SON IMPROBABILITÉ
dédoublement est une perception et non une conduite, n’est pas théorique, abstrait, arbitrairement construit par l’imagination du sujet, mais automatique, organique, perçu et non conçu, l'originalité des images eidétiques se sera brillamment affirmée, loin des images consécutives, des visions suggérées, et des simples représentations.
C’est que, jusqu'à nouvel ordre, le prisme et la loucherie ne peuvent dédoubler que la perception d’un objet. On veut bien admettre que les hallucinations puissent intéresser les rétines par l'intermédiaire des fibres centrifuges, mais on ne conçoit pas comment se poser la question du dédoublement de ces visions, de ces images rétiniennes endogènes.
Accordons à l’hallucination quelque objet interne et virtuel, — elle en sera la perception —, et tâächons de croire que cette hallucination est due à une impression rétinienne portée des centres, où est l’objet, à la rétine, où se fait son image, par les fibres centrifuges. Mais les fibres centrifuges ne sont pas des rayons lumineux, et l’objet virtuel, cortical ou ultra-cortical, n’est pas soumis aux lois de l’optique géométrique ; et aucune opération dioptrique, mécanique ou musculaire, ne peut faire ici une diplopie. L’excitation venue des centres chemine dans des groupes correspondants de fibres centrifuges, et atteint des points correspondants des rétines. Comment concevoir l’acte extérieur qui permettrait à l’excitation d’atteindre des fibres et des points rétiniens disparates ? Pour dévier vers des points disparates une action qui descend de l’écorce à la rétine, il faut agir, non au dehors, non sur le globe oculaire, mais sur les fibres centrifuges ou en deçà, sur la rétine du corps genouillé externe, sur la rétine corticale ou plus haut enccre. Si donc on consent à feindre que l’hallucination visuelle comporte quelque image rétinienne construite par les fibres centrifuges, ni le prisme, ni la loucherie ne la dédoubleront. Si la diplopie hallucinatoire existe, si les hallucinations du champ aveugle des hémianopsiques sont parfois dédoublées, ce sera sans prisme ni loucherie, et nous aurons à résoudre, sur la carte rétinienne corticale ou pédonculaire, des questions neurologiques toutes neuves, que les diplopies classiques n’élucident en rien.
Il est d’ailleurs facile de construire des perceptions sans