité de 40 cent, cubes à l’aide du flacon dont il a été parlé ci-dessus, puis on ajoute peuàpeu la liqueur hydrotimétrique, on secoue de temps en temps pour voir si le phénomène de la mousse se produit et persiste bien.

Quand on a obtenu cette mousse, on observe le degré hydrotimétrique qui indique le nombre de décigrammes de savon que l’eau neutralise par litre.

Si on a lu le nombre de 15 degrés, cela veut dire que 1 litre d'eau essayée neutralise 15 décigrammes de savon. Le tableau suivant donne l’échelle hydrotimétrique des eaux de source et de rivière.

Ce tableau permet de se faire une idée de la valeur de l’eau essayée, et de voir si elle est applicable à certains usages.

Le degré hydrotimétrique permet en outre de connaître les quantités de savon précipitées à l’état de savon insoluble par un volume d’eau déterminé. Ainsi avec l'eau d’Arcueil qui marque 28 degrés à l'hydrotimètre, il y aurait par mètre cube ou 1000 litres d’eau une perte de 2\800 grammes de savon précipités à l’état insoluble, après quoi l’eau étant débarrassée de ses sels calcaires pourrait servir au blanchiment.

Dans la plupart des cas, l’analyse hydrométrique suffit, mais quand on veut déterminer exactement les proportions de carbonate de chaux, de sulfate de

HYDRAULIQUE

chaux et autres sels calcaires, de sels de magnésie et d’acide carbonique contenues dans l’eau qu’on analyse, on peut opérer de la manière suivante :

On prendra le degré hydrotimétrique de l'eau ; 1° à l’état naturel ; 2® après en avoir précipité la chaux par l'oxalate d'ammoniaque ; 3° après en avoir éliminé par l'ébullition l’acide carbonique et le carbonate de chaux ; 4° enfin après avoir précipité par l'oxalate d’ammoniaque les sels de chaux qui n’ont pas été isolés par l’ébullition. Voici le détail des opérations :

Connaissant le degré hydrotimétrique de l’eau à l’état naturel, on prend 50 cent, cubes de cette eau, on ajoute 2 cent, cubes d’une dissolution d’oxalate d’ammoniaque au soixantième. On agite et on laisse reposer le liquide pendant une demi-heure. On filtre, et on obtient de l’eau débarassée des sels de chaux. On prend le degré de 40 cent, cubes de cette eau.

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