‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 135 sur 422 · I. C. PROJETÉES SUR DES TROMPE-L'ŒIL · texte numérisé non relu

I. C. PROJETÉES SUR DES TROMPE-L'ŒIL

s'éloigne. Si, dans toutes ces affaires de forme, d’orientation, de distance et de dimension, la suggestion opère, joue un rôle originel, automatique et spontané, antérieur à toute action de l’observateur sur le sujet, c’est plutôt en maintenant à la perception de l’objet — quand il est connu et prévu — une forme, une couleur et des dimensions constantes, malgré mille variations de distance, d'orientation, d'éclairage et de voisinage. Quand la croix rectangulaire, projetée obliquement sur un mur, devient un X oblique en haut et à droite, et quand l’image consécutive de cette croix devient un X oblique en haut et à gauche, l’observateur, qu’il regarde la croix ou sa post-image, peut se défendre avec tranquillité de subir une suggestion. Il sait bien que le mur, et son obliquité, sont pour quelque chose dans la déformation de la croix ou de sa post-image ; car, s’il regarde avec la même obliquité, mais les yeux fermés, la croix restera rectangulaire. Maïs le mur est lisse et nu, et si on appelle « suggestion » l'action de ses discrètes lignes et de son orientation sur la perception extérieure d’une postimage rétinienne supposée immuable, le mot et la chose acquièrent une extension qui leur enlève une partie de leur intérêt.

Où l’on peut invoquer la suggestion, c’est quand les images consécutives, après s'être déformées comme on sait sur des dièdres, des murs, des écrans tournants, se déforment également et pareillement sur des murs, dièdres et écrans illusoires, des dessins de murs obliques, des trompe-l’œil. Des étudiants et moi-même avons projeté nos images consécutives sur de telles perspectives dessinées, et les images

Image consécutive d’une droite hori- m’ont pas subi la moindre zontale projetée sur les faces anté- > : :

rieure, droite et gauche d’un cube. déformation, la suggestion

n’a pas opéré, pourvu que le regard fût « normal » au plan du papier sur lequel se jouaient les trompe-l’œil. Quand nous nous plaçons devant

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