HALLUCINATIONS HYSTÉRIQUES
avec une conviction qui convainc le témoin le plus difficile. Que voit ce sujet ? Je ne le lui demanderai pas, certain qu'il répondrait : de l’eau, du linge, du savon, certain qu’il affirmerait — logique dans sa conduite — la substitution sous ses yeux d’un lavoir solitaire au publie d’un théâtre. Mais ces affirmations ne persuadent plus personne,
Parmi les observateurs qui ont eu le mérite de douter 1l y à longtemps, voici un exemple : Boris Sidis # en 1906, niait l’hallucination hystérique au nom de l'impression générale que lui laissait l’hystérie : the precocious baby does not reach its adolescence, Il disait : plus j'hypnotise, plus je doute, Mes hallucinés ne perçoivent pas l’objet; ils y pensent, ils sont saturés de croyance, ils ont des idées fixes, ils ne voient rien. Le sujet mis en présence de deux montres, une montre réelle et celle qu’on lui a ordonné de voir, dit ne voir que celle-ci et ne pas voir la montre réelle. Jamais un vrai halluciné ne se comporterait ainsi. Quand le sujet dessine ses visions, il ne s’arrête pas aux difhcultés de qui voudrait suivre les contours d’une hallucination ou d’une image consécutive, il trace avec satisfaction un rudimentaire schéma d'enfant. Un hystérique « frais », non infesté de mystique hypnotique, dira : je vois la montre dans mon esprit. Un hypnotisé médecin et psychiatre — il y en a — précisera par exemple sous cette forme : « mes hallucinations sont des idées fixes, non des perceptions ». S'il s’obstine pourtant à dire , « je vois la montre », il écrira peut-être, en écriture automatique : « je pense que je la vois; in honest, je ne vois rien ».
Mêmes observations, naturellement, en ce qui concerne les signes objectifs : l’hallucination hystérique obéit-elle aux lois des contrastes, suit-elle les mouvements des yeux, donne-t-elle des images consécutives, se dédouble-t-elle enfin sous l’action du prisme ou de la loucherie ?
Un œil derrière le prisme, le sujet frais ne voit toujours qu’une image hallucinatoire simple. Pour qu’il voie double, il faut que sa science et l’observateur lui suggèrent que l’image est dédoublée; il a alors la conduite du dédoublement, il affirme le dédoublement, mais il ne voit pas deux montres ou deux oiseaux, il n’en voit aucun.
14. Are there hypnotic hallucinations. Psych. Rev., 1906, 239-257.