DÉDOUBLEMENT DE L'I. C
objet rebelles au dédoublement. Ce sont les images consécutives, et on se convainc aisément qu'elles ne sont dédoublées ni par la loucherie ni par le prisme. Le fait n’est pas neuf et Parinaud ©, par exemple, y insiste longuement. Mais, chose curieuse, il s’en sert pour rapprocher les images consécutives des hallucinations, pour en faire un phénomène central et non rétinien. C’est, de nouveau, l’effort que nous avons vu échouer avec le « transfert » de la post-image ; il n’est pas plus heureux ici.
Voici le raisonnement de Parinaud : si l’image consécutive est d’origine rétinienne, elle doit être dédoublée par le prisme ou la loucherie; or elle ne l’est pas; elle est donc d’origine centrale.
Nous sommes si étroitement captifs des objets que nous commençons tous, avec Parimaud, par faire de la postimage une chose, un objet perçu, par prétendre qu’on doit pouvoir le dédoubler, en s’y prenant bien. En réalité, elle est à la fois rétinienne, et indédoublable ; c’est parce qu’elle est rétinienne qu’on ne peut la dédoubler; et son obstinée simplicité laisse intacte la question des diplopies d’origine corticale.
Un objet vient d’agir sur des points correspondants de la rétine et de nous donner une image consécutive, Multiplions les prismes les plus violents, provoquons les plus navrantes loucheries, la post-image, formée par des points correspondants, reste simple, quelque glissement que subisse une surface rétinienne par rapport à l’autre. Regardez un objet et fixez ensuite son image consécutive : la ligne verte laissée par une verticale rouge. D'une pression de l’index, déplacez la cornée de l’œ1l droit, donc sa macula, de plusieurs millimètres; vous verrez se dédoubler les détails du fond, vous ne verrez pas se dédoubler l’image ; sous elle, en elle, vous pourrez dédoubler et mobiliser les objets, elle restera fixe et simple.
Il en sera exactement de même si on opère avec un prisme. Obtenez une post-image d’un objet quelconque, regardez-la, elle est simple; mettez un prisme aussi fort que vous le voudrez devant un œil, il dédouble les objets derrière et dans l’image consécutive ; il ne la dédouble pas.