Cf
AD RE TMESPACE 203
représentation, tantôt elle associe étroitement ses variations à celles de la surface de projection.
Dans ce dernier cas, elle se comporte plus ou moins comme une post-image, grandit quand la distance croît et subit, sous les variations d’orientation de l’écran, des variations de forme analogues à celles de la post-image et inverses de celles d’une perception. — D’autres fois, elle ne subit qu’un accroissement et des déformations inférieures à ce que prévoit la loi de Emmert, —— Parfois enfin, c’est rare, elle se comporte comme la perception d’un objet, se déforme comme elle et aussi peu qu’elle quand l’écran s'incline, décroît comme elle et aussi peu qu’elle quand l'écran s'éloigne. — Te plus souvent, l’image eidétique se comporte comme une image consécutive anormale, Contrairement à la perception, elle ne décroît pas, elle grandit quand la distance croît, mais elle grandit moins que l’image consécutive type. Contrairement à la perception de l’objet, eile ne se raccourcit pas, elle s’allonge, mais s’allonge moins que l’image consécutive typique lorsque l'écran s'incline de façon que sa perception se raccourcisse.
La représentation d’une surface colorée, projetée sur un fond réel d’une autre couleur, ne l’affecte pas et n’en est pas affectée; une image consécutive bleue, projetée sur du jaune, donnerait la résultante prévue par les lois du mélange des couleurs, c’est-à-dire du gris; une image eidétique enfin, selon l’âge et les circonstances, aura toutes les conduites possibles, de celle de la représentation à celle de la métesthésie,
Ces notions acquises, et on pourrait les multiplier, abordons quelques-unes des plus originales affirmations de l’école de Marburg.
Jaensch, ne trouvant pas des images eidétiques chez tous les enfants de dix à quinze ans, loin de là, et ne les cherchant guère chez de plus jeunes, s’est cependant efforcé d’en montrer la généralité. Il croit y parvenir en étudiant les cas où l’image eidétique trahit indirectement sa présence par son action : les cas latents, Il y aurait image eidétique latente lorsque les images consécutives ne suivent pas exactement la loi de Emmert, lorsqu'elles s’accommodent
204 « LES EIDÉTIQUES LATENTS »
d’un fond irrégulier, lorsque, projetées sur un objet réel, elles s'associent à lui moins qu’on ne l’attendrait d'images consécutives pures et plus qu'il ne conviendrait à des représentations, lorsqu'elles obéissent moins qu’il ne faut à l’inclinaison latérale de la tête et aux mouvements des yeux, lorsqu'elles présentent une certaine liberté vis-à-vis de l’écran, etc. Dans ces cas, de secrètes images eidétiques viendraient soustraire les images consécutives à leur servitude ordinaire et permettraient de rapprocher de 100 le pourcentage des Eidétiques. Par exemple, nous avons, à 50 centimètres, examiné un carré rouge de 10 centimètres de côté. Projetons maintenant son image à 2 mètres. Si c’est une N. B. pure, elle aura 40 centimètres de côté. Si c’est une À. B., ou une image consécutive parasitée par une image eidétique, elle sera toujours plus grande que Pobjet mais n’aura que 35 centimètres.
Je ne crois pas que Gottheil et Jaensch, qui ont fait état de moyennes de moyennes, et de valeurs très peu différentes des valeurs théoriques, puissent considérer comme établi qu'une image plus petite que ne le prévoit le calcul est une image consécutive parasitée par une image eidétique, une moyenne entre une image purement eidétique et une pure image consécutive. Quand deux formes psychologiques sont en concurrence, c'est le « tout ou rien » qui joue; une des formes est inhibée, l’autre se réalise seule et tout entière.
Si les images eidétiques et consécutives, tout en étant des perceptions sont deux perceptions qualitativement distinctes l’une de l’autre, quand elles se disputeront la conscience, nous aurons, soit l’une ou l’autre, soit tantôt l’une tantôt l’autre, soit un produit né de leur union, mais qui ne sera pas plus leur mélange que l’orangé n’est du jaune plus du rouge, Je sais bien qu’en matière de dimensions, il faut peut-être se méfier de la loi du tout ou rien. Peut-être l’école de Jaensch a-t-elle trop vigoureusement différencié des images consécutives ces images eidétiques qui croissent aussi, et seulement un peu moins qu'il ne faut, avec la distance. Nous allons voir que cette manière de désobéir à la loi de Emmert serait commune à toutes les N. B. figurées.
Jaensch compte beaucoup sur les eidétiques latents,