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LUMIÈRES COLORÉES, COMPLEXES, I. C. MULTIPLES

bleue, entre deux franges jaunes, de plus en plus claires et larges. D’un gros tube rouge orange, il obtient parfois une image rose largement frangée de bleu vert (l’image de l’atmosphère orange créée par le tube lumineux). Cette frange complémentaire devient rapidement de plus en plus large et de plus en plus claire, tandis que l’image consécutive rose devient confusément violette sans avoir jamais été, pas plus que l’image du tube bleu, l’image négative et complémentaire classique.

Si l’objet est plus compliqué qu’une sphère blanche ou un tube rectiligne, l’image sera naturellement plus compliquée. Pour prendre un exemple moyen, vide d’illusions, d’interprétations, ou de je ne sais quelle projection d'images endogènes, une lampe opaline blanche, munie d’un abat-jour d’étoffe plissée mauve, fournit après quarante-cinq secondes d’obscurité, à un des états de l’image consécutive, l’aspect suivant : une tache centrale violacée dans un disque vert-pré, un liséré rose vif, une large et belle collerette bleu de roi striée de rayons violets 6, un fond clair, blanchâtre ?.

On peut, sans efforts, et même en s’éloignant des artifices expérimentaux, corser le spectacle. Il suffit, de moment en moment, de porter le regard sur le centre de l’image, sur deux ou trois points de ses bords et sur des points plus distants, de façon à ne plus la voir qu’à la périphérie du champ visuel. On obtient alors du globe lumineux, trois, quatre images, un semis, des cordons, des guirlandes d'images, dont chacune évolue pour son propre compte et dont la petite foule remplit l’obscurité de lueurs changeantes.

Même si l’on s’est contenté de l’image consécutive d’un objet très simple et homogène, ses lueurs ne se bornent pas à évoluer mollement d’un ton à l’autre. Même pendant les phases les plus durables et les plus stables, l’intérieur, l’intimité du disque, et l’auréole claire qui ne tarde pas à l’environner, montrent souvent une agitation singulière,

6. Le fond, moins éclairé des plis de l’abat-jour. — 7. Cf. une hallucination de Schatzmann, in Hall. Toxiques, p. 389.

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